ENDURANCE MOTO:QUAND LA FEDERATION INTERNATIONALE DE MOTOCYCLISME MELANGE BONNES INTENTIONS ET PRECIPITATION

La 58 sans son numéro

 

Dernièrement alors que je suis sur Le Mans, je décide d’aller saluer les amis du SERT, histoire de savoir comment se prépare le Bol d’or. Dans l’atelier chacun connaît son programme et travaille dans le calme et la sérénité. La machine SERT est bien huilée, aucune précipitation dans l’air. Dominique MELIAND arrive pour nous saluer.
Nous lui demandons comment se prépare ce Bol.
« Je suis un peu colère à cause des décisions de la FIM qui nous impose au dernier moment des modifications concernant l’alimentation des transpondeurs et les numéros électroluminescents.

Un numéro fétiche

Certes, pour la lecture de la course par les spectateurs ces numéros sont utiles mais on n’a aucun recul sur ces produits et comme ils deviennent des éléments d’éclairage selon la FIM, en cas de chute ou de défaut, on va devoir nous demander de les changer ou réparer… Nous demande- t-on de refaire la peinture d’un carénage ou d’une selle quand elle a été égratignée lors d’une glissade à terre par exemple? »

Pour ce qui concerne les transpondeurs il semble bien que le vent de fronde souffle fort et sans doute une concertation des teams managers s’organise pour refuser cette autonomie d’alimentation et l’interrupteur permettant de sélectionner la couleur du brassard du pilote repartant au guidon de la moto.
Pourtant, discrètement le grand chef Jean Paul BOISGONTIER est en train de reconfigurer des faisceaux électriques, mais avec lui, allez savoir si cela concerne les nouvelles obligations de la FIM ou un travail de routine, cela est impossible. Grand Paulo est plus muet qu’une tombe ou alors aussi énigmatique qu’un porte parole du Quai d’Orsay quand il parle du sort des otages.

Nous contactons alors Christophe GUYOT le manager du GMT 94 qui, au retour d’essais ultimes au soleil d’Andalousie a la gentillesse de nous fournir la réponse suivante :
« Au sujet des numéros, je trouve qu’il s’agit d’une excellente idée.
En revanche, il n’existe à ce jour aucun système facile à installer. Le montage est délicat, complexe, et chronophage. On peut comprendre le courroux de certains concurrents. Les risques de panne sont bien présents. Mon avis est que l’on doit aller dans la direction de cette nouvelle règle qui apportera beaucoup à notre discipline. Espérons cependant que la FIM n’imposera pas des arrêts prolongés pour changer ces numéros s’ils venaient à être défaillants pendant la course. Je suis persuadé que de la souplesse apaiserait les esprits, le temps que nous trouvions les éclairages adaptés et moins compliqués à poser que les produits actuels. »

3 _On cherche un bon emplacement  pour la YAM du GMT

On cherche un bon emplacement pour la YAM du GMT

Gilles STAFLER contacté par téléphone, se montre tout aussi disponible pour commenter ce point chaud du règlement en nous précisant au passage, que pour les transpondeurs on semble devoir en rester au montage de la saison dernière. Il aurait fallu refaire les faisceaux à 15 jours de la course, étudier un commodo spécifique…et ça n’était pas vraiment raisonnable. Pour les plaques électroluminescentes sa position est la suivante :
« Je ne suis pas opposé au progrès, mais que l’on assimile les plaques de numéro à des organes de sécurité, cela m’effraie et je ne suis pas d’accord. Cherche-ton vraiment le confort des spectateurs ou celui de la direction de course ? Tout cela a des coûts supplémentaires. Il faut penser également aux nombreuses écuries privées qui vont sans doute devoir rogner sur le budget pneus pour satisfaire à l’obligation technique de ces numéros. Comment faire pour ceux qui ont des numéros triple, ça ne rentre pas dans la plaque? Comment s’assurer de l’étanchéité du système ? Pour notre moto, nous n’avons pas encore réussi à trouver l’emplacement adéquat sur la bulle et cela s’avère très compliqué. Pour la selle ça va. On verra bien comment on pourra se présenter au contrôle technique, mais on aurait pu se dispenser de cette contrainte supplémentaire exigée tardivement. »

On n’a pas encore trouvé la bonne place sur bulle de la KAWASAKI

Rappelons au passage que pour identifier les catégories les fonds des plaques sont noirs pour les EWC, rouges pour les Superstock et verts pour les Open.

On le voit clairement, la FIM qui met en avant des mesures compréhensibles et acceptables sur le fond, pêche gravement par une précipitation inacceptable par les écuries, qui vent debout, ont fait reculer la Fédération sur la question des transpondeurs évolutifs. On peut être certain qu’au contrôle technique on assistera à des palabres sans fin pour ce qui concerne les plaques, alors qu’en course, la nuit, il n’est pas certain du tout que tous les numéros brilleront de mille feux.

Alain MONNOT
Photos : Alain MONNOT et Michel PICARD autonewsinfo et team GMT 94

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