BOL D’OR : SUCCES POUR LE TRIO DES PILOTES KAWASAKI. LA SUZUKI SECONDE

 

 

Rarement une course d’endurance de 24 heures aura connu une telle intensité quasiment dramatique.

En effet, les conditions météorologiques avec des conséquences navrantes  pour la Suzuki N° 1 qui chutait  et mettait Vincent PHILIPPE hors jeu, contribuèrent à durcir la course au point que le suspense pour le classement final dura jusqu’à 30 minutes de l’arrivée !!!

Les trois marques japonaises, KAWASAKI, SUZUKI et YAMAHA, se partagent dans l’ordre le podium avec trois manufacturiers différents :

Pirelli, Dunlop et Michelin.

C’est finalement l’équipage composé de Julie Da Costa, de Gregory Leblanc et d’Olivier Four qui triomphe au guidon de la Kawasaki Numéro 11 et l’emporte après avoir couvert 781 tours

Le podium étant complété par la Suzuki Numéro 1 du trio Vincent Philippe- Anthony Delhalle et Fabien Foret qui finissent à 1’41″055 et la Yamaha du YART  confié à Igor Jerman- Steve Martin et Gwen Giabbani qui terminent 3émes à cinq tours.
Nous avons pour vous, fidèles lecteurs de autonewsinfo, suivi pas à pas, cette chevauchée fantastique, dont  nous vous relatons les faits majeurs.

Même si les animations habituelles et le speaker bateleur étaient bien en place  avant le départ de cette 76 ème édition du Bol d’or (couru ici à Magny Cours depuis l’année 2000), il était difficile d’entendre s’émouvoir la foule tant elle semblait clairsemée.

Il faut dire que la météo annoncée avait de quoi décourager des mordus, mais on nous assurait que les motards écœurés d’avoir subi de très (trop ?) nombreux contrôles de toutes sortes (vitesse, alcool, stupéfiants..) l’an dernier s’étaient en fait  concertés pour boycotter le circuit de la Nièvre .

Avant le départ des machines des stands pour un positionnement en vue du lancement de la procédure de départ, nous avons pu assister à un ballet intéressant des divers manufacturiers auprès des managers d’écurie. Il faut bien dire que la grosse averse survenue 45 minutes avant le départ effectif, avait de quoi poser question quant au choix des pneumatiques.

Puis lors de l’envol des 55 machines, la pluie avait finalement cessé et la piste restait foncièrement mouillée. Après le premier tour, on enregistre des temps significatifs pour les machines de tête en 1’57 » pour la SUZUKI N° 1 et de 2’00 » pour la KAWASAKI N° 11.

 

La guerre est lancée, et que ce soit YAMAHA (GMT 94) ou BMW avec la N° 99, il semble bien que l’on se soit fixé un tableau de marche, tout comme pour la HONDA TT Legends N° 77, car ces trois motos évoluent à plus de 2 minutes au tour.

Quelques chutes ou glissades (une dizaine  en moins d’un quart d’heure) émaillent ces premiers tours avant que tout le monde ne se familiarise plus ou moins avec les conditions de piste.

Les premiers ravitaillements interviennent avec l’arrêt de la SUZUKI  N° 1 et Vincent PHILIPPE repart en pneus retaillés, alors que ses concurrents directs, KAWASAKI et YAMAHA, notamment s’arrêtent un peu plus tard en pneus slicks, avec  changement de pilotes.

 

A 16h35, c’est le coup de tonnerre avec la chute de Damian CUDLIN, avec la BMW 99 et tout le monde se dit que décidément BMW ne gagnera pas une  course de 24 heures. On commente allégrement dans le paddock, cette chute que l’on pressentait  inévitable après les essais calamiteux et la très grosse (trop forte ?) pression pesant sur les pilotes et les responsables de ce Team.

 

Pour la seconde salve de ravitaillements, on se bat à pneus égaux et si un moment, la KAWASAKI N°11 est devant la SUZUKI du SERT, tout est  recalé rapidement et l’on trouve dans l’ordre la Suzuki, la Kawasaki et la Yamaha 94. Les deux premières machines sont constantes en 1’43 » alors que sur la YAMAHA est un poil plus lente.

 

 

A ce moment de la course, nous reviennent les propos de Dominique MELIAND, tenus à ses pilotes en briefing d’avant course.

 » Ayez une seule préoccupation quant aux temps . Il vous suffit de prendre une seconde tous les trois tours  à nos adversaires,  et après les choses  seront.. plus faciles. »

Au fil des tours, on remarque que la moto N° 33 de LOUIT Motos qui avec sa Kawasaki chaussée en Michelin, fonctionne  au mieux et se hisse à la cinquième place.

On s’achemine vers un  nouvel arrêt de la machine du SERT à  17h34 et c’est la Kawa qui reprend la première place alors que l’on enregistre l’abandon de la BMW 99, que Sébastien GIMBERT avait enfourché après  une remise en état (non satisfaisante pour poursuivre la chevauchée) à la suite de la chute de Damian CUDLIN.

Avant les trois heures de course, on aperçoit la HONDA N° 77, remonter en quatrième place, juste devant l’autre YAMAHA N° 7 du Yart. Toutes les équipes sont particulièrement tendues et tentent de décrypter la couleur des nuages, la vitesse et l’orientation du vent afin de savoir anticiper sur l’averse à venir ou la bourrasque traitresse.

 

Mais de toute évidence, c’est bien la chasse à la SUZUKI qui est lancée.. mais les trois pilotes du SERT, semblent bien écouter ce que leur à dit le » chef » (Dominique MELIAND) tout en regardant dans les rétros pour voir d’où pourrait venir le loup!

Loup y es-tu ?, Que fais tu ?….

Les grands mythes ne meurent jamais et les grandes équipes, ne rendent pas facilement les armes..

Alors nous continuons à nous régaler à suivre, par procuration des lecteurs de autonewsinfo , une course palpitante. Il faut remarquer que si la Suzuki et la Kawasaki se battent à couteaux tirés, une belle averse surprend Vincent PHILIPPE qui part de l’arrière et chute légèrement mais rentre sa machine directement dans le stand à 18h48, alors que les autres machines de tête changent simplement les pneus.

La rétrogradation au classement de la Suzuki, intervient immédiatement et inexorablement et quand elle repart à 18h55 , elle occupe une cinquième place, désormais à plus de 3 tours du premier, rien moins que rageante pour toute l’équipe.

 

On a donc à 19 heures, le classement suivant:

1) KAWASAKI N° 11  – 2) YAMAHA GMT N°94 –   3) YAMAHA Monster N° 7  –  4) HONDA TT Légends N° 77 et  5 ) SUZUKI N°1

On est assez vite fixé sur les intentions de l’équipe blessée, puisque Fabien FORET, aligne des tours en 1′ 58′ 700″ alors que ses concurrents directs devant lui, tournent en moyenne au dessus des 2 minutes, alors que Vincent PHILIPPE semble blessé et attend un bilan médical ….qui concernerait une possible fracture de la clavicule droite.

La course continue sans celui qui voulait gagner un  huitième Bol et ses coéquipiers se déchirent littéralement pour réaliser des chronos faramineux. Fabien FORET, comme Anthony DELHALLE, tournent deux ou trois secondes plus vite que la concurrence qui les devance. Ainsi à 21 heures, alors qu’une nuit froide s’abat tout doucement sur le circuit nivernais, la SUZUKI N° 1 , est remontée en quatrième position et entend bien tirer des croupières, à la Monster YAMAHA N° 7 Autrichienne, qui la devance.

Chez KAWASAKI, tout semble sous contrôle: arrêts rapides mais sans précipitation, bons temps constants mais sans excès, choix de pneus non hasardeux et maitrisé et comme la machine semble bien aboutie au plan de la définition technique, on se hasarde à penser que l’aventure risque d’être belle…

Mais les éléments atmosphériques, peuvent parfois créer la surprise !

 

Chez GMT YAMAHA, Christophe GUYOT confirme ne pas avoir voulu prendre de risques et gérer la course pour la plus grande régularité possible. Devant Éric de Seynes, le patron de YAMAHA Motor France, il nous confie :

 » On veut jouer le championnat et il faut s’en donner les moyens. »

Là aussi , aucun choix hasardeux de pneumatiques, les pluie, les mixtes et les slicks qui pourront être utilisés sont disponibles sous les couvertures et à chaque fin de relais, le pilote passe au débriefing avec le  technicien détaché par Michelin.

Un premier safety car, intervient à 21 h32, pour des chutes en cascade : machines N° 33, la KAWASAKI de Louit Moto, N° 110,  la SUZUKI de AM Moto Racing et la N° 50, la SUZUKI de Motors Events.

A 21h52, la piste était rendue aux assauts des bolides qui ne faisaient pas prier pour tourner dans des temps avoisinant les 1’44 » au tour, alors que la Suzuki du SERT, se montrait toujours aussi agressive en flirtant le plus souvent avec les 1’42 ». Il faut bien dire que toute l’équipe du SERT, n’entend pas rendre les armes, sans se battre avec tout le potentiel de sa fabuleuse organisation: humaine et technique.

 

Dominique MELIAND, lance donc ses deux pilotes: DELHALLE et FORET, dans un baroud qui ne vise rien moins que de marquer de gros points au Championnat du monde, pour consoler Vincent  PHILIPPE de son immense déception et sans doute de sa souffrance morale et physique.

Nos deux baroudeurs tiendront -ils physiquement la cadence imposée par la situation?

Toujours est-il qu’à 22h35, au 246ème tour, la SUZUKI regagne la seconde position, au détriment de la YAM du GMT 94, pour céder moins d’une demi heure plus tard, aux assauts de la YAMAYA N° 13, puis de retrouver son rang suite à un ravitaillement de la machine autrichienne. C’est dire combien, après 9 heures de course, les appétits demeurent aiguisés pour s’emparer d’une place sur le podium.

Derrière les machines concourant en EWC qui à 22h 30 occupent les 7 premiers rangs de cette classe mondiale, la SUZUKI N° 72 du Junior team, qui menait le bal des Superstock, 3 tours devant  la KAWASAKI N° 24 du Team Endurance et la BMW de PENZ 13 N° 13, était signalée arrêtée sur le circuit, peu avant 23 heures !

 

 

On s’achemine vers le milieu de la nuit non pas tranquillement mais à un rythme soutenu, à tel point  que l’on en arrive à se demander comment ces diables de pilotes peuvent tenir un tel rythme… Au niveau des 5 premiers (KAWA, SUZ, YAM GMT, YAM  YART  et HONDA).

Au SERT, pour envisager de terminer la course, il faut que chacun des deux pilotes restant en course, double ses relais afin de bénéficier d’un minimum de récupération et lorsque Fabien FORET, se trouve à rouler  en même temps que FOUR sur la KAWA, on sent les écarts se réduire quelque peu.

Pourtant, le différentiel existant au niveau des temps cumulés des arrêts entre la SUZUKI et la KAWASAKI, ressort à presque 7 minutes à 1 heure du matin.

Alors mission impossible pour cette équipe cruellement touchée dans  son intégrité mais pas dans sa cohésion  ni sa rage de vaincre ?

A voir !

Toujours est-il qu’à 1 heure du matin, c’est à dire après 10 heures de course, la KAWA mène devant la Suzuki, à 2 tours et la Yam, elle aussi à deux tours de la Suzuki. Les performances un peu en deçà de celles attendues sur la YAM 94, semblent provenir d’un parasitage de l’électronique sur le rendement du moteur. Aucune intervention n’est envisagée sauf dégradation du système et l’on s’en tient à un tableau de marche un peu plus modeste que prévu.

Et l’on vise toujours le Championnat, donc il faut marquer des points .

 

A la mi cours , on dénombrait 11 abandons et le tiercé de tête demeurait inchangé avec la 11, suivie de la 1 et de la 94. On s’acheminait alors pour les heures suivantes à une quasi stabilisation des positions. Chaque team majeur trop content de figurer au rang des rescapés, visant les points au Championnat du monde et tentait de rester accrocher à s a position chèrement acquise en raison de la difficulté extrême de cette course.

La cadence, en raison des températures basses et d’une piste encore piégeuse (des gouttes régulières embrumant l’atmosphère ), a quelque peu ralenti et vers 7 heures du matin? alors que le jour se lève  mais la bataille fait encore rage avec un classement portant 6 machines EWC en tête avec dans l’ordre la KAWA N° 11? suivie par la SUZUKI  N° 1 à 1 tour, puis la YAMAHA N° 94 à 4 tours, la YAMAHA du YART N° 7 à 5 tours celle de FOLCH N° 4 à 12 tours ainsi que la HONDA N° 77.

Ensuite un paquet de Superstock, emmené à 20 tours des premiers,  par la KAWASAKI  N° 24, ne s’en laissait pas compter, roulant régulièrement dans des temps dignes des toutes meilleures machines EWC.

A 8 heures du matin, les temps au tour passent au dessus de 2 minutes mais on voit la Suzuki avec FORET au guidon revenir sensiblement sur la Kawasaki N° 11, avec LEBLANC aux manettes. Il est temps pour nous d’aller quérir quelques infos dans les Teams eux mêmes.

En fait, la Kawasaki a du s’arrêter  pour changer un sélecteur brisé  sur un vibreur et la Suzuki en profite pour mettre une forte pression et pour reprendre la première place de la course.

Ce sera chose faite un peu après 9 heures du matin et ce alors que  le choix des pneumatiques demeure un véritable casse tête pour les managers, fortement assistés par les techniciens des manufacturiers très présents  dans les boxes.

En tout cas, la perception que nous pouvions avoir du climat des stands chez les 3 protagonistes prétendants au podium, voire à la victoire, a quelque peu  évolué au fil des heures.

Chez KAWASAKI, de la sérénité affichée, on est passé au stade de l’expectative. Certes, on garde une maîtrise technique  assez grande avec une machine globalement aboutie et fiable mais un brin de frustration, vient contrarier un certain optimisme observé jusqu’à la mi course.

LEBLANC, explique à ses amis du stand, comment il s’est retrouvé en pneus mixtes sur le mouillé  et comment, il a constaté une crevaison surprenante et mal venue .

 

Chez YAMAHA GMT 94, on concède aisément n’avoir pas tout réussi  dans réussi dans l’aboutissement de la machine. Il est fait référence à l’électronique qui a eu des incidences négatives sur les performances intrinsèques de la machine ! Pour le reste, la gestion des ravitaillement est sans faille et avec 2 arrêts de plus que la KAWASAKI, on s’est arrêté en fait  3 minutes  de moins!

Alors de l’envie de victoire, on a révisé à la baisse l’ambition, en vue d’un Championnat pour lequel les ambitions demeurent bien réelles. On fait preuve avant tout de pragmatisme et de réalisme.

Chez SUZUKI, on ne s’étonne même pas des performances étonnantes des deux pilotes chargés de défendre l’honneur de l’écurie après la chute de Vincent PHILIPPE.

On  ne veut pas douter de leur résistance. On veut encore et toujours prouver que l’on constitue  plus que jamais le Team de référence en endurance.

Toute l’équipe secouée par la disparition des écrans de contrôle de celui qui fêtait vendredi soir ses dix ans au SERT, réagit crânement avec fierté, compétence et solidarité au sort injuste que tout le monde comme un seul homme  derrière « le chef » entend bien conjurer.

La course  continue avec ses  ingratitudes et sa noblesse de l’abnégation de certains éprouvés par le sort. Un peu avant 11 heures du matin la HONDA N° 77 chute  juste devant les roues de la YAM N° 94 et d’autres chutes  continuent d’émailler cette ronde  diabolique.

 

 

Dans le stand du SERT et alors que DELHALLE repasse en tête, nous retrouvons Vincent PHILIPPE, qui rumine son malheur en ces termes :

 » Tu sais on a beau faire défiler 10 fois dans sa tête le film de la chute on ne se l’explique toujours pas…

Et le Bisontin enchaine :

Peut-être étais je un poil trop vite  mais chuter à cet endroit je n’ai pas  encore compris. »

Vincent  ne s’étend pas sur sa santé  concédant qu’il souhaitait être opéré pour revenir  bien vite. Visiblement, il est navré d’avoir mis le Team dans cette situation et rend  hommage à ses coéquipiers par ces mots:

 » ça va être très difficile pour  eux deux, avec la fatigue accumulée on n’a pas  la même sûreté des gestes et s’il faut prendre quelques risques… en tout cas ça va être long pour eux car avec plus de 4 heures de course encore on peut dire que c’est sans aucun doute l’enfer pour eux. Ce que fait Fabien (FORET) en venant  nous donner  un coup de main en endurance alors qu’il est focalisé sur un programme vitesse est à la fois sympa et courageux… »

Pendant ce temps là à l’occasion d’un ravitaillement la Kawasaki repasse en tête. Fabien FORET justement a repris le guidon même si ses mains sont en piteux état.

Ne jamais renoncer à disputer la victoire c’est bien ce à quoi Dominique MELIAND a toujours su insuffler  à ses pilotes, ses  mécaniciens et ses bénévoles. Tout le monde fait corps avec cet enjeu  majeur, la présence de Vincent  dans le stand prouve sa vaillance et participe de cet esprit de clan que  nous connaissons depuis toujours au SERT.

L’allée des stands est moins encombrée puisque 15 machines ont abandonné, et les mécaniciens  ont besoin de puiser dans leurs réserves  d’énergie  pour garder l’esprit en éveil  et assurer les gestes techniques avec autant de  vitesse et de précision qu’en début de course. Pourtant la ronde se poursuit inexorablement.

Tous les teams de pointe ont procédé  à deux changements de pinces de freins et  normalement ils espèrent tous  n’avoir plus qu’à gérer de la routine. Mais comme un leitmotiv  la chute inexpliquée et redoutée et la tension demeure  extrêmement forte. Les enjeux sont majeurs pour le SERT et KAWASAKI  pour qui le résultat au Bol conditionne  plus ou moins le fait de disputer le championnat du monde dans son intégralité.

A midi, les positions semblent un peu stabilisées avec la KAWASAKI (685 tours couverts) devant la Suzuki à moins de 30 secondes et trois  Yamaha: la  94 à 4 tours, celle du Yart  à 6 tours et celle de Folch à 14 tours.

Tenir, encore tenir pour les pilotes de la Suzuki qui roulent à deux contre trois aux autres équipes, résister toujours et encore pour la Kawasaki et garder  le podium bienvenu après 5 années de disette sur des courses de 24 heures, pour la Yamaha 94.

 

Dans la catégorie Superstock, la bataille n’est pas moins rude  et après l’abandon sur panne moteur de la Suzuki du Junior Team, c’est devenu un mano a mano, entre la BMW N° 13 du PENZ 13 et la Kawasaki N° 24 de 3 d’ Endurance  au sein duquel , Valentin DEBISE  (pilote en GP 2) associé à Fabrice HOLUB et Benjamin DELEGUE, a su maintenir la pression sur la BMW au point, qu’à deux heures de l’arrivée, rien n’est  joué dans cette catégorie pour la victoire.

En EWC (Endurance World Championship), le SERT ne semble pas en mesure de porter une attaque, les deux vaillants guerriers subissant un peu la loi enfin dictée par KAWASAKI. Le chef MELIAND, lui, n’en guette pas  moins la moindre faille dans la cuirasse verte, pour retourner une situation jugée désespérée, à savoir disputer 20 heures de course avec seulement 2 pilotes.

François ETERLE, Directeur commercial chez SUZUKI France et grand passionné de compétition, accepte bien volontiers de nous parler de cette course un peu particulière, avant l’arrivée, alors qu’Anthony DELHALLE termine, très éprouvé physiquement, un avant dernier relais.

 » Pour moi, cette course apporte une surprise et deux confirmations. La surprise, c’est la contreperformance de BMW . Au niveau des confirmations, je vois le niveau de performance de la KAWASAKI et l’évolution très positive  que nous attendions avec la SUZUKI, version 2012. Ensuite,  je veux souligner la grande cohérence du SERT avec son savoir faire en tous les domaines de la course, la technique bien sûr, mais aussi le recrutement des pilotes. N’oubliez pas que empêcher les autres de gagner, c’est un peu ce qui aurait pu être payant. En effet naturellement Fabien FORET aurait du rouler chez l’adversaire sur la N° 11 ..  en tout cas je suis très motivé pour la suite. Nous disputons tout le Championnat  et nous avons à priori les bons ingrédients : pilotes, machine et pneumatiques pour viser  encore le titre en 2012. »

 

A moins d’une heure de l’arrivée, la YAMAHA du YART, saute la YAMAHA du GMT, pour rentrer dans le rang à la faveur d’un ravitaillement alors qu’une nouvelle averse, oblige tous les Teams à jouer la plus grande prudence, voire à repasser  par les stands pour chausser des enveloppes plus en adéquation avec un état plus que problématique de la piste.

Ainsi Gregory LEBLANC, rentre en indiquant un choix de pneus pluie pour la KAWASAKI N° 11 pour son coéquipier DA COSTA qui repart.

Fabien FORET, commet une petite faute à 14h 22, au virage d’Adélaïde et tous espoirs de voir la Suzuki ‘manger ‘ sur le fil la Kawa s’effondrent alors que les deux YAMAHA du Yart et du GMT, se disputent toujours  la troisième place.

A 14h 25, FORET rentre au stand et confie la machine à Anthony qui pourtant est tout autant ruiné physiquement que son copain avec un genou en vrac et une immense lassitude que seul un mental d’enfer, permet de juguler.

Voila le SERT encore tout près d’entrer dans la panthéon des exploits impossibles.

 

Le final est assez ébouriffant avec les deux YAM  lancées dans une guerre farouche pour accrocher la troisième marche du podium. Igor JERMAN sur la N° 7, prend l’avantage sur  David CHECA et il semble  bien qu’à 25 minutes de l’arrivée, la cause soit entendue !

Sur la Kawasaki N° 11, c’est Olivier FOUR qui va terminer la course avec une très légère marge de sécurité sur la SUZUKI N° 1 qui elle, n’a jamais rendu les armes, ce qui mérite d’être salué par un immense coup de chapeau de tous les concurrents  et des spectateurs .

Bizarrement, Vincent PHILIPPE va propulser ses coéquipiers dans la légende du Bol. Il n’aura  pas quant à lui accroché sa 8ème victoire, mais figurera  bien au classement du Championnat du monde avec de précieux points pour envisager une poursuite de saison teintée d’optimisme  puisqu’on  doit le dire, la SUZUKI 2012, est  visiblement bien née.

Elle saura le confirmer dans les courses à venir, après la démonstration effectuée, il n’est pas permis d’en douter. A commencer par celle de Doha au Qatar, le prochain rendez-vous, début juin

La KAWSAKI N° 11, machine aboutie et bien en phase avec ses gommes PIRELLI, disputera-t-elle l’ensemble du Championnat ?

Non engagée au titre des Teams permanents, il se murmurait déjà dans le paddock de Magny cours que les verts, iraient au Qatar, pour  voir ce qui  peut se passer….

 

 

En attendant, le drapeau à damiers tombe exactement  à 15 h et 40  » sur  la moto N° 11 alors que Gilles STAFLER, manager aux nerfs d’acier, attend très ému de voir Olivier FOUR, en terminer effectivement avec une des  courses les  plus difficiles qu’on ait pu connaitre depuis que l’on court le Bol, ici  à Magny-Cours.

 

 

Vainqueur en fin de saison 2011, aux 24 heures du Mans, puis à nouveau vainqueur au Bol en début de saison 2012, le Team KAWASAKI? prend une  nouvelle dimension dans ce monde ingrat de l’endurance.

Quant à la Suzuki du SERT, on ne peut qu’être admiratif de sa seconde place ! Ses deux pilotes méritent tout simplement le RESPECT d’avoir tenu ce rythme fou à deux et de finir sur le podium !!!

 


A l’arrivée les équipages éprouvés  mais étonnamment disponibles en conférence de presse, nous encore étonnés  par leur sens de l’humour alors que les duettistes de Suzuki, FORET et DELHALLE, par exemple, avaient bien du mal à marcher .

L’équipage du YART classé troisième déclare:

 » Avoir tout donné pour remonter sur la 94″

Et quand Igor Jerman croyait en avoir terminé avec la bagarre, il dut repartir au combat et terminé enfin au Bol, ce qu’il attendait depuis 2007!

Vincent Philippe débute ainsi son  propos:

 » j’ai commis une erreur d’appréciation qui coûte la victoire, je présente mes excuses  au SERT et à mes coéquipiers, ce qu’ils ont fait c’est un truc de dingues et Fabien (FORET) qui est en tête du championnat du monde 600, était sympa de venir et avec Anthony, ils ont été super. »

Fabien FORET indique

 » On avait les moyens de chercher la victoire. Ce qui est  bien c’est  que ce soit fini! Avec les conditions climatiques, tout pouvait toujours  basculer.. »

Anthony DELHALLE, confesse que la lecture de la piste? n’était pas aisée et qu’il se sentait une très forte responsabilité à désigner le choix de pneumatiques pour son équipier. Quant à savoir? quels étaient ses sentiments au moment de reprendre le guidon? après la chute de Vincent samedi en début de soirée, il précise avec humilité:

 » J’ai tenté de me concentrer sur ce que j’avais à faire, sans me poser de question. »

L’équipage vainqueur a le propos un peu rigolard  et on le comprend aisément…

Olivier FOUR, nous confie:

 »  Nous n’avons pas pu appliquer le plan initialement prévu, on a cherché à leur mettre la pression (Suzuki) ils n’ont pas cédé, ils revenaient même. Tout était à refaire. On a peut être fait quelques bêtises dans les choix des pneus…

Ses coéquipiers acquiescent et précisent même quasiment en

« Que la victoire fut dure, que les pilotes de la Suzuki leur ont donné du fil à retordre, on a du pousser. »

L’équipage vainqueur en Superstock sur la KAWA 24, était tout guilleret et Benjamin DELEGUE commence

 » En se félicitant de l’organisation du Team 3D et des bons choix stratégiques du Team et en forme de clin d’œil se réjouissait d’avoir des coéquipiers  » qui vont très vite. »

Fabrice HOLUB se déclarait  » Pas trop fan de la pluie et avoir vraiment fait attention de ne pas chuter ».

Valentin DEBISE après un podium au Mans en Supersport, voici 15 jours,   » Se sent comblé pour sa première course en endurance « .

Il poursuit:  » L’équipe m’a bien conseillé, je les ai écouté à la lettre et physiquement j’ai pu doubler deux relais sans difficulté majeure. »

Dominique MELIAND , lui indique en souriant:

« Le mot lâcher ne fait pas partie de mon vocabulaire, seul le mot gagner est à l’ordre du jour et avec mes deux lascars qui sont allés à fond  tout le temps dans des conditions  difficiles  nous n’avions qu’une  idée en tête: mettre la KAWASAKI par terre.

Gilles STAFLER, son homologue chez Les Verts, presque en écho répond :

 » Notre objectif était  bien sûr de ne rien céder. Je connais Dominique, il me connait. on n’a rien lâché ni l’un , ni l’autre. On est des sportifs et l’on se respecte beaucoup….

A la question de savoir si cette victoire ouvrirait les portes d’une participation à DOHA, la réponse fuse:

 » Je vais poser la question tout à l’heure au Président de Kawasaki France. »

Avant de  terminer  ce reportage nous avons souhaité de demander au même Gilles STAFLER mais en  relation duelle de  nous  confier ses sentiments après cette magnifique victoire. il nous répond:

 » Cette course  fut très difficile mentalement. Il  fallait faire les  bons choix aux  bons  moments et si possible  ne  pas trop se tromper ! J’avoue avoir eu une petite hésitation entre des  slicks cutés ou des mixtes moulés. Le management des hommes est facilité par une équipe super et  une longue expérience commune  avec  certains  responsables techniques ( moteur et suspensions). Oui comme vous l’avez observé j’ai composé avec  les  qualités intrinsèques  connues de  mes trois pilotes et j’ai pu lancer tel ou tel sur  l’humide ou le trempé….Enfin je dois bien dire que notre moto fait partie d’une  nouvelle génération avec l’électronique.. ça peut être pervers mais pour l’heure la machine est un exemple de fiabilité. »

Voila, prochain rendez-vous à Doha au Qatar début juin pour la seconde manche du Championnat du monde d’endurance 2012

 

Alain MONNOT

Photos : Michel PICARD – Bernard ORNY – Adrien CLEMENT (XTREM PICS)  et Alain MONNOT

 

Classement final :

1-Kawasaki SRC (Dacosta/Leblanc/Four), 781 tours
2-Suzuki Endurance Racing Team (Philippe/Delhalle/Forêt) à 1:41.055
3-Monster Energy Yamaha YART (Jerman/Martin/Giabbani) à 5 tours
4-Yamaha GMT 94 Michelin Yamalube (Checa/Foray/Lagrive) à 0:55.264
5-Yamalube Folch Endurance (Ribalta Bosch/Dos Santos/Tizon Ibanez) à 16 tours


 

 

LES VAINQUEURS EN SUPERSTOCK LE TEAM 3D ENDURANCE AVEC DEBISE -DELEGUE – HOLUB

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