24 HEURES OFF-ROAD DU MAROC: VIGOUROUX, WINOCQ, TROPHY TRUCK, LA VICTOIRE EN BLEU

 

Éric Vigouroux et Alex Winocq, ont remporté ce lundi, les 24 Heures OFF Road du Maroc.

A bord d’un fabuleux engin, le Trophy Truck à moteur Chevrolet-Corvette, une arme du genre fatal conçue aux USA pour les « desert races » , dont la plus connue, est la Baja 1000 qui se déroule dans la presqu’île de Baja California, au nord du Mexique.

Certes, son principal adversaire, Jean Louis Schlesser, Champion du Monde de Rallyes Tout Terrain comme lui, a été contraint à l’abandon par un début d’incendie lors d’un ravitaillement la veille,  mais Éric n’a pas démérité.

Au moment où Schlesser a failli devenir torche vivante, l’équipage du Pro Truck Vigouroux, possédait deux minutes d’avance au classement général.

Par ailleurs, il faut rappeler qu’Éric est seul pilote à bord, en endurance on peut faire des relais à deux  pilotes, mais il a décidé de le faire tout seul.

Et dans les conditions inhumaines, la chaleur démentielle de ces quatre jours de course, être seul au volant, a été une vraie gageure, brillamment relevée par Éric, le plus Français des Californiens puisqu’il vit depuis deux ans maintenant en Californie du sud, à San Diego.

TROIS SUR QUATRE !

 

C’est donc le dernier jour d’une épreuve qui restera dans les mémoires, par la beauté des circuits mais aussi à cause d’une température, VRAIMENT inhumaine.

L’épreuve des 24 heures d’endurance TT au Maroc, est composée de quatre courses de six heures chacune et se déroulant sur quatre circuits différents, dans les déserts autour de Marrakech, de Ouarzazate, de M’Hamid et de Zagora.

Schlesser et Radelet ont gagné la première, ou Éric a été victime d’un problème de « vapor lock » dû à la chaleur.

Ensuite, même si cela ne changeait pas le classement général, Vigouroux et son Trophy Truck, ont gagné la seconde épreuve. Il est vrai que ce jour là, son adversaire a dû réparer et ce suite à une rencontre assez sévère avec une saignée.

Le troisième jour, il passe enfin en tête du général, à la suite d’un autre problème sur l’autre voiture, l’Oscar de Schlesser et Radelet, ce dernier se cassant le bras dans un retour de volant en fin de saut.

On en était là quand au ravitaillement, l’essence vaporisée par une chaleur effroyable, a quasiment explosé sur les deux mécanos et le visage de Jean Louis.

Ce dernier jour, Éric Vigouroux a donc gagné manche et classement général.

Il nous a dit la veille qu’il regrettait sa bataille (très serrée) avec l’Oscar,  et a donc à cœur de rester maitre à bord.

On n’est pas Champion du Monde pour rien…

D’ailleurs, c’est étonnant cette épreuve des 24 Heures Off Road, qui voit deux ex-Champions du Monde, s’affronter…

Et sur le même créneau d’ailleurs, puisque le titre de Vigouroux en 2010, l’a été en deux roues motrices, au volant de son Trophy Truck.

Vraiment dommage que le duel n’ait pas eu lieu jusqu’au bout…

 

 DÉTOUR PAR MARRAKECH…

RADELET ET SCHLESSER AVANT L'ACCIDENT

 

D’abord bien sûr des nouvellesfraiches des blessés.

Valérie, la sœur de Jean Jacques Radelet, a eu tout le monde au téléphone.

L’équipée est à Marrakech, à l’hôpital, les deux mécanos ont été soignés, l’un est déjà rentré à l’hôtel, l’autre est encore en soins mais sans brûlures graves.

Jean Jacques Radelet, est opéré ce mercredi, Jean Louis Schlesser a confié son visage roussi et un peu en lambeaux aux soins du service des grands brûlés.

Bon, même si tout cela a été et est encore douloureux, tout le monde est conscient que le destin a été généreux.

En fait, sur le paddock, la température au sol était de… 65 degrés!

On imagine comment les vapeurs d’essence, avaient envie de fuser!

On imagine aussi que dans les autos, les équipages ont pu souffrir considérablement.

A l’exception de Christian  Jugand, qui dit avoir été bien tout le temps.

CHRISTIAN JUGAND : LA CHALEUR CONNAIS PAS...

 

Notre photographe, l’indestructible et surtout inoxydable amoureux du désert, l’ami et complice fidèle Alain Rossignol, était, selon ses mots,  » à la limite de voir des étoiles »,  sur le sable chauffé à blanc, la chaleur passait à travers les semelles des godasses, pour venir lui brûler les pieds.

Comme il a bien bossé, en fin de reportage, j’ai fait une jolie galerie photo de ce qu’il a ramené de la fournaise…

Bon, en même temps, on est venus ici parce qu’on aime ça…

Je n’ai jamais entendu Alain se plaindre…

LE DERNIER JOUR: ZAGORA

 

Le circuit fait 40 km de long et les autos les plus rapides, le bouclent en trente minutes, autrement dit, on n’amuse pas le terrain! Température identique aux autres jours, entre 45 et 50° à midi solaire. 

Une horreur mais on fait avec… 

C’est logique, le Trophy Truck de Vigouroux et Winocq, mène la danse.

De bout en bout.

Le buggy jaune de Thomasse, le buggy façon Cox de Reboux et Reboux, le buggy de Porcheron et Rivet, le Bowler de Salvatore et Coquelle, suivent au classement.

Puis Philippe Porcheron, un garçon de Bordeaux venu du Rallye-Raid, il a tâté du Dakar et du Silk Way et on l’a suivi lors de l’Africa Race, dont la voiture est préparée chez Sodicars, autre maître bordelais, est allé mériter de haute lutte la deuxième place au classement général.

Philippe dit qu’il est toujours sous le charme, tellement tout marche bien. « Une horloge suisse »...

PORCHERON-RIVET

 

Il est certain que ces courses disputées sur des terrains hyper-rapides, sont faites pour des buggies, qu’ils soient deux ou quatre roues motrices.

Bon, ensuite, quand on tombe sur un Vigouroux, ses débattements de 600 mm,  ses 350 CV et ses sept litres de cylindrée qu’il pilote sublimement !

Sa vitesse de passage en saignées est effarante, nous l’avons souvent vu, sur de vraies saloperies de  gros trous, rester le pied dedans et passer aussi légèrement qu’une libellule… Une libellule d’une tonne huit-cent cinquante…

C’est sûr, difficile d’aller le chercher avec un buggy classique.

Il aura fallu cette autre arme fatale, l’Oscar OSC, et le talent démentiel de Jean Louis Schlesser, pour le mettre en difficulté.

Le troisième au classement général est le buggy Volswagen, de la famille Reboux père et fils.

En catégorie T2, autos de production que l’on appelait Marathon aux temps jadis, c’est le Pajero de Christian Ghidinelli et Mademoiselle Aline Gevray, qui emporte le pompon.

Pas mal quand même.

Parce qu’avec des terrains aussi rapides, les T2 n’étaient pas les engins les plus marrants à emmener. Amusants certes, mais le déficit de vitesse avec les autres est assez effarant.

 

GHIDINELLI ET GEVRAY

 

On surnommait cet équipage « tôle et peinture » quand on le voyait passer, parce que leur Pajero a fait des tonneaux en début d’épreuve et vu de près, il avait l’air un peu chiffon. 

Et bien, ce chiffon là a été mené de main de maître!

Un gros clin d’œil aux deux filles, les sœurs Frattini et leur Cherokee jaune, aidées à la mécanique par la famille, le fils et le frère de Béatrice.  

Leur bienfaiteur, Monster Garage à Montpellier, a eu raison de les soutenir.  

Classement général :

 On notera au passage que malgré leur abandon et donc le fait qu’ils n’ont pas roulé le quatrième jour, Schlesser et Radelet ont accumulé assez de tours pour être classés onzièmes au général.

I. Vigouroux-Winocq, Trophy Truck. 2. Porcheron-Rivet, Buggy Peugeot. 3. Reboux-Reboux, Buggy Volkswagen. 4. Salvatore-Coquelle, Bowler Wilcat. 5. Billault-Boutron-Babet, Buggy SMG. 6. Thomasse-Morel-Larroque, Optimus. 7. Jugand-Delaunay, Buggy Fouquet. 8. Ghidinelli-Gevray, Pajero, premier T2. 9. Loose, Kobloth, Charbonnier, Pajero T2. 10. Modica-Cosson, Bowler Nemesis. 11. Radelet-Sclesser-Kaket, Oscar OSC. 12.  Diers, Lapouille, Gosselin, Bowler Wildcat. 13. Beilvert, Ganache, Martinez, Buggy Porsche. 14. Kalvas-Ravenet, proto Kalvas. 15. Demonceau-Castan, Bowler Nemesis. 16. Letu-Bearzatto-Becart, Pajero T2. 17. Salles-Dorchy-Raimondi, Bowler 300 STR. 18. Mazot-Godet-Privé, Protruck. 19. Frattini-Frattini, Jeep Cherokee. 20. Vergeau-Lafeillade-Galland. Buggy Predator.

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : ALAIN ROSSIGNOL

GALERIE PHOTO SOUVENIR

Ci-dessous des clichés de Schlesser-Radelet (photo 1), de Billaut-Boutron (photo 2, buggy 4), de  Belvert-Ganache-Martinez (Buggy Atalian, photo 3), de Castan-Demonceaux (Bowler à parements verts, photo No4), de Godet et Privé (le fils de Jacky), (Pro Truck No 5, photo No 5), de Jean Louis Dronne (Photo no 6), des studios de Zagora (tournage de Asterix et Cléopâtre, Indian Jones…, photo no 7), du Predator de Vergeau-Lafeuillade-Galland, dont nous reparlerons (photo no 8), d’un joli groupe dans la pampa (photo no 9), du Bowler de Salles-Dorchy-Raimondi (photo No 10), de Schlesser en pleine défonce (photo no 11), de Thomasse-Morel-Laroque, (buggy jaune, photo no 12), des sœurs Frattini (Cherokee jaune, photo no 14), de  Charbonnier-Loose-Kobloth (Pajero blanc photo no 15), du Bowler noir et rose de Modica et Cosson, (photo no 16), du Pajero bleu de Ghidinelli et Aline Gevrey (photo no 17) enfin le proto noir de Kalvas et Ravenet.

 

 

 

 

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