A BAHREIN, ENTRETIEN AVEC PASCAL COUASNON, LE BOSS DE MICHELIN COMPETITION

 

 

 

 

MICHELIN - Entretien avec Pascal COUASNON à BAHREIN le 30 novembre 2013 - Photo Jean Michel LE MEUR DPPI

MICHELIN – Entretien avec Pascal COUASNON à BAHREÏN le 30 novembre 2013 – Photo Jean Michel LE MEUR DPPI

 

 

Alors que se déroulait ce week-end sur le circuit de Sakhir dans le sud de l’Ile de Bahreïn,  l’ultime manche du Championnat du monde d’endurance WEC, dernier grand rendez-vous de la saison automobile 2013, nous avons rencontré Pascal Couasnon, le patron du service compétition chez Michelin, pour faire le bilan de la campagne 2013 de Bibendum.

Un patron souriant et heureux des performances des différents produits ‘’ Made in Clermont Ferrand ‘’

Qu’il s’agisse d’endurance en WEC mais aussi en ELMS et de rallyes avec le WRC.

 

Que dire et retenir de l’année 2013 ?

 

« Le bilan pour Michelin est excellent. Tant en endurance qu’en rallye.  En WEC on ne peut qu’être satisfait. A titre indicatif, si avec Audi, on a l’habitude de collaborer depuis tant d’années, par contre, notre soutien à Toyota est récent, la firme n’ayant rejoint la discipline que l’an dernier. Aussi quand, l’ingénieur Pascal Vasselon me dit ‘ vous méritez 20/20, comment ne pas s’estimer fier d’une telle remarque. Il en va naturellement de même avec le Docteur Ullrich chez Audi. Cette saison, on a surtout travaillé sur les fenêtres de températures, chaud et froid. Ce qui a vraiment plus à nos partenaires. On peut franchement vraiment parler de totales performances  avec de tels chronos  et cela sur plusieurs relais consécutifs enchainés par les pilotes sans changer de pneus. »

 

Et l’ELMS ou vous reveniez avec l’équipe Alpine-Signatech ?

 

«  La aussi, on ne peut que se montrer satisfait. Pour notre retour dans la catégorie LMP2 après une courte pause en 2012, Michelin remporte le titre Européen. Même si nous ne sommes pas franchouillard, la victoire d’une équipe française nous réjouit. »

 

Et, qu’en est-t-il en WRC ?

 

«  Le constat est identique. Et ce d’autant plus que pour la seconde année, il a fallu s’adapter à une diminution de 20% des pneumatiques autorisés. On est passé de 5 pneus à 4 par boucle, 6, il y a deux ans. A titre d’exemple, lors du Rallye d’Allemagne, on a fourni -42% de pneus comparé à 2010.  Mais en fournissant la même performance. Cela naturellement permet aussi d’abaisser les couts. Nos partenaires paient un ticket d’entrée qui comporte les gommes, le transport, la logistique, les techniciens. De notre côté, on participe ensuite au budget en rachetant un % en publicité sur les voitures, tenues des pilotes et du personnel des équipes.   »

 

Quid de 2014 avec l’arrivée en WRC des marques Pirelli et Hankook ?

 

«  Nous ne pouvons que nous en réjouir car la philosophie de Michelin reste de démontrer face à des concurrents, que nos produits peuvent se montrer les meilleurs et les plus compétitifs. Donc, c’est bien que des marques rivales débarquent en WRC. »

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Et, que représente la globalité de pneumatiques fabriqués pour la compétition cette année ?

 

«  En 2013, nous avons toutes disciplines confondues entre l’endurance, les rallyes et le GT, fabriqué 350.000 pneus de compétition. »

 

Venons- en à la F1, avez-vous été déçu de ne pas avoir été retenu ?

 

«  Chez Michelin, on ne fait pas un pneu qui dure dix tours. Ce n’est vraiment pas la philosophie de la maison Michelin. Et très franchement, à titre personnel, cela m’attriste de voir que le pneu qui reste un produit d’une très grande technicité ne tienne que quelques tours.  Cela ne rime à rien et n’a aucun sens ! A partir de la, les équipes s’étant déjà ré-engagées avec le fournisseur actuel, il n’y a pas eu de réel  déception. En outre, passer à des pneus  en 18 pouces de diamètre, contre les 13 actuellement permettrait à la F1 de  retrouver son rôle de laboratoire technologique pour le développement et le transfert d’innovation aux pneumatiques de série »

 

A ce sujet, Bernie Ecclestone, aurait lâché en privé à l’un des patrons d’une grande équipe qui nous l’a répété :

 «  Cela va ressembler à des roues de vélos !  »

Cela n’est pas vrai puisqu’on le découvrira bientôt sur les monoplaces de Formule E

 

FORMULE-E-Essai-sur-le-circuit-de-LA-FERTE-GAUCHER-avec-Lucas-di-GRASSI

FORMULE-E-Essai-sur-le-circuit-de-LA-FERTE-GAUCHER-avec le pilote Brésilien d’Audi, Lucas-di-GRASSI

 

Et pour 2014, quoi de neuf en compétition à Clermont Ferrand ?

 

«  Nous allons concevoir des nouveaux pneus pour le WEC avec l’objectif de garder le niveau actuel de performances mais avec moins de matière. 5 cm de moins en largeur comme le demande le nouveau règlement. Cela nous intéresse.  Car nos gommes devront être toujours aussi fiables et résistantes. »

 

Venons-en à un sujet qui passionne déjà, avec les pour et les contre, le tout nouveau Championnat pour voitures électriques.

Lequel dénommé Formule E, va voir le jour en septembre 2014. Quel est votre position ?

 

«  C’est un projet super exaltant.  Pourquoi ?  Parce que ce type de compétitions qui va se disputer un peu partout dans le monde au cœur de grandes villes comme Londres, Pékin, Hong Kong, Buenos Aires, Miami ou encore Los Angelés, peut parfaitement conquérir et attirer un nouveau public, plus jeune et pas forcement jusqu’alors conquis par la course automobile. Et qui peut-être pourquoi pas tenté par quelque chose de différent et d’innovant. »

 

Donc, vos n’avez pas hésité lorsqu’ Alejandro Agag est venu vous proposer de devenir partenaire ?

 

« Non, absolument pas. Nous avons de suite jugé et estimé que Michelin devait en être. Nous ne pouvions pas refuser d’être associé à une nouvelle discipline automobile pionnière. »

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Cela signifie ?

 

 «  Nous allons développer un pneu par week-end de course et par monoplace. Un pneu sculpté de 18 pouces de diamétre. Le même utilisable aussi bien sur piste sèche que détrempée. Cela correspond parfaitement à l’esprit Michelin. La Formule E, cela va attirer un public jeune dans le centre des villes, c’est sincèrement intéressant. C’est un nouvel esprit de la course qui va déclencher de nouvelles réflexions sur le sport auto et la mobilité durable. C’est parfaitement conforme aux grands principes de Michelin et la meilleure façon d’avancer vers le futur. »

Comme on l’aura constaté, une fois de plus, une fois encore Michelin fait preuve d’audace et ne rate pas cette occasion qui se présente de préparer l’avenir en équipant ces toutes 1ères monoplaces électriques…

 

Gilles GAIGNAULT

Photos :  MICHELIN -Jean Michel LE MEUR –DPPI

 

FIA WEC

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