MOTO ENDURANCE : APRES SON ACCIDENT AU BOL D’OR, VINCENT PHILIPPE EST REMONTE SUR DEUX ROUES, SANS TARDER !

VINCENT PHILIPPE : Grande concentration avant le départ du dernier BOL D’OR

 

La 76ème édition du Bol d’or est à ranger dans la catégorie des crus exceptionnels avec à l’arrivée, trois écuries officielles et trois manufacturiers différents et surtout, une indécision pour la victoire maintenue jusqu’au dernier moment.

Pole Position


L’intensité de cette course a été portée à son maximum par le fait, qu’après la chute de Vincent PHILIPPE sur la SUZUKI N° 1 le samedi vers 18h30, tout le monde s’interrogeait sur la capacité à cet équipage réduit à deux (FORET et DELHALLE) à continuer  bien longtemps à croiser le fer avec la KAWASAKI N° 11, qui caracolait en tète, avec plus de 4 tours d’avance….

SERT P2

Mais la course est terminée avec les résultats que l’on connait et nous voulons revenir sur le parcours de celui qui,  victime de la chute, a voulu rester près de ses coéquipiers, avec lesquels il partagea les lauriers d’une seconde place exceptionnelle, au vu des circonstances.

Nous avons suivi pas à pas l’évolution de  la santé de Vincent PHILIPPE et avons pu effectuer avec lui, un point de son état de santé en date du 23 avril.

Mais reprenons avec Vincent, joint au téléphone alors qu’il anime un stage de pilotage  sur le circuit de Dijon Prenois, le fil des événements, qu’il a la gentillesse d’accompagner d’un commentaire.

Samedi 14 avril 18h 48 : CHUTE au 126ème tour

«  Je ramène la moto, je sais alors déja très  bien ce que j’ai. Passage par infirmerie du circuit, puis je vais faire une radio à l’hôpital de Nevers. Retour au circuit  vers 21h30 avec un « clavicular » (anneaux claviculaires)  pour mise en tension de la fracture. J’ai un peu le moral dans les chaussettes. En fait, dès que j’ai rentré la moto au stand,  je savais que c’était injouable de remonter sur la moto, j’avais en septembre dernier connu déjà une fracture de la clavicule … alors !

Samedi 14 avril minuit : DÉPART A L’HOTEL

«  J’ai suivi un peu la course sur mon ordi et  j’avais hâte de revenir ».

Dimanche 15 avril matin : RETOUR AU STAND

« J’étais à bloc  avec  l’équipe à suivre  la course au tour par tour. Je ne pensais pas  que  mes coéquipiers allaient tenir physiquement jusqu’au  bout. Ce qu’ils ont fait c’est vraiment top »

 Vincent  Philippe rassure ses proches

Dimanche 15 avril  soir : RETOUR A LA MAISON (dans le département du Doubs)

Lundi 16 avril midi : RENDEZ VOUS AVEC LE CHIRURGIEN

Vincent PHILIPPE est reçu par le Docteur Gilles DREYFUS –SCHMIDT.

«  Moi j’étais très motivé  pour l’opération. J’ai connu la même chose en septembre  et  je savais qu’il me fallait deux mois pour me remettre  correctement et encore,  pour être très performant au niveau  de la moto ça allait   être  compliqué..  Sans hésitation,  le chirurgien m’indique  qu’il faut absolument opérer  parce que la  fracture est  très  déplacée, que c’est la  deuxième fois  et donc qu’il faut absolument renforcer   tout ça pour  une consolidation rapide. Je suis satisfait du bilan. Je savais qu’avec cette décision je pourrais récupérer très vite. »

Mardi 17 avril  matin: ENTRÉE A LA CLINIQUE Saint Vincent à Besançon

Sans doute parce que cette clinique  porte le prénom du pilote ou alors en raison de la protection de Saint Vincent, pour les  vignerons, en tout cas notre blessé, sourire dans la voix, nous indique :

«  J’aime  bien y aller, c’est une belle clinique, je suis vraiment bien pris en charge là bas , malheureusement ils me connaissent et je suis toujours le  bienvenu.. »

Mardi 17 avril 12h30 : OPÉRATION

«  J’ai été opéré sur le coup de midi et demi  et  me suis réveillé  vers  14h30. Enfin réveillé  est un   bien grand  mot, en effet j’ai  mis  presque deux jours à me réveiller. J’ai effectivement  ouvert les yeux vers 14h 30  mais  je  me suis réveillé  effectivement  le lendemain à midi. »

Mercredi 18 avril  avant midi : SORTIE DE LA CLINIQUE

«  Je sors  donc avec du gros  matériel sur la clavicule droite : une broche au milieu de la fracture, une plaque  par-dessus la clavicule  avec 6 vis. Normalement ça devrait être solide. »

Jeudi 19 avril : REPOS

«  Journée complète de repos. Après  une belle opération  comme  celle là, il faut  quand  même se remettre un peu .Je n’éprouvais pas de  grosse douleur  mais beaucoup de tension  dans le cou, dans l’omoplate, sans doute  une remise en place des  muscles , des tendons , des ligaments . »

Vendredi 20 avril : REPRISE ACTIVITE SUR HOME TRAINER

«  Après une première séance de kiné, je m’aperçois que ça  fonctionne pas mal,  alors  j’enchaine  avec  une séance de  vélo d’appartement. Je constate  ainsi que  je  peux  faire  des gestes assez  facilement, ça va  pas mal… »

Samedi 21 avril : COURSE CONTRE LA MONTRE  A VÉLO

«  Ben oui, je remonte  sur un vélo, parce que j’avais très envie de me laver la tête, parce que  je  me sentais bien  sur le vélo  au niveau de la position , parce qu’ en course contre la montre ça n’était  pas dangereux  étant seul  sur mon vélo et  aussi  parce que  c’était  mon club  le JURA CYCLISME qui organisait l’épreuve. (Vincent est  coureur classé  en 1ère catégorie).En fait tout s’est  bien passé. Ça m’a fait du bien. Quand  tu te sens éloigné des circuits  et aussi  de la préparation  physique  que tu fais d’habitude, tu prends  un grand coup au moral. Ensuite,  lorsque tu vois rapidement que tu peux faire des choses, le désir est décuplé, c’est vraiment sympa ! »

Vincent Philippe 4 jours après son opération

Dimanche 22 avril : SORTIE VELO AVEC LES COPAINS

«  Coupler une activité physique avec le plaisir d’être entre copains, c’est forcément  bon  pour le moral. »

Lundi 23 avril : STAGE PILOTAGE A DIJON

« Une journée de stage  de pilotage était prévue. Le temps plus que médiocre n’a  pas incité  les motards  à venir  nombreux, alors des  copains  font du roulage  et  je vais  accompagner deux débutants  de mes conseils,  mais sans  monter  une  machine. En fin d’après midi je rentrerai à vélo (une centaine de kilomètres) à la  maison, avant  la  séance de kiné quotidienne. »

Vincent Philippe formateur sur le circuit de Dijon

Le programme à venir  est  tout aussi simple. Vincent PHILIPPE a pour objectif de participer  à la seconde manche du Championnat  de France Superbike en fin de semaine à Nogaro. En conséquence, il va travailler avec le kiné pour retrouver  souplesse et agilité au niveau des épaules, et peaufiner sa condition physique avec des sorties à vélo.

Vincent  se projette  vers cette reprise en ces termes :

« Donc vendredi Nogaro, championnat de France  avec  une météo  annoncée pas terrible… Je pense que techniquement et physiquement, je suis capable de le faire. Il absolument pas  que  je retombe, ce sera la difficulté du week-end. Maitriser, les conditions de piste en fonction de la météo et les autres en piste  voila ce que  je vais  devoir  gérer pour faire  une course  pour moi. Pour cette course là, je  ne me donne aucun objectif, je veux  juste remonter sur une moto, rouler, reprendre confiance… pour relancer la saison qui vient à peine de débuter. »

Avant de  clore notre entretien téléphonique,  nous revenons à l’endurance en évoquant  le troisième pilote qui  disputera les épreuves du Qatar et du Japon, et les héros du Bol ses amis  Fabien FORET et Anthony DELHALLE.

«  Nous allons rouler avec Yukio KAGAYAMA, un pilote très  expérimenté qui roule au Japon avec  les pneus DUNLOP, ce qui sera très important pour nous. On n’a pas vraiment  communiqué avec Fabien, mais malgré une course -la  plus dure qu’il ait connue– il est content, s’est régalé et souhaite revenir avec  nous… pour enfin gagner. Il m’a dit avoir bien galéré en course ce dimanche en Championnat du monde  600, à Assen, il a chuté en course , mais m’a dit que ça allait.

LES PILOTES DU SERT

Anthony  a enchainé une semaine très difficile entre des essais pour Moto revue et ce  pour l’élection de la Moto de l’année et  deux jours d’essais pour des pneus de développement en Championnat de France Superbike, avec Dunlop. Ce fut très dur. Il a tenu quand même. »

Comme on peut le constater, les grands Champions développent des ressources psychiques et physiques incroyables.

Vincent PHILIPPE, malgré cette chute pour laquelle  il reconnait  avec franchise  « peut être avoir voulu tellement  bien faire, peu être trop », n’entend pas entraver, en quoique ce soit, sa saison sportive.

Nogaro en fin de semaine  doit servir à caler les réglages de reprise sur une machine de course et, l’on sent bien que l’esprit de compétition est toujours extrêmement vivace.

Vincent Philippe et Gilles Gaignault

A la veille du Bol le pilote, aux 6 titres de Champion du monde et aux 7 Bols d’or, avait tenu à inviter toute l’équipe du SERT pour marquer ses 10 ans de  carrière dans cette écurie.

Au cours de cette petite cérémonie, empreinte de  la plus grande  simplicité  mais aussi chargée d’émotion, Vincent remerciait toute la bande à MELIAND, qui à son tour remerciait Vincent pour sa fidélité, ses performances et les larmes aux yeux l’étreignait, en lui déclarant

« Et puis en plus de tout, tu es un mec bien. »

Vincent Philippe 10 ans avec le SERT

On a vu ce qu’un esprit d’équipe, aussi fort que celui développé au SERT, pouvait apporter  comme ressources à des pilotes sublimés par l’enjeu  d’une impossible victoire après le coup du sort qui les avait frappés.

On voit encore aujourd’hui, en quoi ces pilotes sont hors normes. Un mental à toute épreuve, une détermination  farouche à vouloir courir et gagner, une exigence physique de tous les instants, voila des ingrédients que Vincent PHILIPPE trouve tout naturel de mixer, pour reprendre, moins de 15 jours après cette maudite chute, le guidon d’une machine de course.

On ne peut qu’être admiratif d’un tel Champion mais aussi comprendre les réticences de sa mère « la Fafa », à le voir remonter en selle.

Sportif de haut niveau, son fils est aussi un Champion d’exception et la compétition, reste sa raison de vivre toute sa passion.

Alors, nous guetterons, tout comme elle, les résultats de Nogaro.

Bonne reprise au numéro 1 de l’endurance et rendez-vous tout au long du Championnat du monde, car l’objectif –à défaut du 8ème Bol raté-  reste bien évidemment un … 7ème titre mondial !

Texte : Alain MONNOT

Photos : Alain MONNOT, Michel PICARD et Guy PHILIPPE

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