LE MANS CLASSIC : AU HASARD DES RENCONTRES, ENTRE AVERSES, VOITURES, COURSES, CLUBS, VENTE AUX ENCHERES…ET FOULE,

PLATEAU 2 : DÉPART TYPE LE MANS

AU HASARD DES RENCONTRES, ENTRE AVERSES, VOITURES, COURSES, CLUBS, VENTE AUX ENCHERES…ET FOULE,

Le week-end s’annonçait pluvieux, il le fut par intermittence et parfois avec violence, pourtant la foule, la grande foule, était au rendez-vous du Mans Classic, sans réserve aucune.

 

PADDOCK 5

 

Il faut dire qu’une organisation tirée au cordeau -au propre comme au figuré– permettant la mise en  valeur de toutes les voitures, celles devant courir comme les statiques, avait de quoi séduire les puristes de la voiture historique, mais plus largement tous les amateurs d’un pan de l’histoire automobile, à savoir les voitures ayant roulé au Mans, pour les plateaux de course, et toutes les autres  ayant marqué l’histoire automobile.

 

PADDOCK 1

 

Déambulant dans les allées des paddocks, la foule pouvait exprimer des commentaires d’autant plus pertinents que l’information sur chacun des modèles était clairement affichée avec les noms des pilotes engagés. On pouvait s’interroger quant à la sociologie de ce nombreux public.

Nous avons interrogé quelques spectateurs jeunes et moins jeunes à propos de leur motivation à suivre une épreuve historique.

Quelques jeunes parisiens –moins de trente ans– garçons et filles, scrutent les nuages tout en parcourant le paddock du plateau 5 (années  1966 à 1971). Ils s’accordent tous pour nous confier:

 » Nous n’allons pas sur les courses modernes, mais ici c’est un grand plaisir de suivre Le Mans Classic. L’atmosphère qui se dégage est tout à fait agréable et l’ambiance chaleureuse. Nous aimons les belles mécaniques, celles qui ne sont pas esclaves de l’électronique. L’esthétisme nous guide également pour apprécier des formes de carrosseries très belles. L’ambiance et l’atmosphère rétro ça nous va bien. en fait nous sommes puristes. De plus, un jour on sait qu’on ne verra plus courir ces voitures de légende, alors nous voulons revivre le parcours mythique qu’elles ont accompli, et nous sommes très heureux de profiter pleinement pendant deux jours de l’événement. »

 

UN PUBLIC INCROYABLE : 109.000 SPECTATEURS PRÉSENTS AU MANS CLASSIC

 

 

Autre groupe rencontré à la terrasse d’une brasserie dans l’allée centrale (photo), ce sont des personnes d’un âge mur, venant de la région de Poitiers pour  » sortir les voitures -une 403 cabriolet et une SM- , mais aussi par passion pour les voitures anciennes et vivre pleinement pendant 3 jours une ambiance. »

Une jeune dame, fille d’un papa mécanicien, avoue être tombée dedans très jeune et aime retrouver au Mans Classic  les odeurs, les bruits de course de son enfance.

Tous ne pensent même pas, ne pas venir assister à cette épreuve qu’ils adorent.

Heureuse conjonction, de nombreux pilotes tiennent à peu près le même discours. Qu’ils soient en activité ou un peu en retrait, le Mans Classic les attire comme un aimant.

 

GÉRARD LARROUSSE ET JEAN PHILIPPE GRAND ET LA PORSCHE 911

 

Tenez, Jean Philippe GRAND, pilote brillant des 24 heures puis manager au palmarès glorieux avec le Graff Racing, ne nous déclare-t-il pas :

« Le Mans Classic, pour moi c’est avant toute chose passer un bon week-end avec des copains (il roule sur une Porsche 911 RSR 2,8l de 1973) et c’est un total plaisir, tout à l’opposé de ce qui se passe en moderne, où l’on ne reverra pas sur des courses ».

 

SOHEIL AYARI PILOTE DE LA FERRARI 512 BBLM

Un peu plus loin, c’est Soheil AYARI qui se prépare à partager le volant de la FERRARI 512 BBLM, la N°69 avec  » Mr JOHN of B », visiblement heureux de se trouver là, le pilote Aixois qui nous déclare sa flamme, au Mans Classic:

« C’est la quatrième fois que je courre cette très belle épreuve. C’est la plus grande fête de l’automobile pour tous les amoureux des voitures anciennes, pour les collectionneurs. On voit les plus belles  voitures du monde, hors monoplaces. Ce que j’adore c’est me rappeler  ce que les pilotes d’avant moi pouvaient réaliser avec ces voitures et la modestie et le respect qu’il convient d’avoir quand on a la chance de piloter les très belles autos qu’on nous confie ».

 

Pour le pilote qui se bagarre cette année au volant d’un Proto Oreca – Nissan LMP2 du Team PECOM (troisième place aux 24 heures et également au championnat), cette parenthèse sympathique est prise comme des vacances de luxe, dont il entend profiter pleinement.

Un peu plus loin, et à peine descendu de la très belle PORSCHE 935 Moby Dick n° 27 de l’écurie Freisinger, Manuel COLLARD qui connait contre son gré, des vacances forcées, suite aux soucis que rencontre actuellement le Team Pescarolo, semble apprécier cette parenthèse course qui lui a été proposée par son pote, Romain DUMAS.

Il découvre la voiture et ne cache pas que:

« Ça n’est pas simple, tout est plus dur: la boîte, les freins mais aussi la direction. Je n’ai jamais roulé avec cette auto et nous connaissons un petit souci avec un gros temps de réponse avec le turbo, mais on va s’y faire… »

En tout cas en bon professionnel, il va aller échanger avec Romain sur les solutions qu’il faudrait trouver pour exploiter pleinement en professionnel, le véhicule qui leur est confié. Et il guettera ensuite sans aucun doute tout appel lui permettant d’entrevoir de revenir en endurance moderne.

Les contrastes dans cette manifestation sont saisissants.

D’un côté l’inclination naturelle des habitués des compétitions modernes conduit à se tourner vers les pilotes de renom qui souvent sont au volant des voitures les plus récentes, alors que de l’autre, les collectionneurs, les puristes de l’historique dirigent leurs pas, vers les paddocks rassemblant les voitures, les plus anciennes.

Non, la guerre des anciens et des modernes n’aura pas lieu, tout le monde y trouvera son compte, même si les pilotes encore en activité sont très admiratifs des risques pris par les puristes qui sur leurs machines des années 60, atteignent des vitesses ahurissantes.

 

PLATEAU DES ANCIENNES

 

Le Plateau 1 regroupant justement les voitures d’avant guerre, est donc très visité et il faut bien le dire, un peu colonisé par des concurrents anglais. Les Français (moins de 20%), ne trouvent d’ailleurs pas très normal que le briefing, en France, se tienne en… langue anglaise !!!

Fichtre…

Nous avons la chance de trouver sur notre chemin, un commerçant nantais, collectionneur et passionné. Du Solex à la monoplace, Régis BOUGNOUX, se passionne pour les belles mécaniques d’époque et après 10 années de course en moderne  –Coupe Saxo et Andros– il bascule avec plaisir dans la course historique.

Avec son ami co-pilote et préparateur, Edouard GUERREIRO pour leur première participation ils ont choisi d’aligner la BUGATTI 35 B de 1924, plutôt que la MG TB compresseur de 1939 où la GINETTA G4 de 1962.

14ème en première manche, 8ème en seconde manche, on ne les a pas revus pour la finale. Dommage!

Régis BOUGNOUX, ne tarit pas d’éloges sur sa voiture:

« Cette Bugatti est incroyable. Elle est véloce -plus de 200 km/h dans les Hunaudières, légère et puissante c’est un plaisir dans les portions sinueuses. »

On sent ce collectionneur pilote, vibrer avec sa voiture et communier avec les autres collectionneurs et partager sa passion avec les spectateurs .

 

UNE SUPERBE BUGATTI TYPE 51

 

« On se connait tous dans ce monde de l’historique, mais vous savez pour notre part nous sommes  vraiment des amateurs au sens noble du terme. Si vous regardez du côté des anglais c’est bien autre chose. Et que dire du team américain  avec les TALBOT? Chaque voiture côute entre 800 000 euros et 1 million et le team dispose d’ingénieurs pour la préparation et l’exploitation… »

 

Les activités du week-end étaient multiples avec des événements ‘phare’ comme la vente ARCTURIAL, toujours orchestrée de main de MAITRE et sous chapiteau par … Maitre POULLAIN. (photo )

Le matin: vente des accessoires  avec programmes des 24 heures, cravates, pièces automobiles et livre de notre ami et excellent confrère et fidèle collaborateur d’autonewsinfo, Thierry COULIBALY.  Le titre de son ouvrage fort intéressant d’ailleurs :

Passion 24 heures du Mans. Ouvrage dédicacé par 51 personnalités du sport automobile et l’après midi, vente des voitures. Dans cette enceinte il fallait mieux se mettre à l’unisson vestimentaire et le spectacle était aussi dans la salle.

 

LE LIVRE  ‘PASSION  24 HEURES’

 

 

La FERRARI 275 GTC fut emportée au pris de 1.540.000 euros, une Mercedes  300 SR, fut attribuée pour 643. 000 euros et une PEUGEOT 402 à 322. 000 euros.

La vente a rapporté la bagatelle de …8,7 millions d’euros.

La crise n’existe pas pour tout le monde…

 

PADDOCK 6

A côté de ces envolées financières, des choses plus prosaïques nous surprenaient, comme les mémères avec leur chien dans le panier, les tenues décalées, le coiffeur en service des années 50 avec les casques rétro, le magasin de tenues cabaret tenu par des allemandes, les jeep américaines transportant des jeunes filles célébrant la libération, les paniers repas en osier, les scooters colorés en location avec casque d’époque, les lunettes et casques en cuir indispensables pour piloter les voitures d’avant guerre, les gravures d’époque, les bagages d’époque..

 

LES PILOTES, METZGER ET PIGUET DE LA CORVETTE 49

 

 

Et puis, nous reprenions pied dans la vraie course, avec un équipage du plateau 5, la N° 49 , la Chevrolet Corvette de Franck METZGER et Julien PIGUET.

Franck, qui pendant 8 ans a roulé avec une Porsche 911 3 litres, est déjà venu 2 fois au Mans Classic. Il est totalement historique et s’est associé avec Julien PIGUET, pilote professionnel et son ami, devenu coach pour tirer le meilleur parti de la superbe bête rugissante.

Trois fois Champion de France, dorénavant reconverti en moniteur, animateur du circuit de Marcoussis, Julien apporte son expérience pour régler la voiture et conseiller son ami. Au passage, il qualifie l’auto en première position avec un bon tempos de 4’38 ».

On est assez étonné à devoir jouer des coudes, pour arriver à passer dans les paddocks, l’accès en est autorisé à condition d’avoir un badge correspondant mais l’essentiel c’est bien que la possibilité existe.

Bien des spectateurs s’offrent donc ce petit plaisir et veulent approcher la réalité des voitures de course.

 

LA FERRARI N° 26, EN PERDITION

 

Par contre, suivre les courses, est un réel exploit, quasi impossible à réaliser, tant la diversité des horaires -en continu de 15 heures samedi à 16h30 dimanche avec une alternance des plateaux en piste- et l’absence de classements affichés compliquent la tâche.

Par contre, le spectacle suffit au bonheur.

D’ailleurs, quelques 109.000 personnes sont venues au Mans Classic et ce malgré une météo pour le moins désespérante.

Et de jour comme de nuit, Le Mans Classic ressemblait à s’y méprendre aux récentes 24 Heures du Mans, tant il y avait de Monde…

Les rencontres sont aussi fortuites que significatives.

Alex VIERA, Grand Champion moto, 5 fois vainqueur du Bol d’or, vient soutenir son ami Dominique LACAUD, juste pour le fun , précise-t-il.

Olivier QUESNEL, fraichement recruté par OAK Racing, n’est pas très loin. Nous ne pouvons que le féliciter pour sa reprise d’activité, après le retrait de Peugeot et lui demander  comment il voit les choses pour son futur immédiat:
« Je vais m’attacher à bien définir et consolider le périmètre du OAK Racing et de rendre cohérentes toutes les activités auto  du groupe et d’en développer d’autres après avoir renforcé la structure Endurance. Quand on voit certaines belles  choses qu’ont pu réaliser des Malcom WILSON ou David RICHARDS, avec des constructeurs, on peut aspirer à établir des collaborations pérennes avec un constructeur. Je vais aussi travailler au redéploiement de DPPI. Je suis arrivé depuis une semaine seulement…. »

Les allées du village, les expositions, les bars et lieux de restauration, les abords de la pré grille, attirent pour des objectifs différents de nombreux spectateurs.

 

LE DÉPART DU PLATEAU 2

 

Il ne faut pas oublier les opérations de communication que Le Mans Classic, favorise, comme on peut le comprendre. Un exemple, BMW a tout misé sur des invitations de clients passionnés, sélectionnés par les concessionnaires.

L’invitation se veut une récompense pour la fidélité à la marque et a pour objectif de faire découvrir la M5 ou la M1, dans des conditions extraordinaires.

Des pilotes d’expérience comme Didier ANDRE  (8 participations aux 24 heures) ou Steve HIESSE,  baptisent les invités sur le grand circuit des 24 heures:

Un véritable rêve éveillé, garanti!

 

 

D’ailleurs, notre boss à nous, Gilles Gaignault, a eu droit à son tour du grand circuit au volant d’une de ces BMW M1. Il s’est fait accompagner par l’un de nos photographes, Thierry COULIBALY.

Lire et voir le reportage ce mardi sur autonewsinfo

 

ROULER SUR LE CIRCUIT DU MANS : LE RÊVE !!! EXAUCE. MERCI BMW ET PATRICK LUCAS

 

Tout le monde, finalement, trouve son compte dans cette grande fête de la voiture. Les gens d’âge mûr donnent un peu dans la nostalgie, les plus jeunes s’attachent aux valeurs de la tradition et de la culture patrimoniale. Les parents veulent montrer à leurs enfants de quoi, fut fait leur enfance, les femmes n’ont pas le temps de s’ennuyer en regardant des voitures tourner sans fin, elles dénichent d’autres pôles d’intérêt.

On peut dire que le Mans Classic, trouve sa grande force dans la variété, la qualité et le fait de présenter un grand show aux multiples facettes complémentaires et fédératrices.

 

INOUBLIABLES LES FORD MUSTANG

 

En fait, pour nous, habitués des compétitions modernes dans lesquelles le résultat est l’objectif premier de nos compte-rendus, le Mans Classic est surprenant.

Il semble bien que chaque équipage gravit son Everest à lui et trouve sa première satisfaction dans le fait de piloter, en l’occurrence, ici sur cette célèbre ligne droite des Hunaudiéres, tant appréciée pour les sensations  qu’elle procure.

Il faut dire que quelques heures après l’arrivée de la dernière manche du plateau 6 par exemple, la direction de course n’avait pas pu sortir les classements finaux, et de cela personne ne s’en souciait, pas plus les concurrents occuper à plier bagages, ni les journalistes, ayant déserté, depuis longtemps, la salle de Presse.

Pour ceux, comme nous, qui avons patiemment attendu, le désagrément fut double. Non seulement, à 19 heures, on nous indiquait que les résultats ne seraient communiqués que lundi, et quand on voulut regagner notre voiture au Parking zone Sud, le tunnel sous la piste était fermé et la marche à pied avec le matériel vint couronner nos efforts consentis  au service de l’information.

Pour autant, grâce à la complaisance d’Henri SUZEAU,  de Peter Organisation, autonewsinfo peut communiquer les résultats du Jury du LE MANS HERITAGE CLUB, véritable ‘label qualité’ aux voitures d’exception, dont le public ne s’est pas lassé d’admirer les lignes superbes et l’authenticité intégrale des autos exposées, durant tout le week-end, en haut du village.

Le Prix d’excellence a été attribué à la quasi unanimité à la CADILLAC, dite le Monstre construite par Briggs CUNNINGHAM en 1950.

Le Prix Spécial de la Fédération Française de Véhicules d’époque, revient à la MATRA MS 670 pour le 40ème  anniversaire de sa victoire aux 24 heures du Mans, le 11 juin 1972

Le Prix Spécial du jury, a été attribué à la BENTLEY Embiricos

Le Prix pour la qualité historique, revient à la FERRARI TR, victorieuse aux 24 heures 1961, avec Phil HILL et Olivier GENDEBIEN

Ensuite sont distingués dans chaque classe, les véhicules suivants:

Classe 1 : TRACTA
Classe 2 : GORDINI 18 TS
Classe 3  : SUMBEAM Alpine
Classe 4 : FORD GT 40 MKII B châssis 1047
Classe 5 : RONDEAU MS 378
Classe 6 : PESCAROLO 60 Hybrid

Prix MEGUIAR’S pour la qualité de la restauration l’ALPINE RENAULT  A 220

Le MANS CLASSIC, est sans aucun doute devenu un événement incontournable du patrimoine automobile, au même titre -côté so british en moins– que Goodwood.

Encore que !!!

Le public ne s’y trompe pas, comme s’il souhaitait se raccrocher au temps qui fuit et éviter de vivre dans cette immédiateté qui nous grignote et nous prive de profiter, de savourer, de prendre le temps de…

 

PLATEAU 6, UNE MIRAGE GULF

 

L’esprit de compétition demeure. La camaraderie existe. Les mots clés de cette épreuve, entendus le plus  souvent au cours du week-end, furent:

Passion, bonheur et plaisir.

Ce sont effectivement ces ingrédients qui nous ont également habités. Dire qu’il faudra attendre deux ans pour revivre cette ambiance fabuleuse!

Le mot de la fin ?

Cette édition du Mans Classic, était GÉANTE !!!

BRAVO et MERCI à Patrick PETER.

Et à l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) de l’avoir soutenu il y a dix ans, lorsqu’il proposa d’organiser cette épreuve
Alain MONNOT
Photos: Michel PICARD Thierry COULIBALY

 

PORTFOLIO…. SOUVENIR

 

BRIAN REDMAN ET L’ALFA ROMEO 33


FABIEN GIROIX ET LA PORSCHE 908

PHILIPPE VANDROMME ET PAUL BELMONDO AVEC LA PORSCHE 910 N° 55

YVAN MULLER ET ANTOINE VANDROMME DEVANT LEUR CORVETTE

LA SUPERBE TALBOT LAGO

LE SALUT DES… ANCIENS ET DES ANCIENNES

Sport

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