100 ÉQUIPAGES  » HISTORIQUES  » DISPUTENT LE PÉKIN A PARIS

 

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Un parcours impressionnant !

Le 28 mai dernier, près de 100 voitures improbables, très anciennes, se sont élancées du pied de la muraille de Chine pour rejoindre Paris ! Dignes héritières de leurs ancêtres mais parfois presque aussi âgées qu’elles elles n’en sont pas moins à la peine qu’au début siècle dernier.

UN BRIN D’HISTOIRE

Le 31 janvier 1907 Matin titrait : « Y-a-t-il quelqu’un qui sera prêt à entreprendre un voyage de Paris à Pékin cet été ? »
Mais très vite, le trajet devait être inversé et devenir le Pékin – Paris et l’on proposait même une bouteille de Champagne pour le vainqueur.

Cinq participants finalement prendront le départ en 1907, et c’est le Prince Borghèse qui était de loin le mieux préparé !
Son ITALA 7 litres, 40 chevaux, ses réserves d’essence : 84 gallons (336 litres) et d’huile : 35 gallons (140 litres), ses 12 pneus de rechange et son équipement de camping, ainsi qu’une organisation bien ficelée, lui donnaient des chances d’arriver à bon port, bien supérieures à ses concurrents. Pour Charles Goddard, un saltimbanque sans le sou, ce n’était pas gagné d’avance !

Deux équipages français se lançaient dans l’aventure à bord de leurs De Dion Boutons de 10 chevaux, et un troisième, Ponz, à bord d’une Contal Tricar de 3 chevaux !

Le premier équipage à abandonner fut celui de cette Contal Tricar, dès la sortie de Pékin.
Le Prince Borghèse décida de faire cavalier seul et réussit à rouler à une moyenne de 60 miles/ heure (96km/h).Goddard pris beaucoup de retard : son réservoir d’essence crevé.
Le prince Borghèse tomba dans un ravin lorsque le pont, qu’il traversait au fin fond de la Russie, s’écroula sous le poids de sa voiture. C’est l’armée russe qui le dépanna ! Enfin, 61 jours après être parti de Pékin, soit 20 jours avant les autres, le Prince italien arriva triomphalement à Paris.

TOUJOURS UNE AVENTURE

Aujourd’hui, c’est la 5e édition de ce rallye mythique qui se déroule entre le 28 mai et le 29 juin.
Si les routes européennes se sont bien améliorées depuis cette première édition, les pistes qui seront empruntées au cours des premiers jours, elles, n’auront pas beaucoup changé. La traversée de la Mongolie ressemblera étrangement à celle que le prince Borghèse et ses amis ont pu expérimenter il y a plus d’un siècle !

Ce Paris-Pékin a prévu un itinéraire fabuleux, avec au programme : La Chine, Pékin et la grande muraille de Chine, la traversée de la Mongolie pendant 8 jours, la Russie avec des étapes de plus de 600 km, l’Ukraine, la Slovaquie et puis, enfin, l’Autriche, la Suisse et la France ! Avec une arrivée triomphale place Vendôme, un qui accueillera ces voitures d’exception et ces hommes et femmes fourbus sans doute mais heureux sûrement après avoir plus de 12 200 km !

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Voiture et paysage superbe

Parmi les 100 engagés on dénombre 24 nations différentes et les voitures sont réparties en plateau selon les années de fabrication. Ainsi on distingue les voitures sorties entre 1920 et 1931, puis entre 1932 et 1941, et entre 1942 et 1975 en distinguant alors les moins et les plus de 2 litres.
En parcourant la liste étonnante nous avons pointé des FORD T, des FORD A, des FORD Mustang, mais aussi une RENAULT 4, des PORSCHE 911, DES DATSUN PS 510, des VOLVO, des BENTLEY. La caravane doit attirer les spectateurs lors de ce périple hors norme.

JOURNAL DE BORD

Nous avons récupéré auprès des organisateurs un petit résumé des premiers jours.

 

Citroen

Une vaillante DS

30 mai – jour n°3 de Erenhot à Altanshiree

Très rapidement les équipages sont confrontés aux difficultés du terrain. Il est sans doute difficile de se rendre compte de ce qu’est le Désert de Gobi, tant que l’on ne l’a pas traversé et les concurrents 2013 se sont demandés comment le prince Borghèse et ses rivaux avaient pu réaliser cet exploit en 1907. Plus de 300 kilomètres dans le désert, sans voir âme qui vive pendant des heures ni même un arbre, il faut prier et espérer être dans la bonne direction. Bilan de la journée : Beaucoup de casse … Problèmes d’échappements, de moteur, de suspension … Bref, les voitures ont souffert et les mécaniciens ont du travailler tard dans la nuit. Mais l’ambiance est bonne dans le campement ce soir, et le montage des tentes se fait dans la bonne humeur. Première nuit à la belle étoile !

 

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Une CHEVROLET Stylemaster de 1948

31 mai – Jour n°4 : de Altanshiree a Ulaan Baatar

Après une nuit très courte et fort agitée à cause d’une tempête de vent de sable, les équipages repartent et c’est le début des épreuves chronométrées. Le rallye se divise en deux groupes de voitures – les Vintageants, les voitures d’avant-guerre, et les classiques. Pour chaque catégorie, le défi consiste à définir le meilleur temps possible et les pilotes se délectent déjà d’avoir à relever ce défi sportif.
Chez les Vintageants, c’est Mike Reeves et la présentatrice de la BBC Monde, Michelle Jana Chan qui remportent le 1er temps sur la Ford Coupé V8.
Chez les classiques, la première place revient à la Citroen DS ex Championne du monde des rallyes 1974, délogeant ainsi Gerry Crown et Matt Bryson à bord de leur Leyland P76.
Aujourd’hui beaucoup de gravier, de pierres, de parties rocheuses, un terrain qui nécessite beaucoup de sang froid et des nerfs d’acier… Pas de chance, pour la voiture 65, la Chevrolet Stylemaster de Trish van Zyl, qui a dû être remorquée suite à la casse d’un arbre à cames.
Problèmes de boites de vitesse et d’essieu pour la Mercury Park Lane de Jan Pettersson et gros problème d’embrayage pour la Bentley N°11 de Christian Schenk, qui doit s’arrêter en pleine course … heureusement, ils ont de quoi le changer !

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Un coupé FORD de 1940

 

1er Juin – Jour 5 : Jour de repos à Ulaan Bataar

Un jour de repos bien mérité pour nos concurrents, mais une rude journée pour les équipes de mécanos ! Il faut faire vite car le temps est compté !
Comble du comble, c’est un jour férié en Mongolie et la plupart des magasins et des ateliers étaient fermés toute la matinée … Mais à force d’ingéniosité, la plupart des problèmes ont pu être réglés dans les temps !

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Mécanique à tous les étages

 

2 Juin – Jour 6 : de Ulaan Bataar à Bulgan

2 mauvaises nouvelles, ce matin avec l’abandon des voitures N°5 et N°9 à cause de problèmes mécaniques. La Vauxhall et la Packard vont être rapatriées, mais les équipages espèrent pouvoir acheter une voiture sur place pour pouvoir continuer et suivre la course. La Porsche 911 de Stan Gold et Brant Parsons, N° 64, n’a pas pu être réparée, ils sont obligés de commander des pièces neuves. Ils espèrent rejoindre le rallye à Novossibirsk en Russie.
Changement de décor à notre arrivée à Bulgan : Douce chaleur, grandes plaines, montagnes rocheuses d’un côté, collines de pins de l’autre, un endroit particulièrement saisissant.

 

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Des galères… parfois

3 Juin – Jour 7 : de Bulgan à Murun

3 épreuves chronométrées attendent nos concurrents aujourd’hui avec 340 kilomètres à parcourir jusqu’au campement à Murun. Chaque jour, le paysage est de plus en plus splendide.
Cette étape est difficile, c’est une lutte permanente pour résister aux pistes défoncées. L’incident le plus important de la journée est la sortie de route de l’équipe japonaise en Datsun 240Z. Dans un virage trop serré, ils perdent le contrôle de leur véhicule et tombent dans un fossé.
Chez les Classiques, c’est Gerry Crown, âgé de 81 ans, qui bat tous les jeunes en reprenant la tête devant la Citroën !
Chez les Vintageants, c’est le Coupé Fangio qui détient maintenant une avance de 30 minutes sur la Chrysler de Bruce Washington, la Ford V8 de Mike Reeves et de Michelle Jana Chan ayant connu quelques déboires la veille.
Heureusement, les survivants de la journée, affamés, assoiffés, poussiéreux et échevelés peuvent prendre une douche chaude et un bon dîner en arrivant au campement !

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Des galères … souvent

 

4 Juin – Jour 8 : de Murun au Lac Telmen

La journée débute par une course de côte escarpée, mais les voitures souffrent moins aujourd’hui.
La Citroën cherche à se venger des exploits de Gerry Crown la veille à bord de sa Leyland P76, et la Citroën reprend 20 secondes à Gerry, qui est maintenant à moins de deux minutes.
« Les paysages sont à couper le souffle et aujourd’hui a vraiment été un grand jour de conduite » résume le pilote de la Bentley, Mark Wilkinson.

 

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Les grands espaces

5 Juin – Jour 9 : Du Lac Telmen au Lac Chjargas

Destination le Lac Chjargas. Un dédale de pistes nous emmène à travers des plaines et des prairies, l’horizon est toujours de plus en plus lointain…. La Mongolie devient plus distante et plus magnifique de jour en jour.
La Bentley N° 31 doit être remorquée jusqu’à la frontière russe à cause d’un réservoir d’essence percé. Et elle ne sera pas la seule aujourd’hui à rencontrer des problèmes : La voiture 11, la Bentley de Christian Schenk, la voiture 46, le Citroën Maigret de Mario Illien, et la voiture 78, la Holden de Mike et James Killingsworth, toutes subissent également des fuites de carburant.
Avec 3 minutes d’avance, Gerry Crown reprend la tête devant la Citroën, la VW Beetle de John Lazell, remporte la 3ème place en prenant 41 secondes d’avance sur la Porsche 911, pendant les deux épreuves chronométrées, C’est une bonne journée pour eux !
La tempête de sable qui avait accueilli nos équipages à l’arrivée s’est calmée, pour laisser place à un merveilleux coucher de soleil. Poulet, bœuf, salades, soupes, tout est délicieux depuis le début de ce voyage et les éloges ne tarissent pas !

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Des pistes cassantes

 

Plus que 2 nuits de camping, avant d’atteindre la frontière russe. En arrivant, la blanchisserie de service aura fort à faire ….et nous garantissons que les galères ne sont pas terminées. Ceux qui verront la Concorde réaliseront un exploit grandiose et mémorable.

Alain MONNOT à partir documentation organisation

Photos : Gérard BROWN

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L’aventure.. la vraie !

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