24 HEURES DU MANS. L’ANALYSE D’UN SPECTATEUR SUR L’AMBIANCE ET LA COURSE

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L’un de nos lecteurs, Jérôme Leclerc, nous a fait parvenir  son analyse et ses réflexions sur la 90 éme édition des 24 Heures du Mans

A lire avec attention car ses propos semblent reproduire ce que nous avons constaté et entendu à maintes reprises tout au long de la semaine Sarthoise

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Gilles VITRY – Jerome LECLERC

 

24-HEURES-DU-MANS-2013-La-piste-avant-la-passerelle-DUNLOP-photo-Antoine-LECLERC

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 » Cette édition des 24 heures du Mans fut morose, triste, frustrante et très humide …Mais c’était les 24 heures du Mans …Donc magiques, Palpitantes. A plus d’un titre, la plus grande course du monde sait se montrer déroutante, déconcertante et imprévisible.

Au rayon des « Good news » je mets au premier plan, la présence durant toute la semaine de Guillaume Moreau rejoint par Ophélie durant le week-end. Les voir tous les deux si souriants et joyeux est une magnifique leçon de courage et personnellement une très forte émotion … la plus belle émotion de cette 81ème édition.

Voir à l’arrivée, les Lola DKR et Porsche Prospeed que beaucoup moquaient de par le grand manque d’expérience de plusieurs pilotes présents (Manu Collard fut un excellent guide pour ses 2 équipiers), prouve une nouvelle fois que « Le Mans » reste une aventure fantastique pour qui sait l’aborder avec humilité et simplicité.

Le Buzz engendré par la Oak Racing N°45 décorée par un Fernando Costa au regard pétillant d’un enfant au pied se son premier sapin de noël, prouve que la course auto est un moyen d’expression fantastique et un vecteur de communication exceptionnel pour qui sait faire preuve d’originalité et d’initiative.

L’intérêt grandissant de « petites » marques, tel les Alpine, Morgan, Caterham, démontre qu’il est possible grâce à un patrimoine sportif et affectif de vivre dans l’ombre des grands constructeurs et ainsi rafraîchir la mémoire des passionnés potentiellement acquéreurs de voitures radicales mais souvent bien trop conditionnés par l’implacable réalité du marketing, véritable bras armé de la puissance financière et industrielle …

Enfin la qualité de certaines boutiques jouant à fond la mode du Vintage sans pour cela tomber dans le trop populaire et maintenant indigeste concept Gulf ainsi que la renaissance que je souhaite durable du périodique « Le Mans Racing » sont de sympathiques ingrédients qui nous permettrons de patienter jusqu’au mois de juin prochain !

Au rayon des « Bad news, je mets de façon convaincu l’accent sur l’obligation faite à l’ACO et La FIA d’apporter rapidement et efficacement des réponses à nombres de questions, sans quoi la plus grande et mythique épreuve de sport automobile risque de perdre de son âme et de sa superbe.

Les accidents de Mc Nish et « Rocky» en 2011, Moreau et Davidson en 2012, étaient des avertissements sans frais … Le drame de cette année confirme de façon flagrante que les voitures vont trop vite pour des infrastructures par endroit insuffisamment adaptées.

D’une part, l’équation « Vitesse des voitures -solidité des coques » se fait au détriment des pilotes transformés en « Amortisseur » et d’autre part, le rapport entre la sécurité « passive » (rails, murs, pneus, …) et la sécurité « active » (les autos) se fait exclusivement au détriment des matériaux de protection qui se doivent d’absorber 100% de l’inertie des chocs.

A partir de ce constat, devoir remplacer 40 ou 50 mètres de rails est une résultante somme toute bien anecdotique malgré les longues périodes de Safety-car qui en résultent au grand damne des téléspectateurs …

J’ajouterai qu’a la vue de la vitesse hallucinante a laquelle arrivent les « Protos » au freinage des ralentisseurs Ford conjuguée à la propension qu’ils ont a décoller au moindre problème, rend la position des nombreux spectateurs privilégié qui se massent sur les somptueuse terrasses des paradis éphémères et construits par les teams à quelques mètres seulement de la piste, quelque peux …angoissante !

Opérer une sélection au mérite selon des critères subjectivement maîtrisés par l’organisateur qui privilégie une équipe quelque peu sulfureuse, obligeant la police Sarthoise déjà bien occupée à gérer les 250 000 spectateurs, à venir visiter le Paddock, pour saisir le matériel de l’écurie le jour même des premiers essais, ainsi que le désir de vouloir dédier le 56ème stand, à un projet innovant voire même trop innovant puisque ses géniteurs déclarent quelques semaines avant la course qu’il leur faut dorénavant travailler sur les performances avant de jeter l éponge quasiment la veille des pré-test sont à mon gout des risques peux compatibles avec le sérieux que requière l’organisation, la gestion et la promotion du 4ème événement sportif annuel au monde.

Messieurs, vous n’aurez pas tous les ans des gens sérieux et compétitifs comme Signatech, le Morand Racing, DKR ou Prospeed dont la passion, la notoriété et le budget leur permettent de parier sur une participation aux 24 heures sans que celle-ci soit assurée des le début de saison.

Enfin, au nom de l’héritage extraordinaire que vous avez entres les mains, soyez attentif au prisme que représente les millions d’écrans plats qui sont le véhicule planétaire de la magie de cette épreuve qui vous survivra.

Les sans grades ont toujours eu, ont, et aurons toujours autant de mérites, voir même plus que les puissants constructeurs aux budgets sans limites et toujours plus démesurés.

Réduire la pépite que vous couvez à un duel exclusif entre deux constructeurs et ainsi ignorer 80% du plateau, est une erreur impardonnable et une faute professionnelle.

L’ADN des 24 heures du Mans réside dans la différence, la pluralité, la passion, le rêve, l’aventure, la folie, l’insouciance et la diversité …

Les 24 Heures du Mans, sont un Graal pour tous les professionnels de la course.

C’est une aventure humaine sans équivalence, un mythe réel et incontournable …

Votre responsabilité est immense, elle ne peut et ne doit pas être galvaudée.

 

Jérôme LECLERC

Photos : Gilles VITRY – Thierry COULIBALY

 

24-HEURES-DU-MANS-2013-23-JUIN-PODIUM-AUDI-2-TOYOTA-8-et-AUDI- photo Thierry COULIBALY

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