ENDURANCE MOTO : NOS FRANÇAIS AUX 8 HEURES DE SUZUKA : LE SERT ET BMW 99 RATENT LE PODIUM QUI SOURIT AU GMT 94.

LE PODIUM 2012


Il y a des lendemains de course où le petit déjeuner n’a pas la même saveur pour tout le monde, et, selon le résultat obtenu la veille, les aigreurs d’estomac n’ont pas du tout les mêmes origines.

Les managers Français tels, Dominique Méliand pour le SERT fort de plus de 60 victoires au compteur, soit une par année…d’âge ou Nicolas Dussauge (Motorrad France) le benjamin qui inaugura son score au Qatar, étaient un peu jaloux au fond d’eux mêmes de leur compatriote, Christophe Guyot de Yamaha Motor France

 

NICOLAS DUSSAUGE BMW 99 ET DOMINIQUE MÉLIAND SERT AVANT LE DÉPART

 

En effet, leurs plateaux repas reflétaient un peu le score de points obtenus lors de cette 35ème édition anniversaire des 8 Heures de Suzuka. Bien rempli, tel Christophe fort de la place de trois sur le podium car l’appétit , c’est bien connu, vient en mangeant, ou plutôt allégé pour Nicolas et Dominique qui se sont vus en haut du tableau, avant d’en redescendre brutalement pour terminer respectivement neuvième et quinzième.

A l’heure de remballer le matériel qui s’envolait directement pour l’Allemagne où se dérouleront les 8 heures d’Oschersleben la semaine prochaine, il était nécessaire de faire le bilan pour ces trois écuries majeures qui disputent l’intégralité du calendrier avec un objectif commun :

Le titre Mondial.

Alors qu’il restait moins d’une heure et demi de course, le SERT semblait avoir la seconde place bien en mains. Le calcul d’un dernier ravitaillement supplémentaire, permettait de garder un avantage de  trente secondes sur la BMW, moins gourmande qui roulait dans des temps similaires.

Soudain le commentateur s’enflamma avec des intonations rappelant une finale de la Coupe du Monde de foot au Brésil.

Immédiatement, les écrans renvoyaient une image semblable à une étape de fesh – fesh, dans le… Dakar. Seuls l’heure: 18h02 et le total des tours : 174, surnageaient du nuage de sable qui en retombant lentement permis de découvrir les couleurs…bleue… blanche et rouge.

La Suzuki N°1, venait de mordre la poussière et de perdre le bénéfice d’un résultat exceptionnel. Vincent Philippe tenta de redresser la moto enfouie dans le gravier jusqu’aux axes de roues. En vain. Les commissaires l’aidèrent pour sortir l’épave de cette délicate situation, car en pleine trajectoire, et les minutes s’écoulaient.

Vincent fut autorisé à quitter son casque afin de récupérer un peu d’air laissant même croire à Dominique Méliand à la fin du film. Les bons samaritains de piste Japonais, ne voulaient pas que la Suzuki reprenne la piste car le réservoir fuyait.

Ils téléphonèrent à la direction de course qui donna son accord après d’interminables palabres. L’espoir repris avec le retour à la poussette puis la réparation par les mécaniciens, ces hommes de l’ombre, soudain sous le feu des flashs et des caméras.

 

RETOUR DE VINCENT PHILIPPE AU STAND

 

Tels des urgentistes, ils doivent établir les premiers diagnostiques et voir si le cœur du moteur n’a pas absorbé de graviers, si les membres de la machine, c’est-à-dire, la fourche et le bras arrière, sont intactes car les tonneaux par l’avant sont souvent destructeurs.

Anthony Delahalle, est prêt à assurer la fin de course mais les minutes s’enfuient et le bilan est lourd : dix tours perdus avec la descente aux enfers à … la dix- neuvième place!

Mais le soldat SERT est sauvé avec l’espoir de glaner quelques points… six, qui assurément, compteront chers en fin de saison !!!

 

LES MÉCANOS DU SERT  À L’OUVRAGE

 

Vincent ne comprend pas la soudaineté de sa glissade qui fait penser à un fuite d’essence sur le pneu arrière. Durant les douze heures du vol retour  »JL 405 » Tokyo – Paris, Vincent Philippe a eu la gentillesse de se confier à Autonewsinfo, avec la franchise habituelle qui le caractérise, malgré les bleus à l’âme que vous pouvez imaginés.

Plus l’espérance est grande, plus la déception est forte.

 » Bien sûr que je me rappelle très bien de ce qui m’est arrivé, mais je ne trouve toujours pas la solution. Pourquoi? Qu’est-ce qui s’est passé? Pourquoi ça m’arrive encore à moi? C’est vraiment une mauvaise période, je pense. J’ai l’impression de ne pas en sortir alors que je fais tout comme il faut comme d’habitude. Malheureusement ça ne fonctionne pas et puis je ne sais toujours pas pourquoi je suis tombé et ce qui s’est passé. C’était vraiment très brutal, si soudain, alors que j’avais déjà fait trois tours dans cet avant –  dernier relais et que le pneu fonctionnait bien. J’étais dans un bon état d’esprit. Pour moi, je pilotais très bien. Je n’ai pas l’impression d’avoir fait une faute et j’aurais aimé comprendre pourquoi…. »

 

VINCENT PHILIPPE ET DOMINIQUE MÉLIAND

 

Tu es un pilote de très haut niveau, comment arrive- t-on à surpasser ce moment délicat ?

 » Je ne surpasse rien du tout pour le moment, c’est dans la tête qui est embrouillée, c’est une accumulation depuis Le Mans l’année dernière, puis le Bol d’Or et cette course là… ça fait beaucoup. Honnêtement, si j’avais le temps, je partirais quelques mois loin de tout cela, afin de faire un break et de revenir plus fort. Je n’ai pas le temps de le faire et il faudra que je prenne vraiment sur moi, un peu du style retour de blessure où quand c’est tout frais, on n’a pas le choix de prendre de risque avec le physique. Là, ça sera de ne pas commettre une nouvelle faute, d’être sérieux comme je le suis actuellement.
Je ne sais pas pourquoi je n’arrive pas à obtenir de résultat car je fais exactement comme d’habitude, bien piloter, bien m’entraîner, ne pas avoir de stress supplémentaire, avoir la tête bien libérée. Malheureusement, ça ne paye pas. Alors, justement, peut-être que la prochaine fois, j’aurai plus d’appréhension, de méfiance. En tout cas, cela va être très court entre Suzuka et Oschersleben, trop court mais bon…je prendrai sur moi comme les autres fois. « 

Comment imagines – tu la course des 8 Heures d’Oschersleben ?

 » Je ne fais pas de plan du tout, ça dépend de tellement de choses. C’est un équilibre entre la machine, les pneumatiques et les pilotes. Nous verrons sur place ce que nous pourrons faire. Pour moi, j’aurai deux compétitions car ce sera une course contre moi-même et puis la compétition contre les autres équipes et pilotes. Oschersleben sera une course difficile car de vitesse encore. »

 

VINCENT PHILIPPE EN ACTION

 

Vincent, tu as remporté trois fois de suite (2005, 2006 et 2007) les 24 Heures d’Oschersleben, tu as acquis 22 victoires internationales en endurance dont 7 Bol d’Or toujours avec les Suzuki de Dominique Méliand, Suzuka finira bien par te sourire un jour ?

 » Malheureusement, Suzuka ça fait un paquet d’années que j’y vais et que je n’y ai jamais fait de résultat. Pourtant ce n’est pas la première fois que nous aurions pu faire un très beau podium. Je me rappelle que nous étions deuxième avec Keiichi Kitagawa en 2005, mais avions finis septième après sa chute alors que nous venions de passer en tête sous la pluie. Là, nous étions seconds, très performants, à la hauteur de ce podium, pas à l’arraché ni du à la défaite des autres. C’était un podium acquis de haute lutte avec des performances et c’est pour cela que je m’en veux le plus. J’ai l’impression de ne pouvoir jamais y arriver. Nous avons passé cette année un énorme cap en étant extrêmement performant. La victoire reste encore éloignée mais comme nous l’avons vu, personne n’est à l’abri. Même BMW. En tant que pilote, j’ai gravi une marche énorme grâce à l’aide des Japonais de Dunlop, de Uykio Kagayama, mon équipier mais aussi de Suzuki Japon, avec les pièces que nous avons pu avoir. Pourquoi pas se rapprocher d’une victoire mais le chemin est très long. « 

 

7 BOL D’OR

 

Keiichi Kitagawa qui a gagné avec toi le Bol d’Or à deux reprises en 2004 et 2005, a connu donc le même sort à Suzuka. A t – il été réconfortant avec toi ?

 » Oui, c’est clair, il m’a dit : Vincent tu es encore jeune (34 ans), encore performant, il faut que tu reviennes, que tu essaies encore. Suzuka c’est compliqué… Je n’arrive pas à accepter de mettre en péril mon équipe. Une défaite personnelle j’accepterais presque volontiers . J’en ai déjà eu pas mal et je sais comment gérer ça, mais mettre en danger Dominique Méliand, ses mécanos comme Grand-Paul qui vient de passer un mois au Japon à peaufiner nos moteurs chez Yoshimura, je ne supporterai pas plus longtemps. Chaque fois c’est une histoire différente. Au Mans, je sais très bien ce qui s’est passé car je n’y suis pour rien. Au Bol, j’en ai un peu trop fait. J’étais trop en confiance car dans des conditions telles ( chute dans l’entrée des stands en slicks sous la pluie ) j’aurais dû rendre la main. Là tout allait bien…Pourquoi ça n’a pas marché ? Une chose est certaine, le championnat n’a pas assez de courses (5) et les points devraient-être plus importants sur une course de 24 heures (40 points contre 35 pour les courses de 8 heures) car c’est très difficile à gagner. C’est clair, nous avons trop la pression même si personne ne le dit !

Vincent, tu as fêté au seuil  de cette saison tes dix ans passés au SERT et tu as commencé en 2003 par gagner les 24 heures du Mans…

 » Tu veux dire que je peux la terminer de même? Grand éclat de rires ! Pour le moment, ça m’irait bien mais j’aimerais encore piloter de longues années parce que je me sens encore tellement bien au guidon de la moto. J’espère de tout mon coeur que cela va s’arrêter et qu’aux 24 Heures du Mans , sans trop forcer, nous arriverons à un beau résultat. Si j’avais un sort contre moi, je préférerais dire stop. Tu passes du héros à celui qui flanque tout par terre en un rien de temps. Nous sommes sur un fil ! « 

 

PODIUM 24 H MANS 2003

 

L’hôtesse de l’air du 777 de la JAL, viendra nous tendre un papier griffonné, nous demandant d’être plus plus discrets mais cette conversation arrivait à son terme et notre voyage également.

Nous n’exprimerons jamais assez notre reconnaissance envers Vincent pour nous avoir parlé avec autant de franchise dans ce moment si délicat.

Vous ne serez pas étonnés, donc, de l’impatience du champion à rejoindre au plus vite… le TGV de 18h20, en direction de sa ville natale de Besançon et ce afin de s’y ressourcer et de retrouver son cocon familial, avec sa chère Aude et sa petite Janice, qui lui feront oublié la malédiction de Suzuka!

Il reprendra également l’entraînement sur son vélo de pro, en empruntant la route, dîte des  » Sept petites côtes  » de l’étape du Tour de France, Besançon – Belfort, qu’il a raté, à cause des essais Pré – Suzuka.

Par contre son ami Thibault Pinot, dixième de  » la Grande Boucle « , vient de connaître à 22 ans à peine, une formidable et fulgurante ascension. Pour sa seconde année chez les Pro et son premier Tour, il tombe en début d’épreuve, monte les cols avec les meilleurs spécialistes et gagne  » son  » étape à domicile.

En 2008, Vincent a été le dauphin de Thibault au Grand Prix de Valentin et ils sont d’ailleurs équipiers dans l’équipe CC Etuples, un club formateur de Pro.

C’est dire, la condition physique de Vincent Philippe acquise par ces heures de manivelles quotidiennes et lors des courses de 1 ère catégorie qu’il dispute avec succès dans le Haut Doubs et ses alentours.

 

VINCENT PHILIPPE CYCLISTE

 

Vincent est très attaché à ses racines et porte haut les couleurs de la ville de Besançon pour laquelle il a été nommé ‘Ambassadeur’ .

Ainsi, il s’implique dans la promotion des parcours moto dans le Doubs grâce au label  » motards bienvenus  » et propose des ateliers ‘conseils sécurité’ lors de stages de roulages sur les circuits du grand Est, tels Dijon, Pouilly en Auxois ou La Bresse, mais dispense aussi des actions de sécurité routière dans les collèges.

Dominique Méliand, pour qui la course de Suzuka lui restera comme il dit :  » Longtemps en travers de la gorge «  peut garder confiance en son chef de file de pilote, qui saura au plus vite, renouer avec la victoire.

 

Dominique MÉLIAND ET Vincent PHILIPPE

 

Hervé Moineau qui pilota quatorze ans pour Suzuki et obtint quatre titres Mondiaux en endurance (1980, 1983, 1987, 1988) remporta les 8 Heures de Suzuka en 1983 avec Richard Hubin, puis obtint des quatrièmes places en 1987 et 1988 avec Le Bihan puis Crine, mais n’arriva jamais à gagner le fameux Bol d’Or qui se déroulait à cette époque au Castellet, circuit pourtant situé à deux pas de chez lui, vivant au Brusc prés de Six Fours, à côté de Bandol.

Nul n’est prophète en son jardin !!!

 

DERNIER BOL en 1995 pour MOINEAU

VICTOIRE À SUZUKA en 1983 de MOINEAU et HUBIN

 

Le patron du SERT estime la facture de l’échec Japonais avoisinant les 80.000 € et là commence, pour lui, une autre face cachée du job de manager:  » faire avaler la pilule «  à ses employeurs, en valorisant le fait de revenir du Japon en ayant sauvegarder la tête du championnat du Monde !

Kamomiya San, le directeur du service compétition Suzuki qui a en charge le programme du Mondial Superbike ne se déplace plus à l’étranger par manque de budget, ne sourit que très rarement et ne parle jamais pour ne rien dire.

Pourtant, il aura un mail plein de gentillesse et de compassion concernant la course du SERT à Suzuka, envers ses compatriotes qui président aux destinés de Suzuki France.

Revenir du pays du Soleil Levant, en ayant conservé la tête du Championnat mondial, valait assurément tout de même le lointain et couteux déplacement !!!

C’est la réalité et une évidence…

 » C’est très important le titre de champion du Monde en Endurance pour Suzuki, mais à Suzuka, la course est très dure «  me confiera t- il avant que je quitte le Japon pour rejoindre la France.

 

PORTRAIT DE Monsieur KAMOMIYA

 

Trente deux années de fidélité à une usine est exceptionnel de la part de Dominique Méliand et cela créer des liens forts. L’esprit des créateurs de la marque:  la  » Suzuki Family «  est toujours vivace au sein de l’usine et a bien été transmis même au-delà des continents.

Maintenant internet, Facebook sont des passeurs nouveaux pour les nouvelles générations mais nous prenons toujours du plaisir à retrouver les hommes qui ont tracé le chemin de cette belle histoire. Tel, Yosuharu Osawa San, que nous avons connu aux destinées du département moto de Suzuki France dans les années 1990 à 2000 et qui dirige aujourd’hui le département Marine à Hamamatsu.

 

Dominique MÉLIAND avec Mme et Mr.OSAWA

 

En maintenant le SERT  hors de l’eau avec un avantage de CINQ petits points, sur Honda TT Legend, ONZE points sur le GMT et TREIZE sur BMW, Dominique sait très bien que le premier qui commettra une nouvelle faute à Oschersleben? aura perdu presque définitivement le titre.

Il ne veux surtout pas gagner un douzième titre en jouant les seconds rôles ou les épiciers, car à ses yeux le mérite est nul.

L’an passé, Bolliger avait été un adepte de cette pratique et cette saison la Honda TT Legend, pourrait prendre le relais et devenir une réelle menace.

Pour Nicolas Dussauge, le directeur sportif de BMW Motorrad – France, le bilan de Suzuka est mitigé et à l’image d’un thermostat déréglé, le capteur électronique d’arbre à cames, fit plongé la 99 de la seconde position –  héritage de la chute de la Suzuki –  à la neuvième, en perdant ainsi DIX-NEUF précieux points.

Les techniciens Allemands mirent trois minutes à diagnostiquer le mal, lors de l’ultime ravitaillement de 18h33 mais firent le choix de ressortir la moto du stand, sans intervenir sur l’ inaccessible pièce à six sous, ni à son remplacement trop délicat.

Sébastien Gimbert, repris la ronde nocturne mais des échappements de la BMW sortait des flammes et des sons de tracteur agricole d’un autre âge..

La mort dans l’âme, ils abandonnaient ainsi trente secondes à chacun des vingt derniers tours de la course et tout espoir de gravir ce podium maudit.

Pire, de la place de dauphin qu’elle garda durant trente minutes, la BMW perdait pratiquement une place toutes les deux boucles et seul? le drapeau à damier, arrêta finalement enfin  cette hémorragie.

 

BMW RENTRE AU BOX

 

Erwan Nigon, le plus véloce des trois pilotes de la BMW, ne cachait pas sa déception:

 » C’est la plus grande déception de ma carrière. Terminer deuxième aurait sonné comme une victoire pour nous. Il vous arrive parfois de gagner comme au Qatar et de perdre comme au Bol ou ici, mais cela ne rend pas les choses plus faciles à accepter. Nous avions réussi une course presque parfaite pendant sept heures et demie mais nous avons tout perdu à cause d’un petit problème électrique, c’est incroyable. Sébastien a été très courageux à la fin pour sauver la neuvième place et des points importants. « 

 

NIGON AU DÉPART

 

Anthony Delhalle, pointait à ce moment là en seizième position, aux commandes toutes neuves de la Suzuki N°1 qui roulait encore droit, malgré sa cabriole mais dont la colonne de direction accusait au freinage, les coups d’une cage de roulement sûrement déplacée.

Le baromètre des espoirs Françai,s était fluctuant avec un pic d’optimisme dorénavant du côté des troisièmes larrons: les bleus du GMT de Christophe Guyot.

La R1 de Yamaha Motor France, sera la grande animatrice de la dernière demi heure de course. David Checa et Kenny Foray, ont réalisé une course parfaite de régularité et ce en remontant de la douzième place en début de course, à la huitième, en milieu d’épreuve, pour finir sur les talons de la Kawasaki usine 01, cinquième.

Checa choisira d’achever la course en attaquant à outrance et… le moteur de la Kawa rendra l’âme à … quatre tours du but, offrant le podium à la Yamaha 94.

Kenny Foray peut en être fier car vingt-deux ans? se sont écoulés depuis qu’un Français ait gravi cette troisième marche (Dominique Sarron en 1990) tant désirée.

Chez les Checa, Carlos le frère aîné, Champion en titre du Mondial Superbike, se classa second en 2007 avec Okada puis remporta la victoire en 2008, avec Kiyonari, toujours sur des Honda, spécialement préparées par l’usine.

En trente cinq éditions, seulement deux Français, ont connu l’extase de la plus haute marche :

Hervé Moineau en 1983, associé au Belge Richard Hubin et Dominique Sarron en 1989 qui courrait avec Alex Vieira, Portugais de naissance.

 

KENNY FORAY ET DAVID CHECA P3

 

Nous retrouvâmes Kenny Foray qui avait encore du mal à réaliser sa performance accomplie, une heure après la dernière fusée du feu d’artifice de clôture.

« Pour une fois que la réussite et la chance nous sourient, ça fait du bien ! Après un Bol qui s’était terminé en dents de scie: podium, plus de podium… Ici, nous avons fait notre course en attaquant comme nous pouvions et puis nos concurrents sont partis à la faute. Nous avions l’impression que ce podium était fait pour nous , car quand on voit tous les événements …. c’est top ! Après trente minutes de course, David a roulé sur un objet qui a découpé le pneu mais il a pu rentrer au stand. Il a eu une chance inouïe de ne pas déjanter. Je suis reparti mais ce qui était rigolo, c’est que nous nous sommes précipités et dans l’histoire nous avons oublié de changer le pneu avant également. Mon relais a été limite car je suis parti deux ou trois fois à la faute. Là, ce fut assez dur ! « 

Vous êtes également troisièmes au championnat du Monde, tous les espoirs sont encore permis ?

 » Là, je préfère savourer que penser au championnat. Nous pensions faire un Top dix avec une moto qui va faire les 24 Heures du Mans dans la même configuration. Nous avions un manque de puissance qui est un peu récurent, surtout face aux Honda mais nous avions un super châssis avec de super pneus Michelin. En y croyant ça l’a fait. Notre moto marchait super bien . Ce n’est que du bonheur ! « 

Christophe Guyot, le manager de cette équipe Yamaha Motor France GMT 94 ne voulait pas entendre parler de podium en arrivant à Suzuka.

Mieux, il n’y croyait pas !

 » C’est vrai, je n’y croyais pas lorsque vous m’aviez posé cette question. Très honnêtement je pensais qu’une cinquième place était possible. Nous avions fait septième l’an passé en ayant perdu deux tours en début de course et en faisant la course à deux. Nous pouvions nous baser sur cela avec un niveau de performances relativement équivalent. Simplement, j’ai été effectivement surpris des performances des concurrents du championnat du Monde qui étaient d’un niveau supérieur à ce qu’ils n’avaient jamais démontré auparavant . Les teams Européens peuvent être très fiers, le SERT, BMW 99 et le YART, extrêmement fiers des performances qu’ils ont démontrées ici. Et nous, nous pouvons être extrêmement heureux de nous trouver sur le podium.

 

PODIUM GMT 94 P3

 

De la neuvième place, vous bondissez à la troisième au classement du championnat . Tout est possible ?

 » A la limite je vais dire que je ne regarde pas ça, car à chaque fois que je me suis mis à compter ça ne finit pas bien. Pour l’instant, nous allons savourer le bonheur d’être sur le podium de Suzuka. Cela fait des années et des années que cela n’est pas arrivé à un team Européen. Ensuite, les concurrents directs au championnat sont très forts. Nous avons encore du travail. Il faut que nous nous mettions en valeur encore un peu plus. Je suis vraiment content car la moto n’a connu aucun soucis mécanique. Nous avons de super pneus mais nous avons besoin encore de performance. Nous irons la chercher. En même temps, c’est toujours un débat très compliqué. Cela dit, à Oschersleben et au Mans, nous serons chez nous car ici les températures excessives et le fait de ne pas avoir roulé ici début Juillet nous donnait un handicap que nous ne pouvions pas surmonter comme ça. La chance nous a aidé mais il y a eu des fois où le podium nous tendait les mains et que nous ne l’avions pas eu. Là, nous ne nous y attendions pas et ont l’a pris ! David est allé chercher ce podium en faisant casser la kawa que nous savions fatiguée. Il n’y a rien à dire. Il était top. Il était dans les chronos des motos de pointe. Il a doublé son relais et fait un grand numéro. Quel pilote !

 

DAVID CHECA

 

Nous ne terminerons pas ce tour d’horizon des Français qui ont disputé  ces 8 Heures de Suzuka, sans évoquer la onzième place de Jérôme Tangre, au guidon de la Kawasaki Bolliger N°8, associé à Saiger et Stamm et qui connurent des problèmes de dribbling, tout au long de l’épreuve et ce alors que la moto, n’avait connu aucun soucis durant les essais.

 

JÉRÔME TANGRE KAWA BOLLIGER

 

Yohann Tangre, concessionnaire Suzuki et Ducati à Meaux, accompagnait son autre fils cadet, Cédric, issu également du Suzuki Junior Team LMS et qui dispute le Championnat de France Superbike, sur une Kawa UP Racing.

Actuellement neuvième du SBKF, il effectuait à Suzuka? une pige pour l’équipe R2CL aux côtés de Baratin et Chausse sur une GSX-R. Nous retrouverons Cédric Tangre aux 24 heures du Mans sur la Suzuki LMS, la N°72 qui visera la victoire dans la catégorie des machines issues de la série.

Cette équipe R2CL est une bande de passionnés qui ont pris leurs congés et payé leurs billets d’avion pour l’aventure Japonaise. Ils étaient heureux d’avoir terminé la course, à la vingt-quatrième place et connu ce temple de l’endurance.

 

CÉDRIC TANGRE DERNIER RELAIS

 

Monsieur le Président de la FIM (Fédération International de Motocyclisme), le Vénézuélien Vito Ippolito, était également tout sourire, en évoquant la très belle bagarre des écuries permanentes du Mondial d’endurance et qui luttèrent pour le podium de Suzuka.

Les rebondissements incessants, relancent le suspens au classement du Championnat du Monde et la bagarre pour la couronne, en sera encore plus belle, lors des deux prochains rendez-vous, des 8 heures d’Oschersleben le samedi 11 Août, en Allemagne et des 24 heures du Mans, les 8 et 9 Septembre, au pays des célèbres rillettes chères au local de l’étape, l’ami Dominique Méliand, qui est loin d’être rassasié de… victoires, tout comme ses compères, Christophe Guyot, Nicolas Dussauge ou Gilles Stafler de Kawasaki France, qui s’invitera de nouveau à la table Mancelle.

 

VITO IPPOLITO, PRÉSIDENT DE LA FIM

 

Absents au Japon, les écuries de la catégorie Superstock, se retrouveront aussi en lutte pour la Coupe du Monde d’endurance.

Le Motorpark d’Oschersleben, a été inauguré en Juillet 1997 et son tracé actuel est de 3.696 Kms. Il se situe à 900kms de Paris et à 38 Kms de la ville de Magdeburg en ex- Allemagne de l’Est.

Détail important, les autoroutes Allemandes sont gratuites pour tous !

Autonewsinfo sera du festin et vous fera partager avec gourmandise les deux plats de résistance de ce grand final à suspens.

Horaires des 8 Heures d’Oschersleben

Mercredi 08 Août: Essais libres de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00

Jeudi 09 : Essais libres de 11h00 à 13h00
Essais Chronos 1 de 15h00 à 16 h50
Essais de nuit de 20h30 à 21h30

Vendredi 10 : Essais chronos 2 de 12h15 à 14h05

Samedi 11 : Warm-up de 9h00 à 9h45
Course : de 14h00 à 22h00
Remise des Prix: 23 h00

Après Suzuka, le SERT (60 points) garde la tête du Championnat du Monde d’endurance, devant le Honda TT legend (55 points), Yamaha Motor France GMT (49 points),  BMW (47 points), Kawasaki GSR (40 points) et Kawasaki  Bolliger (39 points).

Sur une course de 8 heures, le vainqueur empoche 35 points, le second 29, le troisième 25, le quatrième 21, le cinquième 18, le sixième 16, le septième 14 puis le tarif est dégressif d’un point et ce jusqu’à la vingtième position.

Au classement des Marques : Honda et Kawasaki sont à égalité avec 79 points devant Suzuki (75 points), Yamaha (71 points) et BMW (47 points) . La première moto de la marque comptabilise les points.

 

Texte et photos : Michel PICARD

 

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