L’AÎNÉ DE LA FRATRIE FITTIPALDI FÊTE SES 70 ANS: « FELIZ ANIVERSARIO WILSON FITTIPALDI Jr »

 

 

 

WILSON-FITTIPALDI

WILSON-FITTIPALDI

 

Depuis des décennies, le nom FITTIPALDI est intimement lié au sport automobile.

 

Le père Wilson Senior, fils d’immigrés italiens et décédé le 11  mars de cette année à l’âge de 92 ans, était déjà fort lié au sport automobile en tant que journaliste, reporter-radio et TV durant plus de quarante ans .

En plus, à l’occasion il n’hésitait pas à prendre part à des épreuves brésiliennes aux volants de voitures de compétition ou en tant qu’organisateur.

Ainsi lui devait-on, la création et l’organisation des Mil Milhas Brasileirasl, une épreuve brésilienne réputée , au schéma se rapprochant de la célèbre course « Mille Miglia »italienne.

Son virus pour le sport automobile, celui que l’on appelait familièrement  « Barâo » (le baron) l’a incontestablement transmis à ses deux fils, Wilson Junior, né le jour de Noël en 1943, et Emerson, dès leur plus tendre enfance.

 

WILSINHO CONSTRUCTEUR DèS SON ADOLESCENCE

Christian-et-Wilson-Jr-avec-Wilson-Sr-FITTIPALDI-3-Générations-réunies-©-Manfred-GIET

Christian-et-Wilson-Jr-avec-Wilson-Sr-FITTIPALDI-3-Générations-réunies-©-Manfred-GIET

 

Lorsque l’on est jeune citoyen d’une mégapole comme Sao Paulo et que l’on veut profiter de son adolescence, ou bien on fréquente les sambadromes, on joue au foot au FC Santos ou chez les Corinthians ou … on lime  le bitume de la piste du Circuit d’Interlagos !

Et c’est pour cette dernière solution que la fratrie FITTIPALDi a opté, l’aîné Wilson en tête mais bientôt suivi par Emerson, son cadet de trois ans.

Très vite Wilson Jr, s’illustra au volant d’une voiture de tourisme de sa propre fabrication, une Karmann-Ghia sur laquelle il avait greffé un moteur Porsche 2 Litres et avec laquelle, il s’empare du titre de Champion du Brésil catégorie « Tourisme » en 1966.

Grâce aux résultats obtenus au volant de cette voiture hybride, des commandes affluèrent et l’argent ainsi récolté lui permit de s’expatrier en Europe.

Ce qu’il recherchait, car persuadé que pour percer il fallait se diriger vers le continent européen ,considéré comme étant le berceau du sport automobile.

Les débuts en Formule Vee, cette formule  qui à sa création ressemblait à une baignoire mue par un moteur de VW-Coccinelle, pas chère, et dont le succès allait grandissant en Europe ne lui occasionna que des problèmes  suite aux conflits engendrés avec son team.

Dégoûté, il retourna même brièvement  au Brésil pour revenir en Europe début des années ’70 et s’inscrire à la célèbre Ecole d’apprentissage du sport automobile qu’était la Jim RUSSELL Racing School.

Rejoint entre-temps par son frère cadet de 3 ans, Emerson, avec lequel  il passa en 1971 à la F2, véritable antichambre de la F1 à l’époque, avec quelques résultats encourageants ,dont une deuxième place à Vallelunga derrière le regretté François CEVERT.

Ce dernier résultat allait d’ailleurs être déterminant pour Wilson car synonyme d’un volant en F1 chez Brabham en tant que pilote privé.

Malheureusement les résultats ne furent pas à la hauteur des espérances, avec comme maigre bilan, une 6ème place au GP d’Argentine ’73 et un 5ème rang juste devant son frère au GP d’Allemagne ’73, soit 3 maigres petits points au décompte final.

 

 Emerson-FITTIPALDI-Mc-Laren-M23-Champion-du-Monde-1974-©-Manfred-GIET.


Emerson-FITTIPALDI-Mc-Laren-M23-Champion-du-Monde-1974-©-Manfred-GIET.

 

Pendant ce temps, son frère cadet Emerson « cartonnait » chez Lotus où il rafla le titre mondial en 1972 pour partir ensuite chez Mc Laren après s’être brouillé avec Colin Chapman.

C’est précisément l’accumulation des bons résultats de son frère « Emmo » qui furent à la base de la nouvelle orientation pour la suite de sa carrière.

Sans volant pour 1974, Wilson usa de son patronyme, lequel faisait la une des journaux au Brésil grâce surtout aux résultats de son frère, pour trouver, grâce à la puissante compagnie sucrière brésilienne COPERSUCAR, une manne budgétaire lui permettant de finaliser un vieux rêve, c’est-à-dire, construire sa propre Formule-1.

 

PILOTE-CONSTRUCTEUR EN F-1 A PARTIR DE 1974

Wilson-FITTIPALDI-Copersucar-FD-03-1975-©-Manfred-GIET

Wilson-FITTIPALDI-Copersucar-FD-03-1975-©-Manfred-GIET

A l’instar d’autres fratries célèbres à cette époque  en F1,pour mémoire: Jackie et Jimmy STEWART, Jody et Ian SCHECKTER, Ernesto et Tino BRAMBILLA ou encore Pedro et Ricardo RODRIGUEZ, au sein de celle des frères FITTIPALDI, l’aîné Wilson était nettement moins doué d’un point de vue pilotage que son cadet Emerson.

Et c’est probablement cette évidence qui orienta la suite de la carrière de Wilson, puisque sans volant fin 1973, il troqua sa combi de pilote contre une salopette de constructeur du moins le temps de mettre son projet d’écurie sur les fonts baptismaux.

Avec l’appui de son ami designer Richard DIVILA, originaire de Sao Paulo tout comme les frères FITTIPALDI, et de l’ingénieur mexicain Jo RAMIREZ qui par la suite fut un ami très proche d’Ayrton SENNA et d’Alain PROST, la première COPERSUCAR FD 01 vit le jour en 1974 après de longues études en soufflerie chez l’avionneur brésilien EMBRAER.

Les débuts de ce nouveau team brésilien parmi la jungle de 19 constructeurs représentés par jusqu’à 27 écuries fut tout sauf tonitruant.

 

EMERSON-FITTIPALDI-COPERSUCAR-1976

EMERSON-FITTIPALDI-COPERSUCAR-1976

 

Dès les premiers GP, Wilson FITTIPALDI, le pilote-constructeur, fut souvent confronté aux défauts de jeunesse de la FD 01 (Fittipaldi & Divila), mais dont la jolie robe cachait une multitude d’erreurs techniques.

Le meilleur résultat durant cette première année, abstraction faite de six abandons et de deux non-qualifications, dont une suite à une sortie de piste aux essais du GP d’Autriche avec fracture d’une main et qui obligera Wilson FITTIPALDI à céder le volant pour un GP à Arturo MERZARIO pour le GP d’Italie, sera obtenu au GP des USA à Watkins Glen avec une dixième place sur une COPERSUCAR FD 03 qui entretemps avait succédé aux FD 01 et FD 02.

Et pendant ce temps, Emmo,le cadet était couronné une seconde fois Champion du Monde en 1974 et offrait un premier titre constructeur à Mc LAREN en faillant récidiver en 1975 pour finalement terminer Vice-champion.

 

L’AVENTURE COPERSUCAR CONTINUE MALGRÉ TOUT, MAIS AVEC EMERSON.

Emerson-Fittipaldi-en-1977-sur-la-Fittipaldi-Copersucar-F5-©-Manfred-GIET

Emerson-Fittipaldi-en-1977-sur-la-Fittipaldi-Copersucar-F5-©-Manfred-GIET

 

Pour venir en aide à son frère aîné en proie de développement de la COPERSUCAR FD 04, Emmo quitte Mc LAREN pour devenir pilote titulaire en remplacement de  son frère tandis qu’un autre brésilien, Ingo HOFFMAN, prenait place dans le second baquet .

L’expérience  aidant, Emerson cerna rapidement les problèmes technique de la COPERSUCAR et après quelques résultats en dents de scie et une non qualification au GP de Belgique ’76, il fit appel aux services de Maurice PHILIPPE (ex-Lotus) et Dave BALDWIN (ex-Ensign) afin de remettre un peu d’ordre dans « le sucrier ».

Résultat de ce chambardement: une légère amélioration due principalement à l’arrivée d’Emerson qui engrangea 3 quatrièmes places et un cinquième rang au terme de la saison 1977.

Un an plus tard, il fut décidé de poursuivre avec une seule voiture avec Ralph BELLAMY (ex-Lotus) comme concepteur de la F5A en remplacement de Dave BALDWIN.

Le début de saison déclencha les rythmes endiablés de la Samba et la Caïpirinha coulait à flots à Rio après l’encourageante deuxième place d’Emerson at-home à Rio.

Au final, la récolte de points avec un total de 17 s’avéra peu reluisante.

Pour 1979, la COPERSUCAR F5A ne subit que peu d’évolution et se montra plutôt rétive et pour Emerson, malgré toute son opiniâtreté, cette saison fut catastrophique à tous points de vue: un seul petit point récolté au championnat….et la perte de son principal bailleur de fonds, la Cie nationale brésilienne du sucre, la COPERSUCAR qui manifestement en a eu marre de voir « touiller » son sucre sans résultats probants.

 

1982: APRES 8 ANS d’insuccès LE PROJET  F1 ARRIVE A SON TERME

 FITTIPALDI-F-8C-Keke-Rosberg-©-Manfred-GIET


FITTIPALDI-F-8C-Keke-Rosberg-©-Manfred-GIET

 

Après avoir misé ses dernières cartes fin ’78 sur le designer Giacomo CALIRI, un ancien de chez FERRARI et AUTODELTA, pour coucher sur papier la peu reluisante F6-A de 1979, dont les résultats furent en dessous de toute espérance, provoquant le divorce d’avec COPERSUCAR,

Wilson FITTIPALDI tenta une approche auprès de l’austro-canadien,Walter WOLF, qui avait fait fortune dans le secteur pétrolier et qui avait connu deux années fastes en 1977 et 1978 avec Jody SCHECKTER en remportant entr’autres 3 GP comme constructeur néophyte dès sa première apparition mais dont l’aventure sentait déjà le crépuscule 3 ans plus tard malgré James HUNT et Keke ROSBERG aux volants de WR7 devenues poussives parce que le Boss ne souhaitait plus dilapider ses pétro-dollars.

C’est ainsi que la fratrie FITTIPALDI absorba toute la structure et le matériel du WALTER WOLF RACING pour repartir à l’aube de 1980 sous son propre patronyme en tant que constructeur suite au retrait de COPERSUCAR, remplacé par le brasseur brésilien SKOL.

 

 FITTIPALDI-Chicco-SERRA-sur-la-dernière-FITTIPALDI-F-8D-en-1982-©-Manfred-GIET


FITTIPALDI-Chicco-SERRA-sur-la-dernière-FITTIPALDI-F-8D-en-1982-©-Manfred-GIET

 

Le houblon remplaçait donc le sucre et tous les espoirs de voir mousser cette nouvelle structure reposait, outre les frères FITTIPALDI, sur Peter WARR (ex-Lotus) et Harvey POSTLETHWAITE (ex-WOLF) comme directeur technique, aidés par le designer revenant Ralph BELLAMY et avec commes pilotes Emmo FITTIPALDI et l’espoir finlandais Keke ROSBERG.La FITTIPALDI F7 n’apparaissant toutefois que comme une WR7 de la défunte équipe WOLF remise au goût du jour n’apportant qu’une maigre récolte de 6 points pour ROSBERG et 5 points à Emerson FITTIPALDi dans leur besace en fin de saison.

Donc, le beau col de mousse du début de saison retombait déjà…

En 1981, le jeune brésilien Chico SERRA remplace Emmo, qui s’occupera dorénavant du management de l’écurie avec son frère Wilson, pour entamer une longue descente aux enfers et qui verra finalement le rideau tomber définitivement en 1982 sur le Team FITTIPALDI après l’exode des pilotes et des techniciens au bout de 8 saisons de présence au plus haut niveau du sport-automobile.

 

LE FILS CHRISTIAN POUR PERPÉTUER LA DYNASTIE

Christian-Fittipaldi-en-1993-chez-lui-à-Sao-Paulo-sur-la-Minardi-©-Manfred-GIET

Christian-Fittipaldi-en-1993-chez-lui-à-Sao-Paulo-sur-la-Minardi-©-Manfred-GIET

 

Après avoir plié bagage en F1, les chemins des frères FITTIPALDI se séparèrent.

Si Emerson parti aux USA pour y réussir une brillante carrière avec 1 titre de Champion CART – l’Indycar de l’époque – , deux victoires aux 500 Miles d’Indianapolis, prouvant à ces occasions que s’il n’avait pas mis sa carrière entre parenthèse  les années F1 durant lesquelles il s’obstina à vouloir faire progresser le Team lié à son patronyme, il aurait probablement remporté plus de deux titres de Champion du Monde.

En 1996, un grave accident en CART mit fin définitivement à sa carrière.

Quant à Wilson, une fois le choc digéré suite au retrait définitif en F1, il s’occupa principalement de la carrière de son fils Christian et qui le vit rapidement gravir les échelons après ses premiers pas en karting et F3 sud-américaine.

 

 Christian-FITTIPALDI-©-Manfred-GIET


Christian-FITTIPALDI-©-Manfred-GIET

 

Comme son père et son oncle, lui aussi s’expatria en Europe ,où dès 1991, il fut sacré Champion en F3000 ce qui lui ouvrit les portes de la F1 chez Minardi durant 2 ans avant de sombrer en même temps que son Team ARROWS.

Période durant laquelle le père Wilson l’accompagnait un peu partout tandis que la mère Suzy

Il quitta ensuite l’Europe pour rejoindre les States pour entamer une carrière en CART, NASCAR et les épreuves d’endurance Nord-Américaine avec quelques résultats encourageants comme  une deuxième place aux 500 Miles d’indianapolis.

D’une régularité remarquable , il lui manquait néanmoins ce petit quelque chose pour faire avancer  le Schmilblick ,malgré ses victoires aux 24 Heures de Spa en 1993 et Daytona en 2004.

 

Christian-FITTIPALDI-24-Heures-1993-la-Porsche-RSR-des-vainqueurs-Fittipaldi-Jarier-Alzen-photo-Manfred-GIET

Christian-FITTIPALDI-24-Heures-1993-la-Porsche-RSR-des-vainqueurs-Fittipaldi-Jarier-Alzen-photo-Manfred-GIET

 

On le vit aussi occasionnellement participer à des épreuves du LMES (24 Heures du Mans-1000 Km Spa ,Nürburgring etc) sur une Aston Martin du Team Modena.

Mais à 42 ans, Christian , représentant la 3ème génération de la dynastie Fittipaldi, espère ne pas avoir été le dernier à perpétuer un nom qui restera toujours lié au sport automobile.

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

FITTIPALDI-F7-avec-Rosberg-devant-Emerson-Fittipaldi-©-Manfred-GIET.

FITTIPALDI-F7-avec Keke Rosberg devant Emerson Fittipaldi-©-Manfred-GIET.

WILSON-FITTIPALDI-3-GENERATIONS-avec-EMERSON-et-son-fils-Wilsinho

WILSON-FITTIPALDI-3-GENERATIONS-avec-EMERSON-et-son-fils-Nelsinho

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