JEUNES DANS LA COURSE : LES ELEVES DU JUNIOR TEAM -LE MANS SUD- SUZUKI.

 

LES ÉLÈVES DU JUNIOR TEAM -LE MANS SUD-  SUZUKI.

Après notre sujet concernant l’Eco marathon couru par les étudiants en BTS moteurs à combustion interne du Lycée de La Joliverie près de Nantes et qui ont depuis notre reportage, encore triomphé le 19 mai à l’Eco Marathon SHELL à Rotterdam, notre second volet « Jeunes dans la course », nous conduit au Mans.

En effet, là aussi une expérience originale est en place depuis 2001.

Les élèves du Junior Team Le Mans Sud Suzuki, dans le cadre d’une formation d’initiative locale, complètent leur bac professionnel « maintenance des véhicules automobiles option motocycles » par une mention complémentaire de mécanicien de compétition, fonction qu’ils auront exercée  durant une saison de courses, partie intégrante d’une année scolaire peu ordinaire.

Comme souvent, les initiatives osées appelées à perdure, résultent de la conjonction de facteurs humains dont l’alchimie particulière permet à «  la mayonnaise » de prendre, parfois contre toute attente, en raison du caractère risqué ou peu conventionnel de l’affaire.

Jean-Claude CHEMARIN, le grand pilote d’endurance était  en 1998 en charge d’une École Honda, pour laquelle, il fit appel à un certain Damien SAULNIER, pour former des jeunes.

Ce Damien, ancien élève section sports études moto du Lycée Le mans Sud, vient de compléter sa formation au CFA, où l’on souhaite le garder comme professeur.

Pourtant, c’est vers la piste qu’il se laisse attirer et travaillera pour Honda aux côtés de Chemarin. Un pilote au palmarès, à l’époque, exceptionnel avec son compère, le regretté Christian Léon. Le duo enquillant victoire sur victoire, avec des Bol d’Or et des titres de Champion d’Europe, le label mondial n’existant pas encore en ce temps-là !!!

Parallèlement, Dominique MELIAND, l’actuel patron du SERT, a toujours eu pour idée de prolonger son implication majeure dans la course par un volet formation.

Écoutons ce qu’il  nous en dit à ce propos :

« Le Junior, remonte à une dizaine d’années (en 2001) à une époque ou j’avais envie d’avoir  des relations  avec un établissement qui avait des élèves désireux de se spécialiser dans la mécanique moto. J’ai essayé avec la CCI,  ça n’a pas trop marché. Puis j’ai rencontré un Proviseur au Lycée Le Mans sud, qui était capable de courir en automobile, qui avait envie de faire de la course moto et  projetait la construction d’un avion avec ses élèves ! Bref,  quelqu’un de très ouvert. Avec lui, on a élaboré cette possibilité d’avoir au sein d’un lycée, une classe en quelque sorte détachée, ouverte à des élèves qui après un Bac professionnel, pourraient obtenir une certification reconnue par l’Éducation nationale de mécanicien de course. C’était le point de départ… »

Nous sommes en l’an 2001, le Proviseur s’appelait Michel GARCIA. Chez SUZUKI France, Jean-Philippe TOURNOIS, se laissait convaincre par Dominique MELIAND et Damien SAULNIER, enthousiaste, basculait de chez HONDA vers… SUZUKI et prenait le pari d’engager au nom du Junior Team, une 1000 Superproduction dans le Championnat du monde d’endurance avec pour pilotes : Olivier FOUR, Frédéric JOND et Pierrot LERAT VANSTAEN.

DOMINIQUE MELIAND ET DAMIEN SAULNIER

 

Dominique Meliand,  commente la naissance du Junior Team en ces termes :

« On a mis cela en place avec un professeur, issu lui aussi de la compétition : Damien SAULNIER. On a eu des échanges  sérieux avec Damien qui  voulait mieux  connaitre  le monde de l’endurance. Alors, on a donc lancé cette classe bien particulière… Damien avait besoin d’avoir les coudées franches et ça n’a pas  toujours été facile. Il fallait que l’Éducation nationale s’adapte  à des situations particulières d’élèves en conditions de course, à des gestions financières inhabituelles. »

Effectivement la grande Maison Éducation, a eu du mal à comprendre la logique de fonctionnement d’une formation calée sur une saison sportive, mais l’engagement à l’époque du Recteur DUBREUIL ouvert aux questions de partenariat et le relais financier de la Région Pays de la Loire, a eu raison de certaines frilosités, même si rien ne fut simple.

Alors chers lecteurs, vous vous  demandez sans doute :

Le Junior Team Le Mans Sud Suzuki, comment ça marche ?

Premier principe, le recrutement des élèves se fait au niveau de la France entière. La formation est connue, appréciée et valorisée par l’image du SERT (Suzuki Endurance Racing Team).Multiple Champion du monde d’endurance moto avec à la clé une Kyrielle de succès dans le prestigieux Bol d’Or.

Ainsi le lycée Le Mans Sud reçoit environ 80 dossiers, en présélectionne 30 et retient, après entretiens, 10 candidats.

 

Un atelier très professionnel


L’année scolaire ne démarre qu’à la Toussaint (après la fin de saison sportive et rangement des ateliers). A ce moment là, débute une période de formation technique en atelier. On va ainsi balayer tous les corps de métier en relation avec la course moto. Au lycée, les élèves ne s’y rendront que pour des travaux pratiques d’usinage ou pour des cours d’informatique.

La majeure partie du temps de formation (à vocation immédiatement pratique), se passera dans les locaux  loués par la Région au profit du Junior Team, dans le Technoparc qui jouxte le circuit Bugatti au Mans.

Damien SAULNIER


Damien SAULNIER le professeur –manager, oriente à juste titre tout le programme vers une opérationnalité immédiate. Pour ce faire, il a recours à des intervenants extérieurs, issus du monde de la course qui apportent un précieux  bagage dans des domaines aussi pointus que les acquisitions de données, la gestion des moteurs, les réglages  de  châssis  et de suspensions….

Le SERT, n’étant pas très loin, tous les élèves passent une semaine en stage « moteurs » sous la houlette du Grand Paulo (Jean Paul BOISGONTIER) motoriste ‘ ô ‘ combien réputé sur tous les circuits d’endurance du monde.

Ce dernier, nous confie d’ailleurs :

« être admiratif du boulot que fait Damien (Saulnier) en raison des nombreux domaines de compétence à explorer en peu de temps avant que les  jeunes deviennent  opérationnels. A propos des élèves, le maître de stage «  moteurs »,  les trouve en général motivés et toujours réceptifs, par contre il souligne  des disparités importantes aux  niveaux des compétences techniques de base. On peut aller  du très,  très moyen au très, très bon ! »
Les 5 mois d’inter saison, défilent à grande vitesse et les 10 mécaniciens, ont hâte de se confronter aux conditions de course. On les comprend.

Chaque année, ils  découvrent le palmarès élogieux obtenu par leurs aînés et les exigences du chef, Damien Saulnier, n’ont d’égal que celles du grand parrain : Dominique MELIAND qui couve toujours du regard le stand voisin de la Numéro 72 dans les courses d’endurance.

Numéro 72 pour le Junior Team


L’objectif zéro défaut pouvant résumer toute la philosophie de l’engagement du Junior Team Le Mans Sud Suzuki, on imagine bien la déception cette année au Bol d’or quand la machine confiée à l’équipage Baptiste GUITTET, Julien ENFOLRAS et Cédric TANGRE cassa son moteur (sans explication technique établie) alors qu’elle dominait sa catégorie (Superstock) de la tête et des épaules, en se battant même dans le paquet des furieux de la catégorie EWC. (8 ème au classement général)

L’endurance est certes  une expérience fabuleuse  pour cette équipe de mécaniciens  qui ont pour objectifs de formation :
– Maitriser la mécanique en compétition
– Optimiser les performances des motos de série  tant sur la piste que dans les stands

Mais avec seulement  deux courses de 24 heures (Bol d’Or et 24 h du Mans) au programe, l’expérience serait un peu courte.

C’est donc pourquoi, le Junior Team LMS (pour Lycée Le Mans Sud), engage les pilotes français du SERT (Vincent PHILIPPE et Anthony DELHALLE) dans le Championnat de France Superbike et Baptiste GUITTET, en Championnat de France Supersport.

Anthony DELHALLE Superbike 2012


Le programme devient ainsi plus  conséquent,  puisque  sur les 8 épreuves avec  chacune 2 courses, il y aura de quoi mettre en pratique tous les acquis de la formation et  bien plus encore !

A ce propos Damien Saulnier est très clair quant aux visées essentielles  concernant une formation dont l’objectif demeure de  voir ces  jeunes  évoluer ensuite dans des teams de compétition. Il précise les choses ainsi:

« Effectivement  nous faisons  rouler des  motos en championnat de France  dans le but  d’apporter de la pratique, d’apporter de l’expérience, de la polyvalence  et de l’autonomie en situation de compétition,  à nos 10 élèves. Nous roulons également pour le Bol d’or et les 24 heures  du Mans et pour toutes  nos participations, mon objectif est de faire en sorte  que chacun des élèves puisse occuper  toutes  les fonctions en responsabilité au cours de l’année. Ainsi,  tous les gars quelque soit la situation,  doivent être en capacité d’appréhender une difficulté, voire de la résoudre. Au cours de la saison on voit certains élèves s’orienter  un peu plus vers tel ou tel secteur, selon  leurs affinités. »

Junior Team SBKF 2012


Alors ces  jeunes dans la course  nous avons eu l’occasion de  les voir à l’œuvre, notamment au Bol d’or. Nous pouvons dire qu’ils ont en permanence comme référence  la préparation et l’exploitation que le SERT met en œuvre. Damien Saulnier hyper présent  porte à bout de bras le fonctionnement de l’équipe en course.

Pour assoir une vraie  méthodologie d’assistance course, toutes les tâches sont décortiquées  lors de briefings techniques. Ensuite chacun étant confirmé dans une tâche précise, se concentre sur cet objectif et parfois pour se rassurer avant l’action, va demander   au manager une précision quant à la conduite à tenir face à un souci qu’il imagine ou un imprévu. Les plus motivés  ou ceux qui sont déjà impliqués dans la course (qui par exemple ont assisté un copain dans des épreuves de cross, de Supermotard), proposent des initiatives visant à améliorer telle ou telle situation.

Il est un paradoxe que Dominique MELIAND aime bien souligner à propos du Junior Team en endurance notamment :

« Damien  est  là  pour apprendre  l’endurance  à ses élèves futurs chefs d’atelier  dans des teams. Il  faudrait qu’ils aient à gérer des chutes, des casses moteurs, or  quand le junior court c’est aussi pour gagner et  là ils  n’acquièrent pas l’expérience qui leur servirait ultérieurement. C’est un peu l’ambigüité du système… »

 

 Junior Team, Baptiste GUIITET


Effectivement,  l’objectif retenu par le Lycée Sud  pour ces élèves mécaniciens,  étant zéro défaut, si celui-ci est atteint on passera à côté de toute cette phase de réactivité qui construit l’expérience… L’on sait  bien que Meliand est un puriste, pourtant la formation est  bien repérée  maintenant  et reconnue dans le paysage de la compétition moto  en France. Ainsi les élèves les plus  motivés, les plus organisés, les plus méthodiques  vont trouver du travail.

Certes, l’embauche ne sera  pas toujours  indexée en premier lieu sur la compétition. On pourra voir un élève rejoindre un concessionnaire qui a un volet compétition, ou encore un autre travailler dans un secteur périphérique de la course. Comme les teams de compétition sont souvent des structures très légères en termes de salariés permanents, de plus en plus, les élèves s’orientent vers un statut d’auto entrepreneur, leur permettant de travailler à la vacation, directement pour la compétition, conservant le reste du temps une activité mécanique plus classique.

Nous avons retrouvé les élèves dans leurs locaux du Technoparc et nous leur donnons la parole.

Maxime AUGUIN  nous déclare :

« En venant au Junior, j’ai l’objectif d’avoir  une  formation la plus polyvalente possible  dans le domaine de la compétition. Je souhaite apprendre  beaucoup de choses qu’on ne connait pas  forcément encore en sortant d’un bac général. La formation en cours  me conforte dans l’idée de ce que je veux faire  et correspond à ce à quoi je m’attendais. J’espère  ensuite effectivement  travailler dans le monde de la compétition moto. »

Objectif Zéro défaut

Arnaud COSTE, nous parle de la formation :

« Notre formation est  bien complète. Dans la première période  on apprend à travailler  l’acier, à souder l’alu. Nous allons au lycée pour apprendre l’usinage : tour, fraiseuse. Après cette première  période où l’on apprend à travailler la matière, ensuite  les motos  arrivent  et  on apprend  à les préparer réellement. On  met ainsi  en pratique  tout ce que l’on a vu avant. En fait, j’étais venu aux journées portes ouvertes  et il n’y pas de surprise, ce qu’on nous apprend  correspond vraiment à mes attentes. »
Clément SOULET évoque pour terminer le volet compétition de cette formation et le dernier Bol d’or :

«  Vivre la Compétition, c’est assez intense, ce n’est pas comme la formation de tous les jours. Ainsi lors de la casse moteur au Bol, sur le coup c’est difficile à encaisser. Oui c’est clair, quand on voit le boulot accompli, les heures passées…  mais après c’est la course ! »

Nos trois gaillards comptent bien continuer à évoluer dans la compétition… après  quelques  courses avec le Junior Team LMS.

de Gauche à droite : Arnaud COSTE Clément SOULET, Maxime AUGUIN

Pour l’heure, les élèves vaquent  à leurs occupations bien définies : vidange, remontage de deux machines, nettoyage, rangement, réglages,… chacun est à sa place, connait sa partition et sollicite à l’occasion, le professeur qui nous fait visiter la structure.

Les locaux font face  – de l’autre côté de la rue à ceux du Team PESCAROLO–  très clairs, parfaitement équipés  et  particulièrement spacieux, ils ont été structurés  pour un usage rationnel. En mezzanine de grandes surfaces de stockage  permettent de conserver  des  carénages  de  chacune des motos ayant roulé au Junior. Un show room rassemble les motos illustres du team et une salle de cours accolée à l’atelier,  abrite aussi   le bureau du professeur-manager.

Cet atelier et ses annexes permettent d’effectuer tous les travaux inhérents à la préparation des machines, et à leur maintenance. A priori  rien ici n’évoque vraiment un établissement scolaire. Tout est conçu comme une entreprise et c’est sur cet aspect paradoxal que Laurent TIREL, Proviseur du Lycée Le Mans Sud, entend  nous apporter son éclairage :

« Être Proviseur de lycée avec en son sein, une structure comme le Junior Team Le Mans Sud Suzuki, c’est vrai que c’est antinomique, à priori ça ne peut pas  fonctionner ensemble. D’un côté on a un système très normé, très cadré et d’un autre  des règles et aussi un cadre  mais qui est  plus flou et qui ne correspond pas du tout à celui de l’Education nationale. Vous m’avez  demandé comment j’ai pu m’approprier cette situation à mon arrivée  à la  direction du Lycée Le Mans Sud. En fait j’ai été nommé  le 1er septembre 2011 et le 13 septembre je me trouvais dans le paddock du circuit Bugatti  pour  les  24 heures du mans moto. Je peux vous  confirmer qu’on apprend  vite… En fait, cela m’a surtout permis de  constater,  de  voir l’énergie, l’enthousiasme, la passion à travers des personnages  particuliers et illustres  comme  Damien Saulnier, Dominique MELIAND et aussi chez  nos élèves ou nos partenaires. Je me suis rendu compte de ce qu’est la passion  pour la compétition et la différence antinomique que je soulignais précédemment m’est apparue comme pouvant  être dépassée. Après tout, cette passion  est tellement extra- ordinaire  que je me dois de faciliter le fonctionnement tout en restant dans un cadre  qui soit proche des règlements. »

Monsieur Laurent TIREL, Proviseur du Lycée Le Mans Sud

On imagine aisément la complexité de la tâche, quand il faut envisager  des déplacements lointains durant des week-ends complets, lorsqu’il convient de se pencher sur les questions de responsabilité   et d’assurance dans un cadre élargi bien au-delà d’un stage  pratique dans un atelier bien défini.

Ne parlons pas des questions financières, pour lesquelles l’appel à la taxe d’apprentissage est largement pratiqué pour relayer l’action de  partenaires  bien établis (identiques à ceux du SERT) comme : SUZUKI bien sûr  mais aussi DUNLOP, MOTUL, FACOM, les  voisins de palier AUTOMOTIVE ou encore la Région des Pays de la Loire ou le Conseil général de la Sarthe.

Avec la crise, chaque année lorsque le SERT, s’interroge sur son devenir, le Junior team est lui aussi plongé dans le doute. En effet cette  formation est sujette à remise en cause chaque année. En premier lieu, étant une  formation d’initiative locale, le Junior Team, du point de  vue du Rectorat,  n’est pas automatiquement reconduit.

Signalons d’ailleurs que le professeur est un contractuel, certes en CDI  mais sans grande garantie d’emploi en cas de  fermeture la formation !

Enfin, la subvention de la Région  est à renégocier chaque année…

Même si cette formation n’est pas à priori pérenne,  son originalité et la qualité de son fonctionnement permettent au Proviseur de mettre en avant les compétences (très particulières et très spécifiques) que la  compétition permet d’acquérir  dans cette formation et qu’il nous précise en ces termes :

« Nos élèves  sont certes  capables de  gérer la préparation et la maintenance des motos, mais aussi  toute la logistique. Dans une course  il y a un pendant, mais aussi un avant et un après,  et ça  c’est aussi des compétences que les mécaniciens  vont apprendre  sur des territoires différents, des   circuits variés ,  sur des durées différentes et  avec  des météos changeantes . Notre formation  permet vraiment d’apprendre  le métier de  mécanicien de compétition en réel. Ce sont des travaux pratiques à longueur de journée. Oui les  jeunes sont  dans  la course vraiment , pour se former pour la course. »

En écho à ce point de vue éclairé du responsable, nous avons demandé à Vincent PHILIPPE le pilote d’endurance au palmarès impressionnant, mais aussi habitué du Junior Team en championnat de France, de  nous parler de son vécu avec les élèves.

« Je roule avec eux depuis 4 ans, je commence à bien connaître la structure qui offre une très bonne formation. Les jeunes  apprennent vraiment à tout faire, gros avantage pour eux, ils bénéficient d’une pratique énorme. Pour Suzuki c’est un moyen  de continuer à faire courir à moindre frais, mais pour les élèves ils se trouvent tout de suite dans le bain  avec une pression énorme quant aux résultats. Nous, les pilotes titulaires du SERT, nous  nous devons d’accompagner  – nos jeunes mécaniciens – au mieux. Bien sûr qu’on a envie qu’ils ne commettent aucune erreur, mais  eux  sont entrain d’apprendre, il faut bien se mettre cela dans la tête et les accompagner au maximum et savoir aussi pardonner  lorsque de petites erreurs  peuvent être commises. Damien (Saulnier) est très exigeant avec eux et c’est bien normal, les enjeux sont importants… En tout cas je garde de  bons souvenirs des différentes équipes. Cette année les jeunes se montrent vraiment  très efficaces, ils se sont très rapidement mis dans la course, c’est sans doute une des meilleures années. »

 

Vincent PHILIPPE Junior Team LE MANS 2012


Avant de conclure  ce sujet nous avons  voulu  recueillir l’avis de Dominique MELIAND sur la vision qu’il avait du Junior Team après  plus de 10 ans de fonctionnement.

Écoutons son point de vue autorisé  en la matière :

« Premier bon point, ce Junior Team dans le domaine de la compétition c’est une formation de l’Éducation nationale, ça n’est pas une école privée, et y a une validation de diplôme par l’Education nationale, ce qui n’est pas anodin. Second  bon point,  le Junior team aurait pu être assimilé à un truc  gentil du genre ‘ c’est la course ils s’amusent ‘  bien, or  de cette formation on a en fait un métier. On assiste ainsi  à un renouvellement de personnel dans les teams par des  ex-du Junior. Le Junior  a donc sut établir une reconnaissance de son travail  par  les professionnels, ce qui n’est pas rien. Voila  pourquoi  je suis très heureux  pour Damien, pour le lycée Sud  parce qu’on a abouti à  monter quelque chose qui tient debout et démontrer que ça n’était pas une danseuse. »

Questionné à propos de l’engagement de Suzuki dans la durée Dominique répond :

« Il y a un gros intérêt aux yeux des japonais à s’associer à un organisme officiel, en l’occurrence le Ministère de l’Education nationale. De plus  on essaie de faire suivre  les partenaires du SERT pour avoir un maximum de partage avec le Junior  et ce depuis 10 ans ce qui mérite bien d’être souligné. »

Dominique Meliand  termine ainsi, son propos :

« J’ai toujours  souhaité amener quelque chose à des jeunes .Avec Damien il y a des échanges  en continu. Je laisse bien sûr  gérer sa structure  course,  mais il sait bien qu’il  peut toujours compter sur le SERT  quand il rencontre  des  situations techniques un  peu délicates… En tout cas, c’est avec le plus grand bonheur que j’ai rencontré  le lycée Sud pour la mise en œuvre du Junior  et ce grand bonheur dure depuis… 11 ans. »

Chaque année donc, les élèves eux aussi touchent au bonheur de pouvoir concilier  passion et formation. Chaque année Damien SAULNIER repart avec les mêmes objectifs mais avec des élèves différents tant en termes de  niveau de compétences, qu’en termes de motivation et de passion. La sanction de la course est un élément déterminant pour engager toute l’équipe dans une dynamique contagieuse  d’implication et de sérieux.

 

Trophées nombreux


Comme le dit  bien le Proviseur, qui gère  par ailleurs au sein des 1650 élèves quelques 235 sportifs de haut niveau et  nos 10 mécaniciens de course :

«  Le Junior team LMS Suzuki permet le rêve pour nos élèves, il apporte une image forte et dynamique à notre lycée. Tous les efforts déployés  par Damien ou les  adaptations nécessaires pour faire  fonctionner cette structure  peu conventionnelle, sont payés en retour  quand on  voit  les yeux émerveillés de ces élèves qui côtoient les  grandes figures de la course et n’ont qu’une envie, celle de  voir leur machine triompher. »

Nous ne terminerons pas ce reportage sans remarquer que le junior team était initialement  destiné également à faire émerger de jeunes pilotes avant de les intégrer dans le team Suzuki pour le grand bain de l’Endurance. On a pu ainsi observer la progression de Guillaume DIETRICH qui  fut Champion de France en Stocksport  en 2005 avant de rejoindre le SERT ou encore celle d’Olivier FOUR  ou de Freddy FORAY.

Il s’agissait bien alors d’une filière de promotion,  mais  les données économiques ayant  varié,  on constate maintenant  que  SUZUKI a inversé la tendance  et  complété  les programmes de ses pilotes officiels   par  des  courses en championnat de France. C’est un  peu dommage !

En tout cas cela ne  change en rien l’implication de  nos jeunes… mécaniciens dans la course dont nous pouvons vous garantir qu’ils apprennent vite et présentent toutes les caractéristiques d’excellents  futurs professionnels  de la compétition.


LA PROMO 2012


Il faut bien dire que ce Junior team Le Mans Sud Suzuki, bénéficie d’un accompagnement exceptionnel,  qu’on en juge un peu :

Un Proviseur dynamique qui passe  rencontrer  les élèves  chaque semaine, leur rend  visite sur les courses et valorise l’image du lycée au travers les participations du team à la compétition de haut niveau.

Un professeur –manager ultra compétent qui exige  beaucoup de ses élèves et donne en retour tout son sa savoir et transmet avec passion toute son expérience.

Et enfin, un grand parrain, le patron du SERT qui n’oublie jamais qu’il s’est formé lui même tout seul à la mécanique de compétition  et que c’est quand même bien d’offrir un parcours de  formation labellisé,  autorisant les élèves à postuler dans les teams professionnels pour leur avenir immédiat.

Dans la course, les jeunes du junior Team LMS le seront encore aux dates suivantes :
Courses de championnat de France Superbike avec les machines N° 52 et N° 72

27 Mai : Le Vigeant
17 Juin :  Lédenon
01 Juillet :  Magny-cours
15 Juillet :  Dijon
26 Aout :  Lédenon
16 septembre :  Albi
et course des 24 heures du Mans avec la Suzuki N° 72 les 8 et 9 septembre.

 

On gère les stocks

Pour notre part nous aurons plaisir à les encourager dans les stands et dans cette attente, nous remercions le Junior team dans toutes ses composantes,  pour l’accueil amical qui nous a été  réservé.

Texte : Alain MONNOT
Photos : Alain MONNOT et Michel PICARD

 

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