A MAGNY-COURS, DANIELSON S’EST HISSE A L’AVANT-GARDE DE LA TECHNOLOGIE AUTOMOBILE.

Les locaux

Lors d’un reportage chez MYGALE sur le technopôle de Magny-Cours, j’avais évoqué avec Bertrand DECOSTER les activités de DANIELSON et, il m’avait indiqué le haut niveau de recherche en termes de moteurs notamment, atteint par cette société. J’avais donc tenté d’obtenir un rendez-vous, sans succès. C’est grâce à un autre acteur du secteur local –notre ami Benoît BAGUR directeur technique chez EXAGON- que les portes se sont ouvertes en grand, puisqu’il nous a été accordé ce privilège de passer une demi-journée avec Bernard DELAPORTE, le Président directeur général du groupe. Et chers lecteurs, vous allez voir que cela en valait la peine.

UN PEU D’HISTOIRE
Sans vouloir jouer les nostalgiques, il faut bien malgré tout remonter en 1977 quand Joseph LE BRIS installé à SAINT-PARIZE le Châtel (tout près de Magny-Cours) lance DANIELSON, avec pour objectif de préparer et faire courir en compétition des moteurs ou des autos complètes, aussi bien des monoplaces que des Voitures de Production, comme la remarquable 505 du team ESSO-PEUGEOT.

La 505 de J.P. JABOUILLE, préparée par Joseph Le BRIS

La structure est réputée pour son sérieux et ses idées nouvelles, comme par exemple la location de moteurs prêts à courir. Les implications avec les constructeurs français sont connues telles la BX Sport, l’AX sport ou la 205 Rallye. Joseph LE BRIS est un visionnaire, ses affaires évoluent bien et les bons résultats en F3 le conduisent vers la Formule 3000. En 1996, un gros contrat avec SHANNON autorise tous les espoirs avec une LOLA confiée à Tom KRISTENSEN…. Hélas, l’annonceur plante le team DANIELSON et c’est la déconfiture, avec une liquidation à la clé.
Bernard DELAPORTE, alors technicien maison et responsable du bureau d’études, décide de repartir avec une troupe quelque peu décimée : sur les 70 salariés seuls 22 seront de la nouvelle aventure.
Le montage financier avait été rendu possible grâce à des nouveaux actionnaires mais également Heini MADER, partenaire de la première heure, qui avait très largement soutenu l’initiative de redémarrage.
Il faut dire que, traumatisé par cette claque monumentale, le repreneur coupe le pan entier de la compétition et, il n’est plus question de se hasarder à l’exploitation course. Cela ne veut pas dire que toute collaboration avec les services compétition est interdite bien au contraire, mais on change radicalement d’optique en s’orientant vers ce que l’on nomme : la démonstration technologique.

Un moteur 4 cylindres dit démonstrateur technologique

L’idée est simple. Chez DANIELSON on a une idée novatrice, on la traduit concrètement en un produit que l’on présente au constructeur. Celui-ci pourra ainsi s’appuyer sur quelque chose de concret et décider de faire fabriquer ce produit pour autant que le niveau de qualité soit irréprochable tout en garantissant des délais stricts et des coûts totalement maitrisés, correspondant à ceux des prix du marché et ne s’envolant pas au seul motif que c’est innovant.
Au passage, en 2000 on a repris, après réaménagement, les locaux de PROST GP.
En 2003, DANIELSON se lance dans la diversification de ses activités tout en déclenchant en interne une véritable bataille des coûts.
Comme tout ce qui concerne la sous-traitance pour la compétition et les constructeurs demeure absolument confidentiel, DANIELSON, pour assurer son développement et amorcer une diversification nécessaire doit faire connaître au grand jour ses compétences et explorer d’autres secteurs d’activité. C’est ainsi qu’à partir d’un cahier des charges exigeant, est lancée l’étude et la réalisation d’un produit d’exception. Il s’agit d’un moteur 3 cylindres quatre temps high-tech multi-carburant lourd et d’une puissance de 74 Kw/h, baptisé TRIDENT.

Un très beau moteur 3 cylindres

UNE ORGANISATION RATIONNELLE
Une réflexion importante est conduite par le PDG en vue d’une mise en ordre de bataille de la société pour faire face aux défis de l’évolution des marchés, de la concurrence, de la globalisation et de la mondialisation. A quels risques la Société DANIELSON est-elle exposée, quelles sont les spécificités et les particularités marquées de l’entreprise ?
En répondant à ces questions en 2009, DANIELSON s’est organisé en groupe avec trois entités :
-Danielson Engineering qui concentre les activités de recherche et de développement
-Danielson Services, offrant aux constructeurs ou aux équipementiers toutes les analyses et les possibilités d’essais de systèmes ou de véhicules au banc ou sur route.
-Danielson Aircraft Systems, poursuivant le développement du moteur de drone TRIDENT 3 cylindres et d’autres motorisations tout comme des applications spécifiques à l’aéronautique.
En parlant de cette organisation avec Bernard DELAPORTE, je suis frappé par son souci permanent de se projeter dans l’avenir, mais aussi par sa volonté de se dire que seule, la Société DANIELSON ne peut pas grand-chose. Fort de ses convictions, le PDG a posé des réponses que l’on doit évoquer pour comprendre comment l’entreprise s’est hissée à un niveau élevé dans la recherche et la modélisation de pièces ou d’ensembles prototypes.
En 2009 DANIELSON est labellisée Société de Recherche sous Contrat (SCR) et dépose des programmes de recherche sur de nouveaux types de moteurs visant à réduire la consommation et sur les process de fabrication de pièces fines en magnésium à destination de l’aéronautique par exemple.

Parallèlement, le groupe DANIELSON rejoint le Pôle de la Performance de Magny-Cours constitué avec les divers acteurs du technopôle de Magny-Cours, c’est d’ailleurs au cœur du PPNMC que le véhicule NOAO (voiture électrique équipé d’un prolongateur d’autonomie) a été  étudié et réalisé en moins de 6 mois. C’est également la période durant laquelle s’établit une collaboration fructueuse avec l’Institut Supérieur de l’automobile et des transports (ISAT) et notamment le laboratoire de recherches public/privé ID Motion.
Toujours convaincu de la nécessité de collaborations croisées, DANIELSON intègre le pôle de compétitivité MOVEO.
Ce Pôle de compétitivité en R&D Automobile et Transports publics, développe des projets collaboratifs innovants pour renforcer la compétitivité internationale des entreprises françaises et des territoires.
Mov’eo est implanté sur les régions Basse-Normandie, Haute-Normandie et Ile-de-France: son territoire représente plus de 70% de la R&D automobile française. Les projets collaboratifs de Mov’eo se construisent autour plusieurs d’activités stratégiques comme : solutions de mobilité intelligente, démonstrateurs et véhicules décarbonés, système de stockage de l’énergie, ou encore chaînes de traction thermique, par exemple.

La recherche dans les gènes de l’entreprise.

Toutes ces participations du groupe à diverses instances de recherche, prennent une véritable concrétisation et trouvent sens dans le groupement d’intérêt économique (GIE) EVEREST Team qui permet, grâce aux compétences regroupées de ses membres, de travailler sur des projets globaux et de générer du business. Ainsi, depuis la création du G.I.E se sont près de 2 Millions d’euros de CA qui sont arrivés arrivent dans l’entreprise, grâce EVEREST. (Le groupe valide un CA supérieur à 11 millions d’euros). Il fut dire que ce G.I.E est devenu le spécialiste du développement des groupes motopropulseurs en offrant des prix très compétitifs grâce à la mutualisation des compétences et des moyens et en se montrant capable de réagir vite avec la souplesse d’une PME et garantissant une totale confidentialité aux donneurs d’ordre. Pour avoir une idée des travaux qui sont entrepris dans ce G.I.E, il n’est qu’à regarder la spécificité affichée de chacun de ses membres. On y trouve : le CERTAM (Centre de recherche technologique en aérothermique et moteurs) ; Aboard Engineering expert en contrôle moteur ; AREELIS expert mécanique des fluides et énergétique ; le CEVAA (Centre d’études vibro-acoustique pour l’automobile) ; FH Electronics spécialiste du contrôle électronique Moteur et Boîte de vitesses et , KEEP MOTION, dernier arrivé qui apporte ses compétences sur la conception et la réalisation de machines électriques.

Nous en terminerons avec l’appartenance de DANIELSON aux réseaux, en signalant sa participation au Pôle AUTOBOURGOGNE qui déploie sur la région un plan de Progrès et Performance industrielle de compétitivité, innovation, développement et international pour les 130 entreprises automobiles bourguignonnes.
Les réseaux multiples favorisent les rencontres, mais de là à imaginer qu’une entreprise indienne de 2500 personnes, spécialisée dans la fonderie sous pression, la production de composants électriques et la fabrication de visserie, se soit montrée intéressée pour travailler avec DANIELSON, il a ya de quoi s’étonner.

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Rishi BAGLA- Pdg indien et Bernard Delaporte

Pourtant une filiale DANIELSON vient d’être créée en Inde au travers d’une joint-venture 50/50, pour se trouver au plus près des constructeurs. Un commercial français fait le tour des besoins là bas et, la stratégie de développement vise à apporter des compétences en Engineering et démonstration technologique de l’entreprise mais au-delà, également, en partie, celles du G.I.E EVEREST Team.

DES MATERIELS DE POINTE ET UNE PUISSANCE DE CALCUL CONSIDERABLE
Pour servir cette organisation rationnelle, DANIELSON qui compte actuellement 120 salariés, a considérablement étoffé ses moyens depuis quelques années et développe encore ses infrastructures. Quand on parcourt les divers bureaux et ateliers ce qui frappe surtout c’est la présence quasi outrancière de l’informatique. Effectivement 20 stations CATIA (logiciel de Dassault Systèmes) sont activées et il y a bientôt plus d’ordinateurs que de personnels. Interrogeant notre guide sur cette quasi force de frappe numérique Bernard DELAPORTE nous dévoile alors le bijou maison en la matière.
Il s’agit du projet ADVICE (pour Advanced Design for Vehicle and Internal Combustion Engine) c’est-à-dire un matériel de calcul haute performance qui permet donc à Danielson Engineering de répondre aux exigences des industriels désireux de réduire le temps et les coûts des process R&D : conception, optimisation et validation.

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On peut tout par le calcul

On imagine bien que cet outil de forte puissance puisse servir pour les travaux les plus pointus permettant de partir d’une idée pour aller jusqu’à la simulation du fonctionnement du moteur complet par exemple. D’ailleurs à ce sujet DANIELSON a été la première PME labellisée dans le cadre de l’initiative nationale « HPC PME » (High Performance Computing) lancée par OSEO (organisme de financement de l’innovation), l’INRIA (Institut public de recherche sur le numérique) et GENCI (Grand équipement national du calcul intensif).

Même si l’on ne peut pas nous indiquer les travaux actuels avec précision, au fil de la visite on sent bien que les moteurs avec sans doute les questions de consommation, de récupération d’énergie, de rejets polluants, constituent une activité majeure.

Nous avons déjà parlé du moteur pour drone, mais on connait aussi la participation active de DANIELSON à la réalisation du moteur à compression variable –MCE-5, avec la fourniture d’un grand nombre de composants et de services dont les blocs, les culasses, les essais moteurs et l’intégration véhicules. En poursuivant la visite, nous avons découvert sur place une base de travail constituée par un moteur monocylindre actuellement utilisé pour un projet interne, que l’on pourrait qualifier de moteur d’étude. Ce moteur monocylindre 4 temps est un outil conçu pour les scientifiques afin de les assister dans la recherche sur la combustion tout en tenant compte de la réduction des temps et des coûts de développement.
De 2 à 5 soupapes, essence ou diesel, il accepte l’emploi de pièces de série ou prototypes.
Cette base de travail maison autorise de nombreuses explorations et permet le recalage des simulations dans des champs très divers comme : les tests de carburants et de lubrifiants, les mesures de pression dans les cylindres, les études en vue de l’optimisation des systèmes d’injection…..
Bernard DELAPORTE nous indique que la transférabilité est aisée vers des multicylindres et que cette excellente base de recherche appliquée, est utilisée tant pour les développements de moteurs sportifs que de série. Oui nous sommes persuadés que les moteurs de demain seront pour certains largement inspirés des travaux DANIELSON d’aujourd’hui.
L’avenir est certes une part importante des activités du moment mais pas seulement. On peut jeter un œil sur des fabrications d’arbres à cames compétition ou sur des culasses superbement travaillées sur les centres d’usinage 5 axes. L’automobile de course reste bien sûr dans l’ADN de DANIELSON et les carters de boîte de vitesses de F1 rivalisent d’audace technologique avec d’autres produits pour Eurocopter notamment.

8 _ _ Photo A Monnot autonewsinfo

Quelques belles pièces

En regardant toutes ces fabrications nous confirmons la pertinence du slogan de l’entreprise à savoir : Donnons de la matière à vos idées.

IMPRESSIONS DE VISITE
Comme je l’ai déjà écrit, un des points forts de cette PME innovante réside dans sa puissance d’étude et de calcul. Ces opérations conditionnent en fait le lancement d’un projet et les personnels de ce service sont au service d’un projet prototype. Une évaluation numérique-par exemple de la récupération d’énergie- confirmera ou non si le prototype a du sens. Si tel est le cas, la conception en 3D sera lancée, avant une nouvelle évaluation de validation avant de passer à la construction.
Ce que les lecteurs doivent bien imaginer, c’est que le calcul, quand il est conduit avec les outils pointus et performants dont dispose ce centre chez DANIELSON, permet, par modélisation, d’obtenir des résultats prédictifs dans des domaines aussi délicats que la combustion. Bernard DELAPORTE nous confie à ce propos : « les moteurs modernes ont atteint un tel niveau de développement que l’on ne peut plus travailler par analogie, comme nous le faisions il y a 15 ans, tous les calculs sont à faire systématiquement. »
Nous sommes admiratifs devant la passion qui anime cet ingénieur pour nous expliquer son système d’expérimentation laser pour comprendre comment l’écoulement des gaz se forme.

 

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Vélocimétrie laser

Je suis persuadé que l’on touche à un des paramètres qui seront demain déterminés pour les moteurs basse consommation. On peut dire en tout cas que cette puissance de calcul, place l’entreprise à la pointe de ce qui peut se faire dans le domaine, l’autorisant effectivement à travailler en toute confidentialité pour des grandes firmes automobiles comme PSA, RENAULT ou les équipementiers VALEO, DELPHI, FILTRAUTO, BOR WAGNER…
Chez DANIELSON, vous l’avez compris on travaille beaucoup sur des projets apportés par des clients.
Pour chaque demande, un chef de projet va porter en interne la volonté du client et la traduire au plan technique et économique. Au passage je note une spécificité particulière qui a beaucoup de portée au plan de la maîtrise des coûts. En effet si l’ensemble de la démarche est intégrée, du calcul aux essais en passant par le bureau d’études, l’usinage ou la fonderie, puis le montage et les essais, le chef de projet mettra toujours les services internes de la société en concurrence avec l’extérieur ! Cette manière d’opérer semble efficace, chacun dans sa fonction étant amené à réfléchir sur des options de travail pour une meilleure efficacité au moindre coût et, l’émulation des équipes s’en trouve renforcée générant forcément des facteurs de progrès. On avance à la fois sur la question des process et la question des coûts et toute la chaîne des acteurs se pose les bonnes questions pour que l’entreprise puisse apporter les meilleures réponses.
Le progrès on le voit irrigue tous les secteurs, mais il est un domaine où j’ai été véritablement interloqué : celui de la fonderie.

10_  Photo A Monnot autonewsinfo

B. DELAPORTE au centre découvre un nouveau moule à la fonderie

J’en étais resté sans doute un peu aux images d’Epinal avec des atmosphères grises et fumantes. Rien de tout cela dans l’atelier fonderie qui va bientôt rejoindre un bâtiment autonome tout neuf et beaucoup plus grand (2400 m2), tant l’activité y est chargée. Je reconnais au passage des noyaux préfigurant la proche coulée de culasses ou de disques de freins et si ce sont des moules classiques, je me fais préciser que pour réussir des pièces complexes du premier coup, tant en aluminium qu’en magnésium, le bureau des méthodes utilise un programme de simulation de remplissage et de solidification particulièrement pointu et performant.

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Calcul de remplisage d’un moule de fonderie

A côté de cette performance spectaculaire visuellement sur les écrans, je note également que les personnels ont acquis, à partir de leur longue expérience, un savoir faire sans doute inégalé dans la préparation de moules sans outillage.
Oui, on vous le dit ici, chez DANIELSON on a franchi le cap de l’excellence en misant sur l’innovation dans tous les domaines. Rien d’étonnant donc que cette fonderie tout comme l’atelier d’usinage voisin tournent à bloc soit en 2×8 soit en 3×8.

Cette partie usinage est peut être un peu moins spectaculaire à mes yeux, mais ne nous y trompons pas, l’outil informatique permet là aussi de simuler et programmer les tours d’outils 5 axes pour réaliser rapidement des prototypes ou lancer des petites séries.

12 _ _ Photo A Monnot autonewsinfo

Des usinages complexes

Après tout cela, la salle de contrôle se montre tout aussi à la pointe de la rigueur et de la précision et, je constate que les arbres à cames bénéficient d’un traitement de faveur, avec une machine spécifique pour la métrologie de ces pièces importantes quant au rendement d’un moteur. On peut ainsi procéder au contrôle de loi de levée, contrôle de circularité et de concentricité et à la mesure statistique des procédés. Et il n’est pas étonnant que des moteurs français aligné en WRC soient dotés des petits bijoux !
Le département châssis permet d’intégrer dans des véhicules, des moteurs, des équipements tels que les post traitements des gaz d’échappement, ou de recirculation des gaz pour la récupération d’énergie. Pour ce faire, aux prestations sollicitables en interne, ce service s’adjoint des compétences en mécano-soudure et en chaudronnerie.

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Préparation pour essais du moteur à 5 temps

Constructeurs et équipementiers sollicitent évidemment ce service, mais il est également mis à contribution pour ces fameux démonstrateurs technologiques mis en avant par DANIELSON pour prouver du bien fondé des idées qu’il avance en matière d’innovation au plan des rendements, des consommations, des rejets ou encore des systèmes de récupération d’énergie.
On termine la visite avec les 4 cabines d’essais moteurs. Là, à première vue ce n’est pas l’innovation qui frappe le plus, mais la très grande maitrise des opérations. Au fil de plus de 25 ans d’expérience effectivement, DANIELSON et ses hommes sont comme des poissons dans l’eau avec les données récoltées. Les tableaux de bord impressionnent et l’on se demande toujours comment on peut exploiter autant de données, puisqu’il est possible de travailler tout aussi bien : sur la régulation de la température et de l’hygrométrie de l’air, que sur l’alimentation avec différents types de carburant, sur la régulation de la température de carburant, sur la consommation de carburant, sur les mesures des débits d’air, d’eau, d’huile , sur la pression de combustion, sur la mesures des fumées, ou encore sur l’analyse des gaz de combustion.

14 _ _Photo A Monnot autonewsinfo

De nombeux paramètres sont surveillés au banc

Après avoir parcouru tous les secteurs du département Engineering, nous évoquons les autres activités du groupe concernant les Services (essais sur route, sur piste et la fourniture de pièces ou ensemble clé en mains) ou l’Aircraft Systems (proposant une solution d’intégration complète à partir du Moteur TRIDENT), nous interrogeons Bernard DELAPORTE.

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Bernard DELAPORTE PDG Danielson

Vous avez beaucoup travaillé pour organiser et adapter votre société au marché et à ses évolutions, quelles satisfactions éprouvez-vous ?
« La plus grande satisfaction que l’on peut tirer de ce type d’entreprise c’est la capacité à réaliser des programmes complets de A jusqu’à Z en ayant une expertise de qualité sur toutes les thématiques, que ce soit : celles du bureau d’études, du calcul ou encore des procédés de fabrication innovants comme on peut en rencontrer en fonderie ou en usinage. Vous n’imaginez pas le plaisir que l’on ressent lorsque l’on démarre un moteur démonstrateur, totalement étudié et construit en interne, pour la première fois au banc d’essais ou que nous réalisons et réussissons une pièce très complexe dans des délais courts. »
Vous semblez avoir une grande capacité d’adaptation au marché, n’êtes-vous pas également précurseur ?
« Je ne sais pas si nous sommes précurseurs. L’adaptation est obligatoire mais il est vrai que dans le monde dans lequel nous évoluons, nos clients deviennent de plus en plus exigeants et il est de notre responsabilité, si nous voulons les satisfaire, de leur apporter le meilleur service possible. L’intégration verticale des métiers, tel que nous l‘avons mise en œuvre chez Danielson semble être une réponse satisfaisante en ce qui concerne les prestations. En revanche, pour les années futures, nous ne devons pas nous arrêter là et nous devons continuer à innover tant sur les aspects techniques que sur le service. Nous ne pouvons plus attendre que les clients nous questionnent sur tel ou tel sujet, nous devons maintenant être force de proposition, c’est tout l’enjeu de ce que nous avons mis en place depuis 2008 au travers du label SRC, du laboratoire ID MOTION, du GIE Everest Team. »
Vous avez délaissé la compétition pour vous lancer totalement dans l’innovation, quelles sont les voies que vous explorez ?
« J’ai envie de vous dire joker. Oui on a volontairement délaissé la compétition automobile en 1996, en ce sens que l’on n’a plus de voitures de compétition dans nos ateliers ni de pilotes à gérer ou de budget à trouver. En revanche, nous avons toujours un pied très présent dans la compétition car nous travaillons avec des tops teams, par exemple CITROEN Sport, RENAULT F1 ou encore PEUGEOT Sport, mais également avec nos confrères présents sur le site, comme ORECA et SODEMO, pour lesquels nous réalisons des prestations de fabrication. Ainsi sur le développement de nouveaux concepts, nous essayons de mettre à profit nos savoir-faire et notre organisation pour accompagner nos clients, encore une fois dans des délais extrêmement rapides pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. »

16 __Photo A Monnot autonewsinfo

Système de lissage du couple en sortie de vilebrequin

A l’interne comment pratiquez-vous pour faire naitre des idées nouvelles ?
« J’ai un mode de management assez libre, mes collaborateurs en sont bien conscients, il me le rendent bien et je suis bien entouré. En fin de compte, je pense qu’il ne faut pas brider les gens lorsqu’ils sont créatifs, alors, j’essaye donc de leur apporter tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent faire de l’innovation, proposer des idées nouvelles et cela à tous les niveaux … Après, la plus grande des difficultés c’est être capable de proposer ces innovations à nos clients, et ce n’est pas forcément la partie la plus simple. »
Un mot sur l’Inde puisque vous avez évoqué ce partenariat et la Chine pas encore ?
« Notre partenariat avec l’Inde résulte plutôt d’un concours de circonstance. Nous avons eu l’opportunité de rencontrer des personnes avec lesquelles nous avons tout de suite une relation de confiance. Nous avons été rapidement capables de créer quelque chose. L’occasion ne s’est pas présentée en Chine. Et comme nous sommes trop petits pour courir deux lièvres à la fois, donc nous essayons de bien nous occuper déjà de l’Inde et pour le reste on verra après. »

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Réalisation complète de bloc moteur

Pour l’heure, les projets automobiles et connexes que nous avons aperçus avec ces travaux multiples sur les moteurs notamment, montrent bien la voie dans laquelle constructeurs et équipementiers travaillent à fond et sollicitent DANIELSON pour valider des solutions et gagner des délais dans cette voie des réductions de consommation notamment.
Ici le travail en tant que projet d’innovation, mené dans le cadre de la SRC puis d’ID-MOTION, sur le moteur 5 temps de Gehrard SCHMITZ, démontre bien que DANIELSON constitue une vigie technologique avancée. Ce moteur qui fonctionne avec une suralimentation élevée et une détente supplémentaire dans le cylindre basse pression, permet une grande densité de puissance et une faible consommation sur toute la plage de travail. Ne parle-t- on pas d’un abaissement de consommation 25 grammes par KW et par heure ?

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Assemblage sur le moteur MCE-5

EN CONCLUSION
En tout cas, j’ai constaté tout au cours de cette journée passionnante, que Bernard DELAPORTE a eu la clairvoyance nécessaire et le culot suffisant pour investir fortement dans la recherche et le calcul, pour tourner le dos à l’exploitation en compétition et se mettre au service des prescripteurs.
La tâche est plus obscure mais sans aucun doute tout aussi gratifiante. En tout cas les personnels -un savant mélange de grands expérimentés et de jeunes foisonnant d’idées- travaillent avec le sourire. On les sent passionnés et proches du boss à qui il ne faut pas en compter au plan technique, même s’il doit plus s’impliquer dans les relations des réseaux, dans la gestion et dans la prospective.
Tous nos remerciements donc à Bernard DELAPORTE qui nous a ouvert son monde, superbe vitrine technologique, à propos de laquelle, habituellement, on ne communique pas.

Moteur MCE-5 VCRi

Alain MONNOT
Photos: Alain MONNOT, DANIELSON, MCE-5 et City Mirror New Delhi

Constructeurs Sport

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