24 HEURES DU MANS : STÉPHANE SARRAZIN EN PISTE POUR UNE… 4éme POLE

 

Triple poleman, en 2007, 2008 et 2009,  au Mans et ce, au volant des très performantes 908 Peugeot, le Français Stéphane Sarrazin, tentera ces deux prochains jours, d’améliorer son score afin de s’emparer d’une quatrième pôle.

Pourtant, il y a quelques jours encore, l’Alésois n’imaginait sûrement pas cette éventualité, étant inscrit aux 24 Heures du Mans, avec l’équipe américaine Starworks Motorsport, dans la petite catégorie, celle des LMP2

Afin de piloter la pourtant très performante HPD ARX 03b-Honda, bolide, avec lequel en compagnie de ses équipiers, le Britannique, en réalité il est comme les frères Franchitti bel et bien … Écossais, Ryan Dalziel et le Vénézuélien  Vincente Potolicchio, Steph, avait remporté sa catégorie lors des 12 Heures de Sebring en Floride, la manche d’ouverture du tout nouveau Championnat du monde d’endurance (WEC) le samedi 17 Mars dernier, non sans obtenir la troisième place du classement général, derrière deux des intouchables Audi.

Mais de là, à viser la pôle en Sarthe, avec cette rapide LMP2, il n’y avait place qu’au… Rêve !

Et, pourtant, ce rêve est bien devenu … RÉALITÉ !!!

Explications !

En effet, le 26 mai, Stéphane a reçu dans l’urgence, un appel en provenance de Cologne, siège de la structure Nippone, l’invitant si disponible, à rejoindre l’effectif de l’équipe Japonaise pour les 24 Heures

Et ce, dans la mesure où subitement le pilote Japonais du Team, Hiroaki Ishiura, venait de déclarer forfait pour les deux tours d’horloge, invoquant des ennuis de dos !

Convoqué pour une séance de travail sur le circuit Provençal du Paul Ricard, Stéphane et ce n’est pas une surprise, donnait entière satisfaction au staff Toyota de TMG et était donc bien recruté pour participer, les 16 et 17 juin, à la 80ème édition des 24 Heures du Mans

 

Du coup, pourquoi ne pas envisager d’aller chercher la pôle, sa 4éme en terre mancelle.

Considérablement retardé dans sa préparation, à la suite d’une sortie de piste de sa voiture laboratoire, justement sur ce même circuit du Castellet, l’équipe Toyota n’a pourtant jamais baissé les bras, bien au contraire, mettant les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu

Enquillant, séances d’essais sur tests. Successivement sur les circuits Français du Paul Ricard et de Magny cours, puis sur celui, très rapide et très apprécié, de Motorland, dans le nord de l’Espagne, près de Zaragosse.

 

Du coup, c’est avec deux bolides, les N°7 et N°8 que Toyota débarquait en Sarthe, le 2 juin dernier pour participer à la journée Test des essais préliminaires, des 24 Heures.

Le lendemain, dimanche 3 juin au soir, la meilleure des deux Toyota TS030, la N° 7, occupait la 4ème place, avec un chrono de 3’27″204.

A comparer avec le temps de référence, signé par l’Audi N° 2, de 3’25″927

Chrono qui laisse la possibilité aux pilotes de Toyota, dont Sarrazin, d’aller cette semaine mercredi et jeudi, chasser la pôle et de damer le pion, à l’ogre Audi.

Et ce, comme le firent les 908 ces dernières années.

Avec en 2007, 2008 et 2009, répétons-le, un certain … Stéphane Sarrazin !!!

 

Le 3 juin dernier lors des préliminaires, les quatre Audi et les deux Toyota, ont monopolisé les six 1ères places.

Et c’est bien entre ces six voitures, que se jouera la grande explication, cette semaine pour le gain de cette pôle

Rappel des chronos établis à l’occasion de cette journée des tests préliminaires :

1.  McNish-Capello-Kristensen (Audi R18 E-Tron), en 3’25″927 – 2. Treluyer-Lotterer-Fassler (Audi R18 E-Tron), en 3’26″468 –  Dumas-Duval-Genè (Audi R18 Ultra), en 3’26″561 – 4. Wurz-Lapierre-Nakajima (Toyota TS030), en 3’27″204 – 5. Davidson-Buemi-Sarrazin (Toyota TS030), en 3’28″298 et  6. Jarvis-Bonanomi-Rockenfeller  (Audi R18 Ultra), en  3’28″765.

Des écarts qui laissent une vraie possibilité à Toyota, de lorgner et de viser d’arracher cette pôle.

Et ce d’autant plus, qu’à quelques minutes du baisser du drapeau à damiers par Daniel Poissenot, le directeur de course, suite au déclenchement d’un drapeau rouge, peu avant 18 heures, l’heure de la fin de cette séance dominicale préliminaire était prématurément avancée et le test interrompu.

 

A cet instant, si l’on en croit les temps intermédiaires que nous suivions alors sur les écrans de contrôle et sur les moniteurs TV, l’Autrichien Alexander Wurz, au volant de la Toyota TS030 Hybrid, la N°7, était en avance sur les premiers partiels sur la pôle provisoire, d’Alan McNish.

Laquelle allait devenir définitive pour les motifs que nous venons d’invoquer !

Alors ?

Alors, on espère une formidable bagarre entre les quatre Audi et les deux Toyota, dans la conquête de la position de pointe.

 

 

Questionné au pesage ce lundi, Stéphane Sarrazin, se rappelle sa belle période 908 mais nourrit de gros espoirs :

«  Aux dernières 12 Heures de Sebring, je m’étais senti orphelin de mon ancienne équipe. Mais depuis, tout a évolué et en retrouvant Toyota, je retrouve une chance inouïe et unique de revenir devant. Mon objectif est de poursuivre après Le Mans en mondial et de gagner les 24 Heures avec cette équipe »

On rappellera que Steph n’était pas au volant le 3 juin, car il avait dû se résigner la mort dans l’âme à déclarer forfait, souffrant du dos, ayant lourdement chuté à vélo – sa grande passion – quelques jours auparavant et ce suite, à la rupture subite en pleine action, d’une roue.

Finalement, après le traumatisme du mercredi 18 janvier où Olivier Quesnel, le patron de Peugeot Sport, lui a annoncé, l’arrêt brutal du programme Peugeot, Stéphane a bien rebondi !

Et qui sait si samedi prochain, il ne sera pas en pôle comme ce fut le cas à trois reprises avec la défunte équipe Peugeot ?

Car pour la gagne, honnêtement, il faudra attendre l’année prochaine pour oser envisager la victoire d’une Toyota.

 

En tout cas, Steph se remémore les semaines de désespoirs et de doutes, fin janvier, début février :

« Une fois le traumatisme passé, j’ai immédiatement contacté Audi et Toyota. Chez Audi, le Docteur Ullrich ne m’a pas répondu de suite. Il m’a demandé de patienter quelques jours afin de réfléchir. Mais au bout de quelques jours, sa réponse a été négative car il n’avait pas de place »

Steph, en vient à Toyota :

« Là, la réponse a été rapide. Désolé on est déjà complet »

 

 

 

Finalement, le destin en a décidé autrement !

Et ce samedi 16 juin, c’est bien au volant d’une … Toyota que Stéphane Sarrazin, prendra le départ des 80èmes 24 Heures du Mans, ses dixièmes !!!

Avec la perspective d’écrire une nouvelle page de sa formidable carrière.

Et de fermer définitivement la page de la belle aventure 908.

Pour entamer une nouvelle aventure avec Toyota.

Qu’on lui souhaite victorieuse et pleine de succès

Et pourquoi pas l’entamer des cette semaine avec cette pôle !!!

 

Gilles GAIGNAULT
Photos : Thierry COULIBALY – Patrick MARTINOLI

 

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