24 HEURES DU MANS. LE COUP EST PASSE BIEN PRES POUR TOYOTA

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24-HEURES-DU-MANS2013-23-Juin-arrivee-stand-TOYOTA-qui-salue-la8-qui-termine-seconde-derriere-AUDI-2-photo-Gilles-VITRY

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Mine de rien, Audi a bien eu raison de ne pas s’endormir pendant l’hiver.

Parce que sinon, ça aurait été bel et bien l’hymne du Pays de Soleil Levant qui aurait retenti dimanche après quinze heures sur le circuit sarthois au lieu du Deutschland, pardon Audi uberalles.

Alors que tout le monde s’attendait à un cavalier seul des trois Audi, les deux voitures japonaises firent mieux que se défendre. Jusqu’au bout, elles mirent une terrible pression sur  la Mannshaft.

Pourtant, pendant tous les essais qui avaient précédé l’épreuve, il s’avérait que Lapierre, Davidson, Wurz et compagnie devaient se rendre à l’évidence :

Leurs TS030 rendaient, apparemment près de quatre secondes aux trois vaisseaux de la flotte Audi. L’allocation de trois litres d’essence supplémentaire à utiliser avait pourtant mis un peu de baume au cœur des patrons japonais.

Pascal Vasselon le directeur technique ne cachait pas, que normalement, les essais avait servir à affiner la stratégie de l’économie maximum. Même avec une météo à faire frémir un vieux loup de mer, les pilotes des Toyota durent travailler d’arrache-pied, sans même se donner le droit d’aller chatouiller un peu les chronos contrairement à Duval, le nouveau lévrier d’Audi.

 

24-HEURES-DU-MANS-2013-TOYOTA-devant-ORECA-NISSAN-Team-ADR-DELTA-G-DRIVE-photo-Patrick-MARTINOLI

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Pour quelques observateurs avisés comme Bruno Famin, le directeur technique de Peugeot, ce pari sur la conso était assez osé

 »Au Mans, c’est très difficile de jouer là-dessus. C’est très risqué » confiait l’ancien patron des 908.

Le docteur Ullrich, lui s’énervait un peu du mini bonus accordé aux Toys.

 » Ils disposent de 11% d’énergie en plus que nous » avait-il regretté juste avant que ne s’engagent les hostilités.

 

PIERRICK-CHAZEAUD-2013-LA-PATROUILLE-TOYOTA

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La donne était claire :

les Japonais pensaient être en mesure de battre Audi en étant très très fins côté consommation, quitte à ne pas s’engager dans un mano a mano qui ne manquerait pas de laisser des traces dans les entrailles des deux voitures du Soleil Levant.

Alors quand tout le monde s’élança au baisser du drapeau, on fut un peu étonné de voir que d’entrée, les deux TS 030  attaquaient, guillerettes, les trois Audi. Vite, très vite et sans doute sans trop le vouloir, Lapierre se retrouva derrière Lotterer.

Les deux Toyota d’ailleurs semblaient bien plus à l’aise que les Audi et, cruel et implacable le public se mit à applaudir l’offensive Toyota. Pourtant, en jetant un œil sur les chronos, on s’aperçut vite que ce n’était pas le Japon qui partait à l’assaut de la l’Allemagne mais bizarrement, que c’était plutôt les Teutonnes qui étaient parties sur un contre tempo.

En 3’33 », pour le leader, cela ne prenait pas vraiment la tournure escomptée, Audi avait décidé, eux aussi de ne pas gaspiller le diesel. Alors, le sourire peu à peu regagna les visages de la cosmopolite équipe Toyota.

Non que tout était fait mais au moins, les E-Tron ne feraient pas cavalier seul.

 

TOYOTA-N°7-24-HEURES-DU-MANS-2013-dans-les-esses-avant-le-TERTRE-ROUGE--photo-Gilles-VITRY.

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Le drame qui s’est joué dès le début de course a imposé un long stage sous safety car alors on se prit à regarder de près le rythme des arrêts des deux écuries de pointe et les Audi passaient ainsi à 14 tours. Et les Toyota étaient elle à 15 et 16 tours. C’était dans les plans sans doute mais bien loin du delta espéré dans de telles circonstances. Après le warm up, Nicolas Lapierre s’était à moitié satisfait de son meilleur temps mais c’était déjà une indication.

Il avouait un léger déficit côté V Max.

Pourtant, dans des conditions que beaucoup de jeunes et moins jeunes pilotes n’avaient jamais connu, les deux Toyota non seulement restaient au contact mais mettaient la pression sur les Audi.

 

24-HEURES-DU-MANS-2013-AUDI-et-TOYOTA-photo-Patrick-MARTINOLI

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Peu à peu, Ingolstadt sembla lâcher prise. Les soucis de la 1 et dans une moindre mesure de la deux  plaçait les T2 030 dans une position intéressante : au contact de la voiture de Kristensen-McNish-Duval. Il y avait presque du 2011 dans ce scenario quand une seule Audi dut pendant la nuit résister aux assauts des Peugeot.

C’est vrai, toute la nuit les Toyota boys ont mené la chasse. Sarrazin, le chat qui voit mieux la nuit,  le Suisse Buémi rapide et sûr dans tous ses relais et Anthony Davidson, définitivement conquis par Le Mans malgré sa cabriole terrible de l’an dernier ont imposé une rude épreuve aux vétérans flanqué du Beauceron Duval.

Pourtant, impossible de les déloger de leur pré carré. Stéphane Sarrazin ne pouvait que les congratuler

 »Bravo à Audi. Nous, nous avons eu de la réussite. Pas le moindre problème, mais on manquait de vitesse. Nous savons que nous devons travailler dur mais nous ne sommes pas loin… »

 

24-HEURES-DU-MANS-2013-ARRIVEE-VICTORIEUSE-DE-LAUDI-N°-2-DUVAL-KRISTENSEN-MCNISH

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Jusqu’au bout Sébastien Buémi a démontré sa pointe de vitesse et sa dernière attaque sur Kristensen si elle était un peu inutile n’en était pas moins magnifique.

Petite ombre au tableau, la sortie de route de Nicolas Lapierre alors quatrième une petit heure avant le damier et qui tentait le podium. Sans doute en sur-vitesse dans une zone humide avant d’aborder le premier droit du Porsche : il s’en alla percuter le mur de pneu dans lequel s’encastra sa monture.

 

 

TOYOTA-N°7-24-HEURES-DU-MANS-2013-dans-les-esses-avant-le-TERTRE-ROUGE--photo-Gilles-VITRY.

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Il sortit immédiatement de la voiture, s’en éloigna un peu. Les commissaires extirpaient la TS030 de ce mauvais pas et Nicolas, revenu sur ses pas, put la  rapatrier. Seul l’avant avait souffert et une fois réparée, la Toyota put, sans perdre de place, rejoindre l’arrivée.

Grosse performance donc des deux Toyota et de toute l’équipe qui a démontré qu’elle est très proche d’Audi. Déjà, tout le monde songe au nouveau challenge qui attend la marque japonaise. En 2014 il faudra enfin battre Audi, et c’est possible à condition de franchir un palier au niveau budgétaire mais il faudra aussi maîtriser l’arrivée d’un sacré trouble fête, allemand lui aussi.

 

 

Jean-Michel LE ROY

Photos : Gilles VITRY – Patrick MARTINOLI- Gilles MOLINIER

 

 TOYOTA-N°8-24-HEURES-DU-MANS-2013-photo-Gilles-VITRY


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