24 HEURES DU MANS MOTO: SUZUKI POUR LE TITRE MONDIAL ?

Vol Alphajet V. Philippe

Vincent Philippe connait le Bugatti vu d’en haut_ Photo Olivier Ravenel Armée de l’air

Pour notre sujet de présentation des 24 heures du Mans moto, nous ne voulons pas pas reprendre les 24 bonnes raisons qui pourraient faire de ces 24 heures un moment inoubliable pour les spectateurs. Nous resterons centrés sur le champ sportif exclusivement et, là bien sûr, nos lecteurs, les spectateurs et nous mêmes les journalistes, devraient déjà, largement y trouver leur compte.
Evoquer le volet sportif comme nous allons le faire, c’est bien sûr inclure les paramètres techniques et humains inhérents à ces courses d’endurance si particulières, encore plus lorsqu’elles se déroulent sur 24 heures.
Nous avons déjà souligné sur notre site, que c’est en France que le championnat du monde d’endurance moto fait le plein avec 48 h de course (Bol d’or + 24 h du Mans) contre 16 h ailleurs (Japon, Allemagne). La composition du plateau est également déséquilibrée avec 46 équipes françaises sur les 60 engagées officiellement pour ces 24 heures et les 56 équipages admis après les qualifications!
Sans y regarder de près, on pourrait dire que le championnat du monde d’endurance est franco français.

Christophe GUYOT "enthousiaste et optimiste"_Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Christophe GUYOT « enthousiaste et optimiste »_Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Sur cette question, Christophe GUYOT manager du Team YAMAHA GMT, nous reprend en ces termes :

« A Suzuka tu peux dire que c’est japono-japonais. Chaque pays a une identité très forte de sa course d’endurance et à chaque épreuve un nombre important d’équipes du pays s’ajoutent à une bonne vingtaine de teams permanents.
Par contre je t’accorde que la France est une référence en matière de course d’endurance, tout comme l’Espagne peut l’être pour les Grands Prix ou encore l’Angleterre pour le Superbike. »

Référence certes, mais devons-nous pour autant annoncer une victoire française pour cette dernière course de la saison, et dans la foulée, avancer l’idée que le titre mondial restera en France, avec une 13ème couronne pour le SUZUKI ENDURANCE RACING TEAM ?

Objectif premier: garder le N°1_Photo Michel PICARD autonewsinfo

Objectif premier: garder le N°1_Photo Michel PICARD autonewsinfo

Mathématiquement, le titre a deux chances sur trois d’échoir aux français, puisque seuls le SERT français (Suzuki N°1), le YART autrichien (YAMAHA N° 7) et le GMT 94 français (YAMAHA N° 94) peuvent encore prétendre à la couronne. En raison de la répartition actuelle des points, 84 pour le SERT, 71 pour le YART et 61 pour le GMT et de l’attribution potentielle de 40 points au premier, on peut penser que ce serait un exploit -quasiment impensable- de voir le GMT triompher pour le titre de champion du monde.

Kawasaki en épouvantail après 3 victoires consécutives_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Kawasaki en épouvantail après 3 victoires consécutives_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

En effet, d’autres protagonistes, et en première ligne la KAWASKI N° 11, ne cherchent rien d’autre qu’une quatrième victoire consécutive aux Mans.
Et que dire de la BMW N° 99, dont le seul objectif est de prouver (avant de disparaître la saison prochaine ?) que la machine et l’équipage, après échecs, déboires, démission… a toute sa place dans le gotha des courses d’endurance au niveau mondial ? De plus, Erwan NIGON blessé (triple fracture de la cheville) lors course du championnat Superbike allemand, sera sans doute difficile à remplacer. Même si Sylvain BARRIER est normalement prévu pour ces circonstances, on peut douter que BMW ne privilégie pas avec lui le championnat mondial Superstock. Alors un pilote de dernière minute pour compléter l’équipe ne sera pas de nature à donner un peu de stabilité et de sérénité dans une équipe qui en aurait pourtant bien besoin !

chez BMW on voudrait bien renouveler la perf de Doha  Photo Michel Picard Autonewsinfo

Le temps de la victoire est bien lointain pour BMW_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Comme nous l’avons écrit lors des essais préliminaires, les trois prétendants au titre mondial éprouvaient la nécessité de travailler durant ces deux jours à finaliser des réglages rendus impératifs par la monte évolutive proposée par les pneumaticiens.
Michelin (pour Yamaha) et Dunlop (pour Suzuki) sont en confrontation directe pour la couronne mondiale, alors que Pirelli (pour Kawasaki) voudrait bien nous faire croire, qu’avec « des pneus du commerce », ils sont capables de mettre tout le monde d’accord pour gagner dans la Sarthe.

Quoiqu’il en soit, le SERT est un peu à la croisée des chemins sur ce sujet. La moto N° 1 n’a pas encore utilisé en course les pneus en 17 pouces et, comme DUNLOP ne développe plus guère dans les autres dimensions, des produits intéressants sont proposés au team, en 17 pouces donc.
Vincent PHILIPPE confirme cette situation en ces termes :

« Quand Dunlop a vu que nous étions prêts à essayer les 17 pouces, leurs yeux brillaient, car c’est là qu’ils ont porté leurs récents efforts de développement. Pour nous, effectivement ça fonctionne bien c’est facile et très confort. On est très sécurisé avec le pneu 16 pouces à l’avant, que l’on va conserver, mais passer en 17 à l’arrière, ça devrait être pas mal. »

NZ8H3395

Une récente victoire en Allemagne qui fait du bien au moral pour le SERT_ Photo Michel Picard autonewsinfo

Comme nous savons Dominique MELIAND très réservé sur des changements en cours de saison, nous lui avons donc posé la question de savoir quelle décision il avait prise.
Comme à son habitude, le chef répond par une autre question :

« Aurai-je les roues en nombre suffisant pour courir en 17 pouces, c’est très tendu et je n’ai pas encore la certitude de pouvoir être approvisionné à temps. Nos roues n’ont rien de standard et le fabricant voit ce qu’il peut faire pour nous. Effectivement, les pilotes ont eu de bonnes sensations avec cette nouvelle monte, mais faut voir…»

Dans l’atelier voisin, les trois mécaniciens maison, conservent le calme des vieux briscards qui en ont vu d’autres.

Chacun, avec méticulosité et sérieux est concentré sur sa tâche. Le calme et la sérénité règnent. L’enjeu est connu de tous et, même si le boss semble très décidé à renouer sur ses terres avec la victoire qui échappe au team depuis 2008, il ne semble pas que la pression soit trop forte. On sait ce qu’il faut faire pour offrir aux pilotes maison : Vincent PHILIPPE, Anthony DELHALLE et Julien DA COSTA, une moto performante et fiable, et l’on joue une partition bien connue dans ces murs.

Grand Paulo installe un moteur au banc_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Grand Paulo installe un moteur au banc_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

C’est ainsi que grand Paulo, installe un moteur au banc, moteur destiné au roulage. Les moteurs de course sont déjà prêts. Nul doute que de nombreuses vérifications supplémentaires ont été faites, car la casse d’un moteur a marqué les esprits. Une seule autre casse de moteur de 1000 cc a été enregistrée avant, « mais on avait connaissance de la cause, alors que là, nous n’avons que des suppositions », nous glisse en passant le chef motoriste, même s’il ne semble pas particulièrement inquiet.

 

Petit Paulo prépare les radiateurs_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Petit Paulo prépare les radiateurs_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

 

Petit Paulo, prépare les radiateurs pour les deux motos de course et pour le secours éventuel. Tous ont été testés à 2 bars de pression et reçoivent les raccords, les durits. Les ensembles neufs, sont identifiés pour un montage à venir sur les machines.

Les motos justement, c’est Pascal qui en assure le montage. Partant d’un cadre nu, il procède avec méthode et l’on se demande parfois s’il ne serait pas capable de monter chaque élément à l’aveugle, tellement il connait chaque élément, chaque vis, chaque boulon, chaque raccord… par cœur.

 

Pascal monte une moto pour la course_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo
Pascal monte une moto pour la course_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

L’enjeu très important comme un titre mondial, au SERT, tout le monde a déjà vécu cela. On sait bien que SUZUKI usine regarde les titres avec gourmandise et, comme en Superbike les choses ne rigolent pas vraiment cette année et, que le retour en Grands Prix ne devrait intervenir qu’en 2015, Dominique MELIAND, en manager rusé, sait bien que la poursuite du SERT en 2014 est sans doute conditionnée par cette 13ème couronne.

Pour sa part, il ne cache pas viser la victoire. On ne joue pas petit bras au SERT. C’est d’ailleurs ce qui plait au public qui voue un grand attachement à cette prestigieuse équipe.

 

BOL-D-OR-2013-Leblanc-Kawasaki-11-Pole-Position-Photo-Michel-Picard-Automotonewsinfo2

G. LEBLANC à l’attaque au Bol 2013_Photo-Michel-Picard-Automotonewsinfo

 

La victoire, les petits hommes verts sur la N° 11 y sont habitués. Leur palmarès en France est impressionnant. Pour 2013,un doublé Bol d’or /24 heures est sans aucun doute un objectif aussi important qu’une quatrième victoire consécutive dans la Sarthe.

Chez KAWASAKI, on veut marquer les esprits et l’on s’en donne les moyens. Les choses sont un peu compliquées cependant avec la décision de Jérémy GUARNONI de ne pas disputer les 24 heures pour s’économiser en vue de la fin de saison en Superstock . Nous avions bien éprouvé quelques doutes lors des journées pré Le Mans quand Gwen GIABBANI roula sur la N° 11, alors que nous savions Loris BAZ bloqué par son équipe en vue des épreuves du championnat du monde Superbike restant à disputer.

Dans cette équation de la composition de l’équipage, normalement toute simple à savoir : 3 titulaires et 1 remplaçant, une inconnue demeure.

 

_037autonewsinfo

Gilles STAFLER_ Photo Alain MONNOT autonewsinfo

Nous demandons alors à Gilles STAFLER, le manager de la KAWASAKI N° 11, comment il compte la résoudre :

« Je n’ai pas de nom à communiquer, la situation est encore un peu compliquée. Pour l’heure, une certitude : Greg LEBLANC et Fabien FORET seront titulaires et Nicolas SALCHAUD remplaçant. Je ne peux pas vous dire que je suis serein car je ne sais pas du tout qui nous allons pouvoir avoir avec nous. L’art de l’endurance c’est pourtant de travailler avec les mêmes personnes, mais pour nous, qui ne disputons pas tout le championnat du monde, je sais bien qu’un jour nous allons le payer. Pourtant le pilote qui viendra sera le bienvenu et nous ferons tout pour nous adapter. »

Votre objectif c’est, bien entendu, la victoire ?

« Certainement. 4 fois de suite ce serait un beau challenge pour Gregory qui pourrait rejoindre sur les tablettes de l’ACO, Jean-Michel MATTIOLI vainqueur en 1987/88/89/et 1990. Mais l’endurance reste l’endurance et, comme vous le savez, il y a du beau monde, nous essaierons de faire le mieux possible. Dans notre équipe technique, on n’a changé personne… »

Du côté des pneumatiques vos essais Pré Le Mans ont été satisfaisants ?

« Comme vous le savez, PIRELLI ne fait pas des pneus spécifiquement pour l’endurance et, nous devons essayer et choisir dans une offre vaste. Des conditions climatiques difficiles ne me font pas plus peur que cela. Pour ce qui concerne la longévité, certains petits points délicats ont été réglés et en vitesse les enveloppes tiennent à l’aise 25 tours, alors pour nous, qui sollicitons moins violemment les gommes, on passe facilement 33 ou 34 tours. »

La YAMAHA du GMT peut se battre devant._ Photo Michel PICARD autonewsinfo

La YAMAHA du GMT peut se battre devant._ Photo Michel PICARD autonewsinfo

 

Au GMT, si l’on se déclare d’emblée optimiste et enthousiaste dans la perspective de ces 24 heures, nous demandons à Christophe GUYOT le manager d’aller plus loin dans la traduction de son état d’esprit d’avant course.

« Au championnat on n’y pense pas, mais être sur le podium est l’objectif. On vise évidemment la victoire. On peut y croire. Nous avons les moyens pour cela. Souviens-toi des 24 heures 2012 et du dernier Bol d’or. Nous terminons 4ème, après avoir bagarré en tête avec la KAWASAKI qui gagne à chaque fois, alors que nous rétrogradons pour des broutilles (une ailette de radiateur en un capteur). A part ces petits soucis, pour le reste, on a tout. On l’a démontré, alors, les 24 heures on a envie d’y aller. On se sent assez fort techniquement. On a travaillé d’arrache pied toute l’année. Techniquement, la moto est très bien. On a fait de très bons essais pré Le Mans. »

Oui, justement ces essais de pneumatiques ont-ils été concluants ?

« L’investissement de Michelin en endurance, qui remonte à 2009, nous permet de disposer de produits offrant une plage d’utilisation très large. Ceci est très précieux en endurance où l’on peut avoir des variations de température assez importantes. Je te confirme que l’on a bien des pneus très performants pour toutes les conditions de course. »

 

C Guyot Yamaha GMT 94 collabore efficacement avec Michelin photo Alain Monnot autonewsinfo

C Guyot Yamaha GMT 94 collabore efficacement avec Michelin photo Alain Monnot autonewsinfo

Reverra-t-on l’équipage de Suzuka? (Matthieu LAGRIVE avait laissé sa place à Maxime BERGER)

« L’équipage sera composé de David CHECA, Matthieu LAGRIVE et Kenny FORAY avec Maxime BERGER comme remplaçant. »

Christophe Guyot ne souhaite pas entrer dans le débat de lutte fratricide entre sa moto et la Yamaha du YART, elle aussi candidate à la victoire et, pourquoi pas au titre, étant donné sa seconde place actuelle au championnat.
A ce propos il nous dit sobrement :

« Le YART a une relation directe avec le Japon alors qu’au GMT nous sommes les représentants de YAMAHA France. Les gars du YART des concurrents redoutables. »

Pour notre part, nous signalerons que l’équipage N°7, manque un peu d’homogénéité et, seul Broc PARKES aligne avec constance des temps équivalents de ceux des autres teams de pointe.

 

Le YART  vise la couronne mondiale_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Le YART vise aussi la couronne mondiale_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

Dans ces qui conditions, jouer les premiers rôles sera une tâche difficile pour la YAMAHA N°7 qui guettera cependant, une éventuelle panne ou chute de la SUZUKI N°1, pour tenter de décrocher une couronne mondiale.

Dans cette présentation des teams phares, nous n’oublions pas de préciser que toutes les autres équipes ont beaucoup de mérite à s’aligner derrière ce que l’on nomme les machines officielles. Au titre de celles-ci mentionnons également les HONDA la N° 77 des anglais de TT Legends ou la N° 55, à un moindre niveau de développement technique, de National Motos.

La HONDA de TT Legends souvent un ton en dessous des candidats à la victoire_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

La HONDA de TT Legends souvent un ton en dessous des candidats à la victoire_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

 

Nous aurons l’occasion de largement revenir sur ces 24 heures motos, dont on n’oubliera pas de faire remarquer qu’en Coupe du monde d’endurance, c’est-à-dire pour les motos Superstock, la course sera également déterminante pour un titre très convoité.

Les trois équipes actuellement en tête sont dans l’ordre : PENZ N°13, Motors Events N° 50 et Junior team LMS Suzuki N°72.

Le Junior Team SUZUKI LMS, accueillera Guillaume DIETRICH double vainqueur des 24 heures_Photo Michel PICARD autonewsinfo

Le Junior Team SUZUKI LMS, accueillera Guillaume DIETRICH double vainqueur des 24 heures_Photo Michel PICARD autonewsinfo

 

Derrière ces enjeux énormes, les spectateurs sont assurés de profiter d’un spectacle exceptionnel, voilà bien à nos yeux, la raison déterminante pour aller en bordure du circuit Bugatti les 21 et 22 septembre. Une victoire et un titre mondial en jeu, promettent une course passionnante !

 

NZ8H6895

le SERT: 4 gaillards prêts à tout donner pour le titre_ Photo Michel PICARD autonewsinfo

 

Alain MONNOT
Photos : Michel PICARD, Olivier RAVENEL et Alain MONNOT

Sport

About Author

admin