AFRICA RACE : TROISIEME JOUR, GRAND SUD, GRAND SCHLESSER!

 

C’est à moto que le retournement est important, Stefano Turchi, l’invincible des deux premiers jours est resté en panne au milieu de « no where »…

En auto, Schlesser l’emporte après un arrêt technique et une remontée façon Bip Bip sur un Pélichet très accrocheur.

En camion, le Kamaz de Shibalov gagne et ne laisse que trois autos devant lui sur la ligne d’arrivée.

Une spéciale très longue avec au surplus un piège infernal en plein milieu, voilà une sacrée journée que certains vont finir de nuit, car on a beaucoup pelleté en queue de peloton…

 

LE MENU DU JOUR, ENORME POUR UN REVEILLON…  

 

René Metge, lors de son briefing, présente ainsi ce qu attend les concurrents sur cette spéciale qu va les mener de Tagounite à l’Oued Draa, au Maroc.

« Les concurrents prennent encore le départ directement à la sortie du bivouac. C’est d’ailleurs un peu la même configuration que la veille avec une piste idéale pour une mise en jambe mais qui devient rapidement rocailleuse, tout en étant toujours roulante pour rejoindre une oasis. A partir de là, c’est une très belle petite piste sablonneuse qui conduit les participants vers le morceau de bravoure du jour : la traversée de l’Erg Chegaga. Lors des reconnaissances, le sable de ce cordon de dunes d’une vingtaine de kilomètres était dur comme du béton. Mais c’est très rarement le cas et j’ai déjà vu des concurrents y passer pas mal de temps. A la sortie de l’Erg, plus court et plus facile, le Lac Iriqui reposera tous les concurrents.Du lac asséché jusqu’à l’arrivée, la piste est plutôt rapide, gravillonneuse et rocailleuse par endroit avec peu de navigation puisque des cairns balisent le tracé. En revanche, la piste est usante en raison de nombreuses bosses et cuvettes qu’elle comporte. Après avoir franchi un dernier joli petit col, les concurrents seront bien heureux de voir la ligne d’arrivée à Icht car cette étape est très fatigante par sa longueur, ses difficultés et l’attention à soutenir en permanence. Les concurrents auront encore 92 km de liaison avant d’aller réveillonner au bivouac de Oued Draa ».

Sur la carte, cela donne ça.

 

 

Comme on le voit, plus sud, on peut pas ou alors c’est l’Algérie.On roule au début dans la région de M’Hamid, un endroit tellement célèbre que l’on y trouve un monde fou dans ce désert.

Enfin, en mai, parce qu’en en ce moment… le désert est désert, et c’est d’ailleurs tout ce qu’on lui demande!

 

 MOTOS: CHANGEMENT DE LEADER!

 

7h30 à Tagounite, le premier motard est lâché, il s’agit de Stefano Turchi, ils partent de deux minutes en deux minutes dans l’ordre du classement de la veille.

Selon la tradition, dans les tous premiers kilomètres, il a été rattrappé, sa fumée servant de balise de navigation à son poursuivant.

Du coup, le poursuivant en question, Martin Fontyn, lâche un peu le road-book des yeux et peut rouler beaucoup plus vite.

Ce pilote belge, Martin Fontyn, décide d’ailleurs de doubler Turchi, qui n’a peut-être pas envie, comme la veille, d’ouvrir la piste toute la journée…

Et laisse donc Fontyn se battre avec la navigation.

Bon, c’est une option, l’autre c’est que Turchi a gagné les deux premières étapes et commence à avoir mal dans les jambes… Peu probable mais possible…

Le Hollandais Guillaume Martens les suit à cinq kilomètres, Proccocini collé à sa roue arrière.

 

STEFANO TURCHI

 

Ce qui s’appelle,dans le langage fleuri des tarmos, « sucer la roue » du mec devant.

Comme annoncé par Metge, la piste est facile, à trouver et à rouler.

On roule gentillet, entre 80 et 100 km/h.

Les pièges, ce sont les passages d’oued, les rivières asséchées, terriblement accidentés, tortueux, profonds, une vraie tuerie si l’on arrive trop vite.

Le road book avertit évidemment de tous les dangers potentiels.

Comme annoncé par Metge, on arrive dans le rocailleux, et la vitesse diminue.

A moto c’est un shaker à avant-bras… Si l’on ne roule pas à la bonne vitesse, les muscles se raidissent et font mal à huler.

Fontyn ouvre toujours la piste, Turchi suit à une centaine de mètres.

Au bout de la rocaille, après une heure de course, arrive le sable.

 

 

Le sable, en Afrique, il y en a  autant de sortes que de vins ou de fromages en France. On pourrait d’ailleurs parler de crus dans ce domaine, on va de grains tellement denses et tassés  que l’on roule sur du billard si c’est plat, jusqu’à des trucs infâmes genre fech-fech, la farine, en passant par toutes les couleurs de l’arc en ciel et même mieux puisqu’il ya de très beaux sables noirs.

C’est l’amorce d’une célébrité locale, l’Erg Chegaga.

Enorme et sublime, du sable allant du blanc quasi parfait au rouge brique.

Mais une sorte d’Everest quand même…

Souvent dur d’ailleurs, on y roule plutôt vite mais il ya des pièges de sable mou derrière les crêtes de dunes, alors, seule solution, envoyer… mais si la dune est abrupte de l’autre côté, on descend comme en rappel mais… sans corde!

Avant d’attaquer l’Erg proprement dit, on suit une piste sablonneuse, qui peut-être un régal si l’on aime la piste mais un casse gueule si les ornières sont profondes.

Ce qui doit être le cas, Turchi et Martyn roulent à 40km/h!

C’est sûr que là-dedans, c’est plus marrant en auto.

 

 

Dans les dunes plus loin en revanche…

Les deux pilotes de tête hésitent, s’arrêtent.

La piste se faisant moins nette, la nav’ devient préoccupante.

Une mer de petites dunes, si l’on n’est pas sûr d’être au bon endroit, c’est désespérant.

C’est le début du grand jardinage.

Jargon de pistard pour signifier que l’on ne sait ni où ‘on est, ni où l’on va…

Et il ya des way-points obligatoires à passer, le GPS ne les bippe que quand on est à quelques dizaines de mètres…

Alors si pas de bip alors que le road book indique un way point, on tourne…

Le belle ligne de file des motards se transforme en ligne de front de cinq km de large et totalement désagrégée…

Martens et Dubois sont restés au sud et ont semble t’il trouvé la voie..  Turchi et Martyn partis au nord ont fait un très large détour mais ils sont revenus plein sud.

 

NORBERT DUBOIS

 

Arnoult, Conreau, Martens et Dubois sont donc (probablement!) en tête à ce moment.

Tout cela se passe autour d’une voiture de photographes qui a laissé des traces en se positionnant le matin, traces qui ont peut-être déconcerté nos amis motards…

En plus, les autos ne vont pas tarder à arriver, les motards, quand ils s’arrêtent pour tenterde se repérer, ont intérêt à le faire en haut des dunes…

Les motards de tête ont repris la bonne voie, les revoilà en ligne de file, Turchi et Martyn partis à la reconquête, ils sont à deux kilomètres du leader Christophe Conreau.

Puis Martens passe devant, au jeu des arrêts pour repérage, chute, c’est fréquent dans le sable quand on roule lentement, éventuellement enlisement.

Martyn, qui a déjà eu des problèmes techniques la veille, s’est arrêté. Pas très longtemps.

Putain d’Erg!  Et on n’est pas encore dans le plus haut, ce ne sont que les contreforts du « massif » Chegaga…

 

 

Mais on y arrive, la nav’ est paradoxalement plus facile, il ya des points hauts, et dans l’ordre géographique, qui n’est donc pas forcément le classement au chrono, on roule fort, plus de 140 km/h par endroits, on trouve Dubois, Fontyn, Turchi, Arnoult, Martens, voilà le quinté gagnant de l’erg Chegaga…

On roule un peu en paquet, le belge Fontyn passe devant, deux raisons à cela, il est plus rapide et cela lui évite de se prendre des tonnes de poussière dans les narines…

Pas facile de se moucher sous le casque, les deux mains sur le guidon…

Mais Fontyn s’arrête.

Dubois et Turchi prennent le commandement.

Ils s’arrêtent au ravitaillement, c’est devenu obligatoire en rallye-raid pour éviter les réservoirs façon citerne…

On est donc au km 193, à peu près à mi-course mais on a passé cette saloperie d’Erg Chegaga,  (sublime au demeurant quand on ya va en simple voyageur…).

Dubois et Turchi font route ensemble, « de conserve » comme on dit dans la marine.

Piste facile car très visible, Turchi a plus d’une heure d’avance sur Dubois au général, il n’a pas besoin de forcer…

La vita è bella!

Très loin derrière, Fontyn est enfin reparti.

Devant, le duo Turchi-Dubois est suivi d’assez près par Guillaume Martens.

Et puis l’angoisse.

Sur l’Iritrack, on constate que Turchi et Dubois sont arrêtés au même endroit.

Autrement dit, il est hautement probable que l’un ait eu un pépin assez grave pour que l’autre s’arrête aussi…

Et le soulagement dix minutes plus tard quand tous les deux repartent…

Le pépin aurait donc été une panne ou une chute légère, la solidarité des motards existe, même quand on roule devant…

Par la suite, Turchi roule assez lentement, en fait c’est lui qui est tombé, et moto et pilote sont carrément tordus. 

 

STEFANO TURCHI

 

Il s’arrête d’ailleurs à nouveau.

cette fois, c’est la vraie blessure et l’abandon.

Décidément, quelle journée!

Stefano Turchi vient de perdre l’Africa Race qu’il a mené si brillament jusque là.

Dubois et Martens sont donc en tête mais Dubois, avec le camion de Shibalov d’ailleurs, fait un petit peu de tourisme en dehors du tracé…

Martens est donc seul devant, enfin seul à moto, juste derrière lui il ya bientôt un truc russe énorme qui rugit et fait plus de poussière qu’un régiment de cavalerie à l’attaque!

Et qui le passe sans coup férir.

Loin derrière, deux italiens, Proccacini et Loggia se sont arrêtés près de l’infortuné Turchi pour lui prêter main forte.

Devant, véritable sprint à l’arrivée entre Dubois et Martens!

Il est 14h18 « local time » quand ils passent l’arrivée.

Dubois est vainqueur au scratch.

Martens prend le lead au général.

 

INTERNET ICI, PAS EVIDENT!

 

Les classements officiels arrivent tard, on est quand même au milieu de nulle part et internet, ça marche, mais à l’allure du drom! Pas vrai d’ailleurs, les gens qui s’en occupent se défoncent mais bon, on va dire que c’est un drom de compétition…

Classement général  reçu à 18h45:

1. MARTENS Guillaume,NL,  KTM .2 . ARNOULT Patrick, F,  HONDA à 6’39.3  DUBOIS Norbert, F,  KTM à 8’14. 4. FONTYN Martin,B,  KTM à 10:52.5.FRAUWALLNER  Helly, Aut, YAMAHA à 41:07.6. CONREAU Christophe, F,  HONDA à1h 00’19.7 . PALACIOS Joseph , F, KTM à1h 29:27.8.  LESAGE Pierre, F,  KTM à01:35:08.9 . KINIGADNER Klaus, Aut,  KTM à 01:51:20. 10. BLOEB Gregor, AUT,  KTM  à 2h05:12. 11. RABENLEHNER Martin KTM.12. PELZMANN Klaus, YAMAHA.13. LOGGIA Marco, KTM.14. PROCACCINI Alfredo, KTM.15. HORWATH Christian, YAMAHA.16. CUSUMANO Guido, YAMAHA.

 

AUTOS… SCHLESSER,LA RAGE DE . VAINCRE…

 

Une heure et quart après les premières motos, on lâche les autos.

Schlesser, parti le premier, envoie aux alentours de 150 km/h dès le début…

Comme la veille, Pelichet roule avec lui.

C’est évidemment dans le sable où les motards, à ce moment, sont en pleine déroute, que la course va se faire, celui qui trouve le bon chemin gagne la spéciale, et de loin…

Mais à, ce moment, les autos sont sur la partie roulante, en début de spéciale.

A l’attaque des premiers sables, on est toujours dans la même configuration.

Schlesser et son navigateur Cyril Esquirol sont mieux entrés que Pelichet, avec quand même un léger détour…  trompés par les traces de la voiture photo et celles des motards qui les ont suivies?

 

MIROSLAV ZAPLETAL

Van Cauwenbergue et Zapletal qui étaient troisième et quatrième, sont carrément partis vers le pôle nord!

Où ils retrouvent trois motards complètement à l’arrache…

Sur le droit chemin, Schlesser, qui a réussi à lâcher un peu Pélichet, a ralenti, il a commencé à doubler les motards et, il nous le dit souvent, il est terrifié à l’idée d’en heurter un ou d’en blesser un qui serait invisible derrière une dunette.

Et puis, le buggy bleu s’arrête.

Cela sent la crevaison…

Pelichet prend le large.

Quand Schlesser repart, le camion de Shabilov est déjà sur lui et Pélichet est quinze km devant à 140 km/h!

 

JEROME PELICHET

 

Mauvais plan… J’imagine la rage du grand bleu…

C’est sûr, ça va envoyer!

Devant Pelichet sort grand gagnant de l’Erg Chegaga…

Maintenant, la piste est facile, évidente, il ne va pas être facile à remonter.

L’opération « grignotage  » est lancée.

Pelichet a repris un paquet de km aux motards au moment où ils se sont arrêtés pour ravitailler, il est maintenant sur eux.

Dans quelques minutes, il sera seul au monde, avec une piste hyper visble devant lui, un bonheur!

Un coup d’Iritrak en arrière pour revenir à l’Erg Chegaga…

 

 

C’est un remake d’un « Taxi pour Tobrouk », il ya du monde partout, planté dans le sable, une sorte d’Afrika Korps en déroute!

Devant, Jean Louis Schlesser a aussi passé les deux motards de tête et aperçoit la fumée, la poussière de Pélichet.

L’opératon « grignotage » va se transformer en opération « hallali »!

Il est treize heures et Jean Louis Schlesser est à nouveau devant.

Au pilotage pur, un Schlesser énervé est assez intouchable.

Mais maintenant, Pélichet a un lièvre et il sera difficile de le lâcher.

Surtout si le buggy bleu fait un petit écart de navigation!

 

 

Mais le grand jeu continue.

Clairement d’ailleurs, à part ces deux là, en ajoutant bien sûr  Shibalov et son Kamaz et Jacinto et son Man, les autres font une autre course…

On est en vue de l’arrivée et Schlesser a réussi à prendre un peu d’avance.

13h26 local time, 14h26 à Paris, Jean Louis Schlesser passe sous la banderole d’arrivée.

 

Ce qu’il dit de la journée en arrivant au bivouac, après avoir briffé ses mécanos.

« Une spéciale très difficile, comme la veille avec tous les types de terrain, allant de la rocaille cassante au sable le plus fin, et encore plus longue, 430 km. Et difficulté supplémentaire, j’ouvrais, avec peu de traces ».

« Dans le sable, un deux-roues motrices est désavantgé non? Comment tu fais? »

 « Il ya eu un gros morceau de sable avant et pendant la traversée de l’Erg Chegaga… je ne me suis pas planté, j’ai un peu d’expérience et dans ces cas là, ça sert… En revanche, à la fin des dunes, il y avait un gros franchissement, un obstacle assez costaud, très haut,  et j’ai voulu le contourner. J’ai trouvé des traces que je pensais être celles des ouvreurs et je les ai suivies… Et là , je l’ai appris ce soir, c’est un chemin qu’ils avaient fait dans l’autre sens! Bref, on s’est fichu dedans,   et quand j’ai voulu faire demi-tour, la marche arrière était bloquée. Et bien entendu on était en côte… J’ai réussi à la faire fonctionner mais entre ça et l’erreur de parcours, on est arrivés au CP avec 12 minutes de retard sur Pelichet ».

« Donc là tu es énervé comme pas possible et tu envoies? « 

 « On a roulé très fort pour rattrapper, Cyril, mon navigateur, a été génial, il ne s’est jamais trompé, moi j’ai envoyé fort, c’était carrément long cette spéciale, je l’ai rattrappé au km 270 et ensuite j’ai réussi à lui reprendre un peu de temps. Comme tu vas me le demander, j’ai pris un moment 214 km/h!

« Quand tu vas aussi vite que ça, ton copi ne te dit rien? »

« Non, je t’ai dit que Cyril  est génial. le seul problème c’est que nous sommes contents d’être en tête au général mais huit minutes d’avance, vu ce qui nous attend comme terrain plus loin, c’est rien! Enfin, c’est de la bonne bagarre, j’aime ça ».

C’est ensuite Jérôme Pélichet bien sûr qui a passé la ligne d’arrivée et sur la toute fin de spéciale, Jacky Loomans a sauvé l’honneur en repassant le camion Kamaz de Shibalov.

Classement général à 17h16:

1. SCHLESSER Jean Louis,ESQUIROL Cyril, SCHLESSER .2. PELICHET Jerome, PANSERI Xavier, TOYOTA à 8:01. 3. LOOMANS Jacques,DRIESMANS Frits, TOYOTA à 1h03:57. 4. Le premier camion… SHIBALOV Anton,YAKOVLEV Evgeny,SOTNIKOV Dmitry, KAMAZ, à 01:13:44. 5  VAN CAUWENBERGE Joost, CASTELEIN Jacques, TOYOTA,à1h :17:24. 6  JACINTO Elisabete, MARQUES Jose,COCHINHO Marco, MAN ,à 1h 41’15. C’est le deuxième camion, elle a gagné une place au général… 7.  FERREIRA Paulo,MONTEIRO Jorge NISSAN , à 1h:52:21.8. GRIGOROV Anton,MISHIN Sergey, OSCà 01:53:53. 9. FROMONT Yves,FROMONT Jean BUGGY.à 2h:12:42.10. GE Gaetan,HAQUETTE Didier, QT à 2h 16′ 30.

 

 CAMIONS… L’OGRE RUSSE ET LA FINE PORTUGAISE…

TERRIFIANT KAMAZ!

 

Shibalov et son Kamaz sont partis comme des balles, Elisabete Jacinto est à quatre minutes derrière.

Elle a donc perdu d’entrée deux minutes, sur un terrain où tout le monde va vite.

Au Silk Way Rallye, en Russie, cet été, notre hélicoptère avait parfois du mal à remonter les Kamaz qui prenaient allègrement cent cinquante km/h… officiellement…

C’est dire si en ce début de spéciale, le jeune Shibalov s’amuse…

Dans le sable, à l’entrée, le Russe a tout de suite trouvé la bonne voie.

Jacinto est partie un peu au nord, comme tout le monde ou presque.

La jeune Portugaise et son Man vont souffrir, le sable demande de la puissance et elle en manque, par rapport au camion russe bourré de chevaux.

 

ELISABETE JACINTO

 

Pour dire, entre son excellent navigateur et son art de faire parler la poudre, Shibalov a doublé l’auto de Loomans…

Puis, alors que Van Cauwembergue et Zapletal se sont arrêtés, le Kamaz les passe, lentement, à 28km/h, c’est un secteur à la con, celui où Schlesser lui-même s’est arrêté.

Sur le lac Iriki, qui est un fond de lac asséché, plat comme un billard, l’Iritrack qui suit les concurrents donne une vitesse de 147 km/h au Kamaz…

Entre les hurlements du navigateur, celui du moteur, le boucan que peuvent faire les pneus et les trains,  on est quand même sur de la piste, j’imagine l’ambiance dans le cockpit russe.

Peut-être que le mécano, ils sont trois à bord, a envie de chanter!

« Kaliiiinka, kalin-ka, kalin-ka maia! »

Derrière, loin derrière maintenant, Elisabete Jacinto monte son chemin de croix.

Bloquée.

Elle est même en train de se faire reprendre par Tomecek et Kovacs, qu’elle a battu si brillament la veille.

Quand elle repart, elle est avec eux…

Et devant, c’est à peine croyable, mais les deux seules autos qui soient encore devant le Kamaz sont Pelichet et Schlesser!

Sur le lac asséché Iriki, Elisabete roule à près de 150km/h et reprend un peu sur Tomecek, qui l’a passée quand elle s’est scotchée dans le sable.

Elle parvient même à le repasser.

Un peu en rage notre Lusitanienne!

 

 

Et elle fait une fin de course superbe mais entre le temps perdu dans le sable, le trafic, pas toujours évident de doubler motos ou autos avec un camion, si l’on ne veut pas faire un massacre, elle sauve carrément les meubles.

Devant, Shibalov est le quatrième à passer sous l’arche d' »arrivée, cinquante minutes après Schlesser, à 14h15. Jacinto est trente km derrière, ce qui n’est pas mal, elle doit avoir la moitié des chevaux du Kamaz…

Elle passe avec un quart d’heure de retard, autrement dit, sans son plantage dans l’Erg Chegaga, en pilotage pur, la jeune portugaise eût été pratiquement imbattable aujourd’hui…

(A suivre pour interviews).

 

REVEILLON CHEZ RENÉ…

 

Voilà ce qui a fait la force du Paris-Dakar de Sabine, puis d’autres rallyes qui ont suivi comme l’Atlas, et aujourd’hui cet Africa Race de vrais aventuriers.

Le romantisme incroyable, à condition d’avoir un bon duvet, des bivouacs où le rallye s’arrête le soir.

Voici donc le cadre dans lequel les concurrents de l’Africa Race vont passer le réveillon, endroit choisi par René Metge.

Il est évident que certains d’entre vous vont se dire que c’est le plus beau et le plus original des réveillons au monde et ils auront raison.

L’an prochain, si vous ne voulez pas vous inscrire comme concurrent, l’option « raid » permet de suivre la piste du rallye en toute quiétude, juste en admirant les paysages sublimes de ce sud marocain et en regardant passer les concurrents que vous retrouvez le soir au bivouac.

C’est le cadeau de Metge à ses concurrents, et celui d’autonewsinfo à ses lecteurs qui cherchent à mettre un peu de sel dans leur vie…

 

JEAN LOUIS BERNARDELLI

Photos :  ALAIN ROSSIGNOL-DESERT RUN

 

 

Un communiqué de l’organisation tombé à 16h04.

 

« Nous avons la très grande peine de vous annoncer le décès de Christian Craff, concurrent auto, victime d’une crise cardiaque sur la spéciale d’hier. Toutes nos pensées vont vers son épouse, ses enfants et sa famille. La caravane, René Metge ainsi que toute l’équipe de l’organisation s’associent à leur douleur ».

 

 

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