F1 AU GP D’INDE : LES P ZERO ARGENT ET JAUNE POUR LA CHALEUR INDIENNE

 

LE GRAND PRIX D’INDE DU POINT DE VUE PNEUMATIQUE

 

Le contexte

La Formule 1 pose ses valises en Inde pour la seconde fois seulement ce week-end. Comme l’an dernier, Pirelli apportera  les pneus durs P Zero Argent et les tendres P Zero Jaune. Des mélanges cependant plus tendres que leurs équivalents de l’an dernier ainsi qu’une meilleure compréhension du tracé de Buddh avec des données réelles permettront toutefois à Pirelli de se montrer moins conservateur cette année et de proposer une course encore plus serrée.

A la différence du dernier Grand Prix qui a eu lieu en Corée, où Pirelli était venu avec ses deux mélanges les plus tendres, le circuit Indien place de grosses demandes sur les pneus, en raison de nombreux facteurs, comme les fortes températures qui peuvent dépasser les 30°C.

Le tracé propose également plusieurs virages rapides plaçant de grosses charges d’énergie sur les pneus, comme dans le virage 10, similaire au fameux virage 8 turc. Le pneu avant-droit est ainsi soumis  une accélération de 4g en sortie de virage, où le maximum d’adhérence est requis pour tenir la trajectoire, mais les pneus subissent une pleine charge latérale pendant environ six secondes sur ce virage, ce qui accroît ainsi l’usure.

D’importants changements d’élévation se portent à l’entame du tour, exerçant des forces verticales sur les pneus, en addition des forces de freinage de 3,6g dans le virage 4. La ligne droite principale, longue de plus d’un kilomètre, est l’une des plus longues de l’année. Alors que la surface des pneus atteint plus de 100°C sur le tour, la température baisse considérablement au bout de la ligne droite.

Le circuit de Buddh n’est pas utilisé durant le reste de l’année, une évolution importante de la piste est donc attendue au cours du week-end.

Une piste sale cause des patinages excessifs, la mono place recherchant du grip. Un phénomène qui accroît également l’usure de la structure pneumatique. Cependant, d’une façon générale, la surface du circuit de Buddh est assez douce et l’usure sera sous contrôle.

 

 

L’œil du Directeur de Pirelli Motorsport, Paul Hembery :

« Il y a eu une superbe ambiance et un accueil très chaleureux lors du premier Grand Prix d’Inde, l’an dernier. Nous avons donc hâte de revenir. Cette année, nous en savons un petit peu plus sur la piste et nous avons fait des choix un peu moins conservateurs avec les pneus durs et tendres, qui proposent le compromis parfait entre performance et durabilité. Le tracé est l’un des plus difficiles de la seconde partie de saison pour les pneus.  Il s’agira également de la dernière apparition de l’année de la combinaison durs/tendres, déjà utilisée à Barcelone, en Grande-Bretagne et au Japon. Cela donne une idée des exigences de ce tracé. Le circuit de Buddh a été pensé spécialement pour favoriser les dépassements, ce qui est également l’une des philosophies de base du design de nos pneus. Nous devrions ainsi assister à une course passionnante et cruciale à ce stade du championnat ! »

 

L’œil du pilote de course : Narain Karthikeyan (Team HRT):

“ L’an dernier, le choix pneumatique fut logiquement un petit peu conservateur, mais avec des mélanges un peu plus tendres qu’en 2012 et une piste en parfait état, les choses pourraient être différentes cette fois. Le tracé est une superbe combinaison qui défie les pneus et l’on y trouve quelques virages peu conventionnels, comme le virage 1 et la dernière courbe. La sortie de virage en premier rapport au troisième virage punit le train arrière si l’on se montre impatient avec l’accélérateur. Dans les virages 5 et 6, il faut tourner, tout en perdant beaucoup de vitesse et il est ainsi aisé de tester les limites de la piste à la sortie ! Une paire de virages en cinquième implique des changements de direction également et les esses des virages 8-9 et 13-14 se négocient à plus de 200 km/h. Enfin vient le virage 10, sans fin, plaçant des charges d’énergie gigantesques sur l’avant-gauche avec la direction « bloquée » pendant plus de 6 secondes avec une vitesse à peine inférieure à 200 km/h. Globalement, c’est donc un tour assez chargé mais comme la surface n’est pas abrasive, l’usure ne devrait pas être un problème. Il faudra attendre jusqu’aux séances de vendredi pour savoir quoi attendre des deux mélanges. Le but est de voir comment se comportent les tendres avec une grosse charge de carburant. Bien sûr, il s’agit de la course du calendrier que j’attends le plus et il y a déjà un buzz important autour de l’évènement : le championnat est toujours grand ouvert et j’espère que tous les pilotes et le personnel de la F1 adoreront leur expérience indienne ».

L’œil du pilote d’essais Pirelli, Jaime Alguersuari :

« Je pense que le tracé du circuit de Buddh est l’un des meilleurs en F1 et l’un des plus difficiles pour les pneumatiques. J’y ai de bons souvenirs, à titre personnel : l’an dernier, j’y ai terminé 8ème après de bonnes qualifications. On y trouve une combinaison intéressante de virages à faible, moyenne et haute vitesse, ainsi que de longues lignes droites. Beaucoup de virages sont assez peu communs : par exemple, on trouve une chicane juste à la fin du tour, prise en cinquième, ce qui n’arrive pas très souvent ! Le plus gros défi pour les pneus en Inde est le fait que les virages soient si étendus : ils subissent des charges latérales importantes si l’on ne les gère pas correctement. Les pneus durs et tendres sont un très bon choix pour ici : le dur est parfait pour la course et je pense qu’une stratégie à un arrêt est possible si l’on prend soin des pneus comme il le faut ».

 

Les notes techniques pneumatiques :

 

•         Il y a eu une différence de performance au tour montant jusqu’à plus de deux secondes entre les deux mélanges choisis l’an dernier, mais elle devrait être bien plus faible cette année, permettant à la majorité des concurrents d’accéder à la Q1 en pneus durs.

•         L’asphalte du circuit international de Buddh était tout nouveau l’an dernier mais les caractéristiques ont pu évoluer en un an. Un nouveau tracé libère graduellement des huiles de son asphalte, formant une couche de surface glissante. Avec le temps, cependant, ce film disparaît graduellement, ce qui offre plus de grip et rend la piste plus abrasive.

•         La pitlane indienne est la plus longue en F1, elle mesure 600 mètres. La perte de temps pour un changement de pneumatiques est donc relativement importante, ce qui est un facteur non négligeable au moment de considérer la stratégie de course.

 

Yantl DEROUSSEN

Photos : PIRELLI

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