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24 HEURES TT DU MAROC, JOUR UN : LA BAJA DE MERMOZ, LE TRIOMPHE DE FOUQUET…

SCHLESSER-RADELET

 

SCHLESSER-RADELET

SCHLESSER-RADELET

 

Formidable première étape de ce concept de course TT très original, disputée sur la côte Atlantique du Maroc, avec du très lourd au départ et un vainqueur, Laurent Fouquet,  un peu inattendu mais d’autant plus méritant.

Ceci se déroule dans un cadre historique, voire légendaire. Avec des souvenirs qui m‘ont tout de suite claqué à la gueule, avant de voir les monstres mettre du gaz énorme dans un bruit qui fout le grand frisson.

 

BAJA ? MERMOZ ?

 

On est en bordure de mer, à 100 km au sud d’Agadir, sur un circuit sablonneux qui donne envie d’envoyer les chevaux, il manque seulement quelques cactus façon « De Gaulle » pour se croire à la vraie Baja, celle du qui se court en Baja California au Mexique …

Avec le vent frais qui souffle de la mer,  on est à quelques centaines de mètres de la station d’Aglou, à côté de Tiznit,  on ne sent pas le soleil qui tape et au soir, le paddock sera rouge écrevisse.

Puis, c’est la brume qui arrive.

Les aviateurs appellent ce phénomène « les entrées maritimes », ce peut-être extrêmement rapide voire violent,  on se retrouve avec 35 degrés de température et un brouillard façon Islande…

C‘est cette brume qui a été la cause de tellement de pertes à l‘époque de l‘Aéropostale, qui suivait cette côte pour amener le courrier de Toulouse à Dakar.

Mermoz, Saint-Exupéry évoquent souvent ce phénomène tragique pour eux.

Voilà le cadre magique de cette première étape des 24 Heures TT du Maroc, idée de Jean Louis Dronne de Forcing, qui consiste à courir quatre fois six heures sur des circuits différents de vingt kilomètres de long.

On l’a dit, ce sable porte à mettre le pied dedans.

Envoyer du lourd?

J’avoue que mon pote Etienne Smulevici (photo ci-dessus) aux commandes de son Predator, est un grand spécialiste du truc, bref, quand Smul’ met du gaz, il fait pas semblant !

Et comme au fil des passages, les trous se creusent, les ornières s’épaississent et les bosses se multiplient, se créent de véritables « whoops », alias « whoops dee dooes », expression originelle du Supercross aujourd’hui passée dans le vocabulaire des pilotes d’endurance tout-terrain auto.

 

LE PRO TRUCK DE GEORGES LANSAC

 

Des séries de bosses en ligne qui permettent de s’envoyer en l’air de façon plus ou moins élégante…

Alain Rossignol, a saisi quelques une de ces autos en l’air, c’est assez étonnant.

 

LAURENT FOUQUET : QUO NON ASCENDET ?

LAURENT FOUQUET

LAURENT FOUQUET

 

C’était la devise et les armes de Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV…

Un petit écureuil (le fouquet) montant à l’arbre et en latin, la devise « Jusqu’où ne montera t’il pas? »…

Laurent Fouquet est un pilote peu connu du grand public mais une véritable star du tout terrain.

Il porte un nom certes prestigieux dans l’histoire de France mais encore bien plus  aujourd’hui dans les sports mécaniques, c’est bien au-delà de la renommée, son père prépare des buggies de folie pour les pilotes de pointe de l’endurance et du rallye-raid.

Au volant de son Proto BV6, moteur BMW de 350 cv, avec l’aide de ses compagnons de route, Richard Gonzales et Brunon Seillet, il a d’entrée pris les rênes de ce premier round des 24 Heures TT du Maroc.

Contre le missile (Optimus) de Pascal Thomasse, contre l’ogre (Pro Truck) de Georges Lansac, contre la superbe bête de course (Buggy Oscar OSC) pilotée par Jean Louis Schlesser et Jean Jacques Radelet, Laurent Fouquet a tenu le coup,  n’a pas eu d’ennuis alors que les autres se sont arrêtés, perdant un temps précieux.

Il reste quatre jours, jusqu’où ce Fouquet là ne montera t’il pas ?

Il est vrai qu’il a de gros atouts.

Son pilotage bien sûr.

La préparation de son auto, on l’a dit, est du très haut de gamme.

J’ai ainsi rencontré dans son team, Jean Marc Schmit, qui a bossé chez Peugeot Sport en F1, chez Ferrari aussi, spécialiste des systèmes électroniques, dont le dada est la mise au point des diesel de compétition.

Bref, une grosse pointure, que l’on retrouve sur www.jms-racing.org.

Or, avoir dans ses bagages des calibres de cet ordre prouve aussi que l’on est très crédible sur les lignes d’arrivée !

Bon, il reste trois jours et les cadors ne vont pas faire de cadeaux…

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :  Alain ROSSIGNOL (Désert Runner)