24 HEURES DU MANS : LES GRANDS DÉÇUS DE 2012

    DE GROS ESPOIRS DÉÇUS !!!

 

Si certains comme l’ogre Audi, une nouvelle fois, une fois de plus, une fois encore, mais comment pouvait-il en être autrement, affichaient des mines réjouies et de larges sourires, d’autres en grand nombre, ne cachaient pas leur chagrin et leurs immenses déceptions en ce dimanche 17 juin au Mans

Aux rangs desquels, on notait bien évidemment l’équipe Toyota.

Mais également les écuries Pescarolo, DELTAWING et OAK Racing

Revue de détail, des frustrés, des déçus, des amers !

En premier lieu, Toyota.

 

Après des années d’absence, la firme Nipponne revenait cette année au Mans avec une toute nouvelle voiture, très tendance, car propulsée par une technologie avant-gardiste en compétition avec un moteur HYBRIDE.

Bien sûr, il semblait peu probable pour ne pas écrire IMPOSSIBLE que Toyota renverse Audi et l’écarte du piédestal sur lequel la firme Allemand trône annuellement en Sarthe et ce depuis 2000 exception faite de deux défaites, l’une concédée à la cousine Bentley en 2009, l’autre face à l’équipe Française Peugeot, en 2009

Mais, Peugeot qui en cinq participations au Mans ces dernières années, n’était parvenu qu’à une seule reprise à faire trébucher les bolides d’Ingolstadt !!

C’est la raison pour laquelle en interne chez Toyota comme en externe, les observateurs, peu  estimaient possible et envisageable dès cette année, une victoire des TS030 Hybride, estimant à juste titre, qu’eu égard à l’incroyable expérience d’Audi en endurance en général et au Mans en particulier, qu’Audi donc, puisse être battu !

Et, si déception il y a, elle ne concerne que la manière dont Toyota a perdu la bataille.

En effet, les deux Toyota ont été bêtement et stupidement éliminées et mise hors-jeu, par la bévue des pilotes !

 

 

Explications :

Après avoir agréablement surpris son monde toute la semaine, lors des essais libres puis à l’occasion des séances de qualifications, on attendait beaucoup de la confrontation en course de ces TS30 Hybride, face d’une part aux Audi de l’ancienne génération les R18 Ultra que face, d’autre part, aux toutes nouvelles, les dernières nées d’Ingolstadt, les e-tron quattro, également Hybrid !

Dominées en début de course, les Toyota revenaient, petit à petit au fil des heures, dans le sillage des imbattables Audi

Et ce que tout le monde attendait, la prise du pouvoir et du commandement, de ces 80émes 24 Heures du Mans, par les Japonais, finissait par se faire jour.

La bataille de la Sarthe tant attendue et espérée même, allait enfin se déclencher

 

En effet, à 19Heures 58, la Toyota N°7 qui chassait derrière l’Audi de tête la °1, s’emparait de la tête de la course. Nicolas Lapierre réussissant à doubler Benoit Treluyer !

Et ce après une véritable empoignade et bataille de chiffonniers inattendue en endurance et qui dura l’espace d’un bon tour (13Km640) !!!!

Mais, la joie allait être de courte, très courte durée car deux minutes plus tard, à la fin de la ligne droite des Hunaudieres, le jeune Britannique Anthony Davidson, qui lui aussi, jusqu’alors talonnait l’Audi de tête, bien positionné et placé en embuscade dans les échappements de la voiture-sœur de Nico Lapierre, tentait un dépassement, sur une GT en parvenant au freinage, du toujours périlleux virage  de Mulsanne.

 

 

Hélas malheureusement, le pilote gentleman de l’une des Ferrari F458, la N°81 de la Scuderia AF Corse, l’Italien Piergiuseppe Perazzini, se rabattait brutalement vers la Toyota.

Le choc était inévitable. Et dans les secondes qui suivaient le harponnage, la Toyota décollait et partait en l’air en tonneaux avant de retomber au sol pour filer à très haute vitesse s’encastrer dans les rangées de pneumatiques qui protégeaient les rails.

 

On sut immédiatement vu les images qui passaient et repassaient en boucle sur les écrans TV, que la voiture ne repartirait pas. On émettait même de sérieuses inquiétudes quant à l’état de santé de l’infortuné pilote Britannique

Exit la 8 et avec elle, 50 % des espoirs des hommes de Toyota.

Si  on comprit très vite que la  voiture était hors-jeu, on sut rapidement que son pilote, le jeune Britannique Anthony Davidson, souffrait quand même de fractures aux vertèbres  T10 et T12

 

 

Mais ce n’était pas fini

Car, neutralisée au drapeau rouge, pour permettre l’intervention des préposés au remplacement des rails, à peine la  course était-elle relancée que le pilote – le japonais Kazuki Nakajima –  alors au volant de la seconde TS30, visiblement en panne de cervelle – il expliquera qu’il ne voulait pas lâcher l’Audi N°1, enfermé et coincé dans un peloton de LMP2 –  était à son tour, impliqué dans un second accident !

Carambolage provoqué par son pilote, le Japonais Kazuki Nakajima, lequel ruinait à la fois, la très belle course de son équipier Nicolas Lapierre et les ultimes espoirs de Toyota… et des spectateurs, sans oublier le destin brisé de l’étonnant projet DELTAWING !!!

 

 

Nakajima par sa stupide bévue – il ne pouvait pas physiquement passer sans toucher une autre voiture – au re-start au cœur d’un peloton de GT ou il ne pouvait décemment se faufiler – simple question de jugeotte – a renvoyé précocement la DELTAWING sur… l’étagère aux souvenirs des 24 Heures !

BLÂME à lui !!!! Triple BLÂME

Sa stupidité a privé de succès possible tous les hommes derrière DELTAWING

Effectivement, on ne reverra plus jamais aux 24 Heures, cette DELTAWING, le 56ée stand étant annuellement attribué à un projet innovant différent et hors règlement. Avec attribution du N°0

L’année prochaine, place à l’aventure GREEN GT. Mais il n’y aura plus de place pour la DELTAWING.

 

 

Il lui sera malheureusement des lors impossible de démontrer le bienfondé de ses solutions, 50% de carburant en moins et deux trains de pneus sur la course seulement. Le tout assorti de performances qui toute la semaine en ont surpris plus d’un !!!!

Quel dommage, que le kamikaze Nakajima, ait brisé l’aventure qui semblait se diriger vers un étonnant mais mérité succès.

Car le pari  des hommes de DELTAWING NISSAN MICHELIN, était en voie d’être gagné…

Et la formidable aventure méritait franchement mieux que l’histoire ne se termine par cette stupide collision !!!

On aura tous des regrets de ne jamais connaitre l’issue de cet incroyable pari !!!

 

 

Pour conclure avec Toyota et après la violente sortie de piste de son coéquipier Antony Davidson samedi, Stéphane Sarrazin,  était malgré tout satisfait de la performance de la voiture qui a su rivaliser en début de course avec les Audi :

«Tout d’abord, je suis soulagé qu’Anthony se soit sorti d’un tel accident et j’espère qu’il ira mieux rapidement (On évoque trois longs mois de repos). Concernant la course, l’auto était compétitive et après avoir été prudents au début, nous étions vraiment dans le coup. Nous suivions un très bon rythme, avec les deux voitures dans le Top 3. Pour une auto qui a fait ses premiers tours il y a quelques mois seulement, c’est incroyable d’être à ce niveau au Mans. Il y a de la déception, bien évidemment, mais nous devons garder le positif de cette expérience.»

 

 

Le mot de la fin, nous le laisserons à Yoshiaki Kinoshita, Président de l’équipe Toyota qui ne dissimulait pas sa déception d’avoir vu ses deux prototypes hybrides quitter la course bétement sur panne humaines même si, répétons-le, ses troupes étaient avant tout là pour apprendre cette saison :

« A l’heure actuelle, notre sentiment prédominant est assurément la tristesse. Tous nos vœux vont à Anthony, qui est un garçon fantastique et une pièce importante de notre team. Nous espérons fortement qu’il se remettra très rapidement. Nous sommes désolés de ne pas avoir pu lui apporter un bon résultat avec la n°7 – qui a rencontré en premier lieu un problème d’alternateur puis une casse moteur – pour l’encourager. Après tout le travail fourni pour arriver à ce niveau, cela nous touche de voir les deux autos abandonner trop tôt dans la course. Au cours des prochains jours, nous regarderons les six premières heures de la course et nous sommes fiers d’avoir pu mener les 24 Heures du Mans dès notre première participation à la course. C’est un accomplissement remarquable avec une technologie pionnière. Cela nous motive à poursuivre et à cravacher encore plus fort pour tenter de gagner quelques trophées au cours de la suite de la saison. »

 

 

Outre Toyota, l’autre grande déception de ces 24 Heures se nomme Pescarolo.

L’ancien quadruple vainqueur des 24 Heures dont on fêtait justement cette année, ce dimanche,  l’anniversaire de sa 1ére victoire le 11 juin 1972 avec Matra, n’aura incroyablement connu que des malheurs !

Un enfer…

Du jamais vu chez les verts. Une semaine épouvantable !

 

 

Entamé avec une 1ére sortie de route de la Pescarolo 03, mercredi soir lors de la 1ére séance d’essais…

Laquelle se poursuivait de même facture, le lendemain jeudi, avec cette fois la sortie de la seconde voiture du Team, la Dome !!!

Jamais depuis qu’il les aligne au Mans, ses voitures n’avaient parcourus aussi peu de km et couverts si peu de tours, aux essais comme en course !

 

 

Henri Pescarolo, dans la nuit de dimanche est revenu sur l’abandon de la N°16 (colonne de direction cassée) :

« Nous avons pris la décision d’arrêter la N°16. Le V8 Judd tout neuf que nous avons monté samedi matin entre le warm-up et la course, manquait tellement de puissance que notre voiture se faisait déboîter dans la ligne droite par les LMP2. Bref, un symptôme avant-coureur d’un nouveau problème moteur. Quant au palier de colonne de direction grippé, ce genre de problème n’arrive que sur une voiture qui n’a pas beaucoup roulé. Et en l’état actuel des choses, il nous est impossible de diagnostiquer l’origine de cette défaillance. »

 

 

Et, il ajoutait, au cœur de la nuit :

« Tous les espoirs de l’équipe reposent désormais sur la Dome, la N°17, deuxième voiture engagée par le Pescarolo Team.»

Mais ce bolide a lui aussi rencontré une kyrielle de soucis !!!

On ne peut que souhaiter à Henri Pescarolo et alors que l’été arrive, des jours… meilleurs, l’an prochain au Mans

En attendant, de le revoir fin aout, lors des Six Heures de Silverstone, quatrième manche du Championnat du monde d’endurance WEC 2012

 

 

Enfin, comment ne pas parler et évoquer l’équipe OAK Racing. Devenue au fil des ans une grande écurie.

La LMP2 Morgan-Judd n°24, obligée de se retirer des 24 Heures du Mans. Tout comme un peu plus tard, l OAK-Pescarolo LMP1, la N°15

Les chances de victoire de OAK Racing à cette 80ème édition, ont connu un sérieux coup d’arrêt après presque dix heures de course. La Morgan-Judd n°24 a en effet été obligée d’abandonner alors qu’elle était en tête de sa catégorie.

La voiture de Jacques Nicolet, Matthieu Lahaye et Olivier Pla, menait avec deux minutes et demie d’avance, lorsqu’à 00h30 une baisse brutale de la pression d’huile, l’a forcée à rentrer au stand. Après avoir tenté de résoudre le problème, l’équipe a finalement dû renoncer et à 1h45 la décision de retirer la voiture a été prise.

Si cet abandon est très décevant, l’équipe peut au moins trouver un peu de réconfort dans le fait que la Morgan 2012 LMP2 n°24, fruit de son département constructeur Onroak Automotive, était confortablement installée en tête de sa catégorie, au moment où le problème, lié à la pompe à huile, s’est déclaré.

Les espoirs de l’équipe mancelle en LMP2 reposaient alors sur la Morgan-Nissan n°35 et ses trois pilotes, Bas Leinders, Maxime Martin et David Heinemeier Hansson. La n°35 avait, elle aussi, pris la tête de sa catégorie plus tôt dans la journée avant que trois crevaisons successives ne la rétrograde dans le classement.

 

 

Mais, la LMP1 N°15, abandonnait alors que les deux tiers de ces 24 Heures du Mans allaient être franchis.

La voiture, sur laquelle Franck Montagny, Bertrand Baguette et Dominik Kraihamer, partageaient le baquet, était à ce moment-là neuvième en LMP1 lorsqu’un problème moteur est survenu peu avant 7 heures du matin.

 

 

Jacques Nicolet, propriétaire de OAK Racing, nous confiait :

« La nuit nous a été fatale. Je suis parti me coucher, nous étions premiers des LMP2 avec la 24, la 35 était bien placée, et la 15 roulait. Lorsque je me suis réveillé la Morgan LMP2 2012 n°24 avait abandonné et le moteur de la OAK-Pescarolo-Judd N°15 montrait des signes de faiblesse avant que finalement la voiture n’abandonne quelques minutes plus tard. La Morgan-Nissan n°35 a connu quatre crevaisons consécutives et on a du changer tout l’électronique  Une chose est certaine notre équipe n’a rien à se reprocher. Les voitures avaient été magnifiquement préparées. Il y avait une grande motivation de la part de tous les membres du Team pour bien faire les choses. Nous avons quand même réussi à montrer la performance de nos autos, malheureusement la fiabilité moteur nous a fait cruellement défaut. Nous allons devoir faire des choix stratégiques. Nous sommes déjà tournés vers  le futur. »

 

 

A ses côtés, Sébastien Philippe, Team Principal, poursuivait :

« Je suis très déçu. Avec la Morgan LMP2 2012 n°24 nous respections notre tableau de marche puisque l’on a montré depuis le début que nous étions très compétitifs avec les deux LMP2 qui ont été première et seconde de la catégorie pendant très longtemps. Mais cruellement la fiabilité du moteur nous a encore fait défaut. Je suis vraiment triste pour toute l’équipe qui a bossé à fond. »

Comme on le constate, Le Mans, n’a pas été une partie de plaisir pour tout le monde !!!

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Patrick MARTINOLI- Gilles MOLINIER  – Thierry COULIBALY – Claude MOLINIER –

 

 

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