F1 : RENAULT ET LES GRANDS PRIX AMERICAINS

 

 

Effectuée avec Jean-Pierre Jabouille au volant sur le circuit de Watkins Glen, la première participation de Renault au Grand Prix des États-Unis remonte à l’édition 1977. Depuis, l’épreuve américaine a emmené les compétiteurs aux quatre coins du pays :

Las Vegas, Detroit, Dallas, Phoenix et Indianapolis. Et, auparavant à Long Beach dans les faubourgs de Los Angelés.

Alors que Renault collectionne les succès à travers le monde, les États-Unis restent un pays; où la marque au Losange, n’a pas connu un gros taux de réussite. Grâce au regretté Ayrton Senna, victorieux avec le Team Lotus en 1986 à Detroit, Renault compte tout de même une victoire aux USA.

Senna débute la saison 1986, en épatant la concurrence. Équipé du moteur V6 Renault sur sa Lotus 98T, il décroche la pole position lors des trois premiers Grands Prix de la saison. Le Brésilien en impose ainsi face à une rude concurrence emmenée par Nigel Mansell, Nelson Piquet (Williams), et Alain Prost (McLaren). Senna termine deuxième au Brésil, devant ses fans, avant de s’imposer à Jerez. Il enchaine avec une troisième place à Monaco et monte sur la deuxième marche du podium en Belgique, tout ça en seulement cinq Grands Prix !

Après une cinquième place au Canada, Ayrton Senna poursuit sa tournée américaine de façon brillante. C’est sur un circuit urbain, sur lesquels Senna est particulièrement à l’aise, que se dispute la course de Detroit. L’année précédente, il avait signé la pole avant d’abandonner en course. Senna sait encore faire étalage de toutes ses qualités entre les rails et arrache une quatrième pole en cette saison 1986, une demi-seconde devant Nigel Mansell !

Nelson Piquet se classe troisième, les Ligier-Renault de René Arnoux et Jacques Laffite occupent les quatrième et sixième rangs, séparées par la Ferrari de Stefan Johansson.

Ayrton Senna prend les rênes de la course dès le départ. Mais à la fin du deuxième tour, il rate une vitesse. Nigel Mansell en profite aussitôt pour lui ravir la première place, laissant Senna se débattre avec un Arnoux des plus incisifs. Au lieu de s’envoler en tête de la course, Mansell doit faire face à des problèmes de freins. Au 8éme tour, Senna le passe pour reprendre les commandes. Arnoux le suit et prend la deuxième place.

Mais les rebondissements s’enchainent et une crevaison oblige Senna à passer par la voie des stands au 12éme tour. L’aubaine est belle pour Ligier-Renault, qui voit Arnoux et Laffite occuper les deux premières places ! Laffite, qui n’avait plus mené un Grand Prix depuis trois ans, renoue avec la tête de course en doublant son coéquipier au 18éme tour.

La vue des voitures bleues aux avant-postes fait la joie des supporters français, d’autant que c’est un duo de pilotes tricolores qui est en tête de course. Malheureusement, leur joie est de courte durée, les deux Ligier perdant les rênes en raison d’une erreur dans la stratégie des ravitaillements. Piquet en profite pour pointer en tête, devant Senna, qui entrevoit de nouveau un bon résultat malgré sa mésaventure précédente.

Le leader du Grand Prix effectue son unique arrêt au stand au 40éme tour, mais un problème d’écrou de roue lui fait perdre dix secondes. Senna s’arrête le tour suivant, effectue un ravitaillement sans encombre et reprend les commandes de la course avec une avance nette. Piquet ne s’avoue pas vaincu, signe le meilleur tour en course mais voit son Grand Prix s’achever dans le mur après 41 tours.

Les drapeaux jaunes neutralisent l’épreuve plusieurs minutes mais la voiture accidentée est toujours en piste lorsque les drapeaux s’effacent. Senna se fait une grosse frayeur en frôlant la Williams de son compatriote. Arnoux n’a pas cette chance car deuxième, il heurte le mur en tentant d’éviter la monoplace arrêtée.

Heureusement, la suite du Grand Prix se déroule sans incident majeur et Ayrton Senna passe en ce dimanche 22 juin 1986, sous le drapeau à damier avec plus de trente secondes d’avance sur son dauphin, Jacques Laffite, qui a pris le meilleur sur Alain Prost dans les derniers tours.

Renault fête ainsi un doublé sur le circuit américain, alors que Laffite goûte une 32éme et dernière fois aux joies du podium en Formule 1, quelques semaines avant son grave accident sur le circuit de Brands Hatch, le 13 juillet 1986.

Lequel mettra un terme à sa carrière de pilote de GP.

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Team

 

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