24 HEURES DU MANS. ENTRETIEN AVEC BENOIT TRELUYER DOUBLE VAINQUEUR EN 2011 ET 2012

 

 WEC-2012-SILVERSTONE-Benoit-TRELUYER-et-Gilles-GAIGNAULT.


WEC-2013-SILVERSTONE-Benoit-TRELUYER-et-Gilles-GAIGNAULT.

 

En compagnie de notre correspondant dans l’Ouest, Thierry Coulibaly, rencontre et entretien commun décalé avec le double vainqueur sortant des 24 Heures du Mans, avec Audi en 2011 et 2012

 

N°1. Quelle a été la plus agréable à piloter la PESCAROLO, la 908 ou l’AUDI R18?

  » La PESCAROLO était une auto très bien construite, sécurisante, mais qui manquait d’aéro. La 908 était super bien équilibrée, avec beaucoup de chevaux, mais la reine reste l’AUDI R 18 qui est une voiture incroyable; c’est une auto faite pour le Mans, avec ses spécificités. Elle est extraordinaire en courbes, notamment dans les esses PORSCHE. »

 

N°2. Quel est le gros avantage de l’Audi?

 » C’est sans conteste son aérodynamisme qui est remarquable, a tel point que l’on se demande parfois où se situe sa limite. Elle a été pensée pour le Mans, et évolue sur ce circuit comme sur son terrain de jeu favori. »

 

N°3. Quel est pour toi l’endroit que tu préfères sur le circuit du Mans ?

  » Sans hésitation les esses PORSCHE, surtout avec la R 18, la vitesse de passage est tellement élevée, qu’il faut être hyper rapide pour ne pas manquer le point de corde, c’est surréaliste  le cerveau doit s’habituer à ces vitesse, mais les sensations sont incroyables. Etre avec la R 18 dans ces virages, est tout simplement innommable, c’est FABULEUX!.. »

 

N°4. Quelle est la plus belle victoire celle de 2011 ou celle de 2012?

 » Celle de 2011 est la première et en terme d’émotion on eut difficilement  pu faire mieux, d’autant plus qu’on a rien lâché pendant la course, nous l’avons enchaîné comme une course de six heures. D’autant plus qu’avec les accident des deux autres voitures (accident d’Alan Mac NISH et de Mike ROCKENFFELER), nous étions sur motivés pour emmener l’auto sur la plus haute marche du podium, et puis ce final où nous terminons à l’arrivée avec juste 13 secondes d’avance sur la PEUGEOT  de Sébastien est tout simplement incroyable. »

 

 N°5 Les relais ont été difficiles en 2012?

 » J’étais juste malade toute la course, j’ai attrapé la crève à la parade et lorsqu’il y a eu le « Savety Car » en plein milieu de la nuit, on est venu me réveiller. Mais cette fis c’est Ralf qui est venu et là je me suis dit : »Oups!..si Ralf se déplace, c’est sérieux… ». Il m’a dit:  » t’as juste le temps d’y aller, il faut se dépêcher, tu as cinq relais à faire, tu peux le faire? » « Oui, bien-sûr je peux le faire, je prends une douche et j’arrive!.. »,  » Non, pas de douche, t’as pas le temps, on ne se lave pas les dents, pas de petit dej’, tu pars pour cinq relais tout de suite!.. » J’ai juste eu le temps de courir dans le stand en enfilant ma combinaison, on me donne une barre de céréale, une boisson et je monte dans l’auto. A la fin de la psite de décélération, le feu était rouge, j’attends le vert et je pars. je me retrouve sur la piste entre deux PEUGEOT et par radio on, me dit : « Tu vois la PEUGEOT devant toi elle est dans le même tour, et celle derrière, elle est à un tour, alors donne tout ce que tu as!..La situation était tout simplement allucinante.

 

N°6. Comment ressent tu la différence entre les LMP 1, les LMP 2 et les GT?

 » Plutôt pas mal, la plupart des pilotes sont aguerris, même si cela est parfois plus difficile pour les « gentlemen drivers », personnellement je ne suis pas géné par les différentes catégories, j’ai pris cette habitude au Japon, mais le problème contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas systématiquement les « gentlemen », ce sont aussi les professionnels, qui sont dans leur course, et qui de ce fait perdent parfois de vue qu’il y a des voitures beaucoup plus rapides qui fondent sur eux. Il est nécessaire de faire un peu attention lors des premiers tours de roues, mais ensuite cela se passe plutôt bien. Par contre, de nos autos, il est bien difficile de distinguer si le pilote situé devant est un pilote d’expérience ou pas, c’est pourquoi, l’ACO rest en train de réfléchir à une signalétique lumineuse, qui pourrait indiquer si le pilote précédent est un pilote de grande ou de moindre expérience. »

 

N°7. Quelles sont tes plus grande qualités de pilote?

  » Je n’en sais rien, il m’arrive même de me demander pourquoi, j’en suis là, peut être le fait que je suis très décontracté dans le cockpit, je n’ai pas de stress et de ce fait, je prends du plaisir dans l’auto, je vais vite naturellement, je ne suis pas superman! »

 

 N° 8. Comment perçois-tu le danger?

 « Aujourd’hui les voitures sont sécurisées, j’ai eu trois ou quatre accidents importants au Japon, et je me suis dit : « Plus jamais dans une voiture sans toit!.. ». Mais lorsqu’AUDI m’a enrolé, et que la voiture était un spyder, je me suis dit je ne peux pas rater une telle occasion, juste pour un an on y va…, et j’ai été très heureux de retrouver une auto avec un toit pour ma sécurité. Chose primordiale! »pour gagner, il faut finir!.. et ne pas prendre de risques inconsidérés. »

 

N°9. Toi qui a connu des autos dans lesquelles il fallait faire un double débrayage pour rétrograder, comment as tu appréhendé les palettes?

 » Honnêtement, j’aimais cette ancienne école qui permettait de faire la différence lors des rétrogradages, d’autant plus que je n’étais pas mauvais à cet exercice, je gagnais un dixième par ci, un dixième par là… Il fallait jouer à la fois avec l’embrayage, les freins, l’accélérateur, c’était très technique. Au début, je n’ai pas vraiment apprécié les palettes, puis je m’y suis habitué et cela permet de se concentrer aur les freinages, les trajectoires et d’aller encore plus vite, ce qui reste la quête du pilote de courses. »

 

N°10. Passer de l’ambiance PESCA à la rigueur AUDI a -t-il été difficile?

  » Cette année, cela a été plus tendu dans l’équipe, mais pas du tout froid, contrairement aux idées reçues, au sein du Team l’ambiance est très chaleureuse, il y a une très bonne ambiance, c’est un bonheur d’aller travailler. Bien entendu dans un Team de cette importance, où tout le monde est constamment sollicité, il est nécessaire d’avoir une certaine rigueur; c’est la rigueur Allemande. Le Docteur ULLRICH est un personnage hors du commun, il est attachant, est très attentif aux autres, il connait le nom de tout le monde dans l’équipe, ades ingénieurs aux mécanos en passant par la femme de ménage. Il possède une mémoire phénoménale, il connait le prénom de chaque enfant des mécaniciens, il est même capable de prendre des nouvelles de l’un en se souvenant qu’il y a peu de temps, il a été malade. C’est un homme extraordinaire, mais avec lui on ne rigole pas au boulot. Un exemple de cette rigueur, il y a dans le stand un couloir matérialisé par deux lignes rouges, ces lignes sont le passages des mécaniciens qui transportent les pneus. Lors d’un arrêt, personne doit se trpuver dans cet espace, et si par erreur le Docteur ULLRICH se trouvait dans ce couloir, il se ferait tancer au meêm titre que le quidam moyen. Et il y a des endroits pour se reposer dans le stand, avec interdiction de s’assoir sur une caisse, fut elle accueillante. Andre LOTTERER décide de se poser quelques instants sur l’une d’elle, aussitôt un mécanicien arrive, demande à André de se lever et lui propose d’aller lui chercher une chaise. la même scène s’est déroulée pour moi.

 

N°11. Et entre vous les pilotes, quelle est l’ambiance?

 » Il existe entre nous une super bon,ne ambiance, nous partageons tout, le travail et les victoires. les voitures nous avaient été attribuées par le Docteur, mais à un moment donné, Alan et Tom on voulu rouler dans l’Hybride. Cela ne me posais à moi et à mes coéquipeirs aucun problème, l’une et l’autre sont d’excellentes autos, j’ai même proposé à Tom de rouler dans l’hybride. Finallement ils ont vu qu’il n’y avait pas de différence fondamentale entre l’Hybride et l’Ultra, et de ce fait que l’Hybride ne constituait pas un avantage majeur.

 

N°12. Comment décide t’on chez AUDI  quel est le pilote qui va faire la pôle?

 » En fait il n’y a pas vraiment de règle, cela s’organise en fonction des évènements, André est toujours partant pour aller à la chasse à la pôle, moi, j’aime aussi ça, c’est selon, mais avant tout, on règle la voiture. En 2011, la pôle s’est faite naturellement, l’auto était parfaite, j’étais très à l’aise et le temps est venu tout seul. Mais actuellement les pôles deviennent de plus en plus importantes, puisqu’elles peuvent permettre de décaler un arrêt. Le Mans est devenu une course sprint, et dans un sprint il est préférable d’être devant, cela permet de gérer le traffic.

 

 N°13. Quel conseil donnerais tu à un jeune féru de compétition?

 » Avant tout de commencer par le karting qui est une excellente école, cela permet de se familiariser avec la course en peloton, d’apprendre à gerer ses dépassements, de gere sa macanique etc… Puis je lui coneseillerais de faire un volant comme celui de l’ACO qui permet d’apprendre le vrai pilotage à moindre coût. La filière FFSA est bonne, mais en sport auto, l’important est de se faire plaisir, peut importe la discipline, la F1 est très médiatisée et fait rêver, mais toutes les disciplines sont bonnes et souvent plus proches du public, il n’y a pas de sous catégories, l’important étant de se faire plaisir.

 

N°14. Que représente la parade pour toi?

 » Elle fait partie du Mans, c’est un moment qui nous permet d’être proche du public, et le public apprécie de pouvoir rencontrer les pilotes, l’ambiance est festive, inégalée et de ce fait unique, il faut impérativement conserver ce rapprochement entre les pilotes et le public. »

 

N° 15. Quel regard portes-tu sur toi même, lorsque tu te vois dans les journaux, ou que tu passes à la TV?

 » Je ne support pas ça, je dirais même, je déteste ça!.. A la TV, il faut être naturel ce que je ne sais pas faire, j’ai l’impression de débiter mon texte, c’est terrible. Et a la fin de l’interview, je suis tellement content que ça s’arrête que j’ai chaque fois un rire débile!.. Et pourtant je vous promets, j’essaie de  me corriger.

 

Entretien avec Thierry COULIBALY et Gilles GAIGNAULT

Photos : Thierry COULIBALY – Manfred GIET – Gilles VITRY – Patrick MARTINOLI

 

WEC-2013-SPA-Dr-ULLRICH-avec-TRELUYER-et-FASSLER-assistent-au-succes-de-LOTTERER-Audi-N°-1

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 WEC 2013 SPA Session autographes pour Lotterer-Tréluyer-Fâssler-© Manfred GIET-


WEC 2013 SPA Session autographes pour Lotterer-Tréluyer-Fâssler-© Manfred GIET-

WEC 2013 Equipage AUDI CHAMPION DU MONDE 2012 TRELUYER FASSLER LOTTERER

WEC 2013 Equipage AUDI CHAMPION DU MONDE 2012 TRELUYER FASSLER LOTTERER

 12-HEURES-SEBRING-2013-Le-trio-AUDI-victorieux-TRELUYER-JARVIS-FASSLER


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4-HEURES-DU-MANS-2012-PODIUM-TRELUYER-LOTTERER-FASSLER-photo-Thierry-COULIBALY-autonewsinfo

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