DU PARIS-DAKAR AFRICAIN AU DAKAR SUD AMÉRICAIN …EN PASSANT PAR L’AFRICA ECO RACE

DU PARIS-DAKAR AFRICAIN AU DAKAR SUD AMÉRICAIN …

 

 

 

 

Alors que l’AFRICA ECO RACE  édition 2013 démarre et prend son envol sur les traces des DAKAR Africains de Thierry Sabine, petit retour en arrière sur l’histoire de cette épreuve

 

Nous sommes le 24 décembre 1978.

Esplanade du Trocadéro. Au pied de la majestueuse Tour Eiffel : 120 véhicules sont garés et exposés en épis, le long des fontaines du Trocadéro , au pied du prestigieux Palais de Chaillot.

Les badauds admirent et s’interrogent…

Les concurrents vont participer au 1er Rallye Oasis-Paris-Dakar.

Un tout nouvel évènement, créé et imaginé par Thierry Sabine, un ancien pilote automobile et cavalier émérite, reconnu aussi.

A l’époque, la presse présente cette toute nouvelle épreuve, comme la plus grande aventure des temps modernes.

Trois semaines plus tard, les rescapés parvenus à Dakar, la capitale sénégalaise, le Paris-Dakar entrent dans la légende.

Un certain Cyril Neveu, un petit Orléannais, fils d’un fourreur réputé, en devient le tout premier vainqueur et est fêté comme un héros…

Après s’être fait connaître du grand public, Cyril se fera un nom, car, le tout premier vainqueur de ce Paris-Dakar le gagnera à nouveau à 4 reprises !

 

 

Bien sûr, cette caravane qui pollue le désert du Sahara et traverse les pays africains à vitesse grand V, ne fait pas que des heureux. Les « anti-Paris-Dakar » sonnent la charge…

Mais cette compétition, hors norme, plait. Non seulement à ceux qui ont la chance d’y participer, mais également au grand public, car tous les Médias s’y précipitent et relaient en permanence, année après  année, les résultats.
Et ce, d’autant plus, que les Télévisions sont venues grossir la caravane et diffusent, chaque soir, à l’heure du dessert, les formidables images du désert.

 

DAKAR 1978 1979 La RENAULT KZ photo Dakar dantan

 

Année après année, le Paris-Dakar grandit, grossit et il ne cesse d’attirer. Et de 120 concurrents, la première année, la caravane devient imposante, car elle réunit et rassemble bientôt plus de 500 participants.

Si l’Equipe, Paris-Match et RTL avec Max Meynier, avaient flairé la bonne affaire en 1978, désormais, tous les médias (TV, radio, magazine, quotidiens) suivent, car la course fait maintenant partie du quotidien des français.

Après quelques années d’existence, ils sont maintenant des millions à assister au départ à Paris, Place de la Concorde, ou devant le Château de Versailles.

 

 

Les Médias présents, les people débarquent sur la compétition.

On y retrouve ainsi au fil des ans, des chanteurs populaires, comme Johnny Halliday ou Michel Sardou, des acteurs comme Pierre Brasseur ou même encore des personnalités comme Marc Tatcher, le fils de la « Dame de fer », premier ministre britanique, sans oublier une Princesse : Caroline de Monaco !

Et bon nombre de Stars des Grands Prix de Formule 1 et des 24 heures du Mans, parmi lesquelles : Jacky Ickx, Henri Pescarolo, Jean-Pierre Jabouille, Patrick Tambay et autre, Jean-Pierre Jaussaud.

 

 

La notoriété devient telle, que la caravane qui n’a cessé de grossir, année après année, dépasse bientôt plus de 2000 personnes sur le bivouac.

Tant et si bien, que France Télévision, qui est devenue le diffuseur, retransmet quotidiennement, maintenant, les étapes en direct.

A l’heure du repas, au dessert, Gérard Holtz et ses équipes proposent en direct les sublimes et inoubliables images des déserts, (Sahara, Ténéré) et aussi, bien sûr, les magnifiques paysages africains.

La France se passionne. Le Paris-Dakar, devient « l’évènement à la mode ». Toutes les plus grandes sociétés s’y investissent et financent des écuries, en Motos, en Autos et même en Camions. En décembre, chaque soir, de grands cocktails rassemblent des foules considérables dans des lieux les plus chics et réputés de Paris. On s’y bouscule et on se bat pour disposer du fameux bristol : le Sésame indispensable pour en être…

 

 

Les géants du sponsoring, et notamment tous les grands manufacturiers de tabac,  accourent et soutiennent les grosses armadas que sont les écuries Range Rover, Porsche, Peugeot, Citroën, Lada, Mitsubishi, Yamaha, Honda.

Même…Vespa en est, avec une équipe officielle dirigée sur le terrain, par l’ancien brillant rallye-man, Jean-François Piot.

Et si le premier Paris-Dakar s’est déroulé avec, comme seul lien avec la France, la voix d’RTL, le regretté Max Meynier, désormais tout est gigantesque : avions, hélicoptères, assistance aérienne.

Sans oublier, bien sûr, Africa Tour, la plus grande cantine du monde que dirige Bernard Didelot.

 

 

De 120 en 1978, la liste des engagés atteint 10 ans plus tard, plus de 500 véhicules. On frôlera même les 600…

Entre temps, hélas, malheureusement, un terrible drame a endeuillé le Dakar.

Dans la soirée du 14 janvier 1986, « Dieu », surnom que lui avaient donné les concurrents, « Dieu », alias Thierry Sabine, n’est plus. Dans une tempête de sable, à la tombée de la nuit, son hélicoptère, (Delta) s’est écrasé au Mali, à proximité d’un petit village nommé Gourma-Rhaous.

Avec le fondateur et père du Dakar disparaissent le chanteur Daniel Balavoine, la journaliste Nathaly Odent, le radio, Jean-Paul Le Fur et le pilote François-Xavier Bagnout.

 

 

Le soir, au bivouac, en pleurs, le bras droit de Thierry Sabine, Patrick Verdoy nous lâchera, assez tard, le temps d’informer les familles :

« Le pire est arrivé ! »

Et ce, pour tenter de nous faire comprendre à demi-mot, l’étendue du drame.

Ce n’est qu’au milieu de la nuit, et au petit jour, au briefing, que la caravane, effondrée, apprendra l’horreur.

Cette nuit-là, dans ce coin paumé d’Afrique, on se dit, entre journalistes :

« Le Dakar est mort »

Considérant qu’avec la mort de Sabine, cette grande et belle aventure est bel et bien terminée…

 

DAKAR 1981 ROLLS JULES

 

Pourtant, les rescapés iront bien jusqu’à Dakar, et l’année suivante, Gilbert Sabine, le père du « héros » trop tôt disparu, emporté par sa folle passion,  décide de reprendre les rênes et les commandes et de relancer le Dakar sur les pistes d’Afrique. L’homme, un dentiste réputé a fait appel à un spécialiste, 3 fois vainqueur de cette course : René Medge.

La machine se relance et les concurrents reviennent et continuent d’affluer.

Les anciens, bien sûr, et une meute de nouveaux, désireux de vivre cette incroyable aventure.

Le succès perdure et s’amplifie même. Tous les pays africains sont traversés depuis les tous premiers, à l’origine, comme l’Algérie, le Niger, le Mali, la Haute Volta et le Sénégal, mais maintenant, le Paris-Dakar traverse aussi le Tchad, la Lybie, la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Mauritanie et le Maroc.

Une année, on invente même un Paris-Le Cap, remporté par Hubert Auriol. Hubert, l’africain, devenu « grande Star » grâce au Dakar, à l’instar de Cyril Neveu et de Stéphane Peterhansel.

Malgré les accidents mortels, (57 à ce jour), la course attire toujours. Le premier à s’être tué était un motard, Patrice Dodin, un français, qui vivait à Bamako au Mali et qui courait sur une Yamaha de l’équipe La Moto Verte de Dominique Sauvêtre, le célèbre magasin de la rue Chardon Lagache à Paris. Patrice, mort un matin de janvier 1979 entre le bivouac et le départ de la spéciale à Agadès, au Niger.

Malgré tous ces accidents terribles, rien n’y fait, la machine infernale continue  toujours, 30 ans après, de plus en plus de concurrents.

En 2004, TSO, (Thierry Sabine Organisation) qui a débuté dans de petits bureaux rue Duban dans le XVIéme à Paris avant de déménager rue de Boulainvilliers puis rue Desnouettes de l’autre côté de la Seine, est revendue au Groupe Amaury (Journal l’Équipe, le Tour de France)

TSO devient ASO (Amaury Sports Organisation) et à l’image de ce qu’est devenu le Tour de France cycliste, la grande boucle, le Paris-Dakar va prendre un virage international, à tel point que si en France, la renommée et la notoriété s’essoufflent, à l’étranger, bien au contraire, c’est un « ras-de-marée » médiatique. Les participants affluent de partout : USA, Japon, Chine, Afrique du Sud, Pays de l’Est…

On crée même des listes d’attente !

C’est dire si le succès est bien toujours présent après 25 ans après la mort de son génial créateur. Et puis « l’Afrique bouge ».

 

LE DAF DOUBLE CABINE DE DE ROOY

DAKAR DE ROOY LE DAF DOUBLE Cabine

 

 

Roger Kalmanovitz, le ‘Ministre des affaires étrangères’ du Dakar, depuis sa création, l’homme qui négocie tout se « fait des cheveux ». Une année, il va même devoir organiser un pont aérien pour survoler le Tènèrè,  à cause de la guerre qui commence à faire rage au Niger.

Des moyens gigantesques sont requis pour faire passer la caravane jusqu’en Égypte, où le Rallye doit se terminer au Caire. De lourds Antonovs vont donc effectuer des allers-retours pour transporter la caravane, des plus petites motos, aux mastodontes géants.

Au fil des ans, les révolutions et les évènements ferment les uns après les autres le territoire de jeu du Paris-Dakar. Algérie d’abord, puis le Niger.

Adieu les inoubliables déserts du Sahara et du Tènèrè, théâtres de tant d’exploits mais aussi de drames !
Qu’à cela ne tienne, on descendra désormais par le Maroc et la Mauritanie !

Mais le Polisario, au Sahara occidental, ne l’entend pas de cette oreille. Le pilote d’un camion d’assistance sera tué. Ca chauffe, ça gronde !

Le retentissement du Paris-Dakar, et ses retombées médiatiques mondiales, sont devenues telles, que la course est devenue une caisse de résonance internationale.

Les terroristes menacent ! La course est devenue fort intéressante pour eux !

Les menaces qui pèsent sur le Dakar, se font de plus en plus précises, tant et si bien que le gouvernement français met le hola et prévient ASO, l’organisateur : il y a « danger », la sécurité n’est plus assurée et possible.

Du coup, la veille du départ de la 30ème édition qui devait s’élancer depuis Lisbonne le 1er janvier 2008, le Paris-Dakar est purement et simplement annulé !

Si la course avait survécu une première fois, à la disparition de son créateur, le 14 janvier 1986, on se dit cette fois que s’en est bien fini et que le Paris-Dakar est mort.

Mort le Dakar ? Eh bien non !

Il va à nouveau survivre incroyablement ! ASO est un entrepreneur de premier plan, qui a internationalisé le Tour de France.

Les hommes qui le dirigent cherchent et finissent par trouver un nouveau terrain de jeux, en Amérique du Sud. En traversant l’Atlantique, le Paris-Dakar va se trouver une nouvelle appellation, une nouvelle dénomination : Le DAKAR.

Un peu un label, comme « frigidaire » pour réfrigérateur.

En effet, à partir de 2009, c’est le continent Sud-Américain qui va incroyablement prendre le relais.

Le PARIS-DAKAR est mort, Vive le DAKAR !

Car désormais l’épreuve d’ASO, est devenue un label comme Frigidaire l’est lui pour réfrigérateur !!! Ou Levis pour Jean’s

Le 1er janvier 2009, les concurrents sont toujours là, toujours aussi nombreux et se retrouvent effectivement en Argentine, à Buenos Aires.

Le plateau est toujours de grande qualité.

L’accueil est exceptionnel, géant, du jamais vu en Afrique, même aux plus belles heures ! Et si chez nous, en France, ce Dakar n’est plus à la une de l’actualité, là-bas, dans la lointaine Argentine, c’est du délire.

Il est vrai que « là-bas » en Am Sud, il se déroule peu d’évènements sportifs de premier plan.

Le DAKAR devient donc rapidement … ‘LEUR’ DAKAR.

Des foules immenses assistent au départ dans la capitale argentine. Plus d’un million de fans accourent pour assister au départ dans une ambiance de feu.

L’an dernier, pour sa 34ème édition, un nouveau pays, le Pérou, s’est associé à l’évènement, et le Dakar s’est terminé à Lima, devant des foules considérables. Le succès est toujours d’actualité. Et si seulement 20 % des concurrents sont de nationalité française, aux quatre coins du globe, ce Dakar sud-américain fait encore et toujours rêver.

Mini a gagné avec « l’ogre » Peterhansel, victorieux, lui, de son 10ème Dakar phénoménal !

Pour l’avenir, le succès est assuré, et ce, dans la mesure où après l’Argentine, le Chili et le Pérou, ne sont pas prêts à vouloir voir ‘ leur ‘ Dakar leur filer sous le nez et où la Bolivie, le Paraguay et le Brésil, piaffent… d’envie eux d’accueillir et recevoir, à leur tour,  cette épreuve magique et mythique.

Non, le Dakar n’est pas mort, il a visiblement encore un sacré bel avenir devant lui !

Pour avoir été présent des les premiers et notamment celui parti le 24 décembre 1978 du Trocadéro en leader et ce après avoir gagné la toute 1ére spéciale en compagnie de mon pilote Christophe Neveu au volant de notre surpuissant Range Rover, flanqué du Numéro 120 et ayant été des derniers Dakar  » Sud-Am « , nous en sommes convaincus

 

René METGE Photo Alain ROSSIGNOL

 

Mais sur la terre d’Afrique, une autre aventure dirigée par un ancien triple vainqueur des DAKAR d’antan, René Metge, poursuit l’oeuvre née de l’imagination du père de ces épreuves, hélas disparu dans le crash de son hélico le 14 janvier 1986 du côté de Gourma Rhaous au nord du Mali.

Course qui outre ce triple lauréat, a attiré d’autres têtes d’affiche, exmultiples vainqueurs comme Jean Louis Schlesser et Hubert Auriol.

Cette année, autonewsinfo se consacrera essentiellement des ce samedi à cette compétition, délaissant le désormais lointain Dakar Sud-américain qui ne s’élancera lui de Lima que le 5 janvier, avant de suivre à partir du 15 janvier le Rallye Monte Carlo et dans la foulée le Monte Carlo Historique avec l’équipe officielle Alpine composée de 5 Berlinettes

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Dakard’antan- Alain Rossignol – Bernard Bakalian -Arnaud Delmas Marsalet

 

DAKAR ANECDOTES

 

JAN DE ROOY  » LE HOLLANDAIS » TURBO COMPRESSE…

 

Jan De Rooy a été le tout premier pilote sur le Rallye DAKAR a s’octroyer  une victoire d’étape dan la catégorie des… camions ! Au volant de son surpuissant mastodonte gavé de chevaux, on évoquait à l’époque au début des années 90, la bagatelle d’une cavalerie atteignant tout simplement la barre mythique s’il en est de… 1200 ch grâce à deux moteurs turbo de 600 ch ! Phénoménal était son DAF 4×4 bimoteur qui dans les déserts du Sahara et du Ténéré frôlait le les 200 km/h voire plus ! Plus de vingt ans après cet exploit tout à fait inouï et exceptionnel quand on se souvient de la qualité des concurrents qui concouraient eux, en voiture, au volant de bolides d’usines sur-vitaminés, son propre fils Gérard de Rooy, a remporté le 15 janvier dernier à Lima, au Pérou, le DAKAR 2012 en camion conduisant un… IVECO. Battant à camion égal, puisque dans la même écurie, l’ancien double CHAMPION DU MONDE des Rallyes, le petit italien Micky Biason, couronné en 1988 et 1989 avec les inoubliables Lancia Delta et tenant de la Coupe du Monde des Camions TT.

 

DAKAR DE ROOY

 

LE VRAI… FAUX VOL DE LA 407 DE VATANEN

Le 18 janvier 1988 à l’occasion de la 14ème ètape du PARIS– ALGER-DAKAR et alors qu’il semble devoir renouveler sa victoire de 1987, la toute première pour l’écurie Peugeot avec la fameuse 205 Turbo 16, la 405 de l’immense CHAMPION qu’était le Finlandais Ari Vatanen, disparait brutalement une nuit lors de l’étape qui fait escale de Bamako au Mali ! La voiture sera finalement bien retrouvé mais lorsque le Champion Finlandais prendra enfin le départ, les 30 minutes de retard maximum autorisés étaient largement dépassé !! Dans la caravane du DAKAR, personne n’a jamais vraiment cru à cette  rocambolesque affaire et à cette bien curieuse histoire, cette 405 de course ne pouvant être mise en route par un simple voleur. Deux versions s’affrontèrent alors laissant entendre que le  »Vrai faux vol  » avait tout simplement ètè orchestré par les responsables de l’équipe Peugeot. Les uns, clamant que le but était de profiter de la disparition … bidon du bolide, pour changer le moteur qui était rincé. Et allait donc tôt ou tard rendre l’âme…D’autres affirmant que le DAKAR écrasé par les pilotes des lionnes qui survolaient et écrasaient le Rallye, n’intéressait plus grand monde, à commencer par les média. Lesquels furent donc bien obligé d’évoquer l’affaire qui prit des proportions insoupçonnées et fit alors incroyablement de nouveau la  » une  » de l’actualité pendant plusieurs jours !! Finalement, c’est une autre Peugeot, pilotée par un autre Finlanai Juha Kankkunn qui l’emporta à DAKAR. L’annèe uivnte en 1989, Vatanen remporta à nouveau le DAKARDeux décennies après, ce  » Vrai faux vol  »  demeure toujours un grand mystère. Lequel a largement en son temps, contribué à la Légende et à la renommée Internationale du DAKAR

 

Gilles GAIGNAULT

 

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