24 HEURES DU MANS MOTO: LA VICTOIRE POUR KAWASAKI MAIS LE TITRE MONDIAL VA A SUZUKI

_12D1484

4 ème victoire pour KAWASAKI_ Photo Thierry COULIBALY autonewsinfo

 

Nous l’avions écrit la course des 24 heures qui s’achève s’annonçait comme un grand cru millésimé. Tous les amateurs de sport motocycliste garderont en mémoire le cru 2013. Nous aussi bien sûr!
Les données étaient simples: les machines officielles allaient se battre pour la victoire mais également pour le titre mondial pour ce qui concernait la SUZUKI N° 1, la YAMAHA N°7 et la YAMAHA N° 94.

 

_12D1146

Grosse bagarre en Superstock avec la victoire de la SUZUKI N° 50_ Photo Thirry COULIBALY autonewsinfo

 

On s’attendait à une empoignade tout aussi sévère dans la catégorie Superstock avec en ligne de mire la Coupe du monde pour la BMW N° 13, la SUZUKI N° 50 et l’autre Suzuki N° 72et une kyrielle de prétendants à la victoire en course comme la KAWASAKI N° 11 ou la SUZUKI N° 3 d’AM Moto Racing, ou la YAMAHA N° 9 de DG Sports , la SUZUKI N° 44 de No Limits ou encore la YAMAHA N°333 de VILTALIS.

 

_12D1145

La 11 à l’attaque_ Photo Thierry COULIBALY autonewsinfo

 

D’entrée de jeu, on se demandait bien ce qui animait les deux coqs LEBLANC et PHILIPPE qui voulaient marquer leur territoire, coûte que coûte, pour affirmer que la KAWA ou la SUZ étaient bien les prétendantes à la victoire. Un ton en dessous quoique ! La meute régalait le public par les trajectoires parfois un peu osées et, ce qui devait arriver arriva, avec  la chute de Vincent PHILIPPE, précédée par un doublé  de CHECA sur la YAMAHA N° 94. D’autres eurent lieu mais, ces deux cas allaient donner une orientation très spéciale à la course.

La SUZUKI , après un changement de bracelet et de carénage avant, repartait en piste pour revenir, plus blessée que les mécanos ne l’avaient cru. S’ensuivit alors une sorte d’acharnement thérapeutique que beaucoup de spectateurs et de concurrents ne comprenaient pas trop. En effet, soudure à froid du carter, fuite d’eau mal détectée, changement de radiateur, puis changement de joint de culasse, voilà suffisamment de problèmes pour décourager les plus entêtés. Certains comme Gilles STAFLER manager de la KAWASAKI N°11 nous disait, après coup, de pas avoir compris tout de suite pourquoi l’ami Dominique ne baissait pas le rideau.

 

_12D1130

Des galères pour la SUZUKI N° 1_ Photo Thierry COULIBALY autonewsinfo

 

Le rusé MELIAND avait chanté sur toutes les ondes que le titre mondial intéressait l’usine, mais que lui voulait aussi la victoire. Pour la victoire les carottes étaient cuites, mais le titre ne dépendait pas que de lui. Un savant tableau de simulations lui indiquait que, si sa moto terminait la course en glanant quelques points, il faudrait que le YART soit très performant et que le GMT 94 en cas de défaillance du YART, tutoie les sommets.

Pendant ces cogitations, que seuls les membres du SERT connaissaient dans le détail, ce qui donnait la force de faire face avec abnégation et courage à la situation, la Kawasaki semblait dérouler une leçon bien apprise au cours des 3 victoires précédentes.

A 19 h 07, une alerte subite traverse le stand, Fabien FORET accroché par un concurrent a chuté. Là non plus pas question de se décourager et l’on repart à l’attaque avec constance. La KAWA affiche 4 tours de retard sur le leader.
Benoîtement si l’on peut dire, la BMW N° 99 domine alors les débats et donne une image de sérieux et de rigueur dans la gestion des relais. La YART N° 7 joue sa carte mondiale sans tenter le diable, la KAWASAKI N° 11 n’a pas l’intention de laisser sa part de gloire aux chiens et une lueur d’espoir d’une quatrième victoire consécutive au Mans, avait de quoi galvaniser les ardeurs, tout en jugulant tout excès.

 

2

Très belle prestation pour la SUZUKI N° 2_ Photo Gillers VITRY autonewsinfo

 

Passant à travers les incidents de course,on voit apparaitre dans une position fort avantageuse la SUZUKI N° 2 de R2CL, managé avec une étonnante maîtrise par Raphaël CHAUSSE, qui dispose d’un équipage plus que solide avec Guy MARTIN, Dylan BUISSON et le très connu en endurance: Gwen GIABBANI.

Soudain à 20h 40 un coup de tonnerre retentit. 5 machines s’empilent sur la HONDA N° 77 qui tape avant le virage du musée. Dans ce carton sévère nous décomptons la SUZUKI N° 411 la KAWASAKI N° 66, la KAWASAKI N° 24 et la KAWASAKI N° 46.
Une nouvelle voiture de sécurité est à nouveau lancée en piste.
Et puis la ronde reprend, longtemps après . La santé des blessés n’est pas inquiétante. Des victimes collatérales comme la KAWASAKI de LOUIT Motos N° 33 qui chute également sur les débris .

 

_12D0230 (1)

Une des nombreuses chutes…_ Photo Thierry COULIBALY autonewsinfo

La HONDA N° 77 qui avait appliqué une tactique de course tout à fait raisonnable et fort régulière s’était hissée vers un podium, se retrouvait coupée en deux….

Les supputations les plus folles parlaient de la YART à la recherche d’une victoire significative pour bien assoir son titre mondial que tout le monde lui attribuait déjà ! Le manager infirmait ce tuyau crevé, en nous précisant ne vouloir prendre aucun risque tout en surveillant la YAMAHA N° 94.
Alors que l’on attendait que la longue nuit se termine enfin, la BMW devait renoncer à bricoler et se résoudre à l’abandon avec une boîte de vitesses cassée.
La YART N° 7 qui n’avait pas changé de rythme, voyait tous ses espoirs ruinés par le bris aussi soudain qu’irrémédiable d’une bielle moteur.

94

La YAM 94 ne baissa jamais les bras_ Photo Gilles VTRY autonewsinf

 

Les cartes semblaient bien redistribuées avec la KAWASAKI revenue en tête devant la SUZUKI N° 2 et la YAMAHA N° 94 condamnée à une espèce de chemin de croix assez valeureux, pour conserver une troisième place, alors que le moteur éprouvait semble-t-il, des bouffées de chaleur combattues par un système astucieux de vérification et de remplissage sous pression de l’eau manquante. Autant dire que terminer la course sera un grand soulagement et mérite bien un cierge à l’inventeur du système, en guise d’action de grâces.

 

eau 94

Un système à breveter _Photo Alain MONNOT autonewsinfo

 

Parler de la catégorie Superstock nécessite de souligner que contrairement à ce que l’on pourrait croire, en voyant ces motos, notamment les SUZUKI N° 50 et N° 72 ou la KAWASAKI N° 33, monter aussi haut dans le classement général, ces places flatteuses sont dues à une casse incroyable chez les EWC. Dominique MELIAND disait qu’en 20 ans il ne se souvenait pas avoir assisté à une telle hécatombe.

En fait, à vouloir toujours plus de performances tant pour les pneus , les pilotes ou les machines, la mécanique rappelle, avec brutalité parfois que les sports mécaniques sont dépendants… de la mécanique!
Le drapeau à damiers tant attendu apporte une sorte de soulagement à tous les protagonistes terminant une course éprouvante physiquement et nerveusement. Sur le podium tout le monde est forcément content. Les déçus ont plié bagage, tous les équipages classés oublient les petites déceptions et relativisent les pépins qui n’ont pas permis d’accéder à la place espérée, mais passer la ligne, apporte une fierté légitime, à tous ceux qui en auront été capables.

Pour donner une idée de ce qu’a pu être cette édition des 24 heures, pour ceux qui coiffent la treizième couronne mondiale, nous retiendrons ce que Vincent PHILIPPE nous glissait avant de prendre son dernier relais:  » Ce que je pense de cette course? C’est simple ne jamais revivre ça! »

 

_12D1561

Les équipages Superstock héroiques_ Photo Thierry COULIBALY autonewsinfo

 

Le podium soulignait d’une Marseillaise bien sentie, que l’endurance était une spécialité encore bien française. La victoire pour la 4 ème fois consécutive de la KAWASAKI qui fait confiance à Gregory LEBLANC depuis 2009, associé à Fabien FORET et Nicolas SALCHAUD est, tout aussi le résultat d’un travail de fond de préparation et de gestion de la part d’une équipe managée avec intelligence, autorité et science de la course, par un Gilles STAFLER, toujours épaulé par Isabelle son épouse, dont les nerfs sont aussi solides que ceux de son stratège de mari.

 

Stafler

Gilles et Isabelle STAFLER _ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

 

Nous retrouvons les héros de cette fantastique épreuve en conférence de Presse.
Nicolas SALCHAUD:
« Intégré comme 4ème pilote je savais avoir une bonne carte à jouer. »

Fabien FORET:

« Je n’avais pas pu être au Bol avec le team. Je suis tombé certes, mais j’ai tout donné.. »

Gregory LEBLANC:

« On venait ici pour gagner, c’était notre objectif. On aurait pu dérouler une course sereine mais Fabien a été accroché, avec 4 tours de retard il fallait se donner à fond. »
Après cette épreuve formelle de la conférence, Gilles STAFLER accepte de répondre à nos questions.
Des 4 victoires c’était dis-tu, la première mais celle là tu la savoures bien ?

 » Oui celle là on la savoure, maintenant on est dans les records et ça fait toujours plaisir , celle qui marque le plus c’est la première. Mais là, quatre fois d’affilée ça ne c’était jamais fait. Au niveau pilotes Gregory égale le record de Jean Michel MATTIOLI, donc maintenant il faudra le dépasser. »
Tu me confirmes n’avoir jamais douté, à chacun de mes passages je t’ai trouvé concentré mais serein?
 » Concentré c’est nécessaire. Des courses de 24 heures j’en fait depuis 1983, donc je commence à connaitre un petit peu le déroulement de ce genre d’épreuve. Ce qui m’a alarmé un petit peu c’est l’accrochage en début de soirée et qui aurait pu nous coûter beaucoup plus cher que 4 tours. Il y a de la course dans la course et cet accrochage était un malencontreux fait de course. On a passé un peu plus de temps au stand que d’habitude, on sait très bien qu’une moto qui chute, on la répare et puis souvent on est passé à côté d’une bricole ou deux . On rentre à nouveau quelques tours plus tard et voilà… »

II y avait beaucoup de casse?

« Il y avait guidon, faisceau de freinage complet, carénage, repose pied, pédale de frein côté droit. On bien tout checké de manière à ne pas être ennuyé ensuite et devoir repasser par le stand. »

Ton équipe technique est la même depuis 4 ans ?
« Oh oui et il y a même des personnes qui sont avec moi depuis 20 ans. »

 

11

Sans faute pour la 11_ Photo Gilles VITRY autonewsinfo

Tu veux atteindre les records de notre ami commun Dominique MELIAND ?

 » Dominique on se connait bien, on se chiffonne toujours un peu entre nous, mais c’est toujours bon enfant. Moi Dominique, c’est vrai que j’ai toujours regardé ce qu’il faisait. A l’époque des cassettes vidéo je les ai rendues quasiment illisibles à force de regarder faire, pour quoi, comment pour quoi il se place là , pourquoi il fait ci, pourquoi il fait ça . On ne prend pas tout, mais on s’inspire et avant d’essayer de le dépasser il faut déjà essayer de faire la même chose. J’ai travaillé dans ce sens là et, si un jour j’arrive à décrocher autant de titres que lui je serai très satisfait.. »

Avant de conclure ce reportage, on en arrive tout naturellement à évoquer le propos du chef MELIAND qui avec son humour habituel déclare:

 » Abandonner trop vite comme beaucoup aurait pu trop vite, c’est un peu comme mettre la cabane sur le chien. Chez nous au SERT c ‘est comme je le dis souvent une affaire de bonshommes. Alors disons le mes gars sont déçus car ils avaient beaucoup travaillé pour satisfaire ma grande gourmandise. Oui, je pensais que nous pouvions avoir le titre mondial mais je voulais , nous voulions aussi la victoire. En tout cas mon équipe technique a su montrer une fois encore, qu’elle savait se dépouiller dans une totale abnégation et que les pilotes ont su repartir à la bataille avec un nouveau titre et pas victoire. « 

 

_12D1476

Le SERT 13 fois champion du monde ! – Photo Thierry COULIBALY autonewsinfo

 

Le SERT s’est vu décerner le Prix ESCRA récompensant la meilleure prestation en termes d’organisation et d’efficacité des mécaniciens. Toute l’équipe ne manquait pas d’associer Anthony DELHALLE à ce 13 ème titre.

 

CLASSEMENT DE LA COURSE

– 1 Formula EWC TEAM SRC KAWASAKI N° 11: Grégory LEBLANC, Fabien FORET, Nicolas SALCHAUD- KAWASAKI ZX10R avec 820 tours
– 2 Formula EWC TEAM R2CL SUZUKI N° 2 :Guy MARTIN, Dylan BUISSON, Gwen GIABBANI- SUZUKI GSXR 10 à 7 tours
– 3 Formula EWC YAMAHA France – N° 94: David CHECA, Kenny FORAY, Matthieu LAGRIVE- YAMAHA R1 à 8 tours
– 4 Formula EWC TEAM 18 SAPEURS-POMPIERS N° 18: Stéphane MOLINIER, Cédric TANGRE, David BRIERE- KAWASAKI ZX10R à 14 tours
– 5 Superstock TEAM MOTORS EVENTS APRIL N° 50: Grégory FASTRE, Michael SAVARY, Claude LUCAS- SUZUKI GSXR à 14 tours
– 6 Superstock JUNIOR TEAM LMS SUZUKI N° 72: Baptiste GUITTET, Etienne MASSON, Guillaume DIETRICH- SUZUKI GSXR 10 à 16 tours
– 7 Formula EWC MACO RACING N° 14: Massimo ROCCOLI, Alex BALDOLINI, Jose Manuel LUIS- YAMAHA R1 à 17 tours
– 8 Formula EWC NATIONAL MOTOSN° 55: Arturo TIZON, IBANEZ Gregory JUNOD, Olivier FOUR HONDA CBR à 22 tours
– 9 Formula EWC SYNERGYFORCE TRICKSTAR N° 5:TamakI SERIZAWA, Osamu DEGUCHI, Koji TERAMOTO- KAWASAKIZX 10R à 22 tours
-10 Superstock TEAM LOUIT MOTO N° 33: Florian MARINO, Lorenzo SAVADORI, Ermeric JONCHIERE- KAWASAKI ZX10R à 23 tours
– 11 Superstock ATOMIC MOTO SPORT N° 68: Yannick PIERRE, Frédéric JOND, Nicolas CHOLVIN- SUZUKI GSXR 10 à 26 tours
– 12 Superstock NO LIMITS MOTOR TEAM N° 44: Giovanni BUSSEI, Andrea BOSCOSCURO, Victor CASAS- SUZUKI GSXR 10 à 34 tours
– 13 Superstock YAMAHA VILTAÏS EXPERIENCESN° 333: Loic BARDET, Cyril CARRILLO, Dimitri BERTHOME- YAMAHA R1 à 35 tours
– 14 Formula EWC TEAM BOLLIGER SWITZERLAND N° 8: Horst SAIGER, David MORILLON, Julien ENJOLRAS- KAWASAKI ZX10R à 37 tours
– 15 Superstock RESEAU HONDA N°51: Sébastien DUPOND, Sébastien GERARD, Pierre BERCOT- HONDA CBR à 51 tours

34 motos ont été sont classées

Pompiers

Les Pompiers ont su bien gérer leurs affaires_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

 

La coupe du Monde d’endurance est remportée par le Team MOTOR EVENTS APRIL MOTO sur la SUZUKI N° 50 avec 97 points , devant le Junior TEAM LMS sur la SUZUKI n° 72 avec 83 points et PENZ 13 sur la BMW N° 13 avec 68 points.

Le championnat du monde d’endurance est donc remporté par le SERT avec 93 points devant le GMT 94 avec 88 points et KAWASAKI avec 80 points.

 

Alain MONNOT
Photos: Thierry COULIBALI, Gilles VITRY et Alain MONNOT

Moto Moto - Endurance Sport

About Author

admin