F1. REMI TAFFIN RENAULT SPORT NOUS PARLE DE LA PISTE DE L’ALBERT PARK A MELBOURNE

RÉMI TAFFIN, DIRECTEUR DES PRESTATIONS PISTE DE RENAULT SPORT F1

F1 2013 RENAULT SPORT REMI TAFFIN

 

L’Australie sera un test sévère. La vitesse moyenne de ce circuit est parmi les plus hautes de la saison et la partie rapide demande une très bonne vitesse de pointe. Les virages sont négociés à vitesse moyenne, ce qui signifie que les caractéristiques de la piste et les besoins concernant le moteur sont similaires à ceux de Valence : il faut associer souplesse de pilotage et réactivité sur l’ensemble de la plage d’utilisation. Ces successions d’accélérations augmentent beaucoup la consommation de carburant tout en soumettant les composants internes à rude épreuve. Le circuit Albert Park se caractérise par une des plus grandes consommations au kilomètre et la masse d’essence embarquée au départ est par conséquent très importante. Avec le faible grip de la piste, c’est un véritable challenge de fournir de façon satisfaisante à la fois la stabilité et le temps de réponse. Mais cela peut faire la différence sur le temps au tour.

La courte intersaison a été une des plus chargées que nous ayons eue depuis longtemps. Il s’agit de la dernière saison des V8 et nous sommes progressivement en train de migrer nos ressources vers le développement du « power unit » V6. Naturellement, nous avons toujours la responsabilité de fournir un service « clés en main » pour le V8, que ce soit sur les circuits ou à l’usine. En ayant ceci en tête, nous avons donc travaillé très dur pour optimiser tout ce qui pouvait l’être, des procédures à la fiabilité. Ce que nous verrons en 2013 est une évolution optimisée de la structure mise en place l’an passé. Cela nous permettra d’être suffisamment réactifs pour intégrer et influer sur les développements au cours de la saison. Même s’il s’agit de la dernière année avec cette motorisation, il y a encore des détails à explorer et nous avons pour objectif de profiter de chaque opportunité. Nous sommes confiants à l’aube du coup d’envoi : nous avons couvert un kilométrage important avec toutes nos équipes partenaires et nous pensons qu’il s’agira d’une saison pleine de succès pour tous.

ALBERT PARK : TROIS VIRAGES EN DÉTAIL

F1 2013 trace GP AUSTRALIE a MELBOURNE

 

Virage n°3

Après le petit coup de volant donné pour la courbe n°2, les monoplaces atteignent 300 km/h, mais cette équerre à droite se négocie à 90 km/h. Le frein moteur en entrée de virage est donc essentiel. Il faut aussi une bonne reprise en sortie, car les pilotes se jettent ensuite dans un enchaînement rapide gauche-droite. En ratant la sortie, le rythme est ensuite compromis. Le remplissage à la sortie du virage n°3 est une clé de la réussite. Il faut que la quantité appropriée de carburant soit présente dans la chambre de combustion pour que le V8 délivre la puissance nécessaire. L’allumage doit également s’effectuer très rapidement à cet endroit.

Virages n°11 et 12

Cette double courbe est la plus rapide du circuit et se négocie autour de 225 km/h. Après la sortie du virage n°11, le pilote descend deux rapports pour se retrouver en cinquième. Il faut alors qu’il soit agressif sur l’accélérateur. Ce mouvement brutal, combiné à la courbe à gauche, génère une force latérale de 3,5 G tout au long du virage. Cette accélération entraîne tout – y compris le carburant et les lubrifiants – vers la droite pendant un court instant. Le moteur doit continuer à répondre à la demande du pilote malgré cette force. Si le couple a un rôle fondamental ici, la précision est également indispensable en vue du virage n°12 où la vitesse remonte alors avant de chuter pour le virage n°13.

Virages n°15 et 16

Ces virages s’enchaînent pour former une sorte de chicane, mais la tendance est de freiner trop tard à l’abord du n°15, ce qui gâche le n°16. Les ingénieurs travailleront pour fournir un bon équilibre en délivrant un bon niveau de couple au lâcher d’accélérateur à l’entrée du n°15, avec l’objectif ultime de garder une valeur constante de ce couple pendant toute la phase de freinage. Si cette valeur est correcte, la monoplace reste stable du train arrière sans que la poussée n’empêche le pilote de braquer. La sortie du virage n°16 est compliquée dans la mesure où le pilote n’accélère pas à fond avant d’être en quatrième. Il doit donc doser pour passer la puissance au sol tant qu’il est en troisième.

 

F1 2012 AUSTRALIE GP depart photo Organisation

 

Premiers tours de roue ce vendredi…

Rappelons pour notre plus grand bonheur que … un, deux, trois et même quatre pilotes Français disputeront cette année le Championnat du monde de F1 :

Jean-Eric Vergne, Charles Pic, Romain Grosjean et le p’tit dernier, le p’tit nouveau, jusqu’alors simple pilote de réserve et de tests et qui à son tour devient pilote F1 à plein temps !

COCORICO

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Bernard ASSET – RSport

 

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