APRES DES 24 HEURES DU MANS MOTO INTENSES, ON SE PROJETTE DÉJÀ EN 2014 .

 

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LEBLANC-FORET-STAFLER-SALCHAUD grands triomphateurs_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

 

Le champagne a copieusement arrosé Gilles STAFLER au point qu’il a hâte de se changer, pour savourer confortablement la très belle victoire, la quatrième d’affilée ici au Mans. Inévitablement nous lui parlons de la saison à venir. Nous avons vu que la FIM se préoccupe du développement de cette discipline dans l’entretien que Paul DUPARC a accordé à autonewsinfo, et, les teams, informés des orientations prises, sont quelque peu rassurés quant à la pertinence de ce championnat du monde, tout comme les constructeurs d’ailleurs.

 

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A SUZUKI le titre mondial à KAWASAKI la passe de 4 au Mans !_ Photo Thierry COULIBALY autonewsinfo

 

Pourtant, malgré l’époustouflante démonstration effectuée par KAWASAKI depuis quelques années sur les courses de 24 heures, il ne semble pas que la marque soit décidée à franchir le pas pour sortir de l’hexagone.

Comme nous le confirme le manager de la N° 11, le budget endurance est débloqué par KAWASAKI France et, dans le schéma financier de la firme, il est hors de question de payer pour des prestations hors de l’Hexagone. Ce raisonnement un peu spécieux, pourra-t-il être battu en brèche grâce à la troisième place obtenue par la KAWASAKI au classement du championnat du monde?

Avec un carton plein au Bol d’or et aux 24 Heures du Mans, le SRC KAWASAKI n’affiche en effet, que 13 points de retard sur le SERT, qui gardera son N° 1 pour la treizième fois et la quatrième de suite. Cet argument d’un titre mondial, à l’impact commercial certain, permettra-t -il une inversion de tendance au Japon ? Toute l’équipe soudée autour de Gilles STAFLER se dit tout à fait prête à se lancer totalement dans la bagarre mondiale avec de très sérieuses références.

 

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Osmose totale entre Gregory LEBLANC et Gilles STAFLER le manager_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Alors que l’équipe varoise décharge les camions avec le matériel des 24 heures pour les recharger en vue du week-end albigeois en Championnat de France Superbike, nous joignons la base arrière de CANNET LES MAURES.

Ce mercredi matin Gilles STAFLER s’apprête à rejoindre Albi, « où il espère bien que Gregory LEBLANC coiffera la couronne de champion de France. Il ne manque qu’un point alors ça devrait être possible », poursuit-il.

Fabien FORET a reconnu notre photographe et va lui faire signe !_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Fabien FORET a reconnu notre photographe et va lui faire signe !_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

 

L’avenir appartenant à ceux qui se lèvent tôt, ce qui est effectivement le cas, comment se présente donc celui de l’écurie en endurance ?

« Monsieur GOTO, Président de KAWASAKI France, a la volonté de nous faire accéder au championnat du monde, il faut savoir ‘juste’ qui va payer. Lui tout seul ne peut rien, mais des discussions sont en cours avec KAWASAKI Europe et KAWASAKI Japon et normalement…. »

Avec ces vents favorables, le repos, les vacances, c’est pour bientôt ?

« Oh, les vacances c’est pas vraiment mon truc. Je vais avoir la convention des concessionnaires, le Salon. Le repos c’est pas tout suite, mais j’aime bien cette vie. Je vais sans doute aller en Italie discuter avec Pirelli, à Magny-Cours lors de la finale de Superbike mondial pour des contacts. Il y a beaucoup de choses très importantes à voir et à régler, ça me plait. Ne pas être inactif ça me va bien. »

On sent bien que Gilles STAFLER s’est déjà projeté vers le championnat du monde d’endurance. Il est déterminé à franchir tous les obstacles pour y parvenir. Il faut dire qu’il dispose de très beaux atouts pour convaincre.

Raphael CHAUSSE un manager _Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Raphael CHAUSSE un manager  efficace_Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Il est un autre manager que l’on voulait entendre après la surprenante et excellente seconde place obtenue lors de ces 24 heures du Mans d’anthologie.

Nous l’avons vu œuvrer avec assurance et une belle autorité amicale tout au long de la course, avec ce sourire quasi permanent des gens heureux qui n’ont pas d’histoire.
Nous retrouvons au téléphone Raphaël CHAUSSE qui d’emblée nous indique son état d’esprit :

« A R2CL, nous avons la tête sur les épaules, nous sommes conscients de la belle place, maintenant nous n’avons plus le choix, il faut gagner. »

Ce garçon sympathique, ouvert et disponible pour la Presse, est également modeste. Il accepte de nous rappeler avoir disputé les Coupes PROMOSPORT en tant que pilote et avoir ramené quelques points de temps en temps. Il affichait également trois Bol d’or et trois 24 heures du Mans, toujours en tant que pilote, lorsqu’il prit les rênes de l’écurie très liée à ESPACE MOTOS. C’est d’ailleurs en compagnie d’AMAURY BARATIN et d’Olivier DESTIN cogérants de ce magasin à SAINT OUEN l’Aumône, qu’ils lancèrent ce team dans le grand bain.

Avec toute une équipe de bénévoles toujours disponibles, Raphaël après avoir été commercial en pièces motos, a cessé en cours d‘année son travail pour se consacrer totalement à l’écurie. Bien lui en a pris.

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Superbe prestation du team R2CL_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Toujours modeste, il commente ainsi la seconde place : « grâce à un coup de pouce de SUZUKI, nous avons pu accueillir Guy MARTIN qui a su s’intégrer immédiatement dans l’équipe. »
Pour parler d’avenir, les choses sont claires et pourtant non abouties. Le manager de la N°2 indique sans détour :

« Nous sommes un team privé et entendons le demeurer, pas question de prétendre concurrencer le SERT par exemple. D’ailleurs SUZUKI France supporte déjà le SERT et le Junior team, alors que pour nous les choses sont claires, nous bénéficions de conditions de paiement pour l’achat des motos avec une remise Pro, pour le reste il faut trouver des partenaires. »

Et pour les pilotes ?

« Nous cherchons avant tout à travailler dans la continuité. Vous avez compris que pour nous, le côté humain comme l’aspect performances ont chacun leur importance. C’est un peu le fondement de notre équipe que chercherons à préserver. »

Nous n’oublierons pas de mentionner la très belle quatrième place de l’équipe R2 CL au championnat du monde d’endurance, devant des teams de référence comme le YART ou BOLLIGER.

Moineau SARRON

Hervé MOINEAU dans le stand de la N° 50 avec Christian SARRON_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Poursuivant la tournée des popotes des managers d’équipes à l’honneur ce week-end, nous appelons Hervé MOINEAU en charge de la SUZUKI N° 50 gagnante de la course et de la Coupe du monde d’endurance, avec, notons le, une belle progression en cours de saison : troisième au BOL d’OR, second à OSCHERSLEBEN et la victoire au Mans.

« Pour nous c’était très important de ne pas passer à côté de ces 24 heures. On a tenu à tout mettre en œuvre toute la semaine pour tout planifier et surtout pour que les pilotes ne s’enferment pas trop. On a réussi à passer au travers des soucis. On a vu pas mal de motos très pointues, très fortes habituellement commettre des fautes, ça été un peu notre point fort de passer à travers le mailles du filet. Là chapeau les pilotes, chapeau les mécaniciens. Les ravitaillements ont été tip top, on n’a vraiment pas fait d’erreur. »

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Course parfaite pour la N° 50 du Motors Events_ Photo Thierry COULIBALY autonewsinfo

Pour driver tes pilotes, dont nous avons pu remarquer la grande constance et l’homogénéité des temps, quelles sont tes recettes ?

« C’est vrai que pendant neuf ans je me suis occupé à la FFM de former des pilotes qui sont le pilotes professionnels actuels de l’endurance, comme Vincent PHILIPPE ou Julien DA COSTA. Maintenant mon rôle, au sein du Motors Events APRIL MOTOS, est un peu différent puisqu’on récupère des pilotes qui ont déjà du savoir faire. Pour cette course, comme ils l’ont confirmé en conférence de Presse, ils ont été très heureux que je sois tout le temps en contact avec eux, bien entendu ce n’est pas moi qui fait le boulot… Nous avions un petit plan de travail avec un rythme à tenir, avec une fourchette de temps qu’ils connaissaient par cœur, pour le jour, pour la nuit… après ce sont les pilotes qui pilotent…Je n’entends pas commander le pilotes, mais dans notre team c’est un projet global, une ambiance. Nous avons démarré en 2009 et, pas à pas nous essayons de progresser, sans perdre de vue que les courses d’endurance c’est un monde très difficile. »

Ton équipe technique fonctionne pas mal non plus ?

« Il y a une très bonne ambiance au sein du Motors Events, et effectivement toute la structure est fortement impliquée. Ainsi, sur cette course tous les ravitaillements ont été excellents, on a réussi à changer de roues avec l’essence en 41 secondes, et ça on ne l’avait jamais fait. »

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Une vraie satisfaction pour le boss_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Tu souhaites monter en EWC, cette brillante saison va-t-elle donner le marchepied suffisant pour y parvenir ?

« Oui, on l’espère. Nous sommes très heureux de courir en Superstock, une catégorie très relevée, mais l’objectif de Marc MOTRHE ( créateur du team), comme le mien, c’est d’aller jouer dans la cour des grands, en toute modestie en sachant que nous avons encore beaucoup de choses à apprendre. C’est vrai que ça coûte cher, Marc va voir ces questions avec les partenaires que nous pouvons remercier pour leur soutien. »

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Monter en EWC après la Coupe du monde Superstock_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Et pour les pilotes ?

« Il faut saluer leurs performances ce sont de très bons pilotes. Grégory FASTRE, tout comme Mickael SAVARY ou Claude LUCAS ont tous les trois un fort potentiel. On va discuter avec eux. Maintenant, on sait tous que l’intersaison va nous proposer plusieurs possibilités. Nous sommes encore dans la satisfaction du bon boulot qui a été produit, après il sera temps de passer à la projection vers 2014. Pour l’heure, il convient pour toute notre équipe de bien fêter cette victoire et le titre, qui n’étaient pas choses évidentes. »

Au SERT, la victoire s’est refusée de manière ingrate et le titre n’avait pas la saveur attendue. Après la remise des médailles de champion du monde, la huitième pour Vincent PHILIPPE, nous avions bavardé avec un garçon un peu désabusé, frustré de pas trouver Anthony DELHALLE à ses côtés, admiratif du travail exceptionnel fourni par les mécaniciens et toute l’équipe et, surtout se posant plein de questions sur son avenir.

Une victoire qui se refuse mais un titre mondial encore en 2013!_ Photo Michel PICARD autonewsinfos

Une victoire qui se refuse mais un titre mondial encore en 2013!_ Photo Michel PICARD autonewsinfos

 

Nous l’avons appelé au téléphone alors qu’il programmait ses activités futures comme le Scorpion Masters pour désigner le meilleur pilote de l’année sur le circuit du Paul RICARD, fin novembre. Chaque engagé courra dans quatre disciplines : trial, enduro, supermotard et vitesse. Dans un autre registre, pour se changer les idées, avec des amis du SERT, Vincent se prépare pour le MYTHIC RALLY vers le Maroc du 23 octobre au 3 novembre. En fin de semaine, il participe à une opération de promotion des casques SHARK chez BEEP BIKES à Tours, mais, avant tout cela, il lui fallait faire un passage par la case dentiste, qu’il avait mis de côté durant la saison.

V.PHILIPPE en osmose avec son team_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

V.PHILIPPE en osmose avec son team_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

As-tu digéré ta frustration de ne pas avoir pu encore gagner au Mans cette année ?

« Non ça n’est pas encore digéré, ça rumine toujours. Même dans la nuit je suis tombé, deux fois l’autre nuit et, encore une fois cette nuit. Mais non, pour ma part c’est un enchaînement de petites fautes depuis deux ans. Je ne souhaite plus vivre ça, alors quoi faire de plus ? Peut-être que j’en fais trop, justement. Je me sentais très bien sur la moto, certainement un petit peu trop. Il faut que je me remette dans le droit chemin en prenant sans doute un peu plus de distance. C’est devenu trop important à mes yeux, avec des enjeux très forts. Il faut que ça redevienne un peu à jeu comme c’était à l’époque où je m’amusais de tous les éléments et, tout se passait bien. Il faut que j’arrive à retrouver cette sérénité là. »

Moins de pression pour retrouver le plaisir..._Photo Michel PICARD autonewsinfo

Moins de pression pour retrouver le plaisir…_Photo Michel PICARD autonewsinfo

Penses-tu repartir en 2014 et avec le SERT ?

« Pendant mon premier relais après la chute, j’avais envie d’arrêter, d’arrêter la moto tout court. Je me demandais ce que je faisais là, à mettre en péril l’équipe et tout ça…Mais ensuite, durant la course j’ai retrouvé du plaisir, tout à fait naturellement. Au guidon je m’amusais tellement que je pensais alors, c’est quand même con de raccrocher, j’aime bien participer à ces courses, gagner en équipe… Donc je pense que c’est vraiment trop tôt pour moi d’arrêter. Il faut absolument que j’arrive à me décharger un peu de toute cette pression. C’est peut-être aussi le moment venu de me reposer, à mon tour, un petit peu sur les autres…Oui, l’année prochaine j’espère être au SERT. Si ça continue en championnat du monde, je suis sur la moto, c’est sûr. Je prendrai peut-être moins de départs, mais je serai là. »

Il faut dire que les chronos alignés par Vincent, une fois les réparations quasi miraculeuses opérées à l’ancienne comme jamais, avaient de quoi bluffer tout le monde.

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Chirurgie réparatrice par le Professeur BOISGONTIER du centre hospitalier du SERT_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Même un genou à terre, les grands champions et les grandes équipes ne renoncent jamais. C’est quand même une bien belle leçon que toute l’équipe du SERT a encore donné avec une moto que l’on disait dépassée par la concurrence, dont on sait ce qu’il advint.

Avant de conclure ce sujet nous avons la chance de pouvoir recueillir les propos de Guillaume DIETRICH, dont il se murmurait dans le paddock qu’il effectuait sa dernière course d’endurance.

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Un retour au Junior avant de tirer sa révérence en endurance_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Alors Guillaume tu décides de raccrocher ?

« Oui, j’arrête l’endurance. Il y a un moment que je pense à cette décision. Comme je voulais boucler la boucle de la meilleure façon, je souhaitais terminer au Junior team, là ou j’avais débuté. Même si nous n’avons pas gagné, nous avons fourni une très belle prestation. Ma chute survenue sur de l’huile juste avant que le safety-car n’entre en piste pour la nettoyer, nous a sans doute privés de la première place, mais je pars en montrant que je suis en forme physique, capable de bons chronos. »

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Des victoires au Mans et au Bol et un dernier round avec le Junior _ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Comment justifier cette décision ?

« Il y a un ensemble de raisons pour expliquer ma décision. Les choses ont changé, les pilotes sont devenus un peu des pions, puis je pense à ma famille, je n’ai plus envie de me faire mal. Comme je courais toujours à fond, je n’ai pas envie de faire les choses en demi-teinte. Mais partir en ayant démontré des capacités intactes, voilà qui me convient. »

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Une belle satisfaction pour quitter l’endurance_Photo Michel PICARD autonewsinfo

Alors tu repars en Championnat de France Superbike ?

« Il n’y a aucune raison que j’arrête. J’ai ma structure opérationnelle et des partenaires fidèles. On va reprendre tous ces éléments, tout cela durant l’intersaison pour finaliser un programme. »

Le salon du Motocycle sera sans aucun doute un lieu de rencontres et de transactions nombreuses et intenses pour toutes les équipes et les pilotes. La France restant une place forte de l’endurance mondiale nous aurons sans doute l’occasion de voir se dessiner à Paris, le profil du plateau 2014.

La YAMAHA N° 94 fort méritante sera sans doute de la partie YAMAHA France s’étant porté partenaire de l’ACO pour trois ans.

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De belles performances et souvent des petits pépins aussi pour la YAM N° 94_ Photo Gilles VITRY autonewsinfo

Après cette saison 2013 et, plus encore après cette course des 24 heures du Mans, nous nous plaisons à répéter : l’endurance moto est une discipline fantastique.
L’inventivité technique est source de progrès incontestables. Les dépassements humains y sont légion, que ce soient chez les pilotes qui ramènent parfois une quasi épave à laquelle l’équipe technique va très souvent redonner vie, ou tout aussi bien chez les chronométreurs, panneauteurs mobilisés sans relâche. La solidarité d’un team est exemplaire, cuisinier, logisticien, préposés aux pneumatiques, à l’essence, mécaniciens, informaticiens, serveuses, coursier, kiné…. Il n’est qu’à voir combien, tous ensemble, au SERT ils sont fiers du treizième titre mondial. D’autres sont prêts à les imiter et souhaitent un jour les égaler. La relève serait-elle en marche ? Réponse la saison prochaine.

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13 ème titre mondial pour le SERT_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Alain MONNOT
Photos : Gilles VITRY, THIERRY COULIBALY, Michel PICARD et Alain MONNOT

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