RALLYE NEIGE ET GLACE : DOUBS DUR, BLANCHE NEIGE, NUIT NOIRE ET CHRONOS MAÎTRES…

 

Ce dimanche, activité inhabituelle chez les Pontissaliens, alias les habitants de Pontarlier, sous-préfecture  du Doubs. Le garage Renault, normalement désert, accueille les vérifs techniques des 87 concurrents du Neige et Glace et voir passer ici des Alpine A 310, des Audi Quattro Groupe B, des Porsche à gogo, des autos quasi-uniques genre Lancia Fulvia Zagato, des nostalgiques du chabadabada en Mustang blanche, des Gord’, et bien entendu des Mini Cooper! Pontarlier est ce dimanche la capitale européenne du beau monde, de l’élégance automobile, de l’envie d’autre chose… Et aussi la ville départ d’un très bel évènement.

 

VEILLEE D’ARMES…

 

 

Le point important est que la neige est là partout, superbe, intacte, cristalline et même gelée, que les 200 personnes qui vont rouler ce dixième Neige et Glace de l’ère Zaniroli sont toutes venues chercher et découvrent avec des sourires de gosse, leur rêve en grand blanc est bien là.

Ceux que l’on voit les premiers aux vérifs, on roulera le prologue le soir même en nocturne sur une petite route de montagne au dessus de Pontarlier, sont les régionaux de l’étape, avec la famille Bolmont qui roulera son premier Neige et Glace sur une BMW quatre roues motrices.

Jean Michel, le pilote, est président d’une boîte française, Schrader, sise à Pontarlier, leader mondial des valves pour les roues d’autos, ils en sortent cent cinquante millions par an!

Quant on vous dit que Pontarlier, c’est un bijou…

Le suit la BMW de la famille Badoz, fromagers, le Comté et le Morbier sont encore des must mondiaux.

Et encore Philippe Martin, qui roulera en Porsche 924, son fils sera son navigateur.

Il est président de Careco, une énorme affaire locale qui est sponsor du Rallye, et le patron est un vrai passionné!

Et donc encore un trésor…

Je l’ai dit, sur bien des aspects, Pontarlier est un centre mondial en ce dimanche tout enneigé.

Pontarlier qui accueille le parc fermé après les vérifications…

 

 

Un gros contingent suisse est là aussi, ils ont fait un paquet de fois le Monte Carlo Classic car c’était leur rêve de gamins, puis ils en ont eu marre de dépenser plein de sous, de faire des liaisons interminables, même si dans les premières éditions, on se dit que c’est ça, la nuit du Monte Carlo, mais voilà, au bout, on s’attend à arriver à Monaco et  Valence c’est moins sexy…

Et donc arrivée de l’armada Suisse dans le Doubs, un membre de la bande leur a parlé du Neige et Glace, où l’on se marre, avec une top organisation et beaucoup de spéciales pour peu de liaison, enfin, neige garantie et sublime…

Dans la bande, deux Fulvia première et deuxième série, dont l’une est immatriculée en Italie, car elle a été tellement transformée qu’il n’y que là que l’on peut encore l’immatriculer.

Et une Mustang 289  blanche comme celle de Trintignant et Henri Chemin dans le sublime et cultissime « ‘Un Homme, Une femme » de Lelouch, chaque fois que je verrai cet équipage  sur la route, la petite musique de Francis Lai va me revenir en boucle…

Chabadabada…

Encore un clin d’oeil?

Françoise Conconi naviguera Gilbert Chastel, qui fait rouler une R5 Alpine sur laquelle Bruno Saby a couru en Groupe 2.

Il a été agent Renault et Alpine à Antibes pendant 27 ans et a donc vécu toute la belle histoire du Monte Carlo de la grande époque,  racontée par Gilles Gaignault la semaine dernière…

C’est la quatrième fois qu’il vient courir le Neige et Glace, pour l’ambiance et pour l’organisation tip top de Zaniroli.

Allez, encore une petite jolie histoire comme je les aime, avant de rejoindre le parc fermé dans la rue principale de Pontarlier…

Je vous ai dit que ce rallye verra se former une équipe historique, Henri Pescarolo au volant, avec son palmarès  phénoménal dans toutes les disciplines du sport auto, et Michel Périn en place droite, qui a navigué tous les plus grands et qui rêvait depuis plus de trente ans de rouler avec son héros.

Et de façon étonnante, chacun d’eux a douté…

Pescarolo parce qu’il n’a jamais eu de coéquipier de ce niveau, et qui a peur de le décevoir…

De son côté Michel, qui ne sait pas vraiment ce qu’est la peur, a une pétoche bleue de ne pas être à la hauteur.

Et pourtant…

NEIGE NOIRE…

 

PESCAROLO-PERIN

PESCAROLO-PERIN

 

Le prologue se fait donc de nuit dans la montée du Larmont, au-dessus de Pontarlier.

On monte avant tout le monde, de jour, pour se placer avec les photographes.

Photographes qui vont travailler au flash, ce qui noircira la neige, quand passeront les autos, la nuit venue…

Tout est extraordinaire ici, même les images!

La route surplombe la ville, c’est magique…

 

 

Et on en plus on est carrément chez Blanche Neige, pas de cette soupe salée et dégueulasse que l’on trouve si souvent, mais un ruban totalement glissant, blanc pur, et large dans les épingles, de quoi se faire plaisir.

En revanche, il fait un très désagréable froid humide, petit froid genre moins quatre, mais qui transperce.

Dur le Doubs!

Dans pas mal d’autos, on a pas forcément privilégié le chauffage et donc heureusement que l’on se dépense beaucoup…

En bord de route en revanche, seule méthode pour rattraper une calorie par ci par là, bouger et faire du bruit et c’est un véritable petit Turini qui se recrée…

Bon, soirée géniale, avec un très beau résultat du team Pescarolo-Périn, deuxième temps ex-aequo avec De Flandre, multiple vainqueur de cette épreuve, il est un des Belges ultra -spécialistes de la régularité, venus en bande pour razzier les meilleurs résultats…

Pesca et Périn  seront classés troisièmes, en régularité, en cas d’égalité c’est l’âge de la voiture qui décide et la Porsche de Pesca est la plus récente…

Bref, cet équipage ultra-pro fait une très belle entrée dans une discipline qui n’est pas sa spécialité…

 

Meilleur temps pour l’Audi 80 GLS de Jacques Fievez (photo ci-dessus) et c’est encore une belle histoire, il est évidemment belge, mais surtout il a passé la nuit à réparer un truc défaillant sur sa voiture et pour un mec qui a passé une nuit blanche, la nuit noire du prologue a été un triomphe!

Ce qu’il dit à l’arrivée… « C’est une belle récompense après avoir passé la nuit dehors à réparer la sonde des instruments de mesure. Ce fut une sacrée aventure, dans des conditions dantesques. Bon, maintenant il nous reste à ouvrir la route dès demain matin et, vu les conditions d’enneigement, ce ne sera sans doute pas une sinécure… »

 

C’EST QUOI LA REGUL’?

 

LE TRIPY

LE TRIPY

 

Comme son nom l’indique, en rallye de régularité, il faut tenir sur les spéciales une moyenne la plus proche de celle qui est imposée par l’organisateur.

Bien sûr, on ne fait pas un seul chrono dans les spéciales, comme ce qui se fait en rallye modernes, mais plusieurs.

Autrement dit, le traceur décide qu’en certains points de la spéciale, on prendra des chronos partiels, mais si à ces pointages intermédiaires, on est en retard ou en avance sur la moyenne obligatoire, on perd des points.

Et en bout de spéciale on additionne les points perdus et celui qui en a le moins gagne la spéciale…

Comment prendre ces chronos partiels?

Plusieurs solutions.

La plus classique, des commissaires avec des chronos…

Mais c’est ensuite très compliqué de rassembler toutes les données, il faut imaginer que chaque spéciale peut compter dix, quinze chronos intermédiaires…

Patrick Zaniroli, organisateur de ce Rallye Neige et Glace utilise un système qui s’appelle le Tripy.

Un GPS dans lequel on a entré au préalable tous les points chronos de toutes les spéciales, qui enregistre les retards ou avances à chacun de ces contrôles et les restitue le soir en un seul clic.

Bien entendu, à l’intérieur de l’auto, rien n’apparaît pour indiquer où sont ces points de chronométrage, et bien sûr, ils sont là où l’on perd facilement sa moyenne, au hasard dans les épingles, impossibles à prendre à 50km/h sur de la neige glacée….

C’est pour ça que la régularité est devenue tellement pointue, il faut un super navigateur pour indiquer au pilote s’il est en etard ou en avance d’une simple décimale de seconde et il faut un pilote capable de tenir la moyenne et de réagir immédiatement aux injonctions du co-pi!

C’est déjà assez difficile sur du goudron alors sur de la neige!

C’est ça le génie de ce rallye, le secret de sa réussite…

Bien joué!

Vingt pour cent de concurrents en plus sur une seule année, voilà le résultat de ce très bel évènement.

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS TOM ZANIROLI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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