ENDURANCE-MOTO : UN CHAMPIONNAT DU MONDE TROP HEXAGONAL !!!

24 Heures du Mans moto, Anthony Delhalle mène la ronde

 

L’endurance moto ne se porte pas très bien et il semble que du côté de la FIM (Fédération Internationale de motocyclisme) on applique un peu la devise bien connue :

« il n’y a pas le feu au lac. »

Pourtant, plusieurs éléments concourent à accréditer l’idée qu’il faudrait réagir vivement avant que le Championnat du monde ne soit réduit encore un peu plus encore à la portion congrue et  vieene à perdre toute sa valeur.

 

En effet, pour 2013 on attend encore de voir apparaitre au calendrier une 5ème épreuve  et ce depuis la suppression de celle du Qatar et l’on croit savoir que l’Automobile Club de l’Ouest, s’interroge fortement sur l’opportunité de continuer à organiser en 2014, une course moto de 24 heures fortement déficitaire du point de vue financier.

Il est permis de s’interroger pour savoir si la FIM a tout mis en œuvre afin de simplifier les procédures  douanières afin d’aller courir en Inde, dès 2013. Même question pour la Chine, alors que les constructeurs Japonais sont pourtant, très demandeurs d’une course là bas.

Il est certain que les voies sembleraient plus dégagées vers la Russie, où cette fois, ce sont les Teams qui n’ont aucune envie d’y aller, voulant éviter les oukases ou les rackets éventuels d’un système quasiment mafieux, bien en place dans ce secteur.

On sait que le Portugal aurait souhaité organiser une épreuve. La situation de l’économie, totalement exsangue, interdit cette voie. Aucune perspective actuelle,  ni en Grande-Bretagne, ni en Italie, ni en Espagne non plus…

 

 Qatar Nasser Kalifa Al Attiya Président QMMF

 

Pour le Qatar, on peut s’étonner de savoir qu’un peu de savoir-faire relationnel et le ménagement de certaines susceptibilités auraient pu sauvegarder une épreuve sans doute un peu exotique, mais bien appréciée en fin de saison. La grande maison FIM sait t’elle, faire preuve de diplomatie, trop certaine de son pouvoir et de son autorité ?

Il est franchement permis d’en douter.

En tout cas, pour l’heure, il faut bien constater que le doute s’est installé dans l’esprit des teams et de leurs partenaires et, le fait que la FIM n’ait pas encore adressé les règlements et les bulletins d’engagement entretient un flou artistique, quant au nombre de concurrents prêts à s’engager pour l’ensemble des 4 courses du Championnat du monde  aux dates suivantes :

20-21 avril : Bol d’Or (24h) – 28 juillet : 8h de Suzuka – 18 août : 8h d’Oschersleben – 21-22 septembre : 24 Heures du Mans

 

Da Costa Kawa et Philippe Suzuki SERT

 

Toutes les écuries voudraient bien également savoir comment l’interdiction –éventuelle- de pneus de qualification dont on parle de plus en plus, pourrait être gérée et l’on espère, que rien ne sera changé dans le règlement.

Rappelons-nous l’épisode de la super-pôle, totalement aberrant dans ce cadre d’endurance et, que le bon sens a permis de rejeter !

 

Remise des Prix FIM. Méliand et JM Desnues de la commission courses sur route

 

D’ores et déjà partant pour la totalité du Championnat 2013, Dominique MELIAND est allé recevoir le douzième titre du SERT de Champion du monde FIM à Monaco, avant de fêter le Trophée avec son équipe, au Paradis latin. Puis de recevoir son Prix lors de la cérémonie organisée par la FFSA dans les Salons du trés prestigieux Automobile Club de France à Paris

Christophe GUYOT du GMT 94, lui, de son côté, fait le tour de ses partenaires et prépare la saison avec l’obsession du titre en 2013.

 

David Checa Yamaha GMT

 

Chez YAMAHA 94, l’équipage est finalisé depuis longtemps avec LAGRIVE-CHECA-FORAY, alors qu’au SERT, les deux piliers que sont PHILIPPE et DELHALLE sont depuis longtemps confirmés, mais la titularisation du troisième pilote prend du temps.

Sans doute parce que la proposition Suzuki n’est pas extraordinaire du point de vue financier, chaque pilote pressenti et  contacté, ne voulant pas s’engager avant d’avoir exploré toutes les pistes encore possibles potentiellement, il est difficile pour le SERT d’arrêter le nom du troisième pilote, que le « chef » souhaite de gros calibre et titulaire pour toutes les courses du championnat. La piste japonaise semble quelque peu laissée de côté, mais tout est encore possible.

Dans ce puzzle qui a du mal à s’assembler, on observe que les infos les plus contradictoires circulent depuis la fin de saison.

 

 BMW Motorrad

 

Par exemple chez BMW, tant du côté allemand que français, le renoncement au championnat a été annoncé officiellement. A ce jour, la version off serait qu’on ait demandé aux partenaires de rester prêts.

Et, par déduction, que le titre mondial soit encore convoité. Avec quelle organisation ? Il faudra qu’elle soit mieux structurée au niveau des prises de décision en général et en course plus spécialement, pour espérer pouvoir décrocher la timbale. Une machine extrêmement performante ne suffit pas pour gagner un championnat, aussi croupion fut-il. De plus deux courses de 24 heures sur quatre épreuves ne plaide pas pour BMW qui jusqu’à maintenant n’a jamais démontré sa suprématie dans les interventions au stand.

 

Yamaha YART

 

Pour la YART, on donnait le team absent du paysage de l’endurance pour 2013. A l’heure actuelle, un engagement serait prévu pour les deux courses de 8 heures en Allemagne et au Japon. Le team se consacrant plus au Superbike.

La HONDA TT Legends sera en lice au championnat avec l’équipage John MC GUINESS, Cameron DONALD et Simon ANDREWS et sera peut être même rejointe sur le mondial par une HONDA venue du  Japon et aux couleurs de FCC représentant de manière quasi officielle l’usine.

 

Honda FCC

 

Le Team BOLLIGER, quant à lui, arrêterait toute participation en mondial. Son manager emblématique se sentant quelque peu fatigué.

Vous remarquerez que nous n’avons pas encore évoqué le sort de KAWASAKI. Et pour cause. Après les victoires retentissantes en 2012 au Bol d’Or et aux 24 heures du Mans, il semblait que les pilotes de pointe de cette équipe se soient mis sur le marché.

Pour plus d’informations nous avons cherché à joindre Gilles STAFLER le team manager artisan s’il en est des performances de l’an passé. C’est sa charmante épouse qui a bien voulu nous répondre en ces termes :

 «  Pour l’heure nous tentons de boucler notre bilan 2012, nous avons encore des impayés et aussi des…dettes. Avec  KAWASAKI, rien n’est fait. L’usine ne s’engagera pas dans le championnat, ça c’est certain. Nous tentons de demeurer prêts à repartir pour les deux courses de 24 heures en France et à être présents en championnat de France 600 et 1000, mais rien n’est sûr. »

Juste après ce contact nous avons eu la chance de pouvoir interroger au téléphone, Christian BOURGEOIS le directeur compétition KAWASAKI.

Ses propos sont clairs.

«  Les japonais de KAWASAKI ne sont pas intéressés par un championnat qu’ils jugent franco-français. Pour eux c’est donc l’affaire de la France et nous ne disputerons, comme cette année Le Bol et les 24 heures. » 

 

 Gilles Stafler Kawa GSR et Julien Da Costa

 

Comme KAWASAKI entend encore externaliser sa participation à la compétition, nous pouvons au passage rassurer la maison STAFLER, c’est bien  eux qui seront prestataire des opérations, même si les choses effectivement ne sont pas signées. Quant aux pilotes, Christian BOURGEOIS précise :

« En principe nous aurons les mêmes que cette saison, beaucoup de pilotes veulent venir chez nous, alors nous n’avons pas de souci de côté-là. »

Comme on le voit le paysage du plateau de l’endurance a du mal à se dessiner. Certains vous diront :  « Comme d’habitude » !

Certes la crise économique a un impact négatif sur le montage des budgets, mais il est sans doute difficile de vendre un championnat mondial dont les contours sont aussi hexagonaux. Le lointain Japon voudrait bien faire de sa course mythique de Suzuka un standard à part entière, la France est accrochée (pour combien de temps ?)  à la tradition des 24 heures, mais ce championnat manque de consistance, d’ouverture et d’exposition médiatique.

 

Kawasaki Bolliger

 

Nous sommes navrés de constater que la FIM ronronne un peu trop par rapport à un dossier qui mérite plus d’intérêt et d’empressement. Il est plus que temps de  faire bouger le centre de gravité de ce championnat du monde vers des pays d’autres continents que la vieille Europe.

 

24 Heures du Mans

 

En France que ce soit à Magny-Cours ou au Mans, les motards spectateurs ayant été visés par de véritables opérations qualifiées par certains de chausse-trappe (contrôles tous azimuts de vitesse, de bruit,  d’alcool et de stupéfiants), le public se réduit jusqu’à devenir peau de chagrin.

Il est grand temps de se poser la question politique de la place du sport motocycliste dans un paysage français où l’écologie bien pensante et les politiques en général ne semblent pas bien accepter ces activités sportives.

On sait que le Président BOLLE œuvre sans relâche pour maintenir le flambeau. Les gestionnaires de l’ACO et de Magny-Cours accepteront-ils encore longtemps de porter à bout de bras une Endurance un peu malade ? On peut raisonnablement en douter, ce qui milite d’autant plus pour tirer la sonnette d’alarme de la FIM avant d’avoir à constater le décès, par mort naturelle.

 

Alain MONNOT

Photos : Michel PICARD et FIM

 

Ravitaillement CHEZ  SUZUKI SERT

Moto

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