GRAND PRIX DE FRANCE F1 : LA PAROLE EST A … PHILIPPE GURDJIAN

 

Bernie Ecclestone, Sheikh Fawaz bin Mohamed Al Khalifa et Philippe Gurdjian, lors de la réception par le Français de l’un des sept trophées en qualité de meilleur organisateur du Grand Prix de l’année.

 

Philippe Gurdjian, fut à une époque, l’homme du Grand Prix de France F1 !

Vingt huit Grands Prix au compteur, dont 13 GP de France et 7 fois sacré meilleur organisateur, Philippe Gurdjian incarnait  à une époque, l’excellence en Formule 1.

Du circuit Paul-Ricard, qu’il a dirigé après François Chevalier en lui donnant une nouvelle jeunesse, à Magny-Cours, via l’Espagne, la Malaisie, Bahreïn et Abu Dhabi , Philippe Gurdjian est le Français qui connaît le mieux la F1.

Éloigné des Grands Prix depuis un an à la suite de problèmes de santé, il a répondu en exclusivité aux questions de notre ami et confrère Charles-Bernard Adréani de La Provence qui nous en fait amicalement bénéficier

Et ce, avant d’effectuer son retour. Un retour très attendu.

Disparition du Grand Prix de France ? « Colère et exaspération »

Du circuit Paul-Ricard à Magny-Cours, en passant par l’Espagne, la Malaisie, Bahreïn et Abu Dhabi, vous êtes le Français qui a le plus organisé de Grands Prix F1, que vous inspire l’absence d’un GP de France depuis quatre ans déjà ?
Philippe Gurdjian :

« De l’exaspération et de la colère… De la colère, car la France a été un fleuron de l’industrie automobile pendant un siècle, et soudainement nous avons perdu un Grand Prix majeur du championnat du monde de Formule 1. Dans le même temps, notre industrie automobile ne fait que décroître. Avec Renault, Total et Michelin à une époque, les Grands prix de France étaient la vitrine de nos industries. Si Total est toujours présent et soutient grâce à ses performances économiques la venue de pilotes français, si Renault équipe avec succès plusieurs écuries (Red Bull racing, Lotus, Williams ainsi que Caterham), ils ne bénéficient plus de la promotion auprès du public que représentaient les Grands Prix. Ayant organisé avec succès 13 GP de France (6 au Paul Ricard, 7 à Magny-Cours avec Jean Glavany), je peux vous dire combien il était important pour Renault d’être présent. L’événement faisait partie de leur stratégie marketing, pour motiver leurs troupes, mieux vendre leur gamme. Enfin, vous pouvez imaginer la déception des fans de F1, et celle des acteurs périphériques qui ont perdu des revenus importants, autour du Paul Ricard ou de Magny-Cours. Cela m’inspire ensuite de l’exaspération. J’ai géré 28 Grands Prix avec succès, j’en connais donc les difficultés économiques pour la structure organisatrice – au Castellet à travers la société Ricard gestionnaire du circuit, à Magny-Cours avec le circuit propriété du Conseil Général. La période où la FFSA est devenue promoteur du GP à la place du circuit ne pouvait perdurer, ce qui a donc entraîné l’arrêt de l’organisation du Grand Prix de France en 2008…

 

L’échec de François Fillon ? « Le montage n’était pas le bon »

 

Pourquoi la cellule Grand Prix de France F1 mise en place par l’ex-Premier ministre, François Fillon, a-t-elle échoué. N’était-ce pas, finalement, qu’un coup poiltique ?
 » Elle a échoué au dernier moment pour une raison fondamentale : François Fillon n’était plus au gouvernement… Un coup politique ? Oui et non. Oui, car l’effet d’annonce aurait été formidable pour la France, pour la Région, le Var et Ricard – un emblème de l’économie française dont l’histoire a commencé à Marseille avec Paul Ricard en 1932. Non, car je pense qu’il y avait une réelle volonté de retrouver un Grand Prix de France. François Fillon aime le sport automobile, il soutient avec détermination les 24 heures du Mans et le circuit de la Sarthe. Il a toujours aimé la Formule 1, preuve à l’appui : en 1993 si j’ai bonne mémoire, il avait suivi l’intégralité du Grand Prix de France dans mon bureau à Magny-Cours. Mais une nouvelle fois, je pense que le montage n’était pas le bon… Seuls le circuit et sa région doivent être les acteurs, les organisateurs d’un Grand Prix, avec le soutien inconditionnel des fédérations et du gouvernement. Ceci en trouvant un équilibre financier qui est nécessaire et indispensable ! Il est aujourd’hui impensable de dire « oui » à l’organisation d’un Grand Prix avec un budget déficitaire. Il faut donc trouver le bon compromis avec la FOM (Formula One Management) dirigée par Bernie Ecclestone et se tourner vers la FIA (Fédération Internationale Automobile). Celle-ci est basée sur le territoire français, elle se doit d’œuvrer avec détermination pour trouver une solution financière viable pour le circuit organisateur, et ne pas compter sur le gouvernement. Il est bien clair que l’organisateur (le circuit) gère les coûts et que la Fédération reste l’organisateur sportif de l’événement.

L’alternance France-Belgique ? « Je n’y ai jamais cru »

-En août dernier 2011 on nous certifiait que l’alternance entre le Grand Prix de Belgique et celui de France était quasiment validée et aujourd’hui, neuf mois plus tard, toujours rien. Qu’est ce que cela signifie ?
  » Je n’ai jamais cru à l’alternance. La France est la France. Elle a une industrie automobile à soutenir, une réelle histoire sportive dans le championnat du monde de F1 et les sports mécaniques en général. Par ailleurs, au niveau marketing et pour la promotion d’un Grand Prix, il est préférable d’être un événement annuel dont la date reste fixe – en l’occurrence début juillet pour la France. Enfin, l’alternance ne résout en aucun cas le problème de l’amortissement des pertes de l’épreuve sur deux ans, c’est une ineptie ! Si les différents acteurs gagnent de l’argent, ce qui me paraît normal, il faut que ce soit aussi le cas du circuit organisateur. Sans cela, c’est voué à l’échec, voire la faillite. Et croyez-vous que Monaco ait envie d’être en alternance avec le Ricard ? Pensez-vous que les organisateurs de Roland-Garros perdent de l’argent ? Bien au contraire, et cela leur permet d’investir pour améliorer les infrastructures, le confort des spectateurs, des sponsors, des joueurs et des médias… Il faut qu’il en aille de même sur les circuits. Cela éviterait l’intervention des gouvernements ou d’autres parasites qui détiennent toutes les vérités… Il n’y a pas d’autre solution.

Bernie Ecclestone trop usé ? « Bien au contraire… »

Bernie Ecclestone, a 81 ans, dit oui un jour et non le lendemain… N’est-il pas trop usé pour rester l’incontournable décideur des Grands Prix F1 ?
 Croyez-vous vraiment qu’il soit usé ? Bien au contraire… Regardez-bien : il veut avec CVC Capital Partners (ndlr: un fonds d’investissement) propriétaire de la FOM, introduire la F1 en bourse, ce qui va être fait à Singapour. Pour obtenir un Grand Prix, il faut qu’un circuit organisateur se déclare. Ma recommandation serait que la FIA soutienne les circuits avec détermination dans les négociations financières. Elle intervient déjà pour l’amélioration de la sécurité ce qui implique de temps en temps des investissements importants. Elle se doit aussi d’aider les circuits à obtenir une solution financière performante et viable. Ce n’est pas propre à la France. Vous connaissez mes liens avec le Grand Prix d’Espagne, organisé sur le circuit de Barcelone-Montmelo. Ils ont les mêmes soucis pour l’avenir. Si demain il n’y a plus de circuits organisateurs des GP, il n’y aura plus de F1. Et s’il n’y a plus de F1, il n’y aura plus de FIA. Celle-ci est financée à 80% par la F1. Il faut donc trouver le bon accord avec la FOM et avec le concours de la FIA… Vous savez, Bernie Ecclestone est intelligent, il a besoin des circuits, de beaux circuits, car c’est bon pour le business…

 

François Hollande ? « Il ne fallait fâcher personne »

 

Considérez-vous réalisable le voeu de François Hollande, qui s’était dit entre les deux tours de l’élection présidentielle favorable à une alternance entre le circuit Paul-Ricard et celui de Magny-Cours ?
 » Je pense que les conseillers de François Hollande lui ont soufflé cette proposition entre les deux tours, car il ne fallait fâcher personne. Sans m’aventurer trop loin, je suppose qu’il ne connaît pas vraiment ce dossier et surtout qu’il a d’autres priorités. Mais comme lui, je pense que ce n’est pas au gouvernement de financer un Grand Prix. S’il le souhaite, il peut soutenir l’investissement des infrastructures, bases d’un développement économique local et du rayonnement de la France au niveau international.

 

Si la FFSA relançait le dossier ? « Il faudrait repartir de zéro »

 

Si demain Nicolas Deschaux, président de la Fédération française du sport automobile, vous demandait de relancer le dossier du Grand Prix de France F1, que feriez-vous exactement, avec quel circuit pour commencer ?

 » Malheureusement, il faudrait repartir de zéro et sur de bonnes bases. Aujourd’hui, deux circuits en France sont en mesure d’organiser un Grand Prix : le Paul Ricard et Magny-Cours. Néanmoins, les deux ont besoin soit d’aménagements, soit de réaménagements. L’un a été fait pour être le meilleur circuit de tests et de communication au monde, un modèle de sécurité, je suis bien placé pour le savoir. L’autre, Magny-Cours, n’a pas évolué après mon départ et celui de Jean Glavany en 1998. Il a besoin d’une remise à niveau des installations. Je m’en suis entretenu avec Guy Ligier, il partageait mon analyse. L’équation est donc simple : Ces deux circuits demandent des investissements pour répondre aux exigences d’un GP, avant de pouvoir être candidats à l’organisation. Ce point résolu, souhaiteraient-ils être organisateurs pour 5, 10, voire 15 ans, compte-tenu des investissements ? Si oui, reste à établir un budget avec deux contraintes : un, trouver un accord financier satisfaisant avec la FOM sur la période. Deux, trouver un accord financier avec les autorités locales. L’objectif étant de trouver une solution bénéficiaire pour le circuit. Je pense que ce n’est pas impossible. Mais pour cela, il faut connaître avec précision tous les problèmes à résoudre dans chaque cas… avec toutes leurs incidences sur le budget. Que le meilleur gagne ! « 

Qui est PHG ? Docteur Philippe et Mister Gurdjian

 

À 67 ans, Philippe Gurdjian reste passionné d’automobile et de F1 comme au premier jour ! Homme de défis d’excellence, spécialiste de la publicité au sein du Groupe Gemap, aujourd’hui disparu et pilote amateur, notamment à sept reprises aux 24 Heures du Mans, sur Porsche et des Ferrari, il est vite devenu un homme d’affaires averti.

Promoteur et organisateur de 13 Grands Prix de France, au Paul-Ricard et à Magny-Cours, Bernie Ecclestone, lui confie des dossiers conséquents.

D’abord, la modernisation du circuit Paul-Ricard, la supervision des titanesques chantiers et les premiers Grands Prix F1 de Malaisie (Sepang), de Bahreïn et d’Abu Dhabi (Yas Marina), ainsi que la relance du circuit de Catalogne à Barcelone.

Organisateur et promoteur de 28 Grands Prix, PHG a été sacré sept fois « Meilleur organisateur ».

 

Charles-Bernard ADREANI (cbadreani@laprovence-presse.fr)

Photos : DR – Bernard ASSET- Bernard BAKALIAN – Stéphane JEANBAPTISTE

 

 LE NERF DE LA GUERRE…

 

 

S’il existe un homme capable de relancer le dossier du Grand Prix de France, ce pourrait être bien lui!

Certes.

Peut-être…

Mais, première étape INDISPENSABLE, il lui faut avant tout dénicher l’entreprise ou le groupe qui acceptera le risque financier et s’engagera avec Bernie Ecclestone !!!

Cela a un nom : LE promoteur

Celui qui signe et s’engage pour minimum … 20 millions d’Euros

Sinon, il n’y aura toujours pas de GP de France, Gurdjian ou pas…

Bernie ne veut pas des paroles mais un contrat financier

Et à ce jour, Monsieur Philippe Gurdjian , ne propose pas LA solution MIRACLE car pas plus que les autres intervenants depuis des années, il n’a le financement.

Tout le reste demeure du rêve et de l’utopie !!!

Et ne fait pas plus avancer le dossier

 

Gilles GAIGNAULT

Sport

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