RALLYE OILIBYA DU MAROC : LES DUNES ONT JOUÉ LE RÔLE ATTENDU. VIGOUROUX TOUJOURS LEADER. EN MOTO CASSE DE RODRIGUES, DESPRES LEADER

 

 

Chegagga et le marchand de sable…

Trônant fièrement aux confins de la frontière algérienne et toisant de ses majestueuses dunes couleur ocre, la vaste étendue plane et salée du lac Iriki, l’erg de Cheggaga, se présentait comme le plat de consistance de cette 4éme étape du Rallye OiLibya du Maroc.

Et, question de corser encore un peu le menu du jour, les organisateurs proposaient aux équipages d’attaquer cet ‘Himalaya’ par sa face la plus inconnue…

 

Et comme Stéphane et Emma Clair l’avaient prévu et annoncé la veille au soir au cours du dîner à Zagora, les dunes se sont effectivement bien révélées le…piège attendu !!!

Les dunes de Chigaga ont donc causé de sérieux dégâts !!!!

A ce petit jeu, ce sont pour le coup, les Polonais Jakub Przygonski sur KTM 450, la n°6 en moto et Krzysztof Holowczyc, au volant de la Mini All4Racing, n°303, qui ont le mieux négocié cette étape très exigeante, tant pour les hommes que pour les machines.

 

Balayée par un vent de sable intense, la ligne d’arrivée dressée à quelques encablures du hameau de M’hahmid, dernière zone d’habitation, avant l’immensité Saharienne et où nous nous trouvions, avait des allures de camp retranché, guettant la sortie … des rescapés de ce morceau de bravoure !

Et lorsque dix motos pointent en peloton serré, on devine aisément, que ce sont les difficultés de navigation où de franchissement qui ont sonné le rassemblement des ténors de la discipline.

Parti 12éme ce jeudi matin, c’est Cyril Despres avec sa KTM 450 Factory, n°2, qui a servi de guide à la première cordée.

 

 

Et puisque Jakub Przygonski était encore parti derrière le Français, c’est lui qui cueille les lauriers du jour, laissant au Français le soin de s’emparer de la tête du classement général avec plus de 18 minutes d’avance sur le jeune Espagnol Joan Barreda, au guidon de sa Husqvarna 450, n°8, tout récent vainqueur des Pharaons

Inattendu lauréat de cet enfer, Jakub Przygonski, nous racontait ce qu’il venait de vivre sous 32° :

« Des dunes et du sable, c’est vraiment mon élément. Alors après plusieurs étapes difficiles, je me suis vraiment lâché. Je suis très heureux de pouvoir remporter cette étape qui était, selon moi, la plus difficile que je n’ai jamais rencontrée sur ce Rallye OiLibya du Maroc. »

 

CYRIL DESPRES

 

Nouveau leader, Cyril Despres, nous précisait :

« En partant à la douzième place aujourd’hui, je savais que j’avais un coup à jouer. Cr hier, la chte de Marc Coma m’avait vraiment déconcentré. Je me suis mis dans le bain tout suite en maintenant un très bon rythme. Puis je suis revenu sur un groupe qui jardinait. J’ai trouvé le bon cap à suivre et puis, tout le monde m’a suivi jusqu’à l’arrivée… Au final, c’était une bonne journée, même si c’est parfois un peu pénible de traîner tout le monde derrière soi… »

 

 

Quant au Brésilien, Felipe Zanol, la nouvelle carte pour Honda aprés l’abandon de Rodrigues son leader, lui il ajoutait :

« Pour mon premier rallye en Afrique, j’ai vraiment appris énormément depuis le départ de ce Rallye OilIbya du Maroc. Aujourd’hui, j’ai déjà pu en ressentir les effets sur une étape très compliquée. Les déserts d’Amérique du Sud et d’Afrique sont tellement différents. Et, franchement, c’est nettement plus compliqué ici car il y a des pistes et des traces partout… »

Un sacré revirement de situation causé par les doubles soucis mécaniques et de l’ancien leader, le Portugais  Helder Rodrigues dont la Honda CRF450 Rally, n°3 a connu une casse moteur et de Paulo Goncalves, lui aussi frappé par un ennui technique mais moins grave tout de même.

 

RODRIGUES SUR LA LIAISON AVANT LE DÉPART DE LA SPÉCIALE

 

Rodrigues très tôt en matinée, était signalé arrêté sur la piste après seulement 40 kilomètres avec un moteur cassé !

Rodrigues, leader au général a alors vu s’envoler tout le bénéfice d’une première moitié de rallye exceptionnel, tandis que Goncalves, victorieux de l’étape de mercredi a dû rebrousser chemin après seulement 20 bornes avec une roue arrière cassée…

Le temps de revenir sur la ligne de départ pour changer de roue avant de repartir et ce pour tenter de limiter les dégâts au classement…

Libérant les concurrents au compte-goutte, le désert n’a donc, comme on le constate, pas épargné et fait de cadeau à personne, surtout sur un ultime tronçon de 60 kilomètres très accidenté sur des langues de sables dures comme du béton armé, comme en témoignait le visage des motards, venant trouvé un peu de réconfort sur l’aire d’arrivée, pourtant noyée par le vent de sable qui s’était levé en milieu de matinée, limitant la visibilité…

 

Toujours leader en Enduro Cup, Philippe Dasse, avec sa KTM 450, n°254, s’inquiète pour ses clients et… néanmoins amis du Team Piboules.

Philippe Dasse qui nous lâchait  :

« La formule de l’Enduro Cup initiée depuis plusieurs années sur ce Rallye OiLibya du Maroc et de Tunisie est la formule idéale pour mes clients. En tant que responsable du Team Piboules Racing, je me dois d’être le premier à l’arrivée, pour montrer le bon exemple et la voie à suivre, mais aussi pour être en mesure de m’occuper de mes clients. Nous avions 11 motos inscrites au départ de cette édition 2012. »

Il n’aura malheureusement pas le temps d’attendre plus d’une heure pour voir arriver Eric Dagen, avec la KTM 450, n°258, suivi, à quelques minutes de Joël Vidal sur sa KTM 450, n°250.

Il est alors près de 16 heures, cela fait bientôt… 4 heures que les premiers motards ont franchi la ligne et ils sont encore nombreux à se battre contre les éléments, là-bas, dans l’enfer de Cheggaga…

D’ailleurs ce soir au bivouac, toujours installé à Zagora, la caravane paraissait décimée…

Et, Emma Clair à 21 Heures, nous annonçait au briefing quotidien que Stéphane se trouvait toujours dans le désert pour bivouaquer avec les …égarés et tenter de regrouper les nombreux concurrents encore plantés dans les dunes !!!

 

 

Du côté des quads, la bataille ce jeudi a également été intense. Malgré un passage dans un bourbier l’obligeant à plusieurs arrêts pour ‘décroûter’ son radiateur, Vincent Albira sur son Honda, n°200, n’a concédé qu’une poignée de minutes à Frédéric Alard sur le Honda, n°273.

Frédéric Alard qui nous disait:

«Pour les quads cette étape était vraiment extraordinaire ! Les grandes dunes de Cheggaga étaient fabuleuses. Ensuite c’était un peu plus rude. J’ai retrouvé mon ami Bruno Da Costa qui était exténué. Je l’ai aidé et j’ai roulé avec lui jusqu’à l’arrivée de la spéciale. »

Ce dernier n’a pourtant pas hésité une minute à porter secours à son ami motard Bruno Da Costa qui chevauche une Yamaha 450, la n°19, littéralement épuisé après avoir opté pour un mauvais cap et effectué près de 50 kilomètres de trop…

 

Holowczyc… en force mais Vigouroux tient le cap !

 

 

Vainqueurs de la 2éme étape… le Polonais Krzysztof Holowczyc et son équipier, le Portugais Felipe Palmeiro, ont remis le couvert aujourd’hui.

Mais l’ancien Champion d’Europe des Rallyes, a dû cravacher ferme et puiser dans les ressources de sa Mini All4Racing, la n°303, pour reprendre plus de dix minutes au Trophy Truck, n°308, d’Eric Vigouroux et Alex Winocq, toujours leaders au général ce jeudi soir.

Krzysztof Holowczyc une fois descendu de sa MINI pour se rafraichir, expliquait :

« Ce fut une étape très belle, mais très éprouvante, surtout dans sa partie finale. Nous avons pas mal été secoués. Mais la voiture et mon navigateur ont été excellents… »

 

 

Éric Vigouroux, ajoutait :

« Loin de nous, l’idée de vouloir gérer notre avantage. Mais aujourd’hui le dessin de l’étape n’était pas vraiment en notre faveur. Nous n’avons jamais dû sortir les plaques. Sur la fin, les Mini étaient un peu plus rapides…Mais il parait que nous avons été le pus rapide entre l’entrée et la sortie des dunes. Pas mal pour notre Trophy Truck 2 roues motrices »

Effectivement, Stéphane Clair venu ravitailler l’hélico de la direction de course, nous confirmait cette info !

 

 

Derrière, avec des fortunes diverses, ce sont le Russe Novitsky, au volant de la seconde Mini All4Racing , la n°301 et le Brésilien Spinelli, toujours aussi brillant dans le cockpit du Mitsubishi ASX, n°309, qui complètent le quarté gagnant du jour.

Mention bien à Spinelli qui, arrivé, enchainait :

« Nous avons commis quelques erreurs. D’abord de navigation, ensuite nous sommes restés ensablés dans les dunes. Mais rien de grave. Nous sommes là pour apprendre, mais la voiture marche toujours aussi bien. L’objectif est de parcourir le plus de kilomètres possibles sur ce Rallye OiLibya du Maroc. »

Trouvant dans les conditions difficiles du jour un terrain propice pour leur petit Buggy Predator, c’est Jean-Antoine Sabatier et Frédéric Drault qui signent la ‘perf’ du jour avec une huitième place toujours inespérée pour un équipage amateur.

Avec ce résultat exceptionnel, le duo Français du Team Bugg Afrique, basé ici au Maroc, consolide un peu plus encore, sa position de leader de la classe Open devant le Land Rover n° 374 du duo Baltazar-Torregrosa.

En catégorie T2, réservée aux véhicules de séries, Thierry Genovini et Franck Chahinian, avec le Toyota, n°338, profitent de cette étape particulièrement sélective pour confirmer leur insolente domination devant Balte-Mougeot et Pelle, également sur Toyota, le n°346 et le duo Falloux- Buesa, eux aussi,  avec un Toyota, le n°344.

Coup de chapeau également, au duo féminin formé par Céline Merle-Beral et Clémence Joyeux  qui positionne leur Toyota, n°337, au 34éme rang  de cette étape … meurtrière et qui pointe en 32éme position au général.

Respect !

Ces deux filles, l’une co-pilote sur l’Africa Eco Race 2011 aux côtés de Jean-Louis Schlesser, l’autre sur le Dakar 2009 avec Florence Bourgnon, font preuve d’une sacrée persévérance et d’une efficacité sans faille et de… beaucoup d’intuition!

Ensablements… à la pelle aussi du côté des poids lourds de la course !

Véritables mastodontes des sables, mais dont le poids, souvent excessif, ne constituait certainement pas un avantage sur cette étape 100% sable…

 

 

Parti en tête, mais arrêtant sa marche triomphale pour secourir la Mitsubishi Racing Lancer, n°300 de son compatriote Bernhard Ten Brinke, victorieux de ce Rallye Oilibya l’an passé, Gérard De Rooy et son IVECO, n°401, prirent ensuite une mauvaise trace avant de s’ensabler à leur tour.

Tout profit naturellement pour son équipier, l’ancien, double Champion du monde des Rallyes, l’Italien  Miki Biasion dans la cabine de l’IVECO, n°400.

Miki qui tout souriant nous confiait :

« Une étape lourde, mais sans problèmes pour nous. Je crois que nombre de concurrents vont y passer pas mal de temps… »

Miki, signant sa deuxième victoire d’étape. Troisième à l’arrivée, l’Italien Bellina aux commandes du Ginaf , n°407, complète le podium du jour devant le Renault, n°404 d’Alain Coquelle.

 

 

Cinquième à l’arrivée après de multiples ensablements , la Portugaise Elisabete Jacinto, au volant de son MAN , le N°402,  profite des ennuis du Néerlandais Van Den Bosch , également sur DAF, le n°403, pour reprendre la 3éme place au général.

Au bivouac installé à l’hôtel RADA, il manquait vraiment beaucoup de monde ce jeudi soir et à l’heure ou nous mettons cet article en ligne – il est minuit trente – le bivouac était bien calme comparé aux jours précédents…

 

Gilles GAIGNAULT
Photos : NPO – Jorge CUNHA – VIPCOM et autonewsinfo

 

NUIT A LA BELLE ÉTOILE DANS LES DUNES DE CHIGAGA POUR BIEN DES CONCURRENTS

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