OILIBYA RALLYE DU MAROC : AU TOUR DE DESPRES ET D’HOLOWCZYC DE BRILLER

 

Despres et ‘Holec’ se rebiffent

Fini de rigoler…

Ceux qui attendaient une simple redite en sens inverse de l’étape de la veille, lors de cette deuxième étape du Rallye OiLibya du Maroc, en furent pour tout simplement pour leurs frais.

Au lendemain d’une mise en bouche déjà corsée, l’attaque inédite de l’erg Chebbi du Sud au Nord, aura laissé quelques traces dans le peloton.

 

Emma Clair-Dumont, la ‘ patronne ‘ de ce Oilybia, affichait un large sourire car tous ses concurrents se montraient ravis du tracé du jour !

Et si ce mardi, Cyril Despres au guidon de sa KTM n°2, remporte la spéciale moto, longue  de 315 km, la plus longue de cette édition 2012, derrière le triple vainqueur du Dakar, nombre de pilotes ont vécu une journée en enfer !!!

Idem en catégorie auto où Krzysztof Holowczyc et Filipe Palmeiro dans le baquet de leur Mini All4Racing n°303 du Team X-raid, signent le chrono de référence du jour, mais où nombre d’équipages ont traîné sur la piste… voire se sont égarés ou carrément plantés dans les très majestueuses et non moins imposantes  célèbres dunes de Merzouga.

 

 

Il y des signes qui ne trompent pas.

Le visage couvert de poussière, Cyril Despres, a sorti la grosse artillerie pour remporter cette seconde étape du Rallye OiLibya du Maroc.

Plongeant plein sud pour une première boucle avant de remonter plein Nord en direction d’Erfoud pour traverser l’erg Chebbi, par la pente la plus délicate, cette deuxième journée, présentait tous les aspects du piège parfait…

Bref, le topo idéal pour tenter quelque chose ou, tout au moins, pour prendre garde à ne pas y perdre un temps précieux !
Parti troisième ce matin derrière le leader Rodrigues qui fait merveilleusement débuter la toute nouvelle Honda CRF 450 Rally, flanqué du n°3 et la KTM 450 Factory du Catalan Marc Coma, le triple lauréat du Dakar, ayant bien compris la leçon d’hier a donc

Cravaché dur pour rejoindre ses deux acolytes au niveau du ravitaillement au km 160. Le plus dur n’était pourtant pas fait car, en suite, il a fallu éviter de rouler dans la poussière… et les innombrables pièges qu’elle cache…

 

 

Bilan de la journée ?

… Un gros caillou arrachant le sabot de sa KTM Factory, une chute par-dessus le guidon dans les dunes et la traversée à vive allure, toujours délicate, d’un troupeau de plus de 200 dromadaire.

Sur la ligne d’arrivée cependant, on reprend donc les trois mêmes, mais dans l’ordre inverse de la veille avec un avantage d’une demi minute pour… Despres qui s’empare de ce fait de la tête du classement général provisoire devant Marc Coma et Helder Rodrigues.

 

 

Au point de fin de liaison, Cyril Despres, nous racontait:

« J’espère bien que je la gagne celle-ci, car je n’y ai pas été de main morte ! Depuis le départ, je suis parti le couteau entre les dents pour rattraper Helder (Rodrigues) et Marc (Coma). Malgré un gros caillou qui m’arrache le sabot de la moto, puis une chute par l’avant dans les dunes, j’y suis parvenu au ravitaillement. Autant dire que j’étais soulagé. Ensuite, il a fallu gérer la poussière pour ne pas prendre le moindre risque sur un terrain vraiment délicat… »

 

MARC COMA ET HELDER RODRIGUES A MERZOUGA

 

Arrivé juste avant, Marc Coma, confiait :

« Très belle étape, très complète et terriblement variée. J’ai rattrapé Helder, puis Cyril est revenu. Ensuite nous avons roulé tous les trois sur un bon rythme… »

Helder Rodrigues qui lâchait :

« Ce ne fut pas évident d’ouvrir la piste sur 32 km de dunes. Au final je suis content des rester à moins d’une minute de Cyril et de Marc au général. »

Arrivé un petit quart d’heure plus tard, Joan Barreda le vainqueur il y a deux semaines des Pharaons au guidon de son Husqvarna 450, n’est, lui, pas parvenu à combler par son seul talent et la puissance de sa machine, l’écart qui le sépare encore des trois leaders.

 

 

 

Le jeune talent catalan, récent lauréat en Égypte, devance néanmoins un excellent David Casteu (photo) avec l’une des Yamaha 450, malchanceux dans la Baja et qui a opté pour la formule rallye un jour plus tôt que prévu.

Il expliquait :

« Contrairement à hier où je perds pas mal de temps en navigation, je m’en suis mieux sorti aujourd’hui. Mais sur ce type d’étape, il n’est pas facile de reprendre le trio de tête qui roule sur un rythme très élevé et qui maîtrise mieux que moi les pistes marocaines. Mais cette 4éme place me convient avant une nouvelle grosse étape. Cette saison et durant le prochain Dakar, je dois vraiment devenir plus régulier pour tenter combler le trou qui me sépare encore de ces trois-là. »

 

 

Et David Casteu qui débarque sur l’Oilibya comme il l’avait prévu – mais avec une journée d’avance suite à ses pépins électriques – après avoir disputé au préalable la BAJA, nous racontait :

« Mon premier objectif était la Baja, mais suite à mes problèmes électrique d’hier, j’ai opté tout de suite pour le rallye. Dès hier soir, je me suis replongé mentalement dans le bain et ce matin en partant à la 20éme place, j’étais complètement relax. De plus c’était très motivant de remonter autant de pilotes. La poussière devant vous pousse à accélérer. Je me suis vraiment régalé, c’était une superbe journée… »

 

Quant au Chilien Francisco ‘Chaleco’ Lopez, qui chevauche  dorénavant une KTM 450, bénéficiant d’une nouvelle boîte de vitesses, il signe le 7éme chrono du jour.

‘Chaleco ‘ enchainait :

« Les déserts d’Amérique du Sud et d’Afrique ne sont vraiment pas comparables. Aujourd’hui, avec une nouvelle boîte de vitesses, j’ai enfin pu m’exprimer un peu mieux. L’étape était belle, technique variée et parfois rapide… »
Le Chilien précédait les deux autres ‘Husky’ du Portugais Goncalves et de l’Australien Fish. Jakub Przygonski lui aussi sur KTM 450 et le Brésilien Felipe Zanol avec une Honda CRF 450 Rally, complètent, quant à eux, le Top 10 du jour.

 

 

‘Olive’ Olivier Pain, se montrait un  tantinet déçu :

« Mauvaise journée par rapport a hier mais cela va le faire »

La sueur et les larmes, n’a par ailleurs, pas épargné la catégorie quad, où le leader Vinent Alibra avec le Honda n°200, victime de trois crevaisons et ayant rallié l’arrivée avec le train arrière complètement à plat, concède plus de vingt minutes au Russe Dimitry Pavlov également avec un quad Honda.

Un point également sur l’Enduro Cup où Philippe Dasse et sa KTM, réalise la bonne opération du jour devant Joël Vidal, lui aussi sur KTM.

 

Holowczyc dans un fauteuil

 

La décontraction affichée par Krzysztof Holowczyc depuis le départ de ce Rallye OiLibya, n’a sans doute d’égal que l’énorme talent du pilote Polonais.

Malgré quelques nouvelles imprécisions en navigation de la part de son nouvel équipier, le Portugais Felipe Palmeiro, l’ancien Champion d’Europe des rallyes, a parfaitement géré cette étape en conservant, malgré une crevaison lente en vue de l’arrivée, 27 secondes d’avance sur l’impressionnant Trophy Truck, du duo Français que forme, Éric Vigouroux et Alexandre Winocq.

 

 

Le Polonais, pilote X-raid, rejoint par son pzatron, Sven Qandt, nous contait sa journée :

« On a encore été en délicatesse avec la navigation aujourd’hui. Mais je dois avouer que ce ne doit pas être facile pour un jeune navigateur de se faire la main sur ce type d’épreuve. Nous progressons un peu plus chaque jour. Pour le reste, j’ai vraiment roulé à un rythme tranquille. L’étape était magnifique. De plus, les nouveaux réglages de suspension, plus souples, conviennent mieux à mon vieux dos et nous offrent plus de gripp. »

 

 

Éric Vigouroux, poursuivait:

« Avec le Trophy Truck nous avons le plus mauvais rapport poids-puissance du plateau. Néanmoins, nous roulons sans pressions, mais il n’est pas facile de conserver le contact sur les parties plus roulantes. Je tiens également à souligner le nouveau sans faute de mon équipier Alex Winocq qui, vous le savez, sort de plusieurs interventions chirurgicales très délicates. J’ai l’impression qu’il en est ressorti encore plus fort qu’avant ! »

Montée en puissance régulière également de la Mitsubishi Racing Lancer du Néerlandais Ten Brinke, lauréat ici l’an dernier et qui termine à 2 minutes 30.

 

 

Il semblait vraiment heureux, Bernhard Ten Brinke. Tout comme son ‘ pigiste ‘  de navigateur, Pascal Maimon :

« Nous avons démarré sur un bon rythme avec un nouveau set-up. J’ai commis une petite erreur dans les dunes où nous avons perdu 5 minutes. Sinon, ce fut une super-spéciale dans l’optique de la préparation du Dakar. »

Lauréat surprise de la première étape, la toute nouvelle Mitsubishi ASX, des Brésiliens Guilherme Spinelli et Youssef Haddad, concède près d’un quart d’heure à la suite de problèmes de freins, mais aussi dans l’exercice toujours périlleux pour un novice d’ouvrir la piste sur le sol africain.

 

 

Guilherme Spinelli, il n’était pourtant pas déçu de ne plus occuper la tête de la course :

« Pas facile d’ouvrir la piste lorsque vous participez à votre premier rallye en Afrique ! De plus nous avons connu des problèmes de freins que nous avons pu résoudre à l’assistance. Pour nous, le plus important est de poursuivre le développement de la voiture en vue du Dakar. »

Le Dakar !

Tous y pensent. Tous l’évoquent !

C’est d’ailleurs l’un des motifs de leurs présences ici au Maroc, chaque automne

Journée plus difficile encore pour les clients du Team Overdrive où les seules Toyota Pickup Hilux, à sortir leur épingle du jeu, furent celles du Russe Leonid Ogorodnikov et de l’Australien Olholm.

Gros soucis, en revanche pour le Néerlandais Van Merksteijn, déjà pénalisé d’une heure hier et qui explosa le moteur de sa monture, avant même le passage des dunes aujourd’hui.

Nouvelle superbe prestation du Buggy Predator de Jean-Antoine Sabatier et Frédéric Drault qui pointent en 17éme position aujourd’hui.

Quant à Thierry Genovini et Franck Chahin avec leur Toyota, ils confortent leur position de leader en catégorie T2, réservée aux véhicules de série.

 

De Rooy… en voiture !

 

Sixième au scratch du jour et effectuant déjà leur entrée dans le Top 5 au classement général auto-camion, Gérard De Rooy et ses équipiers impressionnent un peu plus chaque jour.

Avec leur camion IVECO turquoise au nez proéminent, le vainqueur du dernier Dakar joue carrément au milieu des meilleures voitures.

Son combat du jour, le jeune Brabançon le mena avec la BMW X3, la n° 305 du Chilien Boris Garafulic épaulé par le très expérimenté Gilles Picard, ancien  vainqueur sur le Dakar.

Avec, en plein de cœur de l’Erg Chebbi, une victoire par K-O, du poids lourd néerlandais.

Devançant son équipier Miki Biasion, sur le second Iveco, le n°400, de  Rooy survole littéralement la catégorie camion de sa confiance retrouvée avec des nouveaux amortisseurs désormais parfaitement au point.

On ne peut pas en dire autant d’Elisabete Jacinto et de son MAN,  qui a concédé aujourd’hui plus d’une heure trente dans les dunes, voyant les autres camions, dont les DAF des Hollandais de Van Eerd et Van Den Bosch, lui passer devant au général.

Gérard De Rooy, était assez content de lui et de son bahut :

« Une étape parfaite de bout en bout. Nous avons bien passé les dunes et nos nouveaux amortisseurs ont parfaitement tenus le coup. Dommage que nous soyons limités à 140 km/h. Lorsque les voitures ne pourront plus dépasser 150 km/H, peut-être que nous pourrons faire encore mieux… »

Ce mercredi, l’Oilybia quitte Erfoud ou il bivouaquait depuis vendredi.

Cap plein sud vers Zagora, où on nous annonce des températures encore supérieures aux 30° que nous avons depuis notre arrivée à Marrakech, il y a cinq jours !

 

Gilles GAIGNAULT
Photos : NPO – François ROPHE – Jorge CUNHA  et autonewsinfo

 

 IMPRESSIONNANT LE CORDON DES DUNES DE MERZOUGA…

ICI LE GINAF DE L’ÉQUIPAGE BELLINA-PIZZOLTA-MINELLI

 

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