SILK WAY RALLY : QUAND LES CAMIONS SE PRENNENT POUR DES BUGGIES….

ETAPE 2 – Volgograd – Volgograd

Liaison : 123.12 km – ES : 309.01 km – Liaison : 1.93 km (9 juillet)

 

C’EST  REDOUTABLE, UN KAMAZ

Le deuxième jour de ce Rallye Silk Way a vu quelques belles actions et un gros chambardement.

C’est une boucle autour de Volgograd, on a dit hier l’histoire de cette ville, ex  Stalingrad, martyre, héroïque et premier échec d’Hitler en 1943.

En été, la plaine est brûlante, quasi invivable et la fine poussière qui vole est cruelle pour les moteurs. En hiver, on imagine ce que peuvent donner moins quarante degrés et le vent devenu blizzard…

Le grand chambardement est bien sûr l’abandon de Jean Louis Schlesser, venu ici pour gagner et avec vraiment le talent et l’auto pour cela.

Ensuite, The « Chaud » must go on!

Yes, Schless out … THE SHOW continue !

Lavieille gagne en catégorie auto et le Kamaz russe de Mardeev l’emporte en camions. Avec cette constatation effarante… Mardeev fait le quatrième temps scratch, autos et camions confondus .

Huit minutes derrière Lavieille!

SCHLESSER S’EN VA…

C’est sûr, la course vient de perdre à la fois l’une de ses stars et l’un des garçons les plus attachants qui soient.

Jean Louis Schlesser, parti deuxième au matin de cette boucle Volgograd-Volgograd, en bagarre serrée avec le Russe Gadasin, est parti en tonneaux.

C’est un fait rarissime, pour un pilote de cette trempe et sur un engin certes fait pour sauter mais vu de près, d’une largeur impressionnante…

En plus, Jean Louis est blessé à la main, de façon assez sérieuse.

Et, « last but not the least », cela tue un peu la course.

Mais bon, c’est ça la course, les copains et les lions ne vont pas toujours au bout.

Alors ?

 

BOUCLE DU DEUXIÈME JOUR : LAVIEILLE FAIT LE BEAU TEMPS

Au programme donc, une boucle autour de Volgograd, 120 km de liaison, 300 km de spéciale et retour au bivouac.

 Ronan Chabot a pris les choses en main.

On croit savoir d’ailleurs qu’il s’entend très moyennement avec Schlesser et forcément, il a vu le buggy Sonangol, les pattes en l’air.

Il est parti dix septième le matin de ce lundi et la disparition de son ennemi intime, lui donne visiblement des ailes. Au CP 1, le premier contrôle de la journée, il passe avec le meilleur temps, une minute devant Alvarez et presque deux minutes devant Lavieille.

Alvarez s’en fout un peu je pense, il a un paquet de minutes d’avance sur Chabot depuis la veille : 20mn.

Gadasin, le vainqueur de la veille, n’est pas encore dans le coup, il navigue dans les dix… Alvarez est donc en train de faire une belle opération.

Chez les camions, la lutte géopolitique entre les sept camions russes Kamaz et les deux Man de Loprais et Versluis, a hier été remportée, de très peu, cinq minutes, par un seul russe, Nikolaev, devant Loprais.

Ce deuxième jour voit, au début tout au moins, le Tchèque Loprais faire le meilleur temps au CP1, trois minutes devant les deux Kamaz de Mardeev et Nikolaev.

Et l’on arrive au CP2: C’est Christian Lavieille, sur son proto Dessoude, qui est passé avec le meilleur temps, Chabot passe second de l’étape.

Alvarez est troisième, à une minute du leader.

A priori, mais on n’est pas en fin de spéciale, Alvarez est en tête du classement général. Lavieille et Chabot ont fini tard la veille. Pendant ce temps, la sécurité signale des voitures arrêtées partout, la spéciale est clairement extrêmement difficile, le vent très chaud et très sec  qui couvre les steppes, y est pour beaucoup.

Pourtant…

Au soir de ce lundi, c’est bel et bien Christian Lavieille qui gagne le scratch. Il est à 17 minutes d’Alvarez au général avec la quatrième place, derrière Alvarez donc, Pelichet et le revenant, l’ancien brillant rallyman, Gardemeister.

Et nous on est contents, car même si notre grand Schlesser s’en va, blessé à la main, Christian est un mec pour qui j’ai une vraie vénération.

 

 

Vainqueur du Bol d’Or, Champion du Monde d’Endurance à moto, mec absolument génial, Christian fait un magnifique vainqueur… du jour.

Pour l’instant !

Voilà ce qu’il dit à l’arrivée.

«  Cette victoire nous fait très plaisir mais c’est aussi une belle récompense pour toute l’équipe d’André Dessoude. Elle efface un peu la déception d’hier. Aujourd’hui, ce ne fut pas une étape facile et je dois bien avouer que nous avons du attaquer en restant très concentrés. La navigation était assez complexe mais Pascal est resté bien calé, bien que je le secoue pas mal ! Il m’a même avoué avoir eu le souffle coupé à deux reprises… Seul un camion est venu perturber notre progression en nous faisant perdre la bonne piste quelques minutes. La voiture a été super et a parfaitement répondu. Au niveau pilotage, je me suis bien amusé. Le tracé était globalement assez rapide et pour être performant, il faut rouler en totale confiance avec le road-book. »

Et il enchaine :

 » Même si nous reprenons un peu de temps aujourd’hui, nous ne sommes pas sur un Dakar, le Silk Way est une épreuve courte et il ne reste que trois « vraies » journées de course. Il y a encore 17 minutes à reprendre mais nous sommes plus motivés que jamais ! »

Au CP2, les premiers camions confirment la tendance du début de spéciale.

Le Man d’Alex Loprais est toujours devant ses deux poursuivants russes, Mardeev et Nikolaev.

Mais Nikolaev est à cinq minutes du Tchèque.

Autrement dit, l’écart de la veille, quatre minutes trente en faveur du Russe, a changé de camp et à ce point de la course, Loprais est en train de gagner son pari, battre une nouvelle fois les Russes chez eux.

Pourtant…

A l’arrivée de la spéciale, c’est bien le Kamaz bleu du russe Mardeev qui prend le meilleur temps. On l’a dit, à huit minutes du vainqueur en auto!

Il est trois minutes devant Nikolaev et presque six minutes devant le Tchèque Loprais.

Au général, on a donc Nikolaev, trois minutes devant Mardeev, sept minutes devant Loprais.

Deux Kamaz devant un Man.

 

 

Mardi, le Rallye descend vers Elista à travers le désert des Kazars et va entrer chez les Kalmukhs.

Un peuple venu de très loin, avec les invasions mongoles, mais qui est resté à l’état nomade dans ses steppes et ses déserts.

488 km de spéciale pour 180 km de liaison, on démarre sur un immense plateau, c’est roulant, puis arrivent dunes et points GPS secrets…

Les navigateurs vont avoir du taf!

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Éric  VARGIOLU – DPPI et AUTONEWSINFOS

 

 L’ÉTAPE DE CE LUNDI 9 JUILLET 2012

 LE PARCOURS DU SILK WAY RALLY 2012

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