24 HEURES DU MANS. LES TEAMS SIGNATECH-NISSAN ET OAK EN TEST DE NUIT A MAGNY COURS

 PHILIPPE SINAULT EN INTERVIEW

 

A peine les Six Heures de Spa terminées, toute l’équipe Signatech-Nissan s’est déjà retrouvé moins de trois jours après, hier mercredi sur le circuit de Magny cours.

Tous les membres du Team (43 personnes) étaient présentes

Le but de cette présence aussi rapide sur la piste Nivernaise ?

Philippe Sinault, le patron de l’écurie Berrichonne basée à Bouges nous l’explique :

« Nous sommes venus ici à Magny cours pour plusieurs raison. Tout d’abord, afin de peaufiner nos ultimes réglages avant le grand rendez-vous des 24 Heures du Mans dans un mois (16-17juin). Ensuite, cette séance de roulage est destinée à permettre à nos six pilotes de reprendre leurs marques en pilotant de nuit ou à l’un  d’entre eux Nelson Panciatici de le découvrir, car lui qui débarque en endurance et arrive de l’univers de la monoplace n’avait jamais encore tourné la nuit »

Effectivement si la séance a débuté à 17 Heures, elle s’est terminée, sept heures plus tard, à minuit.

Outre les deux Oreca03 Signatech-Nissan, deux autres protos tournaient à Magny cours.

 

Les deux OAK Racing, la Morgan LMP2 et la Pescarolo LMP1, avec au volant quatre des six pilotes :

Jacques Nicolet, Olivier Pla, les deux Français accompagnés du Belge Bas Leinders et du Norvégien , David Heinemeir Hanson.

Ce dernier, aura eu un agenda sacrément chargé cette semaine !!!

En effet, arrivé directement des Ardennes et du circuit de Spa, ou il a participé à la seconde manche du Championnat du monde d’endurance WEC, il a donc effectué la séance de roulage de nuit à Magny cours et ce avant de filer et de rejoindre au cœur de la nuit Paris afin d’attraper tôt ce jeudi matin le vol Air France à destination de San Fransisco.

Ou il était attendu par l’équipe satellite de OAK aux USA, le Team Conquest que dirige Eric Bachelart.

David Heinemeir Hanson devant courir ce week-end la troisième manche du Championnat ALMS (American Le Mans Séries) au volant de la Morgan OAK Américaine, en compagnie de Martin Plowman et de la recrue du Team, le Brésilien Antonio Pizzonia qui va débuter en endurance sur la piste Californienne de Laguna seca !

 

Malheureusement, le test chez OAK  aura été écourté, car le moteur Judd de la LMP2, la N° 35 a rendu l’âme…
4éme casse moteur 2012, chez OAK aussi bien avec la LMP1 qu’avec la LMP2 !!!

Dur, dur…

C’est la raison pour laquelle Sébastien Philippe, le Team-manager a fait finalement rouler tous ses pilotes sur la LMP1, Bas Leinders, Hennemeir Hansson et le petit nouveau Maxime Martin, afin de les faire tourner eux aussi de nuit dans l’optique du Mans

Au vu de ces casses à répétition d’une part et du changement de réglementation d’autre part, tous les regards des hommes de chez OAK, se porteront dimanche vers la lointaine Californie pour suivre les performances de la Morgan Conquest, dorénavant équipée elle d’un moteur … Nissan

 

 

Mais revenons à Signatech.

Philippe Sinault poursuit :

« Outre ce dont je t’ai déjà parlé, une soirée comme celle-ci nous permet aussi de passer en revue systématique toutes les piéces des moteurs prévues au cas où pour les 24 Heures ainsi que plusieurs échappements et éléments de carrosseries. Nous devons valider plusieurs exemplaires d’avance et les tester. A partir de demain matin on n’y touche plus jusqu’au Mans. »

Philippe Sinault, qui poursuit :

« Ensuite une fois ces opérations terminées, on a repris le test d’endurance avec des pneumatiques usagés qu’on pousse jusqu’à l’extrême limite »

Et, il enchaine :

« Nous devrons encore procéder à une ultime journée de roulage  avant de nous diriger vers la Sarthe car suite à des problèmes d’approvisionnement – comme pour Toyota –  il nous faudra encore valider d’autres pièces »

A propos des 24 Heures, Philippe Sinault, rejoint par Sébastien Philippe en fin de séance au-delà de minuit nous confirme qu’avec la nouvelle réglementation en vigueur il est bien entendu désormais interdit et impossible d’utiliser des moteurs de qualification !!!

Et ce dans la mesure où une équipe qui procéderait au changement d’un moteur se verrait pénalisé, la voiture ne pouvant prendre le départ de la course que des stands et une fois que la voiture de tête aurait fini de boucler son 1er tour !!!

Autrement dit, ce serait sérieusement handicaper l’équipage d’une telle voiture …

 

 

Alors que les pilotes se rhabillaient, Philippe Sinault entouré d’Eric Mommey  son directeur technique et de ses deux  ingé d’exploitation, Olivier Bacchis pour la 23 et Damien Diaz pour la 26, affichaient un large sourire, satisfait de ce galop d’entrainement nivernais.

Et si l’horloge n’annonçait pas l’heure tardive : 1 heure du matin, eu égard à la douce température, les conversations auraient pu se prolonger encore longtemps….

Un à un, les pilotes revenaient saluer leurs mécaniciens avant d’aller dormir à l’hôtel Alliance à l’entrée du circuit

Avant qu’ils ne filent, nous les avons intercepté.

 

Ainsi le jeune Nelson Panciatici qui venait pour la toute première fois de rouler avec une voiture de course avec …des phares

« En fait c’était la 1ére fois en circuit car j’ai déjà eu l’occasion de rouler de nuit lors du dernier Rallye Monte Carlo. J’ai trouvé cela marrant et inédit. La notion de vitesse m’a paru plus importante »

 

L’autre ‘ minot ‘ de la bande, Olivier Lombard, nous précisant :

« Rouler de nuit te procure des sensations sympas. Surtout lorsque tu te lances dans ton premier tour et que tu quittes la ligne droite des stands illuminée et que tu plonges dans la courbe d’Estoril totalement dans le noir le plus complet. C’est un peu effrayant. Et te procure un court instant d’effroi… »

Roman Rusinov, enchainait :

« Ayant déjà disputé à deux reprises le Mans en GT, je me suis immédiatement senti à l’aise et je suis satisfait de mon comportement de nuit »

 


 

Quant à Franck Mailleux, qui effectue sa 4éme saison avec Signatech, lui, il racontait :

« Comme on tourne fréquemment sur cette piste, on finit même dans la pénombre par la connaitre par cœur. Et j’ai vite repris mes repères habituels  »

Pierre Ragues, nous confiant :

« Cela fait toujours du bien de reprendre ses marques de nuit. Mais on s’en fait souvent une montagne mais au Mans la nuit est de très courte durée finalement de 22H 30 à 5 heures du matin. Et seuls deux pilotes de chaque équipage y auront droit »

La conclusion nous la laissons à Jordan Tresson :

« Bon au début tu es franchement vraiment sacrement surpris de te retrouver dans le noir total ici, car au Mans, le circuit est dans sa plus grande partie éclairé. Quoiqu’il en soit, je me suis vite habitué même si je reconnais qu’au tout début de mon run, je partais dans l’inconnu et ne savais pas où j’allais ! »

En tout cas, Philippe Sinault semblait ravi.

Il a déjà fixé un ultime rendez-vous ici soit le 29 soit le 30 mai pour le dernier entrainement avant de débarquer dans le paddock manceau le samedi 2 juin à la veille de la Journée des essais préliminaires

Gilles GAIGNAULT
Photos : Sébastien JAEGERS – Guillaume TALPIN – Xavier BOURLETTE 

 

 

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