ENDURANCE MOTO:VINCENT PHILIPPE, ROI DE l’ENDURANCE MOTO, S’EST MIS DANS LA PEAU D’UN PILOTE DE CHASSE A LA BASE AERIENNE DE TOURS

 Baptême en Alpha Jet de Vincent Philippe par le lieutenant Aymeric Apretna

 

VINCENT PHILIPPE, ROI DE l’ENDURANCE MOTO, S’EST MIS DANS LA PEAU D’UN PILOTE DE CHASSE A LA BASE AÉRIENNE DE TOURS

 UN VOL INOUBLIABLE ….

 

Nous avions rencontré dans le stand Suzuki, lors des dernières 24 heures du Mans moto, le Lieutenant Aymeric APRETNA  pilote de Mirage F1 qui, avec Vincent PHILIPPE, nous avaient donné rendez-vous à Tours pour une opération dite :

« Portraits croisés entre le monde de la compétition moto et celui de l’aviation de chasse ».

Ce fut chose faite la semaine dernière à Tours sur la base aérienne 705, et avant de relater cette journée très spéciale, il est bon d’en retracer la genèse.

A l’origine de cette histoire, un confrère : Stéphane LACAZE essayeur au magazine Moto et Motards, a imaginé avec le Service d’information et de relations publiques de l’armée de l’air (SIRPA), de  rapprocher deux mondes mécaniques, à savoir ceux de la compétition moto  (les mécaniciens du SERT) et ceux de l’aviation (les mécaniciens de l’école de chasse de Tours).

Comme point d’orgue de cette opération, ayant pour but la promotion des carrières militaires, la mise en relation du pilote de course et du pilote de chasse trouvait sa pleine justification.

Pour concrétiser un partage d’expérience de ces deux véritables figures de proue de leur discipline, il ne fallut pas moins de presqu’une année
pour pouvoir faire coïncider les calendriers des deux pilotes !

Pourtant, à la suite du premier contact aux 24 heures du Mans, le courant était très bien passé entre les deux hommes.  Il était convenu que Vincent PHILIPPE, ayant obtenu avec le SERT un 7ème titre mondial, baptiserait le pilote instructeur de l’aviation de chasse sur une moto biplace et que, Aymeric APRETNA fort de ses 1300 heures de vol de ses 100 missions de guerre sur MIRAGE F1, ferait découvrir le vol de chasse à Vincent.

Première différence, l’armée de l’air  imposait une visite médicale  au pilote moto à l’hôpital militaire Percy. Aymeric APRETNA connaissait la pluie  pour son premier roulage sur le circuit de Mireval (circuit d’essai Dunlop près de Montpellier) avec la Suzuki biplace, alors que la météo s’annonce correcte pour le vol de Vincent Philippe.

 

Aymeric APRETNA en passager de la pluie…

 

Alors que le pilote moto débute une longue matinée de préparation technique en vue du vol de l’après midi, dont nous préciserons un peu les étapes, nous demandons au Pilote instructeur  de nous parler de sa découverte de la moto de compétition et des différences fondamentales qu’il a pu noter par rapport à sa pratique du vol de chasse.

Écoutons Aymeric APRETNA :

« Finalement, j’allais  plutôt parler de points communs. Nos deux métiers sont proches dans le sens où l’on pilote des machines  relativement complexes au premier abord. On aborde cela toujours avec une certaine rigueur. On doit se préparer mentalement, ainsi que physiquement. La technicité pure est également relativement proche aussi. Au niveau des différences, Vincent  évolue en deux dimensions et moi je suis en 3D. .. C’est ce qu’il va d’abord découvrir aujourd’hui. Pour mes impressions lors de mon baptême derrière Vincent, c’était très, très impressionnant. Je ne pensais pas qu’avec une moto on pouvait freiner aussi fort, se pencher autant sur du mouillé. Je suis pourtant moi même motard, mais là c’est sidérant. Vous pensez bien que j’ai été très heureux de pouvoir découvrir ça derrière un champion comme Vincent. J’espère qu’à l’issue du vol il sera aussi  content que moi j’ai pu l’être il y a  quelques jours. »

 

Lieutenant Aymeric APRETNA Pilote de chasse

 

Vous ne vous connaissiez pas et pourtant on sent comme une grande proximité entre vous, est ce que je me trompe ?

«Non pas du tout.  Oui, moi je suis motard et passionné. Vincent est curieux de savoir comment les choses se déroulent pour mon métier pilote. Il y a un réel échange entre nous et on se rend compte au fur et à mesure de nos discussions  qu’il y  a finalement énormément de points communs entre nous deux et nous sommes ravis de pouvoir partager cette expérience. »

 

Explications du Lieutenant APRETNA a propos du réacteur

 

Alors que les mécaniciens du SERT avec le boss Méliand sont pris en charge par des collègues aviateurs pour découvrir toutes les facettes techniques de l’Alpha Jet en service pour l’école de chasse de Tours, Vincent PHILIPPE après une présentation technique de l’appareil, a droit au parcours complet du pilote qui va accomplir sa première mission. L’équipement avec combinaison anti G, casque et gilet de sauvetage précède une formation très poussée dans une cabine d’avion.

Comment monter, comment s’installer comment s’attacher, comment  mémoriser les divers instruments de sécurité, comment s’éjecter en cas de besoin, comment gérer l’oxygène, comment communiquer, comment… comment…

 

Simulation éjection en mer

 

Notre pilote moto est attentif mais proche de la saturation. Ensuite, il faut simuler la récupération du canot en cas d’éjection sur l’eau.  Enfin un petit quizz permet de vérifier si la mémorisation des diverses procédures est suffisante pour pouvoir prétendre à monter à bord.

Après un repas pris en commun avec les gens de la moto et ceux des avions, Vincent PHILIPPE se concentre, révise les procédures, se repose et nous glisse :

« Avec toutes ces informations à digérer et les conduites de sécurité à tenir, ils me mettent la pression. »

 

Alpha Jet du cinquantenaire de l’escadron

 

Pendant ce temps là l’équipe du vol va préparer la mission. Il faut dire que la base de Tours a mis les petits plats dans les grands pour célébrer la présence de leur hôte de marque. Vincent volera à bord de l’Alpha Jet aux couleurs de la Ville de Tours pour marquer le cinquantenaire de l’École de chasse.

Il sera piloté bien évidemment par le Lieutenant APRETNA, mais  il sera escorté, si l’on peut dire, par deux autres appareils : l’un piloté par le Capitaine SAILLARD (Instructeur, 2200 heures de vol) pour la photo et l’autre piloté par le commandant HIRSCHAUER (commandant en second de l’école, 4700 heures de vol) pour la vidéo).

 

Cdt HIRSCHAUER, Lt APRETNA et Vincent Philippe au briefing du Capitaine SAILLARD

 

Le vol est prévu à 15h40, heure locale.

Un briefing tout à fait opérationnel  est programmé pour ce vol « Spécial invité » et l’on retient que la météo est relativement favorable avec un plafond à 800 pieds, une bonne visibilité à 2300 pieds et un vent de 0,65 nœuds. Toutes les configurations du vol à trois appareils sont évoquées, les consignes de sécurité précisées, les fréquences utiles confirmées.

En tant que régional de l’étape, on est un peu curieux de savoir quel sera le parcours. Il suffit d’écouter pour noter une verticale Amboise puis Chenonceau avant un cap sur Château du Loir avant trois passages au dessus du circuit du Mans  puis montée en altitude pour simulation action de combat avant un retour au calme  via Angers.

Vincent PHILIPPE au premier rang à côté de son pilote, écoute très sérieusement et comme les autres non initiés tente de décrypter  un certain nombre de termes très techniques.

 

Vincent Philippe et Lt APRETNA lecture de cartes

 

Quand le capitaine SAILLARD demande à chaque membre concerné par le vol (pilotes, photographe, vidéaste et invité)  s’il ya des questions particulières, Vincent PHILIPPE fait éclater de rire la salle en déclarant :

« Merci j’ai tout compris ».  

Avec malice, Vincent ajoute à notre intention :

« Avec le chef, (lire Dominique Méliand, son patron au SERT) c’est plus rapide, après les rappels réglementaires et de sécurité le message est court : être devant. »

Alors que les équipages vont à la salle opérationnelle signer les divers documents avant de s’installer à bord, les invités du SERT et la Presse sont autorisés à visiter la salle d’approche et à se rendre à la tour de contrôle pour assister au décollage du pilote moto. Alors que l’avion va s’aligner au départ, Vincent Philippe  salue tout ce petit monde, auquel se sont joints  son épouse –un peu tendue– et son beau père.

 

Vincent Philippe OK avant le vol

 

En regardant ce décollage sur la piste 20, avec une montée rapide et un virage sec  vers la gauche, nous nous rappelons les propos du chef d’atelier chargé de la présentation au sol  qui nous indiquait le matin :

«Avec deux réacteurs à 23 000 tours, de 1,3 tonne de poussée chacun pour 7 tonnes de poids total, ça ne paraît pas énorme (surtout comparées aux 8,5  tonnes de poussée pour chacun des réacteurs du Rafale de 14 tonnes), mais croyez moi c’est suffisant. »

Il nous faut attendre largement plus d’une heure pour voir se pointer la petite escadrille de nos trois Alpha Jet. Celui de Vincent Philippe, est bleu contrairement aux autres, gris. Les gens du SERT qui ont encore pu échanger avec leurs homologues mécaniciens à propos des diverses techniques de maintenance, sont tous en bord de piste pour accueillir  leur héros.

 

Formation en échelon des Alpha Jet  avec Vincent Philippe à gauche

 

Il est 16h 50, on nous indique que la patrouille est en approche. Après un ou deux passages groupés, sans doute pour terminer de vider les réservoirs et faire profiter le plus longtemps possible l’invité du jour de ce baptême grandiose, les atterrissages se succèdent et Vincent PHILIPPE attendu par le mécanicien de piste descend et rejoint son pilote d’un jour. Dans le geste d’amitié qui les relie on sent une grande complicité.

Le pilote moto est un peu chiffonné, les traits tirés. Il faut dire qu’il traine un mauvais rhume  depuis quelques jours…

Le Lieutenant APRETNA  s’empresse de coller sur la combinaison du motard invité l’écusson qui fait entrer son compère Vincent dans le monde des pilotes de chasse. Cette petite cérémonie hautement symbolique se déroule sous les applaudissements nourris de la colonie du SERT et des trois pilotes instructeurs.

Ensuite, le motard aviateur qui se remet vite des émotions et des sensations, peut répondre à nos questions.

 

Vincent Philippe Mission accomplie…

 

Alors Vincent c’est comment l’avion.Enfin le Mirage ?

«  C’est dur ! Respect pour eux. J’ai été un peu malade. J’aurais aimé pouvoir en profiter à 100%. Là j’ai eu un bel aperçu de ce que peut être leur métier de pilote de chasse. »

Après s’être dégagé les sinus et avoir repris sa respiration le champion du monde d’endurance moto poursuit :

« Oh c’est vraiment difficile. La première sensation, c’est la prise de G. (5,5 G enregistrés pour ce vol). C’est vraiment bizarre, je n’ai jamais ressenti ça, c’est très étrange. Au bout d’un certain temps on s’habitue mais à partir du moment où l’on enchaîne ralentissements et accélérations  avec de droite, gauche les choses peuvent se gâter un peu. J’ai le sentiment que si j’avais été actif concentré sur une tâche à accomplir j’aurai oublié les sensations inconnues et gênantes qui m’assaillaient. »

 

 Vincent Philippe et le Lieutenant APRETNA après le vol

 

Tout en regagnant le vestiaire Vincent Philippe tient à préciser ce qu’il a pu ressentir.

« Je crois bien que c’est un peu à cause du stress mais  dans l’avion, j’avais très chaud et pour moi l’adaptation au masque  était un gros problème. Ensuite quand tu encaisses des G tu as comme une envie de fermer les yeux, tu respires vite. Quand on est monté grave pour une simulation de combat et qu’un autre avion passe devant toi ou à droite ou à gauche, tu n’as pas trop de repères… »

Tu as découvert les châteaux de la Loire ?

« Oui, oui vous avez des châteaux sur l’eau. Effectivement Amboise borde la Loire et Chenonceau est construit sur le Cher même.

 

Passage au-dessus du circuit Bugatti

 

As-tu pu découvrir le circuit du Mans malgré une météo tangente là bas ?

« Oh oui, on a fait 3 passages, mais c’est tout petit, j’en ai pourtant reconnu tout le tracé. »

Si tu le veux bien, venons-en aux différences et similitudes des pilotages entre l’avion et la moto.

« Dans les deux cas il faut pouvoir supporter les contraintes physiques et physiologiques et dans les deux cas cela requiert un entrainement important et régulier. Il faut, en moto comme en avion  beaucoup de précision. Pourtant quand on a évolué en formation style patrouille de France je n’ai pas pu m’empêcher de dire oh les garçons n’est on pas trop près ? J’avais l’impression de pouvoir toucher l’autre avion. Il y avait peut être moins de 5 mètres entre les deux. Pourtant c’est tout à fait comparable à ce qui se passe en moto lorsqu’on passe une courbe à côté d’un autre ou qu’on effectue un dépassement. En fait la différence entre les deux pilotages réside en l’absence de repère visuel tangible en avion, et puis en passager ne pas maitriser la situation n’est pas dans nos habitudes de pilote moto. J’ai été étonné également par la  capacité  de l’avion à virevolter, tu passes de droite à gauche, couché, debout, en un rien de temps, je t’assure c’est très nerveux ! »

 

 Après le baptême de l’air en Alpha Jet de Vincent Philippe

 

Comme il se devait tout ce petit monde des pilotes de la base, du SIRPA, du SERT se retrouvèrent pour célébrer le baptême de  Vincent PHILIPPE c’était l’occasion pour chaque « terrien » de recevoir la casquette de l’Armée de l’air avec son emblème constitué des trois éléments ainsi traditionnellement expliqués :

L’étoile te guide, les ailes te portent et la couronne t’honore.

Pour boucler la boucle et avant de demander à Vincent Philippe, la conclusion d’une telle journée, c’est vers son pilote  et ami, Aymeric APRETNA que nous nous tournons pour recueillir ses commentaires.

« Je crois que Vincent a apprécié cette expérience. Nos différences en tant que pilotes sont minimes et c’est je crois, la troisième dimension qui a posé un peu problème à Vincent. J’espère qu’il gardera un  très bon souvenir de cette journée, en tout cas j’ai été très heureux de le faire voler. »

Vincent Philippe et Aymeric APRETNA

 

Alors Vincent que retiendras-tu de cette expérience ?

« Oh tu sais, cela restera pour moi une expérience inoubliable. Pourtant à un moment j’aurais presque souhaité rentrer, mais j’aurais ensuite vraiment regretté. C’est une expérience unique. Quand tu es gamin et que tu grandis, la moto, les avions te font rêver. Je m’étais dit, j’aimerais bien monter dans un Mirage 2000 (ceux que je voyais sur la base de Luxeuil près de chez moi) et puis aujourd’hui je touche ce rêve, en Alpha Jet certes, mais  c’est fabuleux. Ce qui m’étonne encore c’est de savoir comment les pilotes peuvent supporter les phases de combat pendant de longues minutes. Je n’ai eu qu’un tout petit aperçu de la chose mais entre les communications radio, les manœuvres incessantes, la surveillance de tous les paramètres techniques, franchement là, je suis admiratif des performances physiques, physiologiques et intellectuelles de ces pilotes. Je suis reconnaissant à la Base de Tours et à tous les personnels de m’avoir offert une journée pareille et je remercie tout particulièrement Aymeric, d’avoir compris et tenu compte du fait que je n’avais pas le même entrainement que lui en avion ! »

 

Vincent Philippe en tenue de pilote de chasse

 

A propos des paramètres à gérer en avion, il en est un tout à fait illustratif. Le pilotage est toujours référencé à la carte et afin de savoir si on dispose d’assez de carburant par exemple pour se dérouter vers tel ou tel aérodrome,  le réflexe consiste à  poser la main sur la carte entre le point où l’on se trouve et  le terrain que l’on veut atteindre et l’on sait alors que la distance de la main correspond à 500 litres litres d’autonomie soit 10 à 12 minutes de vol selon l’altitude.

Exécuter ce petit calcul en maitrisant le vol, en répondant à la radio, oui effectivement cela demande  compétences, sang froid et entrainement !

Tout au long de cette journée des rapprochements évidents ont été opérés  entre la haute technicité  développée en compétition moto et sur les avions de chasse. Pour les pilotes, l’entrainement intensif et régulier  est une nécessité absolue. Le nombre de paramètres à gérer en vol est plus important que ceux du motard et si les prises de risque sont oubliées mais bien réelles, tant sur la piste que dans les airs, il semble bien que la vraie différence –d’ailleurs relevée par Aymeric et Vincent- réside dans l’évolution en trois dimensions de l’avion.
Cette véritable opération montée par le SIRPA Air, aura permis au delà des pilotes, des rapprochements entre mécaniciens. Vincent PHILIPPE, véritable star sur la base, a en plus de son vol, répondu à des jeunes aspirants compétiteurs. Ses conseils pour accéder à l’endurance furent appréciés, tout comme sa disponibilité pour signer des autographes ou répondre aux questions de la Presse.

Signe prémonitoire d’un prolongement possible de ce vol, le survol du circuit du Mans n’était pas du au hasard. Bien sûr, pour Vincent Philippe c’était un clin d’œil aux nombreuses courses disputées là bas, mais pour Aymeric APRETNA c’était l’annonce d’un futur stage de pilotage moto sur le circuit Bugatti. Oui on peut en être certain, ces deux mondes sont proches, ils se sont découverts et une amitié naissante entre des pilotes d’exception va sans aucun doute perdurer bien longtemps.

Pour l’heure, chacun des pilotes est retourné à ses occupations professionnelles.  Sur la base, le Lieutenant APRETNA va terminer le cycle d’instruction concernant la promotion en cours, avec la délivrance des brevets pour une bonne quarantaine de stagiaires. De son côté Vincent Philippe va s’offrir une escapade au Tunisia Rally Tour qui se déroulera du 1er au 9 novembre.

Pour l’occasion, il s’est concocté une Suzuki spéciale qui devrait lui permettre de s’amuser un peu au cours  des 7 étapes avec 16 spéciales, devant lui faire traverser le pays du Nord au Sud et retour.

Cette épreuve en fin de saison ouvrira aussi le cycle hivernal de préparation physique pour le prochain championnat du monde d’endurance, qu’il devrait disputer chez SUZUKI, selon un calendrier dont attend encore la publication.
(

Alain MONNOT

Photos : Michel PICARD autonewsinfo – Fabrice LHERITIER (Moto et Motards)- Olivier RAVENEL (Armée de l’air)

 

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