PIKES PEAK A MOTO: UN FRANÇAIS SUR LE PODIUM, TRIPLÉ DUCATI

Pikes Peak est, avec le TT de l’ïle de Man, la course moto la plus dingue du monde. Elle est beaucoup plus célèbre en automobile mais encore plus tarée à moto, on court dans la partie haute le long de ravins de 600 à 800 mètres!  Ducati, dont l’image de marque est le sport de haut niveau, s’est intéressé à cette course avec des motos et des pilotes US relativement imbattables. Carlin Dunne et Craig Tracy sont un et deux, au guidon de Multistrada 1200. Le troisième est français, il s’appelle Bruno Langlois. Il a roulé sur un Streetfighter.

CORSICA!

Bruno Langlois vient de  Corse, il est vrai que dans ce paradis de la moto, les parcours à mille virages sans la moindre ligne droite sont légions et les ravins sont partout. Il reste qu’il faut quand même avoir le talent…

Il est Champion de France de Côte (1985) et Promosport (1990), ce n’est donc pas le premier venu…

Le plus incroyable est qu’il ait obtenu ce résultat à Pikes Peak en chutant deux fois!

Donc il est clair qu’en restant en selle, il pouvait avoir les deux américains même si l’organisation de la course a tenté d’aider les pilotes US…

Quand, lors des essais,  Bruno Langlois est 3e, les amerlos changent un peu la procédure… « Ils ont sans doute eu peur ! Et l’organisation a changé la procédure de départ. Unique depuis la création de la course  Alors qu’en moto, on devait partir à quatre de front, on a finalement été lâché toutes les dix secondes !» dit Langlois à nos confrères de Corse Matin.

 

LE TRACÉ VU PAR GOOGLE EARTH

Un de ses copains raconte…

« Malgré un terrain inconnu, des différences de températures, 30° en bas pour 5° en haut à 4300 mètres d’altitude, Bruno fait tant bien que mal avec les légers vertiges et les saignements de nez qu’occasionnent ses conditions.

Au bout de quelques jours et après avoir pris quelque peu ses marques, il va s’astreindre à faire 5 à 6  heures de reconnaissance par jour de la fameuse piste en terre aujourd’hui fraîchement goudronnée ».

En revanche, il s’aperçoit qu’il perd en puissance en haut du tracé  (on est à 500 mètres de l’altitude du Mont Blanc… le Colorado propose des routes vraiment démentielles… ) et cela, les pilotes US le savent et ont fait ce qu’il fallait…

Et il finit à une seconde quinze du vainqueur… avec des chevaux en moins et deux chutes…

Ce qu’il en dit à l’arrivée.

 » J’ai vécu la course que je voulais vivre. Je suis arrivé en haut, tout le monde n’y arrive pas car il y a des ravins et des arbres qui t’attendent !.… Maintenant j’en suis sûr, quand tu fais Pikes Peak, tu fais quelque chose d’exceptionnel. J’étais seul là-bas alors que tous étaient accompagnés ou bénéficiaient d’une structure solide. Mais la passion m’a permis d’y arriver ».

Gilles Gaignault vous a déjà raconté qu’en auto, les pilotes français sont aussi passés à deux doigts de la légende.

Comme quoi, les sports mécaniques français sont au firmament.

 Cela dit, les pilotes et managers sont bien seuls.

Le sponsoring est à l’arrêt.

C’est une honte.

Pardon?

La crise?

Oui, elle existe et même en pire, en Espagne et en Italie.

Et… Alonso et Ferrari existent sans doute par la magie…

En ce qui concerne Bruno Langlois, il faut donc féliciter le concessionnaire Ducati Prestige Moto de l’avoir soutenu.

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS DUCATI ET GOOGLE EARTH

 

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