RALLYE DU VAR : AUDRIC CHANTRIAUX OU LA PASSION DU PILOTAGE EN HERITAGE…

 Audric Chantriaux à la fraîche de l’un des petits matins du 58e rallye du Var.

 

Du haut de ses 20 ans, l’Aixois Audric Chantriaux rêve de devenir pilote professionnel en rallyes. Et il va sûrement y arriver !

Né à Aix-en-Provence, étudiant à Marseille au Lycée général et technologique Antonin Artaud, Audric Chantriaux a tout juste 20 ans. Il travaille dans le prototypage chez E2R, mais son centre d’intérêt est le pilotage en rallyes.

Au tout récent Rallye du Var, qui clôturait le Championnat de France FFSA (Fédération française du sport automobile) 2012, il a mené de main de maître, associé à Lara Ferrari, jusqu’à la ligne d’arrivée, sa Mitsubishi aux couleurs de La Provence.

Car Audric Chantriaux est le cadet des fils d’Éric Chantriaux, certes inconnu du sport automobile auprès du grand public tout au moins, tant l’homme dirige dans la plus extrême discrétion l’entreprise d’ingénierie automobile « Solution F » qu’il a créée et installée à Venelles,au nord d’Aix en Provence, où la réactivité et l’inventivité ont été élevées au rang de religion.

Un copilote nommé Denis Giraudet pour commencer…

Audric s’installe pour la première fois au volant d’une voiture de rallye en 2011 :

« C’était à Vaison-La Romaine, raconte-t-il les yeux brillants. j’ai terminé 18e sur 122 avec une Clio F2000. J’avais pour copilote Denis Giraudet (ndlr : une référence historique internationale du genre), ça aide… Ensuite nous avons fait le rallye de Venasque, où la mécanique nous a trahis.Enfin, à la Ronde de la Durance, où j’étais associé à Loïc Declerk, je suis sorti de la route dès la deuxième épreuve spéciale chronométrée. Résultat : fracture d’une vertèbre lombaire ainsi que d’un péroné et fin de course en hélicoptère vers l’hôpital Nord de Marseille, où le Professeur Roche m’a remis à neuf ! « 

 

Voilà pourquoi il vous a fallu patienter jusqu’à cette fin de saison pour reprendre un volant ?

Audric Chantriaux noux lâche :

Et j’attendais cela avec impatience. Le faire au rallye du Var, qui est un must français de renommée internationale, s’est avéré un très bon choix. J’avais une Mitsubishi Evo IX, Groupe N, préparée par l’équipe de Frédéric Sauvan à Fayence et mon coéquipier était… une copilote expérimentée, Lara Ferrari. Alors que nous nous battions autour de la 50e place sur quelque 120 équipages rescapés parmi les 170 au départ, nous avons subi une crevaison dans l’ultime spéciale où nous avons perdu 13 minutes et rétrogradé à la 91e place. Notre satisfaction est tout d’abord de nous être bien battus malgré un embrayage récalcitrant (ndlr : nettoyé en permanence par une astucieuse vaporisation de Coca-Cola), ensuite d’avoir gravi le podium d’arrivée sur le port de Sainte-Maxime. Lara, mais aussi Nicolas Desanti, le patron du Château de La Pioline, et Gaël Volpi, mon directeur chez E2R, ont été mes complices dans cette belle aventure.

 

Aujourd’hui, vous êtes un tout jeune pilote amateur, car 20 ans en rallye c’est l’âge d’un minot, mais vous vous verriez bien pilote professionnel ?

 » Oui mais non…, étant donné que je travaille à plein temps au sein de la structure E2R (Études et reproductions rapides) chez Solution F. Nous réalisons du prototypage et du maquettage en matières plastiques, des automobiles de tourisme et même des F1 destinées aux tunnels de soufflerie, jusqu’à des boîtiers électroniques pour l’aéronautique dont certains sont même destinés à des satellites. C’est captivant à tous les sens du terme. »

 

Vous êtes le fils d’une figure du monde de l’automobile où nombreux sont les pères qui ont poussé très jeunes leurs fils vers le pilotage, en particulier au travers du karting, pourquoi n’est ce pas votre cas ?

 » Allez savoir… Il faut tout de même noter que lorsque je ne pilote pas il m’arrive aussi d’être le coéquipier de mon père dans les rallyes de voitures historiques. Nous avons fait deux fois le Tour de Corse avec une Porsche et le Maroc cette année où nous avons terminé 2e avec une Ford Escort. »

 

 

Et, il enchaine :

 » Maintenant, il est vrai que j’aimerais bien pouvoir piloter de plus en plus souvent, mais mon père ne veut pas que les choses me tombent du ciel tout cuit. Il a sûrement raison. J’espère cependant qu’en 2013,  il m’autorisera à faire une saison complète car ma passion c’est le rallye, bien plus que le circuit où j’ai un peu donné en Mitjet Series et dans le Championnat  V de V avec une Touring Cup, sur plusieurs circuits. Au Paul-Ricard, à Lédenon et à Magny-Cours. »

Audric, ajoute alors :

 » Devenir pilote professionnel n’est pas pour moi un rêve inaccessible mais je sais qu’il sera très compliqué à réaliser, surtout compte tenu des forces déjà en présence. Dans notre région, Mathieu Arzeno et Stéphane Consani en Citroën Racing Trophy, et Florian Bernardi en championnat de France Junior sont déjà, dans leurs catégories respectives, parmi les plus en vue au plan national… Si je ne deviens pas pro, je me vois tout de même bien progresser dans mon métier et j’ambitionne de gagner suffisament d’argent pour compléter dans un futur pas trop lointain les budgets de partenaires potentiels. »

 

Quelle direction souhaiteriez-vous prendre en 2013 ?

 » Compte tenu de ma jeunesse et de mon expérience naissante, je me tourne naturellement vers une formule de promotion mixte disputée en rallyes sur terre et sur asphalte, telles que le Citroën Racing Trophy ou le Volant Peugeot 208. Dans une catégories comme dans l’autre, il y a la plupart des prétendants à une carrière… J’espère donc qu’avec Lara nous trouverons le budget nécessaire et que mon père sera OK. J’ai bon espoir !

 

Charles-Bernard ADREANI  cbadreani@laprovence-presse.fr

Photos : CBA et François HAASE – autonewsinfo

 

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