24 HEURES DU MANS MOTO : 3éme VICTOIRE DE SUITE POUR KAWASAKI MAIS SUZUKI SERT CHAMPION DU MONDE

24 HEURES DU MANS MOTO:  AU TERME D’UNE COURSE HALETANTE KAWASAKI GAGNE POUR LA TROISIÈME FOIS, SUZUKI SE CONSOLE AVEC UN 12ème TITRE DE CHAMPION DU MONDE.

 

 

Ambiance chaude, très chaude et festive pour ce départ toujours aussi spectaculaire et apprécié par un public nombreux et bon enfant. Les applaudissements crépitent pour saluer les deux champions : LOUIS ROSSI et Renaud LAVILLENIE, copilotes pour abaisser le drapeau tricolore.

 

 Renaud Lavillenie et Louis Rossi vont donner le départ

 

Vincent PHILIPPE  selon des habitudes réussit à chiper la vedette et à Da Costa et à Sébastien Gimbert, pour s’envoler en tête.

Pas pour longtemps. La KAWASAKI N° 11 entend bien marquer son territoire et y parvient en roulant en moins de 1’39 » ce que ses concurrentes ne parviennent sans   doute pas à réaliser. Un observateur avisé dans le milieu de la compétition me faisait remarquer que contrairement aux dires habituels l’endurance ne progresse pas vraiment en termes de performances et la Suzuki par exemple roulait en 1’38 » en 2008 déjà !

Toujours est-il que visiblement alors que l’on se rendait compte que la SUZUKI était sans doute un peu plus gourmande que ses rivales en ravitaillant la première. Au bout d’une heure le quatuor des favoris se classait dans cet ordre: KAWASAKI N° 11, SUZUKI N°1, BMW N° 99 et YAMAHA N° 94.

Au cours de la première heure pas moins de six chutes étaient dénombrées.

A 16h 18 la BMW N°99 chutait . Gimbert arrivait à rentrer à son stand peu après, pour changer le carénage et reprendre la piste sans tarder. A 16 h25 une double chute au virage du raccordement de la N° 102 et de la 64 entrainait l’entrée en lice des voitures de sécurité jusqu’à un peu avant la seconde heure de course.

TANGRE sort violemment dans la courbe Dunlop avec sa Suzuki N° 72 qui était en tête de la catégorie Superstock.
Damien SAULNIER nous donne l’ explication de cet incident.

« Cédric a entendu un gros boum. lez pneu avant avait explosé, sans doute après avoir roulé sur des débris. La chute fut violente mais notre pilote n’a qu’un petit bobo. Dans la chute la roue arrière a souffert et le pneu était aussi à plat. dommage, car la moto hormis les roues détruites, n’avait pratiquement rien.. C’est la course, mais une saison à blanc en endurance avec la rupture de la distribution au Bol et cette chute, on ne peut pas concrétiser le boulot énorme des jeunes du junior Team. Ils avaient bossé comme des fous pour améliorer les temps aux ravitaillements et autant que l’on a pu en juger, nous mettions 3 secondes de moins que les autres teams en Superstock. »

Le stratège MELIAND remet en piste Vincent PHILIPPE alors sur la Kawasaki Kenny FORAY prend le guidon. La lutte est entre les deux pilotes est de toute beauté, mais on constate souvent les difficultés qui attendent les pilotes les plus rapides  « tombant » littéralement sur des chicanes mobiles , pas toujours là où la logique commanderait qu’elles soient . N’entendait pas dans le paddock conseiller des stages de pilotage Easy Monneret pour certains pilotes avant leur inscription à la course!

C’est sans doute en jonglant adroitement avec ces pilotes plus lents et avec une petite erreur de FORAY  que Vincent PHILIPPE réussit à prendre la tête des 24 heures à 17h47. Après les troisièmes ravitaillements la volonté des deux protagonistes KAWA/SUZ poursuivent leur mano à mano et Julien Da Costa repasse Anthony Delhalle un peu après la troisième heure de course.

La disparition très prématurée de la SUZUKI du Junior team n’a pas fait baisser en intensité la lutte qui oppose les motos  N° 50 (Suzuki du Motors Events AMT) , N° 33 (KAWASAKI N° 33 de Louit Moto) et la N°110 (Suzuki AM Moto Racing).

Quasiment dans le même tour, on sent bien que le management et la stratégie va être importante et à ce petit jeu, les talents d’Hervé MOINEAU  manager de la N° 50 vont se confronter aux conseils du coach de luxe des pilotes de la N° 33, qui n’est autre que l’ex-pilote de renom Jean Michel BAYLE.

A 18 heures la température est encore de 29 degrés et le vent quasi nul. Le soleil généreux incite à s’abriter dans les buvettes et l’on peut craindre une certaine excitation d’un public abreuvé, la nuit venue.

Les pilotes quant à eux reçoivent  les soins de leur entourage ou de kinés, d’ostéopathes qui leur ont rappelé la nécessité d’une excellente hydratation et leur  fournissent serviettes humides ou poche de glace pour mieux réguler la température à la descente de moto.

 

 Vincent Philippe a sa pipette de ravitaillement en eau

 

La consommation des motos semble un peu l’avantage de la Kawasaki et à la quatrième heure de course même si les 4 protagonistes  de tête ont tous effectué quatre ravitaillements  la KAWA est passé en dernier à la pompe et sur 24 heures cela peut gagner un arrêt, ce qui est loin d’être négligeable. Quand un peu avant 20 heures, je demande au patron du SERT quelle est sa stratégie japonaise il comprend mon allusion au pilote japonais TSUDA qui peine à s’adapter au circuit.
Sa réponse est laconique:

« Je n’en sais encore trop rien »

Et pourtant, peu de temps après il demande au japonais de prendre le relais de Vincent PHILIPPE qui descend assez marqué par ses efforts depuis le début de course.

TSUDA n’est pas hyper rapide mais tient à peu près des temps autour de 1’41 »- 1’42 » ce qui n’arrange aucunement les affaires du SERT puisque les rivaux directs: KAWA-BMW et YAMAHA tiennent une cadence, un ton au dessus. A ce petit jeu et même si Anthony DELHALLE revient en piste , il ne tourne guère plus vite, ce qui tendrait à prouver que SUZUKI se résigne vraiment à jouer le titre ayant réalisé par  les faits que KAWASAKI, comme YAMAHA et même BMW voulaient vraiment la victoire, qu’il serait sans doute présomptueux de vouloir aller quérir.

 

Peloton en bagarre

 

A 21 heures la température est encore de 25 degrés. On va entrer dans une fenêtrer de tir intéressante pour tenter de faire des écarts, en effet le rendement des pneumatiques -toujours eux- va être sans doute optimal , avant d’être ensuite perturbé, en fin de nuit, si l’humidité  survient de manière trop importante.

Après 6 heures de course le classement est le suivant:

1- KAWASAKI N° 11 avec 210 tours
2- YAMAHA N° 94 à 52″056
3- SUZUKI N° 1 à 1′ 24″332
4-BMW N° 99 à 1 tour
5- HONDA N° 77 à 4 tours

Les premières motos en Superstock  occupent les places 10, 11,12,13,14,15,16, et 17 et sont emmenées par la KAWASAKI N°24.

 

Efficacité germano belge pour la BMX Herbigny Motors

 

A 22 heures on rentre vraiment dans la régularité d’une course d’endurance. Les équipes ont jaugé leurs forces réelles et savent à peu près tout des possibilités des uns et des autres. Ainsi KAWASAKI a bien montré ses muscles et fait savoir qu’il réagira, si l’on veut venir le chatouiller.

YAMAHA mise sur la régularité et la constance de son équipage pour être prêt à cueillir une victoire, si par hasard les petits camarades en vert, faisaient un faux pas.

BMW entend démontrer que la petite chute de GIMBERT n’hypothèque pas les chances de prétendre à un podium à défaut d’une première place, sans doute à oublier, si aucun incident particulier ne survient à ses adversaires. La moto est malgré tout un peu handicapée par un freinage arrière défaillant pour la réparation duquel on aurait perdu trop de temps.

 

Encore un arrêt inopiné pour la BMW

 

La YAMAHA du YART confirme l’échec de sa saison avec une double chute, en moins de 5 heures de course.
Les HONDA TT Legends et National Motos, évoluent largement un ton en dessous des autres motos officielles, ce qui n’exclut pas régularité et persévérance.

 

 La HONDA TT Legends sur un ton en dessous de la concurrence

 

C’est en Superstock qu’il faut aller chercher une grande bataille, alors que le titre mondial échappera  à Motor Events puisque Guillaume DIETRICH est tombé à la Chapelle  entrainant l’abandon de la Suzuki N° 50 à 21h44. C’est Bruno LE BIHAN manager de la Suzuki N° 211 qui nous donne les informations sur cette chute.

 » Guillaume, sur la 50 s’apprêtait à doubler la 211. Or cette moto connaissait des ennuis d’allumage et subit une coupure alors que Guillaume allait déboiter. Surpris il ne put éviter l’accrochage. »

La course se déroule  à un rythme calé semble-t-il sur 1’40 » au tour pour les  motos de tête avec plus ou moins un petit quelque chose selon les pilotes en piste. Sur la Yamaha 94 on économise Matt LAGRIVE qui se remet de son opération au bras et souffre. On procède de même sur la SUZUKI N° 1 avec le japonais plus friable que ses équipiers. La question est de savoir comment les pilotes soumis à des relais plus fréquents vont tenir la distance.

A minuit soit après 9 heures de course les trois motos de tête: KAWASAKI N°11, SUZUKI N° 1 et YAMAHA N° 94 sont dans le même tour et se battent à coups de secondes. Elles devancent de 2 tours  la BMW N° 99 et la HONDA N° 77 de 6 tours

 

Le SERT efficace au ravitaillement

 

Les conditions de piste sont excellentes.

La SUZUKI N°50 qui pouvait espérer coiffer la couronne mondiale en Superstock a abandonné sur chute de Guillaume Dietrich au musée. Il semble n’avoir qu’un doigt cassé mais devait passer des tests avant que le service médical ne l »autorise à regagner son hôtel.

8 abandons ont été enregistrés et le meilleur tour en course a été réalisé de nuit par David CHECA en 1′ 38″562
A deux heures du matin la température est encore de 17 degrés.

La nuit est douce pas pour tout le monde. Les pilotes rapides pestent après les attardés qui leur pourrissent les trajectoires.  Pourtant,  au cours de ces passes d’armes on voit la SUZUKI N°1, la KAWASAKI N° 11 et la YAMAHA N° 94 s’échanger tour à tour la première place.

La METISS engagée en catégorie open casse son moteur, alors que sur le coup de 4h30 du matin la YAMAHA du GMT 94 connait un problème de surchauffe et rétrograde au classement, permettant  à la BMW 99 de mettre un pied sur le podium.
Le jour se lève , il fait 11 degrés et les pilotes se méfient des remontées d’humidité.

Chez SUZUKI, le boss Dominique MELIAND a sa mine renfrognée des grands jours et même s’il nous lâche:  » c’est la merde, on ne peut jouer que le championnat , on a constaté que TSUDA  roulait à une moyenne au tour d’un peu plus de 1’41 » au tour, c’est à dire à une cadence moins lente que celle à laquelle on pouvait s’attendre au regard des essais .

N’est  ce pas une façon de reconnaître une domination sans partage de KAWASAKI , moto plus  jeune et plus performante intrinsèquement que la vieillissante Suzuki?

A 8 heures du matin  soit après 17 heures de course la bagarre est toujours aussi rude entre la KAWASAKI N° 11 et la SUZUKI N ° 1 et au gré des ravitaillements  on s’échange la première place.On a enregistré au cours de la nuit une surchauffe de la YAMAHA N° 94 qui a cédé sa place sur le podium à la BMW. Un petit gravier avait percé le radiateur pourtant protégé suite à un incident similaire l’an passé.

Christophe GUYOT toujours très positif nous confie:

« Tu sais c’est un peu dur pour Matthieu LAGRIVE, mais nous n’allons pas ren oncer à tenter de regagner une place sur le podium. »

 

Matthieu Lagrive a peiné

 

Alors que la température remonte d’heure en heure, la lutte sans merci se poursuit entre la KAWASAKI N° 11 et la SUZUKI N° 1. Le japonais de Suzuki n’a rien à envier maintenant aux  temps réalisés par Foray mais globalement on sent bien que la machine du SERT est  toujours sur la défensive alors que la KAWASAKI, attaque à tout va, surtout avec DA COSTA,il faut bien le dire.

Gilles STAFLER  peu aimable avec la Presse dans ces moments de tension consentira à lâcher du bout des lèvres la banalité suivante:

« Je vous en dirai plus après 15 heures. La course est très difficile, difficile pour tout le monde. »

L’enjeu est d’importance certes et sans doute chez KAWASAKI on avait un peu minimisé la résistance que la Suzuki pourrait opposer à la Kawasaki. Et avant midi, la Suzuki en tête avec Anthony DELHALLE  résiste avec beaucoup de classe, à un Grégory LEBLANC chargé ‘d’exécuter’ l’adversaire. On peut être certain que le SERT ne se résigne jamais à laisser une victoire à un adversaire aussi valeureux soit-il.

 

 Peloton a la lutte

 

Vincent Philippe relaie à 11h49 son coéquipier Anthony et va devoir repartir à la chasse. Les spectateurs vont en avoir pour leur argent si l’on peut dire puisque les pilotes les plus percutants de tout le plateau sont sans conteste possible : Vincent Philippe, David Checa et Julien Da Costa et que les trois vont se trouver ensemble sur la piste.

A moins de deux heures trente de l’arrivée les trois motos de tête -KAWA-SUZ-BM- roulent sous la barre des 1’39 et ce de moyenne constante. La tension est palpable dans ces trois stands, tout autant peut être que dans celui du GMT 94 qui pousse dixième par dixième pour essayer de sortir la BMW du podium. Ces deux teams ont quasiment définitivement raté le titre de champion du monde, un lot de consolation comme un podium au Mans apporterait sans doute une esquisse de sourire chez nos amis du Service compétition Michelin. L’endurance est un monde difficile, où il conviendra sans doute de persévérer mais avec des garanties plus fiables  quant à la maîtrise de tous les paramètres constitutifs d’une très bonne écurie, qui manquent encore chez BMW.

Les supputations les plus folles circulent dans le paddock. Suzuki attaquerait lors de la dernière heure sortant une botte secrète, qu’il ne possède pas. On prête à Dominique des dons de sorcier qu’il ne possède pas, pas plus qu’une baguette magique. Alors de que l’on avait pensé à une SUZUKI plus gourmande en carburant que la KAWA , les choses, curieusement ne sont pas avérées et si le ravitaillement d’avance  que la N° 1 possède à deux heures de l’arrivée, tout pourrait se jouer là dessus.

Il n’en fut rien, les trois premiers effectuant tous 25 arrêts. Jusqu’au bout chacun tremblait d’être victime d’un accident, d’une panne, mais cela n’empêchait pas Da COSTA comme PHILIPPE d’ouvrir en grand pour conjurer un maléfice caché toujours possible. Il n’en fut rien bien heureusement. Pour faire un petit bilan de la course avant d’apporter notre conclusion à partir des informations recueillies auprès des équipages vainqueurs.

 

Bagarre du premier au dernier tour

 

Julien Da Costa résume tout à fait la situation en nous déclarant: « on a gagné mais on n’est pas les meilleurs puisque ce sont eux ‘Suzuki’ les champions. » Il veut signifier par là que s’ils disputaient le championnat du monde Suzuki n’aurait pas  le titre.
Gilles Stafler nous présentant ses excuses pour l’incident du matin, répond avec courtoisie à nos questions.

Quels sont vos sentiments après cette course âprement disputée et que vous gagnez pour la troisième fois?

« Oui c’est intéressant quand il y a une bagarre de ce niveau. Pour moi il y avait un adversaire redoutable avec Dominique (Méliand) on se respecte énormément tous les deux et cette victoire est une ENORME satisfaction.Trois fois de suite c’est fabuleux d’ailleurs la moto 2012 ira rejoindre celle de 2010 qui est chez moi sous mon escalier et on y ajoutera la coupe.. »

Disputer le championnat du monde, ça vous démange ?

« Je suis à fond pour faire le championnat du monde , mais comme je l’ai déjà dit, je suis obligé d’être à l’écoute de KAWASAKI ».

Ne croyez-vous pas que de tels résultats soient de nature à faire pencher la balance du bon côté?

« Oui il y a les résultats sportifs qui sont pris en considération, mais aussi tout le reste: difficultés économiques ici en Europe, mais ça n’est pas simple non plu au Japon. Il y a des restrictions de budget partout. La balle est dans leur camp, pour moi c’est quand ils veulent »

Dominique MELIAND ne cache pas sa joie d’avoir décroché ce douzième titre de champion du monde pour le SERT, il déclare:

« L’objectif, tant pour  SUZUKI,MOTUL que DUNLOP était un titre, toujours important pour le produit. Nous, on voulait aussi la victoire, qui semble nous bouder ici au Mans, par contre, nous ne boudons pas notre plaisir de se voir à nouveau couronnés. »

Vincent PHILIPPE -que nous suivons depuis des années-, malgré les nombreuses sollicitations et la fatigue, nous répond en toute franchise avec lassitude et gentillesse.

De toutes les courses que j’ai pu suivre à tes côtés n’est ce pas une des plus difficiles?

« En tout cas pour moi  c’est celle où je suis le plus fatigué Physiquement c’était très difficile. Sur la moto on ne s’amusait pas vraiment, il fallait énormément d’énergie pour aller chercher la Kawa, donc pour aller vite. Les conditions chaudes ne nous ont pas aidés, c’est évident. Oui c’est clair, j’ai déjà disputé des courses qui sur le papier  étaient beaucoup plus difficiles, mais au final, je pense que ça a été la course de 24 heures la plus fatigante de toute ma carrière. »

Entre satisfaction et frustration, qu’est ce qui l’emporte?

« Pour répondre il faut d’abord se poser. Je n’ai pas encore pas vu mon équipe, et la course c’est un partage aussi, c’est un travail de toute une année et cette année, le titre est un peu acquis dans la douleur, avec une seule victoire dans la saison. Une victoire au Mans ça compte énormément aussi, pour nous, pour moi personnellement, pour Dominique et les gars qui sont pour beaucoup du Mans. Ce soir mes sentiments sont un peu mitigés, mais je n’éprouve en tout cas aucun regret car on a tous fait le maximum pendant la course. »

Chez BMW on sent bien à travers les propos de NIGON ou de GIMBERT que l’amertume est présente.

Nigon: « C’est encore raté pour le titre mondial. »

Gimbert: » On est venu pour gagner, on a une équipe devant nous… »

Nous avons voulu établir un bilan de la course sous un angle inédit, en rencontrant Patrick COUTANT directeur de course adjoint pour l’épreuve. Pourquoi lui? En fait c’est une figure incontournable depuis 1990 dans ces fonctions de direction. Il va abandonner ce poste pour se retrouver, si les élections à la Fédération le permettent, Président des Courses sur route, à la place de Fernand DIEUDONNE qui ne souhaite pas solliciter un troisième mandat.

 

Patrick COUTANT à la direction de course

 

Écoutons donc la lecture que ce spécialiste fait de l’édition 2012 des 24 heures.

 » Le cru 2012 nous a offert une course fabuleuse. Le record du nombre de tours va être battu ( de 334 on est passé à 344 tours), mais sans doute à cause de la chaleur à 23 heures nous avions eu autant de chutes que durant toute la course de 2011. A 14 h nous dénombrons 46 chutes! Enfin nous avons eu beaucoup de chance car certains accidents auraient pu tourner au drame. Je pense à la chute de la N° 72 par exemple. »

 

 

Si la lutte des marques de motos a été totale , celle des pneumatiques que nous avions annoncée n’a pas connu de répit ni de trêve. La vision du podium est significative. PIRELLI, DUNLOP MICHELIN correspond à KAWASAKI, SUZUKI et BMW. On peut s’interroger pour savoir si l’endurance qui enthousiasme les spécialistes n’évolue pas un peu dans une sphère confinée. 60 000 spectateurs seulement  pourrait-on dire se sont rendus au Mans où les radars et les contrôles systématiques en a fait râler plus d’un! Il nous semblerait opportun que les constructeurs, les teams, les manufacturiers, la FIM se concertent pour une refondation de l’endurance. Le format des courses de 8 heures semble plus tonique pour les équipes et pour les spectateurs, même si le mythe des 24 heures perdure chez certains.

 

 Vincent Philippe à l’attaque jusqu’au bout

 

Des champions d’exception ont pris tous les risques pour triompher. Ils n’ont pas manqué de souligner combien certains de leurs camarades de jeu n’avaient aucune  compétence particulière pour évoluer dans des courses de ce niveau. Ce serait également un point à traiter dans le chantier dit de rénovation ou refondation qu’il parait urgent d’ouvrir si l’on ne veut aps voir l’endurance s’éteindre à petit feu.

 

 Podium

Classement toutes catégories

1-    N°11
SRC KAWASAKI    EWC    844    tours
2-   N° 1
S.E.R.T.    EWC    à 1’02.508
3-    N°99
BMW MOTORRAD FR THEVENT    EWC    à 4 tours
4-   N° 94
YAMAHA GMT 94 MICHELIN    EWC    à 5 tours
5-   N° 77
HONDA TT LEGENDS    EWC    à 16 tours
6-   N° 55
NATIONAL MOTOS    EWC    à 29 tours
7-    N°67
MCP STARTEAM 67    SST    à 30 tours
8-    N°7
MONSTER ENERGY YAMAHA    EWC    à 34 tours
9-    N°33
LOUIT MOTO 33    SST    à 35 tours
10-    N°13
PENZ13 KRAFTW. HERPIGNY    SST    à 8 tours
11-    N°41
RAC 41 YAM AVENUE IPONE    EWC  à  41 tours
12-    N°333
TEAM VILTAIS RACING    SST    à 42 tours
13-    N°18
TEAM 18 SAPEURS POMPIERS    EWC    à 44 tours
14-    N°68
ATOMIC MOTOSPORT    SST    à 49 tours
15-    N°2
TEAM R2CL    EWC    à 51 tours
16-    24
.3D ENDURANCE MOTO    SST    à 58 tours
17-   N° 37
SPACE MOTO    EWC    à 60 tours
18-   N° 6
APRILIA LE MANS 2 ROUES    SST    à 61 tours
19-    N°15
SH TECHNOLOGIE SCRUBS    EWC    à 64 tours
20-    N°66
RACING TEAM SARAZIN    SST    à 65 tours

Il est à noter que par rapport à ce classement officiel, les motos suivantes  toutes en catégorie Superstock ont été déclassées pour non conformité: les N° 67,6, 411 et 149 sont donc retirées du classement ce qui permet à la Moto N° 33 de Louit Moto de remporter la course de Superstock.

14 abandons ont été dénombrés

Au classement du Championnat du monde  que l’on pourrait  appeler aussi Championnat Franco-Français,  le SERT l’emporte avec  128 points devant BMW 104 points et Yamaha GMT 94, troisième avec  98 points.

 

 SUZUKI SERT Champion du monde d’endurance

 

Alain MONNOT
Photos : Michel PICARD et Alain MONNOT

 

 

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