24 HEURES DU MANS : OLIVIER LOMBARD, UN AN APRÈS SON 1er EXPLOIT RETROUVE LE MANS

 

Dimanche 16 juin 2011.

Associé à Karim Ojjeh et à Tom Kimber-Smith, un tout jeune pilote français, âgé d’à peine 20 ans – il est né le 25 janvier 1991 – et qui débute en endurance, remporte incroyablement les 24 Heures du Mans dans la catégorie LMP2.

Au volant de la ZYTEK de l’écurie Britanique GREAVES, le jeune Lombard n’a pas démérité tout au long des deux tours d’horloge.

Bien au contraire, il a parfaitement assuré ses relais, dans des temps identiques à ceux de ses partenaires. Et il mérite amplement de les accompagner sur le podium. Son tout premier, en endurance. Lequel sera suivi d’autres, plus tard dans la saison.

Tant et si bien qu’en fin d’année, ils remporteront le titre de Champion en LMS (Le Mans Séries) à l’issue de l’ultime course disputée à Estoril au Portugal.

 

 

 

Douze mois se sont écoulés, pour le jeune Lombard, depuis cette fantastique victoire mancelle.

A la veille des premiers essais officiels de cette 80ème édition des 24 Heures du Mans, nous avons retrouvé Olivier Lombard pour qu’il nous résume ce que fut cette superbe victoire au Mans en juin 2011, d’une part, et d’autre part qu’il  nous raconte ce qui a changé dans sa vie depuis ce petit exploit.

Olivier, comment en es-tu arrivé là ?

« En fait, en 2011, j’ai disputé 2 courses en FLM avec les équipes WRO et JMB. Les 12 heures de Sebring avec la première et les 1000 km de SPA avec la seconde. A SPA, justement, le Team GREAVES m’a proposé de rouler avec sa RADICAL, avec Kevin Weeda (il roule cette saison, en endurance avec Lotus), du coup, vu ma belle course, j’ai été invité par l’équipe GREAVES à participer et à courir les 24 Heures du Mans en remplacement de Gary Chalandon. Franchement, je ne m’y attendais pas et ce fut une énorme surprise lorsque, début juin, Tim Greaves m’a téléphoné pour me faire cette inattendue proposition. »

 

 

Le Mans, qu’est-ce que cette course représentait pour toi ?
« Le Mans, c’est un rêve de gosse. La course de légende. L’épreuve de prestige, unique au monde. Donc, y courir, à 20 ans cela me paraissait inimaginable, impensable et en tout cas, irréalisable. Et ce, d’autant plus, que je n’avais aucun contact en vue de cette course, avant l’appel téléphonique de chez Greaves. Même pas en rêve, je n’y avais songé. Alors, c’est devenu subitement plus qu’un rêve. Mais cela ne m’a nullement perturbé, car je n’ai ressenti aucune angoisse, aucun stress. Il est vrai que quelques semaines auparavant, j’avais eu l’occasion, à l’invitation de l’écurie JMB de participer à la journée des essais préliminaires au volant de leur FLM, et, j’en étais revenu avec le meilleur temps de la catégorie ».

Comment avais-tu jugé alors le grand circuit Sarthois ?

« Ce fut une nouvelle expérience à très haute vitesse. Le premier tout a été magique, je me remémorai tous ces lieux mythiques, Tertre Rouge, Mulsanne, Arnage. Ce fut impressionnant. Lors de mon premier tour, je reconnais quand même avoir eu un petit pincement au cœur, surtout dans la ligne droite des Hunaudières. Là, j’ai vraiment ressenti une forte charge émotionnelle, mais très vite, la grande joie et la grosse excitation a disparu pour faire place à la concentration.»

 


Comment se sont passées les qualifications, ensuite ?

« La Zytek LMP2 était évidemment beaucoup plus puissante que la FLM qu’il m’a fallut découvrir.»

Ce qui t’a le plus surpris, avec cette LMP2 ?

« L’aéro, car question puissance, il n’y avait pas vraiment de grande différence.»
Et la course, qu’en retiens-tu ? quels souvenirs ?

« Ce qui m’a le plus marqué, c’est surtout la nuit, le pilotage où il faut faire vraiment « gaffe » l’impression de vitesse est démentiel et tu dois sans cesse être à l’aguet des autres concurrents ; cela est franchement le plus important et c’est ce qui retient avant tout ton intention. Etre à ton pilotage, tout en surveillant ce qui se passe autour de toi.»

 


Comment as-tu vécu de l’intérieur de la course, la bataille entre les AUDI et les 908 ?

« Elles nous doublaient très vite à la bagarre. Au moins 30 à 40 km plus vite en ligne droite, et c’était, en réel, un bonheur d’assister à ce spectacle en première loge.»

Et toi, ta course ?

« On a pris la tête à 1 heure du matin et on l’a conservée jusqu’à l’arrivée. Le fait d’être devant ne m’a pas du tout troublé, je suis toujours resté très concentré.»

 

 

Et la victoire, tu t’en souviens ?

«  Oui, mais on ne s’en rend pas compte, tout de suite, au début. Sur le podium, on est complètement ailleurs. Bien-sûr, on voit la foule qui s’agite, on entend les encouragements, mais on ne se rend pas compte qu’on vient de gagner la plus belle course du monde. J’ai le souvenir qu’il m’a fallu un bon mois pour réaliser.»

Et ensuite ?

«  On a gagné à Imola, à Silverstone et on a fait deux à Estoril. Résultats qui  nous ont fait gagner le Championnat. Là encore je me suis pincé pour vraiment y croire. Moi qui rêvait de faire de la course et de devenir pilote professionnel, en 4 mois, je venais de gagner 3 courses, les 24 Heures du Mans et le titre de Champion des Le Mans Séries en LMP2. Franchement, même dans mes rêves les plus fous, jamais, jamais je n’avais songé à pareil début de carrière.

 

 

Venons-en à 2012.

Comment s’est passée ton inter-saison ?

« Assez rapidement, j’ai su que chez Greaves, ils allaient renouveler, comme Karim arrêtait . J’ai donc, avec mes conseillers, pris contact ailleurs et rapidement on a trouvé un accord avec Philippe Sinault pour que je pilote l’une de ces 2 Signatech Nissan dans le nouveau championnat du monde d’endurance (WEC) et au Mans, bien sûr.

Comment as-tu vécu ton début de saison ?

« Sebring, tout se passait bien mais j’ai été surpris par une flaque d’huile. Alors que j’allais reprendre la piste la Ferrari de Melo, victime de la même mésaventure, non signalée par les commissaires, m’a tamponnée, mettant prématurément fin à notre course. Ensuite à SPA, notre course se déroulait normalement aux avants postes de la catégorie, lorsque Jordan Tresson, à la fin de son deuxième relais a été victime d’une légère touchette contre le mur à l’entrée des stands. Il a, par inadvertance, commis une petite erreur de jeunesse, par manque d’expérience, en désactivant le TC (Traction Control).

 

 

Venons-en aux essais préliminaires.

«  Nous avons surtout cherché à nous concentrer exclusivement sur les réglages en vue de la course. J’ai bouclé 28 tours dont le meilleur en 3’43’’24. J’ai repris contact avec le circuit et ce fut une grande joie de retourner sur ce tracé de légende.

Tu reviens au Mans dans quel esprit ?

« Avec l’objectif de renouveler la belle victoire de 2011. Mais cette année, il n’y a plus 12, mais 18 adversaires. Donc la concurrence s’avère sérieuse. Avec face à nous mon ancienne Zytek du Team Greaves, qui est toujours aussi fiable et  performante. Le but initial étant d’abord de finir, puis ensuite, de remonter sur l’une des trois marches du podium. Mes équipiers Jordan Tresson et Franck Mailleux sont très solides et performants et on s’entend très bien.

 


Premier élément de réponse, mercredi soir à l’issue des premiers essais qualificatifs.

Vue l’importance du plateau en LMP2, qui compte, rappelons-le 18 engagés, on en saura un peu plus, sur le niveau des performances de chacun.

En attendant ce mardi, journée quartier-libre, Olivier et ses potes du Team Signatech Nissan en profiteront pour se détendre et entretenir leur excellente condition physique.

Gilles GAIGNAULT
Photos : Thierry COULIBALY, Patrick MARTINOLI

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