MORT d’YVES SUNHILL : L’HOMME QUI A IMPOSE LE BUGGY EN COURSE

 

 

Yves SUNHILL est mort.

Yves était notre ami. Il luttait depuis deux ans contre un cancer de l’œsophage.

Nous l’avions encore vu avec notre consœur Pussy Guetzoyan, il y a quelques semaines dans le Var ou il suivait son traitement avec une force et un moral d’acier.

Ne se plaignant de rien et luttant avec courage et dignité.

 

La maladie l’avait touché au cœur de l’été, il y deux ans . Depuis régulièrement nous passions le voir et soutenir Kiki sa 1ére épouse qu’il avait retrouvé et qui jusqu’au bout, l’a admirablement soutenu et accompagné

Yves Sunhill ?

 » L’ homme  » qui a imposé le tout 1er buggy en France. Avant de les faire rouler dans les plus difficiles épreuves en Rallye-raid.

D’abord dans les inoubliables Rallye Cote-Cote, les fameux Abidjan-Nice puis ensuite dans les Dakar

 

YVES SUNHILL : LE PASSIONNE DE BUGGIES

 

 

C’est à l’occasion du 2ème Rallye Abidjan-Nice, plus connu sous l’appellation Côte-côte (Côte d’Ivoire – Côte d’Azur) que l’on découvre le compétiteur, Yves Sunhill, le tout premier spécialiste à aligner des buggies en course.

Pour cette épreuve réservée aux aventuriers et que propose Jean Claude Bertrand, l’homme qui a aussi imaginé le fameux Rallye du Bandama en Côte d’Ivoire, Yves s’y présente au volant de son buggy aux couleurs Ray-Ban et qu’il pilotera en mono.

Seul à bord !

Ensuite, on le retrouve dans les courses 4X4 avec un buggy Cox, cette fois aux couleurs Smarties, associé à Jean-Claude Rufeveille.

 

 

Mais revenons un peu en arrière.

Après des études au Lycée Champollion à Figeac dans le Lot, Yves, originaire de Maurs dans le Cantal, monte à Paris. Il n’a alors que 19 ans, étant né le 28 mai 1947 et il s’inscrit à l’école des Beaux-Arts.

Travaille parallèlement, à mi-temps comme jeune designer chez Knoll International, Boulevard Saint-Germain à Paris. L’année suivante en 1967, il monte AD (Architechtural Design) avec Maia Lebailli, une femme d’affaires, rencontrée chez Knoll.

Le tandem fait fortune avec … un ouvre-bouteilles ultra design qui se vend comme des petits pains et aussi des luminaires, eux aussi très design.

Il s’offre alors, à 19 ans, sa première Porsche, une 911 beige, qu’il commande à la Concession de l’Étoile, rue de Tilsitt.

Cette même année, il rencontre Louis Féraud, jeune couturier en vogue, qui lui propose de créer et décorer la boutique qu’il ouvre en association avec la Star Américaine, Lise Taylor, rue Bonaparte, dans le quartier St Germain des Prés.

Rapidement, dés 1969, Yves va épouser la fille Féraud, Dominique-Martine, dite Kiki.

En 1968, il s’envole pour la Californie et Los Angeles, dont il rapporte un Buggy acheté à Peter O’Tool. C’est cette année-là que naît véritablement sa passion pour la compétition.

Il fréquente régulièrement le Circuit de Montlhèry et crée l’ASA AUTO VERTE. Il ouvre son premier atelier aux 1000 Milles à Linas, chez Jean-Pierre Beltoise et se retrouve aux côtés de Jean-Pierre Jabouille, qui monte lui, les monoplaces ELINA.

Ensuite, Yves ouvrira un atelier chez André Simon, rue Joseph Demaistre à Paris, dans le 18ème où étaient préparées les fabuleuses et inoubliables Ford GT40.

Puis, il émigre à la fin des années 70, à Courbevoie ou il préparera les 1ers buggies des Dakar.

Parallèlement à la compétition, Yves avait aussi des 1969, ouvert un petit garage dans le quartier des Halles et installé rue de la Cossonnerie et ce pour y vendre ses Buggies californiens et tenu par un bon vendeur, un certain … Eric Marchin – futur patron du manufacturier Camel – et il prend un stand, au tout 1er Salon de la Voiture de courses et organisé justement dans les Pavillons Baltard des Halles de Paris.

Il fabrique aussi tout spécialement un buggy commandé par …Mireille Mathieu, destiné à son imprésario, Johnny Starck.

Les années passent et les buggies sont devenus familiers aux Français. On en croise fréquemment dans les rues et aussi dans les courses 4X4

On retrouve Yves, le 24 décembre 1978, dans les jardins du Trocadèro, au départ du 1er Rallye Oasis Paris-Dakar, naturellement au volant d’un buggy. Lequel est décoré aux couleurs de Louis Féraud et propulsé par un moteur Alpine 1800 et préparé chez Mignotet.

Mais après un bon début de course dans les étapes Sahariennes, il casse à l’entrée au Niger, lors de l’étape entre ASAMAKA et ARLIT.

 

 

 

Pour la seconde édition, en janvier 1980, il s’engage à nouveau sur un buggy, cette fois aux couleurs de la compagnie d’aviation AIR AFFAIRES INTERNATIONAL, la compagnie d’aviation privée propriété  de l’homme d’affaires, Michel Seydoux.

Il termine premier, en 2 roues motrices à Dakar. C’est pour Yves un grand jour car il a réussi à démontrer qu’un buggy pouvait gagner cette catégorie 2 roues motrices

En 1981, Fenouil reprend le rallye de Tunisie, créé en 1980 par O’GIL Organisation et qui se déroule en boucle autour de ZARZIS. Yves s’y engage avec un buggy arborant les couleurs d’un nouveau sponsor, LUBRIFILM, qui deviendra par la suite Métal 5, avec, comme co-pilote, François Vincent.

Il reprend à son tour, ce Rallye de Tunisie avec le soutien efficace de Florence Cotard. Épreuve qui sera ensuite reprise par NPO, qui en est toujours, l’organisateur !

 

 

Il fabrique pour Patrick Gluck et Hervé Cotel, les Buggies « Monsieur Bricolage » et « Siemens ». Auparavant, il avait également couru d’autres Dakar avec des Buggies financés par SEIKO et l’Hôtel Guy-Louis Duboucheron, rue des Beaux-Arts, à Paris.

 

 

Séparé de Kiki Féraud, en 1986, il épouse Florence, une décoratrice d’intérieur. Le couple aura 2 filles. Jennifer, née en 1987 et Johanna, née en 1989.

Après bien des années consacrées à sa folle passion, les buggies, Yves choisit alors de se replonger entièrement et complètement à son métier initial, d’architecte designer et notamment au sein de l’atelier Cos. Avec son ami Didier Bautemps.

Le fréquentant régulièrement, Yves continuait de se passionner pour la compétition automobile en général  et les Rallyes-raid en particulier.

Et, régulièrement, il nous téléphonait pour commenter l’actualité automobile qu’il suivait quotidiennement sur autonewsinfo.

YVES DEVANT SES CHAMPS DE SAFRAN

 

A 64 ans, il partageait dorénavant sa vie entre Paris et Cotignac dans le Haut Var où il vivait à nouveau avec Kiki, sa 1ère femme.

Après avoir adoré les buggies, aujourd’hui sa nouvelle passion, il la vivait pour une Jeep de la seconde guerre mondiale qu’il avait entièrement restaurée et qui est sublimement belle et en parfaite état de marche surtout !

 

 L’ÉTÉ DERNIER AVEC CHRISTIAN CRYE DEVANT SES CHAMPS DE SAFRAN

 

Jeep dans laquelle, il aimait à nous balader l’été avec un 3éme larron de la 1ére heure de nos passions, Christian Crye.

Et il s’était lancé avec… passion naturellement, dans la culture à grande échelle du …safran !

Yves n’est plus…

Et, ce samedi soir à Erfoud dans le désert Marocain ou je couvre le Rallye du Maroc qui s’élancera demain, j’ai le cœur qui saigne…

Salut mon pote.

Tu vas retrouver ton copain de la 1ére heure, l’ami Sabine. Thierry Sabine

Yves, tu aurais pu patienter encore quelques jours, qu’on ne soit pas plusieurs de tes amis, loin au fin fond du désert Marocain…

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Gilles GAIGNAULT- Christian CRYE  et Dakar d’antan

 

 Les obsèques d’Yves seront célébrés à 10 Heures, le Mercredi 17 octobre en l’église de MAURS dans le Cantal, suivi de l’inhumation dans le cimetière cantalou

 

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