GRAND PRIX DE FRANCE DE F1: NEVEU ET CLAIR A FOND POUR LE PAUL RICARD

 

Aujourd’hui, le dossier sportif et économique F1 du circuit Paul-Ricard est bouclé et il est opposé à celui, très politique, de Magny-Cours.

Pour Stéphane Clair et Gérard Neveu, le Grand Prix de France F1 est un match gagnable par le circuit Paul-Ricard devant Magny-Cours…

 

 

S’il fait la part belle aux GT (BMW et Porsche, Ferrari et Audi notamment) et aux Lamborghini Gallardo du Super Trofeo, le week-end Blancpain Endurance Series organisé par SRO (Stéphane Ratel organisation) au circuit Paul-Ricard – courses de 10h à 18h sur le tracé de 5,8km – est aussi l’occasion de rencontres, pas forcément fortuites.

Ainsi, Gérard Neveu – ex-Directeur du site désormais patron du WEC, (championnat du monde d’endurance) – et son successeur, Stéphane Clair, ont accepté hier à notre demande, de deviser à propos du dossier du Grand Prix de France F1.

 

 

Gérard Neveu : « Mon cœur est au circuit Ricard »

 

Bien que Gérard Neveu s’en défende, il garde toujours un œil tendrement tourné vers le Plateau du Castellet.

 » Ma position actuelle fait que je ne peux pas faire de commentaire sur le sujet du Grand Prix de France F1 au Paul-Ricard ou ailleurs… lance amusé le Varois.

Et, il s’empresse d’ajouter :

 »  Ce n’est plus mon rôle et je n’ai pas l’habitude d’ouvrir ma gueule quand ça ne me concerne pas. Je l’ai déjà dit, si la F1 revient en France en 2013 après quatre ans d’absence ce sera mieux. Où ? Peu importe, mais… mon cœur est au circuit Ricard, qui a été spolié du Grand Prix en 1990. Mais c’est plutôt à Stéphane de s’exprimer sur ce thème ! « 

La semaine prochaine, Gérard Neveu, à peine remis de ses émotions de la 80e édition des 24 Heures du Mans, sera au fabuleux rendez-vous Le Mans Classic, mis sur roues par Patrick Peter (Peter auto) également promoteur du génial Tour auto et d’autres rendez-vous où les voitures historiques de compétition sont reines :

« Mes premières 24 Heures en qualité d’organisateur du championnat du monde d’endurance ont été un véritable régal pour trois raisons au moins, la présence de 240 000 spectateurs dans une ambiance de fête, de belles bagarres dans toutes les catégories, et enfin le fait qu’une Toyota hybride se soit retrouvée en tête devant une Audi après six heures de course… le format des courses du Mondial ! Cela promet pour l’avenir. Et je peux vous révéler que François Fillon sera au Mans le week-end prochain sous les couleurs du WEC (World endurance championship), car il a toujours été et il reste un passionné d’automobile et de sport auto. Son travail pour le Grand Prix de France F1 a été remarquable et, lui au moins, a tout fait pour que le projet se concrétise. »

Un « lui au moins » qui en dit long et incite, entre autres, à se demander pourquoi la promulgation du Groupement d’intérêt public du Grand Prix de France F1 a été si longue à venir…

François Fillon, aurait-il été victime de quelques lourdeurs et lenteurs administratives, comme en subissent au quotidien les citoyens français, ou d’amis qui lui voulaient du bien ?

 

Stéphane Clair : « Avant la présidentielle notre dossier avait avancé à 99% »

 

Aux commandes du Paul-Ricard depuis moins d’un an, Stéphane Clairpar ailleurs organisateur des rallyes-raids autos-motos-camions du Maroc et de Tunisie sous la houlette de NPO, l’entreprise aubagnaise dirigée par son épouse Emma – rappelle :

« Après une petite pose au moment de l’élection présidentielle, alors que le dossier avait été avancé à 99% sous l’impulsion de François Fillon alors Premier ministre, il ne restait plus aux avocats qu’à finaliser les contrats entre le GIP (Groupement d’intérêt public) et la FOM (Formula one management, présidée par Bernie Ecclestone) avant la signature du ministre de tutelle (Jeunesse et Sports), nous nous sommes remis à travailler sur le dossier du Grand Prix de France. »

 

Charlie Whiting : « Des installations remarquables en état irréprochable »

 

Et Stéphane Clair, d’enchainer :

« Sachez que le circuit a de nouveauté été homologué F1. Grâce aux récents aménagements de la pit-lane (zone des stands) avec un grillage haute protection et la mise en place de postes sécurisés pour les Commissaires tout autour de la piste, le circuit Paul-Ricard répond désormais aux toutes dernières évolutions réglementaires. »

De son côté, le Britannique Charlie Whiting, Directeur de course F1 et délégué sécurité à la FIA (Fédération internationale automobile) pour la Formule 1, précisait le 20 juin dernier à l’issue de son inspection :

« Le circuit Paul-Ricard et ses installations sont tout simpement remarquables et ils répondent aux normes les plus rigoureuses. Que ce soit le revêtement, les zones de dégagements, les vibreurs, les murs et les grillages de protection, tout est dans un état irréprochable. »

Seule ombre au tableau, le Paul-Ricard subit toujours – c’était le cas hier encore et son responsable informatique s’en est ouvertement plaint à la suite de pannes répétées – de sérieux problèmes avec Orange, son fournisseur d’accès téléphonique et internet.

Si c’était le seul obstacle à la renaissance du Grand Prix F1 et à son retour, ce serait presque anecdotique.

 

Valérie Fourneyron, les finances publiques… et la minorité de blocage de l’Etat

 

La balle est désormais dans le camp de la nouvelle ministre des Sports, Valérie Fourneyron, qui vient de déclarer :

‘Les exigences de maîtrise des finances publiques fixées par le Président de la République et le Premier ministre indiquent que l’État ne pourrait en aucun cas contribuer financièrement à l’organisation du Grand Prix de France de F1. »

Ce en quoi elle ne fait que s’aligner sur les prises de position de son prédécesseur, David Douillet, avant toutefois de dégager en touche et de passer la balle à la FFSA (Fédération française du sport automobile). Histoire de remettre les compteurs à zéro ou de jouer le calendrier ?

Voire de faire oublier l’argent public dont a largement bénéficié en son temps Magny-Cours, toujours sous perfusion politicienne ?

Sachant comme nous le rappelait, Gilles Gaignault,  ce week-en lors des BLANCPAIN séries au Paul Ricard, que le nouveau directeur, le très dynamique Serge Saulnier, se bat lui aussi pour récupérer le GP de France. Mais, en Nièvre, a ton les moyens de soutenir les ambitions légitimes du boss de Magny cours ?

 

  F1 : la ministre entre Ponce Pilate et M. de La Palisse

Si le gouvernement n’y met pas d’obstacle, les F1 reviendront bientôt voler de virage en virage au circuit Paul-Ricard. Et le Grand Prix de France F1 renaîtra enfin !

Valérie Fourneyron, ministre des Sports, la joue tel Ponce Pilate dès sa première décision au sujet du Grand Prix de France F1 – disparu depuis 2009 et le « bouillon » de Magny-Cours – dont elle a transféré la responsabilité du dossier à la Fédération française du sport automobile. Ce n’est pas un choix mais un banal état de fait, puisque la fédé de tutelle du Mondial F1 est la Fédération internationale de l’automobile, dont l’interlocuteur sportif pour chaque Grand Prix est naturellement la Fédération nationale, donc pour la France la FFSA. Un acte que n’aurait pas renié M. de La Palisse.

Au Groupement d’intérêt public Varois et au circuit Paul-Ricard, on s’interroge…

 

 

Il convient aussi de savoir dans le sud, qu’avec 35% des parts du GIP et la minorité de blocage dans celui-ci, l’Etat y a comme partenaires la FFSA (Fédération française du sport automobile), la CCI du Var (Chambre de Commerce), le Conseil Général du Var, ainsi que les communautés de communes de la Sainte-Baume et Toulon-Provence-Méditerranée.

Tous sont prêts à élire le Marseillais Jacques Bianchi (Président de la CCI) à la présidence du GIP.

 

Stéphane Clair : « Notre dossier sportif et économique est bouclé avec le GIP »

 

Au circuit Paul-Ricard, tout est prêt ou presque… car depuis l’élection de François Hollande à la Présidence de la République, le très politique circuit de Magny-Cours – voulu par François Mitterrand, et propriété du Conseil général de la Nièvre (Socialiste) – a très sérieusement repris le mors aux dentsn sous l’impulsion de son dynamique Directeur, Serge Saulnier.

Stéphane Clair (En photo avec Jacques Bianchi), concluant :

« Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est que tous les acteurs affirment leur volonté à l’égard du retour du Grand Prix de France F1 en Provence. Notre dossier sportif et économique est bouclé et grâce à l’engagement du GIP, le risque de l’état y est de zéro euro. En revanche, le dossier de Magny-Cours est plus… politique. Et deux dossiers à étudier, c’est forcément une perte de temps supplémentaire ! »

Le Grand Prix de France n’est donc pas mort, le circuit Paul-Ricard est en pleine forme et à nouveau homologué F1 et le match qui l’oppose historiquement à Magny-Cours depuis 1990 est relancé. Mais le Var peut et doit gagner !

Attention tout de même, car si le Conseil mondial de la FIA peut valider très tard dans l’année le calendrier du Championnat du monde à venir, attendre sagement l’arrivée du Père Noël ne redonnera pas forcément vie au Grand Prix tricolore en 2013.

Au pire, cela nous fera cinq ans sans F1, pas forcément en enfer mais…

 

Charles-Bernard ADREANI (cbadreani@laprovence-presse.fr)

Photos : CBA- Bernard ASSET- Bernard BAKALIAN et DR

 

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