24 HEURES DU MANS : NICOLAS PROST AU MANS, LA COURSE PARFAITE

 

Nicolas Prost et ses complices,  le Suisse Neel Jani et l’ancien pilote de F1, l’Allemand Nick Heidfeld, ont réussi la course parfaite et sont parvenus à s’immiscer en haut de l’affiche de ces 80émes 24 Heures du Mans, se classant à une inespérée 4éme place, synonyme …. de vainqueur et sachant qu’au départ, avec quatre Audi et deux Toyota ‘ usine ‘ pareil résultat était loin, très loin, d’être acquis !

La catégorie que Nico et ses pairs ont gagné… n’existe pas !

Appelons la « voitures à essence », ou « voitures de course » par opposition aux missiles … diesel, bourrés et gavés de chevaux par leur constructeur et par le règlement…

 

Sa Lola Toyota de l’équipe Suisse Rebellion, finit en effet à une excellente quatrième place, derrière trois des quatre intouchables Audi de l’armada d’Ingolstadt.

Et évidemment devant les deux Toyota TS30, l’équivalent des bolides Allemands mais…  version Japon

La seule interrogation sur le résultat au scratch consistait d’ailleurs à parier sur l’ordre dans lequel arriveraient les Audi.

C’est donc derrière que la course devient un vrai évènement, même s’il ne faut rien retirer aux qualités des pilotes qui ont pris les trois premières places du podium.

Eux ont fait leur boulot, et bien.

Ce sont les règlements qui ne font pas leur boulot

Et le prochain que les dirigeants de l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) viennent de dévoiler à la veille des récentes 24 Heures du Mans, est déja loin de faire l’unanimité !!!

Y compris chez les grands constructeurs comme Audi !!!

Mais, revenons à la course de 2012

NICOLAS PROST: « SATISFACTION! »

 

Nicolas me rappelle seulement ce jeudi, auparavant, il était en essais sur le circuit andalou de Jerez de la Frontera, avec Jérôme d’Ambrosio, en compagnie duquel  il roulait depuis mardi, au volant d’une Formule 1… de l’équipe Lotus-Renault !!!

Quand je lui dis, que d’une certaine façon, qu’il a gagné le vrai Le Mans, il part d’un bel éclat de rire.

« On n’a pas gagné, malheureusement! On ne fait même pas de podium. Cela dit, grosse satisfaction, course parfaite. Tu te rends compte, les gars ont fait un boulot magnifique, pas un problème technique. »

On lui demande alors bien sûr comment il a vécu cette course…

On ne pouvait évidemment pas gagner, battre toutes les « essence » en revanche, c’était un beau challenge. Nous savions, ou en tous cas, nous nous doutions que les Toyota officielles, n’iraient pas au bout, quant à Audi, l’équivalence Diesel-essence, a  certes été modifiée, mais de rien du tout.

J’ai l’impression d’écouter les bonnes paroles…d’Henri Pescarolo, qui tient rigoureusement le même discours !!!

 

Et, Nicolas Prost, poursuit :

Il va vraiment falloir que l’ACO se penche sérieusement sur le problème. Problème qui s’aggrave d’ailleurs, avec l’arrivée des hybrides. On peut imaginer, en course, des différences de 2 à 3 secondes au tour mais pas 7 secondes! Je pense que l’arrivée de Toyota va faire bouger les choses.

Je lui dis que c’est à espérer, je pense à Henri Pescarolo qui prêche dans le désert depuis des années….

Tout le monde aurait intérêt à un règlement qui soit le même, équivalences justes à la clé… Car à écouter les fans au Mans, les succès à répétition depuis dix ans des Audi commence à lasser !!!

Et l’affluence s’en est d’ailleurs ressentie cette année, en l’absence des 908 et ce malgré l’arrivée et la venue de l’équipe Toyota…

 

Nicolas reprend…

 » Toyota a été remarquable. Malgré sa présence officielle avec des voitures d’usine, Toyota nous a fourni du superbe matériel. Au sein du team Rebellion, grand bonheur. C’est ma cinquième participation à cette course, c’est ma meilleure. Et cette année, il y avait une grosse opposition. Notre seul problème c’est pendant la nuit, la piste est tellement froide que nous ne pouvions plus mettre les pneus en température. Et il devenait compliqué de rouler,  il fallait vraiment faire très attention. C’est un problème spécifique de la Lola, elle ne tape pas dans ses pneus. Énorme avantage mais aujourd’hui, les fabricants proposent surtout des pneus costauds, tu imagines ce que les Diesel peuvent bouffer comme gomme, et nous, ce n’est pas notre besoin immédiat. Au petit jour, la température de piste est tombée en dessous de 25 degrés, on était à l’agonie!

Voilà donc pour les souvenirs difficiles.

 

Et les grands moments alors?

« J’étais au volant pour le dernier relais. L’arrivée est donc mon plus grand moment de la semaine,mais avant c’est une torture infernale. A chaque petit rebond sur la piste, tu as peur, tu écoutes le moindre petit bruit, partout, moteur, suspensions, pneus… La dernière demi-heure est un enfer. Une année, la voiture qui nous précédait au classement, a cassé dans la dernière heure. Donc tout peut arriver!« 

 

Je lui dis qu’autonewsinfo a fait un papier sur la venue de son père avec son frère Sacha, pour l »encourager aux essais jeudi soir.

 » Mais, il n’est pas resté, il ne vient jamais pour les courses. Un truc comme les 24 heures, c’est vraiment dangereux! Mais je sais que dans toute ma famille, mon père, ma mère, tout le monde, personne n’a dormi, tout le monde a regardé la télé! »

 

Et bien, deux choses, sont donc claires.

Alain Prost n’aime pas rester en bordure de piste, un peu logique, il sait la folie qu’est une course courue au plus haut niveau. 

Mais surtout, il peut être très fier de son fils Nicolas…

Premier avec ses potes, Neel et Nick, derrière l’ogre Audi !

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Bernard BAKALIAN – Patrick MARTINOLI- Thierry COULIBALY

Sport

About Author

jeanlouis