CLOVIS. LA BELLE HISTOIRE D’UN ARTISTE AMOUREUX DE L’AUTOMOBILE

 

 

 

CLOVIS signature

 

 

Clovis… « Acte 1 » Mais qui donc a cassé le vase de Soisson ?? Michel Vaillant serait sur une piste !

Clovis… quel drôle de nom… surtout pour un Belge… « Une fois ! »

En fait, Clovis c’est la contraction de Claude et de Viseur… et Claude Viseur c’est donc Clovis !

 

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CLOVIS-portrait.

 

«Tout petit, je dessinais toujours dans mes cahiers d’école, j’étais un élève moyen, pas assez attentif, une perpétuelle mention « peut mieux faire ! » J’étais un peu comme dans la publicité du petit « Guy Degrenne », je passais mon temps à dessiner, griffonner, gribouiller, peinturlurer, colorer, crayonner, graphiter… il me fallait un instrument d’écriture et un support pour être heureux…et j’entendais sans cesse le rituel refrain… « Mon pauvre garçon, ce n’est pas comme ça que vous réussirez dans la vie ! » Je dessinais de tout… mais déjà, particulièrement des avions et… bien sûr des voitures de rêve… beaucoup de voitures de couse d’ailleurs ! Mon grand frère travaillait dans l’armée de l’air, et mon père également passionné d’aviation ; tous les dimanches, nos loisirs étaient de faire le tour de tous les meetings aériens. Je retrouvais beaucoup d’inspiration dans les formes généreusement aérodynamiques des avions. Je modifiais également certains albums, des bandes dessinées, des illustrations dans les magazines ; j’avais imaginé des calandres différentes sur les mêmes carrosseries, je créais selon mon imagination de modèles de véhicules, en empruntant des éléments à plusieurs modèles… pour réussir à créer l’idéal ! Mon premier beau dessin c’était la « Ford J » de 1966 (ancêtre de la base de l’idée de la « GT40 » sortie en 1967)…. Et voilà quarante-cinq ans plus tard, je gagne encore correctement ma vie grâce à mes dons et à mon coup de crayon, et mes pinceaux… et ma passion aussi, car pour moi, tout part de la passion !»

 

En fait, Clovis a toujours été dans ce monde de mécanique et de vitesse ! Même à l’armée, dans les chars, à dix-neuf ans, en Allemagne, il dessine partout des chars et des engins militaires… sur les murs de la cantine, le mobilier de l’escadron… il réalise des cadeaux pour des officiers et des commandes aussi !

«Le soir j’allais ramper le long des balises de l’aéroport de Cologne pour mieux voir les appareils, et j’empestais le kérosène à mon retour à la caserne ; j’avais un lieutenant très sympa et mordu de bagnoles, de temps en temps, nous allions sur le Nürburgring, histoire d’user de la gomme…»

Clovis explique :

«J’ai commencé à travailler pour le studio de dessins animés « Belvision » sur l’illustration des « Astérix », « Lucky Luke », « Tintin », etc… À mon retour de vacances passées aux Etats-Unis, j’apprends qu’Albert Weinberg (Dan Cooper) est en quête d’un assistant pour dessiner des avions dans ses séries de bandes dessinées… Malheureusement, j’arrive trop tard, la place est déjà prise ! Weinberg me conseille de tenter ma chance chez Graton… sur le moment je n’ai pas osé ! Puis fin 73, dans le cadre du « Racing Motor Show » au Centre Rogier à Bruxelles, un concours de dessins est organisé sur le thème de Michel Vaillant… Je m’inscris et surprise, je me retrouve classé hors-concours ! Mais pourquoi ? L’organisateur me répond que Jean Graton estime que je suis trop fort par rapport aux autres concurrents et il souhaite vivement me rencontrer le plus rapidement possible…

 

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MICHEL-VAILLANT-et-son-père-créateur-Jean-GRATON- Photo autonewsinfo

 

Poisson d’avril…

certes non… le 1er Avril 1974, notre Clovis est recruté par le grand Jean Graton… oui, Graton, le papa spirituel et l’inventeur de Michel Vaillant.

Et là c’est le début d’une nouvelle vie car la notoriété de Michel Vaillant est universelle, le plus célèbre des pilotes perdure avec succès avec une carrière déjà débutée en 1957 dans le journal « Tintin », mais le pilote, ce héros de notre enfance reste intemporel, ne prenant pas une ride.

Rappelons que Jean Graton est bien un dessinateur français « pur beurre » originaire de Nantes, c’est un expatrié, genre de « refugié artistique » qui a trouvé asile au paradis de la bande dessiné… le royaume des belges !

Clovis quant à lui est né du bon côté de la frontière, là où les fluides du « beau coup de crayon » rayonnent naturellement. Lucky Clovis !

 

CLOVIS-A-SON-BUREAU

CLOVIS-A-SON-BUREAU

 

« Chez Graton, souvent, lors de discussions à bâtons rompus, nous élaborions ensemble le thème du prochain album… ensuite, Jean consignait le scénario, bâtissait une maquette façon « chemin de fer » ; il s’occupait des personnages principaux, Christian Lippens était en charge des décors, de l’architecture et des personnages secondaires et moi, je dessinais et mettais en couleur essentiellement les voitures et autres engins mécaniques. En général, j’avais carte blanche pour ma mise en page. La sublime récompense, c’était de suivre Jean sur les circuits à la chasse à la documentation, à l’époque c’était de l’argentique, et ça mitraillait pas mal… J’ai ainsi réalisé dix-huit albums ainsi que de très nombreuses planches publicitaires et autres « joyeusetées » tels les prix  »Orange & Citron » organisés par notre ami disparu Bernard Cahier. Des années de bonheur très laborieuses, avec un patron rêvé… Jean Graton avait un comportement paternel et bon enfant, il aimait partager ses succès, et c’est bien grâce à lui que j’ai été introduit dans le milieu des sports mécaniques, et dès lors j’ai commencé à recevoir des commandes personnelles des pilotes, des managers, des sponsors et même de journalistes ! En 1982, j’ai pris la décision de voler de mes propres ailes, j’avais trop de travail en plus de celui du studio ; la séparation fut cruelle, mais Jean Graton m’a souhaité bonne chance… j’étais suffisamment mûr pour m’accomplir seul.»

 

 

CLOVIS-JACKY-ICKX

CLOVIS-JACKY-ICKX

 

Depuis une bonne dizaine d’années, Jean Graton a laissé la main à son fils Philippe. Luc Besson a même osé un scénario très réducteur, alors qu’il y avait matière d’exploiter tous les ingrédients pour en faire un beau film. En tous cas, rien ne remplacera les bandes dessinées de notre enfance !

Quel bonheur de replonger dans ces petites histoires et de s’abandonner à se concentrer sur les images pour en découvrir la finesse des détails.

Clovis poursuit :

«J’ai une vie laborieuse mais passionnante, remplie de merveilleux souvenirs, plein de belles rencontres ; je n’avais pas l’impression d’aller au travail… mon fils, aujourd’hui dans la finance, a dit un jour : « mon Papy, il ne travaille pas, il dessine ! » Mais je crois que mon meilleur souvenir fut Jean Graton et Jacky Ickx aussi. J’ai beaucoup apprécié l’élégance de ce seigneur de la vitesse. Chaque fois que j’ai travaillé avec Ickx, la complicité était entière et nous avions des idées très complémentaires… Nous avons fait de très belles choses ensemble… Le pire de mes souvenirs, ce funeste samedi après-midi de mai 82 à Zolder ! Un autre petit prince, funambule de la vitesse, que j’admirais nous quittait cruellement… sacré Gilles Villeneuve !»

 

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CLOVIS-FERRARI-de-Gilles-VILLENEUVE-GP-de-BELGIQUE-a-ZOLDER-en-1981

 

 

Il l’a croqué dans tous les sens le petit québécois acrobate… l’as des figures désespérées… et puis, il en a dessiné de la bagnole… et il continue avec la même énergie et la passion intacte de ses jeunes années !

 

«Mon plaisir est d’arriver à donner de la dynamique à mes traits et à mes coups de pinceaux. Je veux que la vitesse soit totalement perceptible sur le rendu final. Je veux que cette impression de mouvement soit tout-à-fait palpable et indiscutable, cette sensation transmise de rapidité tant dans les déplacements que les glissades soit évidente et surtout naturelle… et surtout retrouver dans les formes toute la force virile et violente. Avec cependant quelques touches sensibles proche du côté féminité de la carrosserie et de ses courbes sensuelles ; une voiture de course en action c’est des centaines de paramètres en compromis ou la sensualité de l’objet sera toujours un paramètre clé et décisif !»

Et c’est là que se trouve la différence… entre un dessin et une œuvre d’art, le fameux rendu propre à l’artiste, cette alchimie qui fait que magiquement l’image s’anime !

 

La réussite n’est-elle pas tout simplement l’épanouissement dans le travail… à voir s’animer Clovis, tel un petit diable, ce jeune sexagénaire, toujours fidèlement assisté par son épouse Michèle depuis quarante ans, adore le contact du public, il a même son fan club, et c’est cette drogue qui le conduit à ne jamais refuser un salon ou une exposition…

Ah le talent couplé à la passion, et la vie devient un plaisir… une distraction… un jeu !

Vivement l’année prochaine pour le bonheur de le retrouver à RétroMobile porte de Versailles. (à suivre…)

 

http://www.clovisimages.com

Jacques SamAlens

 (Strategies AutoMotive Communications)   jacques.samalens@sam-communications.com

 

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