BABY BOOMER’S ADVENTURE AU MAROC : LES PURS ET DURS…

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Le raid a quitté Erfoud et remonte vers les vallées fertiles du Dadès,  par des pistes sublimes mais parfois piégeuses. Mais l’on a découvert depuis le premier jour  qu’ensemble, on est invincible… Les chiens aboient et la caravane passe… On n’a pas vu de chiens, on n’a d’ailleurs vu personne, c’est le principe du désert,  mais la caravane est passée. Cette journée ardue nous a permis de faire deux rencontres de plus  parmi les participants, de ceux que j’appelle les purs et durs car leur vie est consacrée à leur auto. Journée ardue ? Pour tout le monde, même nos deux héros que nous retrouverons plus loin…

 

ON SUE SANGLES ET EAU…

 

Ce concept du Baby Boomer, un raid au Maroc sur des autos d’avant 1990, totalement novateur, dont les secrets sont la passion, l’amitié, la solidarité, l’amour des vieilles autos, l’envie de découverte, de rencontres, enfin et surtout la convivialité, que nous suivons depuis une semaine, est une vraie initiation.

Nous sommes habitués aux rallyes de régularité où courent des voitures somptueuses, voire luxueuses, mais cela se déroule sur du goudron.

Ici, on roule sur route et sur piste à bord d’autos parfois très jolies, souvent mythiques mais pas du tout faites pour le grand sud…

Même si la 4L a conquis ses lettres de noblesse de grande voyageuse, elle reste une auto qui manque terriblement de chevaux dans le sable, et dans ce raid Baby Boomer, du sable, on en bouffe pas mal.

Les pistes autour d‘Erfoud traversent souvent des bancs  allant jusqu’au km et la solidarité joue alors à plein pour les autos deux-roues motrices.

Quand on se plante, inutile de bousiller l’embrayage alors tout le monde pousse, on s’attend en groupe dans les passages difficiles, et puis vient éventuellement  la sangle salvatrice d’un des 4X4 de l’organisation…

 

UN SOUCI? TOUT LE MONDE SE REGROUPE AVANT D'ATTAQUER...

UN SOUCI? TOUT LE MONDE SE REGROUPE AVANT D’ATTAQUER…

 

Ou plus si besoin, le 4X4 des trois mécanos de Florian Gonzales  est d’une efficacité redoutable, qu’il s’agisse d’un embrayage cassé sur une des motos ou sur un filtre à huile brisé sur la BMW de François Boutrot, en plein milieu de nulle part…

Comme tous les participants sont aussi mécanos dans l’âme, voiture ancienne oblige, on se regroupe autour du véhicule en panne comme la harde d’éléphant entoure un des siens quand il est malade, on essaie de monter un filtre prêté par une autre auto, qui ne rentre pas, on modifie à l’africaine, et si ça ne repart pas, on tire à la barre jusqu’à un de ces garages miracles du sud marocain où le mot problème n’existe pas…

Au soir de l’étape, mécanos et BMW sont rentrés  très tard, avec une ovation de tous les participants du raid.

Il ya de la caravane de pionniers de l’ouest américain dans cette histoire…

Des purs et durs ?

En voici deux, pas piqués des hannetons…

Deux histoires magnifiques parmi tant d’autres…

 

AMEDEO, LE MOZART DE LA 4L…

 

Nous en avons parlé brièvement lors de notre premier reportage sur ce raid Baby Boomer, il est italien, de Mantoue, fan de 4L,  il a une auto préparée comme un bijou, où l’intelligent n’oublie jamais l’esthétique.

Du coup, son auto devient une star, qui écume les regroupements de 4L en Europe.

 

 

Il pilote seul, pas de coéquipier, il a 75 ans, il ne dîne jamais le soir, une sorte d’ascète.

 

Il est toujours de bonne humeur, même quand il souffre, à 75 ans la piste est usante, en revanche il est très malheureux quand son auto a des soucis.

 

 

Une crémaillère, le démarreur qui a trop chaud, mais chaque jour, tout le raid l’aide, les mécanos bien sûr mais aussi les autres participants.

 

 

Il porte (presque) le prénom de Mozart, il a dû aussi en attraper le génie et la fraîcheur…

 

 

Nous avons choisi de monter son œuvre d’art, son enfant chéri, sa compagne, son bonheur.

 

Amedeo a été un peu la mascotte de ce raid Baby Boomer 2013, dès que par hasard on ne le voyait pas, tout le monde le cherchait…

Les mécanos avaient même un vrai plaisir de s’occuper de son auto « trésor » et selon ses dires, il a beau aveoir vécu beaucoup de vies différentes, ce voyage là, il n’est pas prêt de l’oublier!

 

 N.O.S DU VIEUX MAIS DU NEUF…

 

La passion touche aussi la moto sur le baby boomer depuis cette année.

Dans le genre pur et dur, Thierry Blandin, dont nous avons déjà parlé dans nos reportages sur ce raid, a lancé une idée aussi évidente que géniale..

Vendre du vieux mais du vieux neuf.

Autrement dit, des pièces neuves de motos anciennes.

 

 

 

Les trois magnifiques Ténéré qui ont suivi le raid ont été engagées par sa boîte, N.O.S. signifie News Old Stocks.

Et il est sûr que pour qui veut remonter ce type de moto bijou légendaire, le fait de trouver des pièces neuves est une très bonne idée.

Il y a un truc simple d’ailleurs.

Les motards qui ont fait ce raid étaient ceux qui avaient la plus grosse banane le soir.

Autrement dt le Maroc c’est toujours bien, mais au guidon d’une moto légendaire, c’st le top absolu!

Bien entendu, on n’y vend pas que de la Ténéré…

Les routards sont les bienvenus, d’ailleurs, le patron, motard depuis des années,  faisait sur ce Baby Boomer sa première sortie en tout terrain.

Infos sur newsoldstocks.com

 

MICHEL ET SON OBSESSION DE LA R20…

 

En 1982, Michal Casavecchia a seize ans, selon ses propres mots « il est un branleur qui pense seulement à jouer la guitare ».

Il  accompagne son père  au port de Sète pour assister à l’embarquement des véhicules du Dakar à destination d’Alger.

A cette époque, pour lui, pas de rêve automobile, rien…

Mas passent les deux R20 officielles, juste devant lui…

C’est le coup de foudre. Il demande à son père, qui a une R30, comment peut-on faire ça sur une auto, la réponse est que c’est possible mais qu’il faut bosser…

Il passe le rallye l’oreille collée au transistor, Europe 1 cartonne sur le Paris-Dakar.

 

MICHEL CASAVECCHIA ET SA R20 REPLICA

 

La voiture gagne le rallye, les frères qui la pilotent sortent leur bouquin « African Turbo » qui va devenir le livre de chevet de Michel, il le connaît par cœur.

Aujourd’hui il est garagiste à Grans, près de Salon de Provence.

Comme quoi le port de Sète peut susciter des vocations !

Sa passion, le but de sa vie, c’est cette R20 du Dakar.

Trois de ces voitures ont été construites.

Celle qui a gagné le Dakar 82 est aujourd’hui au musée du patrimoine Renault.

Une autre est dans une collection privée et la voiture d’assistance rapide de 1982 a été mise aux enchères en 2007…

Michel avait son rêve de R20 à portée de main.

Mais il ne disposait que de 20 000 euro , l’auto est partie à 30 000.

 

Lors d’un arrêt pour aider un concurrent en difficulté, il me raconte son histoire, qui tourne à l’obsession…

Frustration absolue, la R20 convoitée ne sera pas à lui, pas question de voir s’évanouir le rêve, alors la seule solution est d’en construire une, de a à z.

Le châssis est celui d’une R20, sur lequel il va faire une vraie préparation type désert,  la mettre en 4X4 a été une difficulté, Simpar, qui propose des solutions pour les 4L et les R12 n’a pas de système pour les R20.

Mais il trouve le truc…

Une transmission d’Espace Quadra, qui sera plus tard remplacée par le système qui équipe le Trafic.

La coque est refaite d’après des photos, avec un souci du détail incroyable, les autocollants de l’époque ont été refaits à la main !

L’échappement très particulier de cette auto, un immense tuyau blanc qui part sur le toit, était destiné à éviter qu’une pierre écrase les tubulures.

La première R20 Replica est née, Michel a réalisé en partie son rêve, car ce qu’il veut c’est une réplique exacte.

 

 

Il commence donc la construction d’une deuxième R20.

Il y avait sur l’auto de course des pièces d’origine et des fabrications proto, que Michel réalise lui-même, ou va chercher aux quatre coins de France.

Son rêve était de faire venir cette deuxième auto au Baby Boomer et de la confier au vainqueur du Dakar 82, il a bossé nuit et jour, ses clients au garage lui disaient que leur auto en panne pouvait attendre, mais il lui a manqué un ou deux jours.

Alors, le vainqueur en question a roulé en 4L, et Michel a roulé avec sa R20 première édition.

Bien préparée l’auto, pas une seule séance de mécanique à part les vérifications de niveaux.

Mais le rêve est en route, Michel disposera bientôt de la R20 qu’il ‘a pas pu acheter en 2007.

 

 

Et ce sera sa création.

Et l’histoire des R20 du Dakar ne s’arrêtera jamais, il court des rallyes historiques et ce sera évidement une des voitures stars des plateaux.

Un jour il les vendra ?

« Jamais » dit Michel, « j’ai deux héros dans la vie, Louis Bertignac parce qu’il joue de la guitare à merveille et le deux frères qui ont gagné le Dakar. On ne vend pas ses rêves… »

Le raid Baby Boomer’s Adventure se termine mercredi à Essaouira, le long de l’Atlantique, dans un de ces hôtels de rêve que les organisateurs trouvent au long  du parcours.

Un conseil d’ailleurs, si vous visitez le pays, les hôtels Xaluca d’Erfoud et e Boulmane Dades sont topissimes, pas luxueux mais des must de bon goût et d’accueil.

C’est incroyable au soir, tout le monde est crevé, à commencer par les motards dont c’est parfois la première initiation au désert, mais ceux qui roulent en auto ont pas mal poussé dans les bacs à sable, leur voiture ou celle des autres, mais personne ne se plaint.

On va se coucher tôt c’est sûr, mais le dîner est très animé plein de récits magiques comme les histoires racontées ci-dessus.

 

 

Le Baby Boomer’s Adventure, c’est le trésor d’Ali Baba de la découverte du voyage.

Et comme tout trésor, c’est inoubliable.

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ARNAUD ET LUCAS DELMAS-MARSALET

    

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