24 HEURES DU MANS. LA SAGA ALPINE RENAULT AU MANS

ALPINE logo 2013

 

Alpine et Le Mans ?

Une trés longue histoire qu’autonewsinfo va vous résumer sous la plume de notre collaborateur Manceau, le très cultivé  Jean-Michel Le Roy , en trois épisodes

Nous publions ce jouer le premier.

 

Jean Rédélé fondateur de la marque ALPINE

 

La Saga Alpine au Mans, 1955-1962 : La naissance d’une légende

 

Jean Redelé est né à Dieppe. C’est le fils d’un garagiste passionné de voitures et de sport mécanique. Alors tout naturellement, en 1950, lorsqu’il sort d’HEC, c’est dans sa ville natale qu’il devient concession automobile en commercialisant les stars de l’époque, les fameuses 4CV de la marque basée alors essentiellement à Billancourt et au Mans.

Il participe aussi aux rallyes de la région avec la  »4 pattes » et en découvre l’étonnant potentiel. Il ne faut pas oublier que cette petite voiture avait été développée par un certain… Ferdinand Porsche et son fils, faits prisonniers en 1946 et assignés à résider à proximité de l’usine Renault et de ses bureaux d’études. La formule du tout à l’arrière restera longtemps la spécialité de la Régie Renault.

Redelé, lui, la portera au plus haut niveau du sport automobile. Jusqu’en 1955, il accumulera les coupes et challenges dans les rallyes qui fleurissaient ça et là dans un pays qui rennaissait au plaisir et à la compétition automobile. Mais là ne s’arrête pas l’épopée de la 4 CV puisque le Normand la fait courir et gagner un peu partout dans le monde. C’est à Sebring en 1955 qu’il met fin à sa carrière de pilote. Une violente sortie de route dès le deuxième tour avait détruit la voiture et aussi les ambitions du jeune Normand qui décida alors à se consacrer à sa nouvelle marque. Alpine doit en effet son nom aux engagements et aux victoires des voitures déjà transformées par Redelé et qui faisaient des miracle sur les exigeantes routes des Alpes.

Les coachs dérivés de la 4cv deviennent de plus en plus originaux tant le travail de transformation de Redelé est important. C’est pourquoi il devient lui-même constructeur. Nous sommes en 1955, la marque Alpine est née.

 

Logo Alpine

 

Les spécialistes eux-même y perdent un peu leur latin mais entre 1955 et 1962, Jean Redelé produit, fabrique et fait fabriquer (par Chappe essentiellement) tant et tant de modèles qu’il est aujourd’hui encore difficile de les répertorier tous. Soumis à une demande de plus en plus précise et exigeante en performance, le constructeur normand continue néanmoins à s’appuyer sur Renault. Après la 4 chevaux, la RNUR (Régie Nationale des Usines Renault) produit la Dauphine. Alpine suit et les moteurs passent de 747 cc à 904 cc et si au début de l’aventure, 21 cvSAE suffisaient à motoriser l’A 106, en 1959 la toute dernière Coach, A106 toujours, était, elle, équipée du 904 cc qui délivrait 53 cv et propulsait le tout à plus de 170 km/h.

En 1962, Renault sort un moteur 5 paliers et tout naturellement, Redelé suivit. Pour symboliser le changement,tout naturellement, les 106 ou A 108 sont remplacèes par la A 110. Un mythe est né.

 

LE MANS. Les ALPINE RENAULT en1966 avant le depart

LE MANS. Les ALPINE RENAULT en1966 avant le depart

 

Le Mans, forcément Le Mans.

Jean Redelé est normand alors forcément, la proximité du Mans ne peut que l »inspirer. A l’époque, la capitale du Maine regardait beaucoup plus qu’aujourd’hui vers la Normandie et les liens étaient très fort entre les deux provinces du nord ouest de la France. Un seul exemple, Le Mans dépendait alors de l’Académie de Caen. Déjà très amoureux de la course Sarthoise, en homme de challenge, très tôt Redelé comprit que c’est sur le circuit des portes du Mans que sa marque gagnerait sans doute ses quartiers de noblesse.

Dès 1963, il voulut engager une Alpine au Mans.

Sur les conseils de Gérard Crombac et José Rosinski, les fondateurs de Sport Auto, il engagea Len Terry, un jeune ingénieur anglais formé par Colin Chapman le génial concepteur des Lotus. Malheureusement, la Commission Sportive Internationale changea les règles techniques et le travail du jeune britannnique devient obsolète.

Loin de se décourager, Redelé s’adjoint les services de Bernard Boyer et Richard Bouleau, deux jeunes ingénieurs concepteurs d’une monoplace, la Sirmac qui lui concoctent en quelques mois un châssis constitué de deux ensembles tubulaires reliés par une poutre châssis.. Les suspensions reprennent le dessin de Len Terry et c’est donc d’une double inspiration franco-britannique que naît ce qui restera longtemps l’ADN technique d’Alpine !

(A suivre)

 

Jean Michel LEROY

Photos : RENAULT PATRIMOINE – ACO Patrimoine – Bernard CANNONNE

 

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