ESSAI : NOUVELLE HARLEY-DAVIDSON BREAKOUT 2013. L’INITIATRICE!

 

Bienvenue dans un autre monde! Pour son 110ème  anniversaire, la célèbre marque de Milwaukee (Wisconsin) propose à ses adeptes la Breakout 2013, une moto voulant ressembler à un dragster en  restant une Harley, on y reviendra, et pouvant le cas échéant devenir une moto très sportive. Nous l’avons testée il y a quelques jours à Marseille, avec les journalistes de toute l’Europe, et cette initiation a été un grand frisson permanent.

 

HARLEY… WHAT ELSE ?

 

Quoi d’autre en effet… dans les motos de caractère qui se vendent aujourd’ hui comme des petits pains, même à des prix de luxe, Harley est une addiction, un monde qui n’a rien à voir avec les autres motos et les autres motards.

J’aurais bien parlé de secte, mais c’est un mot ultra-négatif alors que l’on est dans un univers positif, légal,  passionné de façon paradisiaque et naturellement enthousiasmant.

Donc ce n’est pas une secte. Une religion? Elle ne sont bonnes qu’à faire des guerres.

Un rassemblement? C’est beaucoup plus fort et infiniment fin que cela.

Alors j’imagine le peuple Harley, ou la nation, dans le sens que lui donnent les Indiens du Quebec.

C’est peut-être un peu branché.

Non, finalement, Harley, c’est juste un monde, à part certes, mais un monde.

 

Un peuple, une culture, une addiction, et tout cela autour d’un mythe, une moto qui existe depuis 1903, une marque qui a failli disparaître en 1987 et qui est aujourd’hui un fleuron industriel, qui dépote 250 000 motos par an dans le monde et dont la filiale française vend 8400 exemplaires avec une progression de 20% l’an dernier…

A ceux qui massacrent l’industrie française aujourd’hui en proposant à leur clientèle des autos invendables pensées par des comptables, avis aux amateurs…

Les tarifs?

L’entrée dans le monde  Harley est possible à 8700 euros, en achetant une 883 R, ou une Iron qui coûte 800 euros de plus.

Pour ceux qui ont les moyens de s’offrir le Graal absolu, l’Harley la plus chère, la CVO Ultra Classic Electra Glide  110th anniversary coûte 40 000 neuneu.

Et entre les deux, six familles de motos, offrant chacune plusieurs déclinaisons,  soit 41 modèles au total.

Je ne vais pas tenter de vous transformer en experts Harley, c’est comme le cheval à Saumur, c’est l’affaire d’une vie, mais sachez quand même que les six familles s’appellent Sportster, Dyna, Softail, Touring, V Rod et CVO.

Le CVO est en fait le sigle des séries limitées, qui s’appliquent à des motos de toutes les familles.

La Breakout qui nous intéresse aujourd’hui est une Softail, née en 2012 en série limitée CVO et aujourd’hui proposée dans sa version 2013, une moto au look dragster et à la déco complètement épurée, qui vaut 20 600 euro  en noir, un peu plus en couleur rouge ou bleue.

 

FRISSON PARTOUT ET TOUT LE TEMPS…

 

Pneu arrière énorme, du 240 mm, fourche avant élargie de 43 mm pour laisser passer une gomme de 130 mm, garde-boue avant et arrière rogné et monté à toucher (mais ça ne touche pas…) les pneus, guidon quasiment tout droit, un seul cadran pour le compteur de vitesse, une déco minimale et de très bon goût sur le réservoir, le moteur, les roues à bâtons type Gasser pour ressembler encore plus aux dragsters des années 80,  l’échappement double, voilà pour le look.

Torride!

 

 

 

 

 

ABS dissimulé dans le moyeu avant, pas d’amortisseurs visibles à l’arrière, c’est le principe du Softail qui lui donne son air rétro unique au monde, un moteur de 103 cubic inches, autrement dit près de 1700 CC, 130 Nm de couple à 3000 tours, injection électronique à port séquentiel, système de décompression automatique, allez on arrête de baver devant et on enfourche, c’est parti!

La clé de contact sert une fois. elle débloque tout, on la range dans la poche et on se sert du gros levier sous le réservoir.

Vroom!

 

 

Bruit totalement génial alors qu’on n’a pas encore fait un mètre!

Position inimaginable chez le non-initié, les bras allongés, il faut les avoir longs, c’est comme tout dans la vie finalement, les jambes loin devant.

Pourquoi?

C’est très simple, c’est mon explication et elle en vaut d’autres.

En 1903, un amerloque qui ne sait pas encore que la moto va exister, qu’a-t-il comme repère en matière de transport individuel?

Le cheval, en monte dite western,  les jambes tendues les pieds largement en avant…

Et en dessinant une moto il retrouve ses repères naturels…

En revanche, contrairement à la plupart des motos modernes, on a ici le droit d’avoir du bide et les jambes courtes, et du coup, à l’arrêt, on a les deux pieds à terre et à plat.

On passe la première…

Arrive le premier signe de l’appartenance à une autre histoire. « Clong! « 

Enorme « Clong » et la moto bondit d’une petit centimètre.

Depuis l’apparition des motos japonaises dans les années quatre-vingts, un sélecteur et une boîte de vitesse sont silencieux comme des moines trappistes et soyeux comme un coussin de canut.

Ici c’est le contraire absolu.

On est surpris une fois, ensuite, on adore, enfin on ne peut plus s’en passer…

Ces « clong », car en montant les vitesses ça continue, c’est le premier signe de l’addiction Harley, un peu comme la note bleue des jazzmen, le bruit de la mer quand on arrive en vacances, les cigales en Provence, le chant des sirènes d’Ulysse…

Dopé… T’es coincé mon pote, pas la peine d’essayer de t’en sortir, t’es dedans et pour un gros bout de temps, il n’y a pas d’antidote…

Arrive la suite, au premier coup de gaz, je me suis surpris, et ça m’arrivera toute la journée, à me demander si c’était moi qui faisais ce joli bruit.

 

 

Et entre en piste ce moteur, un 17oo CC,  qui ne demande qu’à te faire du bien, en troisième tout le temps, il te tracte en douceur avec un couple de folie ou tu mets un gros coup de gaz et c’est une fusée.

 

LE DEMON DU MIDI… 

 

Vu le parcours, ce sous-titre là, je n’allais pas le rater!

On est partis au-dessus de Marseille, sur la route des crêtes de Cassis, on est montés ensuite au Castellet, depuis la Ciotat, une des plus belles routes que je connaisse, redescendus vers Toulon, des lacets comme même pas tu peux en rêver…

Devant, une bande de furieux journalistes a décidé d’allumer comme des malades, ce que fait très rarement un proprio d’Harley mais la Breakout prend ça très bien, avec un grip de moto de GP…

Et donc, elle accepte la conduite sportive, même si son image de marque n’est pas là.

 

 

Il faut dire qu’un pneu de 240 mm derrière, c’est peu commun, on met un bout de temps à se familiariser avec mais ça tient le parquet comme pas possible.

Comme l’énorme fourche sur l’avant, que tu crois au début que jamais t’arriveras à la faire bouger, en fait elle est d’une précision absolue et tu fais comme les potes, tu mets du gaz et là…

 

 

Et là, la Breakout t’emmène, juste pour te dire que si tu es déjà drogué Harley, c’est pas pour ça que c’est toi qui commande…

Il faut l’amadouer la « dernière nouvelle », traduction de Breakout en langage de  journaleux…

Avant d’obéir au doigt et à l’oeil, et surtout au coup de gaz salvateur, soit parce que t’es pas rentré assez vite soit parce que tu arrives trop large, il va se passer un bout de temps où tu vas juste réapprendre à faire de la moto d’une autre façon!

Mais quand ça vient, quel pied!

Elle pèse plus de 300 kg et elle joue, la Breakout!

Et même, c’est logique, comme  la garde au sol est hyper basse,  les repose-pieds frottent!

On se surprend à s’y faire, ce n’est pas dangereux du tout, juste étonnant, on est vraiment comme un môme avec un (gros) joujou…

Bref, c’est le secret du grand pied qu’est la conduite d’une Harley, la poignée de gaz permet d’enrouler comme des fils de cashmir ou d’envoyer comme des barjots.

La suspension est ferme et saine, normal, la moto avec les pleins frise les 350 kg!

Avec le mec dessus, on dépasse allègrement les 400…

On joue vite mais attention, tout se découvre sur une Harley, il n’y a plus rien d’acquis!

Par exemple, le con de « tout-terraineux » que je suis a voulu « effacer » les gendarmes couchés, dans les rues des villes de la côte, léger coup de gaz pour alléger l’avant, léger coup de gaz à nouveau pour sauter la partie descendante.

Sauf que normalement, on fait ça debout sur les repose-pieds et que sur une Harley, pas possible.

Et un grand coup de latte dans mon cul à la réception après l’obstacle.

Elle saute la Breakout, elle retombe bien droit mais elle te dit que ça ne se fait pas, on roule assis et c’est avec les fesses qu’on encaisse le terrain.

Bon, il y a quelques petits points non négociables et pourtant potentiellement énervants.

 

 

Un seul truc définitivement détestable, c’est le coup des clignotants de chaque côté du guidon.

Quand tu tournes à gauche, tu pousses sur le bouton à gauche, ça, on connaît.

Mais à droite, pousser le bouton alors que cette main là sert à tourner les gaz, en fait, tu files un coup de gaz chaque fois que tu appuies sur le bouton…

Et un coup de gaz avec 1700 CC sous le cul, et quand tu vas tourner, tu es vite en mode « opération souci »!

Bon ça doit finir par rentrer dans les habitudes mais en une journée, je n’ai pas trouvé le truc.

Autre exemple?

Pour attraper le sélecteur, il est conseillé d’avoir de grands pieds et des godasses un peu raides.

 

 

Mais on peut adapter sur cette moto le système de sélecteur double branche, qui est monté en série sur les grosses Harley, tu appuies du talon pour monter les vitesses, du bout du pied pour les descendre.

La concession de Marseille fait la transformation, ça coûte 85 euros, une misère chez Harley…

Au fait, pour être branché, on prononce « Arley », sans le « H » aspiré, y compris en anglais.

Du coup, tu peux rouler en Harley avec tes Weston ou les pompes à talons pour les nanas, 10% de la clientèle Harley est féminine.

En revanche, la fiancée du pilote ne sera jamais à la fête…

Il y a derrière la selle très confortable du pilote, un truc minuscule que Harley appelle le pouf.

 

 

C’est la place réservée à la passagère.

Il y a aussi des repose-pieds pour la sus dite.

Condition sinequanone, avoir un cul minuscule.

Il y avait avec nous pendant l’essai une ravissante jeune fille, Pauline, qui bosse pour Harley en relations publiques.

Elle est montée derrière un des pilotes et a fait un paquet de kilomètres en s’accrochant fort à celui-ci

Elle m’a assuré qu’elle était bien…

Bon, elle bosse pour Harley, elle va pas me dire que c’est une daube…

Mais elle semblait effectivement ravie, et même si je me faisais avoir par les nanas toute ma vie, ce coup-là, le plaisir avait l’air sincère…

Par ailleurs, la condition « sinequanone » exposée ci-dessus était remplie, mon diagnostic s’est confirmé…

Pour que le duo soit possible, popotin interdit…

Mais si l’élue est assise en place arrière, avec donc un plaisir immense, elle peut aussi avoir des intentions purement utilitaires, comme faire les soldes, acheter des fleurs pour sa mère,  aller bosser ou passer son permis moto pour avoir le droit de s’asseoir à la place du pilote…

Mais  cette moto Breakout, à l’élégance dépouillée, au contraire des séries limitées dites CVO qui ont parfois un côté arbre de Noël que l’on peut ne pas aimer, est vraiment nue.

 

 

Donc, pas un crochet pour le sac à main, pas un rangement même pour un sac de billes.

La moto plaisir… point barre !

Mais à Milwaukee, on n’allait pas perdre une vente parce que la fiancée veut faire du shopping de temps en temps avec son homme…

Donc, et c’est une constante de la marque, qui fait 25% de son chiffre d’affaire avec la customisation et les produits dérivés, on propose des sacoches, 1026 euro la paire.

Sur cette photo constructeur d’ailleurs, on voit qu’il y a aussi une option  dosseret pour la passagère.

 

 

Pas donné mais la paix des ménages est à ce prix…

Des accessoires, des fioritures, des beaux objets?

Il n’y a que ça chez Harley. .

Un conseil…

Si vous êtes quelqu’un qui a décidé de passer une vie de merde à ne jamais se faire plaisir, ou même à refuser de se faire envie, n’entrez pas dans une concession Harley, c’est un antre de perdition!

Mais si vous êtes un enthousiaste (avec un banquier qui a bon caractère…),  n’hésitez pas.

Entrez, vous pouvez aussi essayer les motos, soit en concessions, il y en a cinquante en France, soit en repérant le Demo Truck qui fait le tour de France en trouvant l’itinéraire sur www.harley-davidson.fr.

Voilà, je vous ai averti.

C’est une drogue dure…

 

LE LOOK: OSEZ DAVIDA… 

 

Davida est une boîte qui est la dernière à fabriquer des casques en Angleterre.

Leur catalogue est une caverne d’Ali Baba.

Surtout pour les adorateurs du classic style.

Avant de leur écrire, je me suis fait une tête de « bad boy », pour une journée d’Harley, je me serais fait moine s’il avait fallu…

Davida m’a envoyé un de ses jets, homologué, bi-colore noir et orange, les couleurs de Harley quand la marque courait en dirt.

Il coûte autour de 350 euro, pas donné mais fait à la main!

Avec, un paire d’Aviator Goggles », fabriquée en France par Jeantet et vendue par les Anglais,  qui coûte 110 euro.

 

Je peux vous dire, chers lecteurs et lectrices, que les autres journalistes en bavaient d’envie.

On est habitués à autonewsinfo, ils nous jalousent sur tout, rançon de notre tendance à adorer l’authentique et l’éclate…

Autre option, les lunettes 74 WRS Mk1 D4Vi9A, Davida a la particularité de nommer ses produits avec des noms impossibles,  qui coûtent 49 euro, elles sont vendues avec trois paires de verres de couleurs différentes.

 

Avec ça, j’ai ressorti mon vieux Mac Doug’ qui a plus de trente ans, j’ai acheté un foulard à tête de mort à six euro au marché à côte de chez moi, et du coup, la Harley Breakout, qui a vu que je m’étais mis sur mon trente et un, elle a vite craqué!

Bon, je me fais des idées mais j’aime bien ça…

A propos d’idées.

Le Versailles de la Harley, c’est la Bike Week de Daytona, avant les 200 Miles.

Des Harley par milliers..

Avec des vêtements et des casques glorifiant les fantasmes des pilotes.

Par exemple, on se souviendra d’un film culte, « Easy Rider », où Jack Nicholson porte un casque aux couleurs de l’Union.

 

 

Il est sur le catalogue Davida.

Il y a d’autres bikers qui ont les idées plutôt confédérées, les états sécessionnistes de la guerre du même nom.

Le fameux Dixie.

 

 

Davida a aussi un casque de ces couleurs là.

Bref, entre les tentations des concessions Harley et celles de Davida, vous avez de quoi fantasmer pendant plusieurs vies!

Liste des revendeurs Davida

http://www.davida.co.uk/dealers_country.php?id=21

Bon, vous avez la moto, vous avez les fringues, maintenant entrez dans ce concerto totalement grisant du bruit Harley.

La Breakout 2013 vous attend, sublime, élégante, nue, rageuse, souple, et surtout unique!

Fiche technique de cette moto:

http://www.harley-davidson.com/fr_FR/Motorcycles/breakout.html#!specs

La Breakout est disponible en trois couleurs, « Vivid Black », « Big Blue Pearl » et « Ember Red Sunglo ».

La poésie, à Milwaukee, c’est une seconde nature…

A propos, pour fêter le 110 ème anniversaire, rassemblement Harley prévu à Rome avec bénédiction papale sur la place San Pietro du 13 au 16 juin…

Ce n’est pas vraiment mon truc la religion, on aura compris que mon « fun » est plus d’être en selle qu’à genoux…

Mais j’admets parfaitement que l’on ait envie de croire à l’immortalité…

Plus près de mes fantasmes,  grand rassemblement à Milwaukee, le coeur de Harley, du 29 août au 1er septembre.

 

a a a a a a a a a a a a a a a a a harley action

 

Et là, si j’étais vous et si j’avais un peu d’oseille, je louerais une Harley aux States, j’achèterais des faux tatouages, je me laisserais repousser la barbe, je remettrais mon casque Davida et les Aviator Goggles, je trouverais peut-être encore une place dans un motel  à 50 ou 100 km de Milwaukee, j’emmènerais l’élue de mon coeur faire un truc qu’elle n’oubliera jamais, je ferais coudre « I’m a frog eater far away from home »* dans le dos de mon vieux Mac Doug et je m’épaterais moi-même pour le restant de mes jours…

* « Je suis un mangeur de grenouilles (surnom des Français aux USA) loin de chez moi…  » 

 JEAN LOUIS BERNARDELLI

Photos ®Harley-Davidson et BORIS MEYER

ASSISTANCE MISE EN PAGE: GILLES VITRY -autonewsinfo

 

 

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