F1. A SPA, PIRELLI MEDIUM ET DUR POUR LE TOURNIQUET DES ARDENNES

 
LE GRAND PRIX DE BELGIQUE DU POINT DE VUE PNEUMATIQUE  

 

Le contexte

 

Après un long mois estival sans course, Pirelli débarque à Spa, avec ses composés dur ‘P Zero Argent’ et ‘medium P Zero Blanc’

Une combinaison qui n’avait plus été proposée depuis le second Grand Prix de la saison, en Malaisie.

Les conditions du légendaire tracé de Spa-Francorchamps, seront cependant bien différentes de Sepang.

Long de 7,004 km, le tour le plus long du calendrier F1, s’étire dans les collines des Ardennes. Sa longueur et sa disposition géographique, en font l’un des circuits sur lesquels les conditions météo peuvent jouer un grand rôle, la zone de Francorchamps, offrant un microclimat.

Il n’est ainsi pas rare de voir de la pluie sur une section du circuit, alors que le reste demeure totalement sec.

Connu pour ses grandes vitesses de passage et ses virages rapides, il s’agit également d’un défi pour les pneus, devant absorber de très fortes charges latérales et longitudinales, dues à des compressions importantes comme à Eau Rouge, une courbe aux allures de montagnes russes.

C’est pour cette raison que les techniciens de Pirelli F, ont fait le choix des deux composés les plus durs, reflétant la difficulté endurée par les gommes sur une course de 44 tours.

L’œil du Directeur de Pirelli Motorsport, Paul Hembery :

 

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“Spa est mon circuit favori. J’y suis récemment venu pour les 24 Heures. La configuration de la piste et la variété de la météo, semblent toujours offrir de superbes courses. D’un point de vue pneumatique, il s’agit certainement de l’un des circuits les plus difficiles de la saison, en raison des fortes vitesses et des forces extrêmes subies de plus d’une façon. La désignation des durs et des mediums permettra aux pilotes de pousser du départ à l’arrivée, ce pour quoi Spa a été pensé à l’origine. La première moitié de la saison a débuté avec le début de championnat le plus serré de l’histoire de la Formule 1 et j’ai donc hâte de voir comment va se dérouler la suite de 2012, et quelles équipes seront parvenues à faire un pas en avant après le break estival. La grille est actuellement si serrée, particulièrement au milieu du peloton, qu’il est impossible de faire des prévisions ».

 

L’œil du pilote de course, Jean-Éric Vergne, qui conduit l’une des Toro Rosso :

« Après un long break estival, je suis heureux de revenir courir. Quel meilleur endroit que Spa pour cela ! J’y ai couru plusieurs fois auparavant, en Formule Renault 2.0, Formule 3 et World Series. Je considère que le meilleur weekend de toute ma carrière fut sur ce circuit, lorsque j’y ai remporté trois courses de F3, y compris celle à la grille inversée ! J’y ai donc pleins de supers souvenirs et je vois Spa comme mon absolu favori ; avant que l’on ne revoie un Grand Prix de France, je le considère comme un Grand Prix à domicile. Il s’agit d’un circuit brillant sur lequel piloter et j’ai hâte de l’aborder pour la première fois dans une Formule 1. Avec ses longs virages fluides, à l’exception de l’Arrêt de Bus et de La Source, il n’est pas particulièrement difficile de savoir quoi faire avec les pneus Pirelli. Mais les conditions belges rendent les choses compliquées ! Avec un circuit si long, on ne boucle pas tant de tours que ça, ce qui signifie qu’il faut tirer le meilleur parti des pneus, comme en qualifications. Je ne serais pas surpris si nous finissions par utiliser tous les composés de pneus mis à disposition en Belgique, des Mediums et Durs, aux Intermédiaires et Pluie, la pluie n’étant jamais loin à Spa. C’est ce qui fait le fun de Spa, ce qui en fait Spa ! »

 

L’œil du pilote d’essais Pirelli, Jaime Alguersuari.

Lequel connait parfaitement la piste Ardennaise pour y avoir fréquemment tourné en course et notamment à deux reprises en GP F1, au volant de la Toro Rosso, en 2010 et 2011:

« Je pense que Spa est une course fantastique en raison de sa riche histoire sportive. C’est également là que l’on trouve certains des virages les plus célèbres de la Formule 1, comme Eau Rouge et Blanchimont. Il y a beaucoup de virages à grande vitesse, mais aussi des lignes droites rapides, faisant de Spa un circuit très rapide. C’est un défi pour les pilotes comme les équipes : le circuit requiert des réglages d’appuis intermédiaires et du bon grip mécanique. Pour moi, ce sera très intéressant, car j’ai signé mon meilleur temps qualificatif à Spa l’an dernier. Mon dernier test avec Pirelli fut également en Belgique, et il vous sera difficile de trouver un pilote qui n’aime pas cette course ! D’un point de vue pneumatique, Spa est relativement fluide, sans être trop dur avec les pneus, mais il offre un challenge unique. Beaucoup de sections à haute vitesse engendrent des forces latérales considérables sur la construction du pneu. C’est similaire au tracé japonais de Suzuka, et cela nécessite le même genre de réglages et de maniabilité ».

 

Les notes techniques :
–    Les autos sont à pleine charge d’accélération pendant près de 75% du tour, ce qui en fait l’un des circuits les plus rapides de la saison avec Monza, qui se tient le weekend suivant. Les fortes vitesses de passage font monter la température des pneus, particulièrement avec des réglages de cambrure agressifs pour maximiser l’adhérence.

–    Avec toutes les compressions subies à Spa, il est vital de trouver la bonne hauteur de caisse et bien faire travailler les suspensions, car la monoplace pourrait sinon « tamponner » sur certaines portions du circuit. La forme des pneus est un élément essentiel pour la suspension de l’auto, la déformation des gommes sous forte pression provoquant presque la moitié du jeu possible sur une suspension F1.

–    En dépit des célèbres vitesses de pointe atteintes dans les lignes droites de Spa, les monoplaces courent avec des réglages d’appuis optimisés pour négocier les nombreux virages rapides. La traction est donc particulièrement importante dans des zones comme l’épingle de La Source, où le grip mécanique des pneus est la clé pour une bonne sortie de virage.

–    La compression subie par chaque pneu dans le virage d’Eau Rouge atteint un pic de charge verticale de plus d’une tonne.

Gilles GAIGNAULT

Photos : Manfred GIET – Patrick MARTINOLI – Pirelli

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