24 HEURES OFF- ROAD DU MAROC : A L’AUBE DU DEUXIEME JOUR …

SCHLESSER, RADELET, KAKET, LEADERS AU GENERAL

 

Il faut imaginer une course d’endurance , qui se déroulerait d’abord à Spa pendant 6 heures, puis les concurrents descendraient au Mans pour refaire une course de 6  heures le surlendemain.

Ensuite, on referait une journée de liaison pour descendre à Magny Cours. Et le lendemain une troisième course de 6 heures. Enfin, après une nouvelle liaison, on terminerait par une quatrième course de six heures au Paul Ricard…

Les quatre circuits d’endurance TT des 24 Heures Off Road du Maroc, le tout faisant 24 heures de course au total, c’est exactement cela, dans des endroits sublimes et mondialement connus, aussi beaux et sportivement intéressants que nos exemples goudronnés ci-dessus.

DIMANCHE A OUARZAZATE

PHILIPPE PORCHERON

On est au sud de l’Atlas, la chaîne de montagne qui traverse toute l’Afrique du Nord d’Est en Ouest.

Et pas ou peu de pluie sur ce versant, d’où l’aspect désertique aride de l’endroit. La lumière est incroyable, ce n’est pas un hasard si un énorme studio de cinéma est venu concurrencer Hollywood avec de très grosses superproductions à la sortie de Ouarzazate.

Ce n’est donc pas un hasard non plus si les 24 H Off Road viennent courir ici l’une de leurs épreuves de six heures. Pour un amateur de désert, c’est d’une beauté à couper le souffle.

Les buggies, à l’image de Philippe Porcheron, photo ci-dessus, troisième au classement général, sont en bagarre avec les 4X4 qui ont un avantage de traction mais sont beaucoup plus lourds.

L’équipage Schlesser-Radelet-Kaket a une avance de 34 minutes au classement général, sur son concurrent le plus sérieux, le très impressionnant ProTruck bleu de Vigouroux-Winocq-Legay.

Classé sixième au général avec la rage…

Le problème de vapor lock du premier jour devrait être réglé par l’ajout d’un radiateur à essence, qui permet vraiment de réfrigérer le carburant.

Et donc à l’attaque de Schlesser et ses copains, et quand ce magnifique véhicule US, avec des débattements de suspension de 60 cm, se déchaîne, le spectacle vaut le coup d’oeil!

Voilà donc le menu de ce dimanche  où la température ne tombera guère sous les quarante-à-l’ombre-sauf-qu’il-n’y-a-pas-d’ombre  rituels.

A propos de menu…

Huit heures du matin…

Au milieu du paddock qui se forme, près de la ligne de départ, Claude Jean et sa brigade commencent à préparer le déjeuner.

Le menu du jour, c’est un couscous géant pour deux-cents personnes.

Il fait déjà trente cinq degrés, beaucoup plus chaud sous la tente des cuistots, les feux sont allumés.

Pourtant, c’est toujours la marque de fabrique de cette épreuve, ambiance de folie.

Pendant ce temps, l’organisation a mis en place le tour de reconnaissance (quarante km!) pour les concurrents, avec un ouvreur, qu’il est interdit de doubler, et une voiture serre-file à l’arrière.

Au passage, on met en place les CP, les contrôles.

Et on revient au paddock quarante minutes plus tard…

Vroooom!

 

Départ en ligne de file,  vers dix heures, idéal pour l’organisation et les pilotes, un peu tard pour les photos, c’est à ce moment que  la chaleur écrase la lumière.

On sera en ligne de front pour les deux manches suivantes mais ici c’est vraiment trop étroit.

Ce qui n’empêche pas les garçons (et les filles, il ya un équipage féminin!) d’envoyer du lourd en essayant de trouver une trajo un peu extérieure à la piste principale.

Certes, on y trouve force cailloux mais c’est beaucoup moins grave que de monter sur un autre concurrent dans la poussière…

LE DESTIN EST EN BLEU…

 L’Oscar de Jean Jacques Radelet est parti comme un missile, joli coup car la poussière monte terriblement vite, il n’y a pas un souffle de vent.

Le Protruck (Trophy Truck en vrai) de Vigouroux et Winocq est légèrement décalé, pour éviter de rouler  dans le brouillard de poussière…

Mais dès ce premier tour, le destin se met en place…  Jean Jacques Radelet est alors au cerceau, le leader des 24 Heures Off Road se jette dans une ornière, bilan, double crevaison et une rotule arrachée. Et un tour de piste ici, ça fait  quarante bornes!

Il rentre au stand la roue à plat et le volant à 90°, Jean Louis Schlesser est un peu déçu, les mécanos lettons se mettent au boulot à la vitese de l’éclair.

20 minutes! Pour changer une rotule, 20 minutes… C’est clair, la bagnole est bien pensée et les mécanos sont des artistes.

A ce moment, la voiture est dixième à 39 minutes de retard du Pro Truck de Vigouroux.

C’est que devant, Vigouroux (photo ci-dessus) il nous le confirmera le soir, prend un pied gigantesque.

Ce terrain ressemble à s’y méprendre  à celui de la Baja 1000, la vraie, celle du Mexique.

Le Protruck est chez lui!

Terrain plutôt plat, piste accidentée, avec des trous et des saignées partout, où le Protruck passe à fond, le pilote ne lève pas le pied. Dans les petits virolos, il le jette et glisse comme un bijoutier.

Dans les grandes courbes, c’est le festival de dérive et de plaisir.

Sur les bosses de longs sauts à plat.

Un spectacle à lui seul…

Bon, mais derrière, on n’amuse pas le terrain non plus.

 DU TRES GRAND SCHLESSER

SCHLESSER LE CHASSEUR D'IMAGES ET DE VICTOIRES...

Schlesser prend le volant, avec la rage  et le talent des très grands jours. Certes, en première manche, sa voiture a fini au général avec 34 minutes d’avance.

Mais là, c’est avec les dents qu’il va falloir arracher des secondes.

Et partout, le grand envoie. Confidence au soir…  » C’est incroyable cette auto, elle passe aussi bien que mon buggy en grandes courbes. Et bien sûr, avec un 4X4, la puissance passe partout. Si on veut rester en tête du général, il faut reprendre au moins cinq minutes.  Et dans l’idéal, un peu plus. J’ai enquillé sept tours d’affilée. Et je reprends pratiquement deux minutes au tour… Magnifique auto ».

J’ajoute un détail qui n’en est pas un.

En pleine spéciale, alors qu’il est en rattrappage sévère de retard, Jean Louis nous aperçoit, avec les photographes, en bord de piste, et… s’arrête! En pleine course!

« Mettez vous juste après le départ, il ya des bosses superbes. Vous allez faire des photos de folie! »

On n’en revient pas. Du Schless comme on l’aime.

On se dit même qu’il avait envie que l’on raconte l’anecdote.

Après l’arrivée, je lui dis qu’il maîtrise bien sa communication..

« Je savais que tu me dirais ça dit il, en fait je suis derrière un mec depuis 25 bornes, je sais que je ne pourrai pas le doubler là où vous êtes, alors je me suis arrêté dire deux mots à mes potes… « 

Mélange d’élégance, superbe d’élégance, et toujours, un petit coup à la concurrence, au passage…

Arrivent les derniers tours.

Il repasse le volant à son ami Radelet.

Qui a bien récupéré de son coup au moral du matin.

Bilan, non seulement le retard a été remonté mais au général, l’Oscar de Radelet-Schlesser-Kaket est en tête, de neuf minutes.

Bon, c’est quand même le Protruck de Vigouroux-Winocq qui gagne la spéciale…

Il faut signaler que Vigouroux est le seul pilote, il s’est enquillé six heures de course d’affilée…

Et là encore, avec élégance.

Car en pleine bagarre avec Schlesser, on a pris le temps de remettre sur ses roues l’autre Protruck, qui était sur le dos…

Une vraie course de gentlemen!

VIGOUROUX-WINOCQ BEAUX VAINQUEURS DU JOUR

JEAN LOUIS BERNARDELLI

PHOTOS ALAIN ROSSIGNOL

CLASSEMENT GENERAL APRES DEUX EPREUVES,MARRAKECH ET OUARZAZATE.

 1. Radelet-Schlesser-Kaket. Oscar OSC.2. Vigourox-Winocq, Trophy Truck. 3. Porchron-Rivet, Buggy Peugeot. 4. Reboux-Reboux, Buggy VW. 5. Salvatore6Coquelle, Bowler Wildcat. 6. Demonceau-Castan, Bowler Nemesis. 7. Jugand-Delaunay, Buggy Fouquet. 8. Letu, Bearzato, Becart, Pajero. 9. Billaut, Boutron, Babet, BUGGY SMG. 10. Ghidinelli et (Mlle) Gevray, Pajero. 20 classés.

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