INDYCAR : ENTRETIEN AVEC SEBASTIEN BOURDAIS AVANT LONG BEACH

EXCLUSIF

BOURDAIS NOUS PARLE DE SON RETOUR EN INDYCAR AVEC DRAGON RACING ET LOTUS

 

A quelques jours de la 3eme épreuve du Championnat Izod IndyCar Séries de Long Beach en Californie, le Français Sébastien Bourdais, qui dispute le Championnat 2012, au Volant d’une Dallara a moteur Lotus du Dragon Racing, nous offre une interview exclusive et répond a nos questions, avant une épreuve qu’il apprécie tout particulièrement.

Sebastien Bourdais, a en effet remporté à trois fois le Toyota Grand Prix of Long Beach et se prepare pour une nouvelle aventure avec sa nouvelle equipe Dragon Racing, laquelle est dirigée par Jay Penske, fils du célèbre patron de la grande écurie éponyme, Roger Penske.

Vous avez trouvé un volant avant la saison, comment avez vous été selectionné pour par Lotus Dragon racing?

” En fait, j’étais reparti avec Peugeot et l’IndyCar  semblait déjà très bien engagé. Passé la mi-décembre, Peugeot a commencé à nous donner des signes, comme quoi on ne ferait probablement pas toute la saison et la j’ai commencé a douter un petit peu et Jay Penske m’a alors contacté en fin d’année juste avant le nouvel an. Donc après le nouvel an, j’ai discuté avec Peugeot et ils étaient d’accord de me laisser faire un programme IndyCar complet même si il y avait potentiellement deux ou trois courses en fin d’année en conflit avec le programme Peugeot. Mais comme ils n’étaient pas capable de me proposer un programme complet en endurance, c’était la bonne solution. C’était ce qu’il fallait faire. On a donc signé le jeudi 12 janvier avec Jay Penske, le patron du Dragon Racing Lotus et Peugeot a annoncé dans la foulée son retrait le mercredi 18 janvier. Je peux dire que j’ai vraiment été chanceux sur ce coup la.

 

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Sébastien, comment avez vous vécu le retrait inattendu de Peugeot, le mercredi 18 janvier?

 “ Par presse interposée. Je l’ai appris par le speaker des 24 Heures du Mans. C’était une décision de la “Grande Armée” (Siège de la firme Peugeot à Paris) et c’était non négociable. C’est tombé comme une lame. Donc démanteler l’équipe alors que le programme était vraiment très alléchant surtout avec tous les efforts qui avaient étè faits pendant l’hiver. C’est vrai que c’était une situation très difficile. C’est dur mais c’est comme ça.”

Ou vivez vous avec votre famille aux États Unis et comment cela se passé t-il aux USA?

 “ On est retourné a St Petersburg en Floride ou on avait conservé notre maison, Cela se passe plutôt bien. Les enfants sont a l’école et en plus, nous sommes dans un endroit que l’on connaissait avant du temps de ma période Champcar. Donc, c’est beaucoup plus facile forcement.”

Comment êtes vous perçu par les fans Américains quand vous roulez ici aux USA par rapport a la France par exemple?

“C’est difficile de comparer. J’ai évidemment pour les aficionados de monoplace aux USA, une réputation qui me précède forcement un peu. Il ya beaucoup de gens que je revois dans les paddocks et qui viennent quasiment une course sur deux, ceux qui suivent vraiment, mais bon cela reste quand même minime. Je dirais que le fan de base de l’IndyCar, est quand même plus large que celui du ChampCar. Même si le ChampCar avait des course très populaires ou il y avait beaucoup de monde, en Indycar, il y a plus de diversité, il y a plus de personnes, plus de roulement. Je suis parti du ChampCar ou j’étais Champion et la j’arrive et débarqueen IndyCar et la majorité ne me connait pas plus que çà et les vraies Stars du système ce n’est pas Sébastien Bourdais. C’est Franchitti, Power, Dixon et autres mais je suis bien perçu mais je suis malgré tout plus anonyme qu’autre chose et cela ne me pose pas pas de problème que ça pour être honnête avec vous.”

 

Vous avez roule plusieurs années en ChampCar, un peu en IndyCar en 2008 et en 2011, comment trouvez vous cette Dallara IndyCar qui porte le nom de Dan Weldon?

 “ C’est une bonne voiture. Je pense qu’il y a pas mal de travail à effectuer pour l’optimiser mais je pense que c’est forcément une voiture avec un sacré bon en avant par rapport a l’ancienne monoplace qu’on utilisait l’an dernier. C’est une auto qui a clairement plus d’aéro. Elle se situe pour moi entre ce qu’était une IndyCar de l’an dernier et une ChampCar du passé. C’est pour l’instant a peu prêt pareil au niveau puissance moteur mais c’est un châssis qui a beaucoup plus de potentiel, notamment sur les circuits routiers car sur les ovales, cela reste a prouver.”

Vous avez beaucoup plus expérience sur les circuits routiers et urbains en ville, comment allez vous aborder les épreuves sur ovale?

“ Forcément, j’ai beaucoup plus expérience sur les circuits routiers car le ChampCar se disputait quand même essentiellement sur  des circuits routiers et en ville. Mais j’ai quand même une petite expérience sur les ovales ou j’ai roulé sur les super speedways et certains ovales, comme a Milwaukee, ou j’ai d’ailleurs gagné la course. C’est quand même quelque chose qu’on n’oublie pas mais c’est vrai que cela reste très spécifique et c’est pas mon domaine de compétence le plus élevé, ça c’est évident. Maintenant dans l’état actuel des choses, avec le moteur Lotus dont je dispose, il ne faut pas non plus se leurrer ! Au niveau des ovales, il ne va pas y avoir grand chose a jouer dans un premier temps, il va falloir être patient et savoir prendre son mal en patience et ne pas faire de bêtises parce quand on essaye de compenser sur ovale, on décharge les voitures et on termine dans le mur. Donc,  il faudra ne pas tomber dans ce piège la.”

 

Vous avez fait les 500 miles d’Indianapolis une fois en 2005, vous y retournez cette année, est ce que c’est un événement particulier pour vous cette épreuve ?

“ C’est un événement particulier pour tout le monde. C’est la course du mois de mai. C’est une légende. Indy 500, c’est un mythe, C’est une course fantastique mais aussi extrêmement dangereuse mais qui en vaut la peine. Elle a quand même une importance toute particulière. Il ne faut pas s’égarer, cela reste un événement extrêmement intense dans lequel il ne faut pas faire de faute. Il ne faut jamais tomber dans l’excés de confiance. Il faut toujours avoir beaucoup de recul et le plus possible par rapport a la situation et en général quand on commence a prendre trop confiance, c’est la ou on commence a manger du béton!”

 

 

Êtes vous satisfait de votre début de saison ?

“ Oh oui, forcement on est plus que satisfait. Vu que la saison pour nous a commencé le jeudi soir ou le vendredi matin d’avant la course de St Petersburg et qu’on a fait absolument zéro essai avant. D’être relativement compétitif sur les deux premiers week-ends de course, notamment pendant la course et de comprendre et d’avancer aussi rapidement avec l’équipe qui elle aussi est novice et débute. On peut estimer que l’on repart de zéro avec l’équipe Dragon Racing avec du personnel tout nouveau et avec une organisation a deux voitures au lieu d’une. Si l’on était parti d’une feuille blanche, cela n’aurait pas été plus difficile. Je pense que l’on ne peut forcement qu’être content de nos débuts. De la façon, dont cela se passe surtout qu’on savait qu’avec notre partenaire moteur Lotus, qu’il y avait toute une phase de développement a faire et de patience a avoir. On savait que le moteur Lotus ne serait pas très compétitif et super performant d’entrée de jeu. Donc le fait de pouvoir aller se battre avec les grosses cylindres d’entrée de jeu, c’était déjà très motivant pour l’équipe et pour moi et c’est encourageant pour la suite.”

 

 

Le fait que Simon Pagenaud, un autre pilote tricolore, roule aussi cette saison en IndyCar, est ce que cela vous apporte une motivation supplémentaire?

” Non, non! Je suis juste content pour Simon qu’il est enfin réussi a avoir une chance en IndyCar. Il avait su la saisir et l’a créer en gagnant le Championnat Atlantique et en intéressant le Team Australia de Derek Walker en ChampCar. Voila, si le ChampCar n’avait pas disparu, je pense qu’il y avait montré de belles choses sur sa première année et cela demandait une suite. Quand il y a eu la réunification forcement c’était bien plus difficile de trouver des volants et je suis content pour lui. Pour cette année, il a réussi a générer quelque chose avec le soutien d’Honda et la relation particulière qu’il a su créer avec eux et cela a ouvert des portes et il a une belle petite équipe. Et même, si il n’a pas de co- équipier, son Team Sam Schmidt reste une des plus belles organisations, sortie des armadas que sont Penske et Ganassi. Il y a vraiment un coup a jouer pour lui et il le sait. Pour l’instant, il en fait le meilleur usage. Il est devant et il montre a chaque fois qu’il est présent et maintenant il faut que cela se concrétise.”

 

Avez entendu parle du programme de Jean Alesi a Indianapolis, qu’en pensez vous?

 “ Rien du tout… J’en pense absolument rien. Je pense que pour l’instant, on a du mal déjà dans un premier temps a fournir toutes les équipes en moteurs Lotus, ne serait-ce que pour aller faire des essais. Déjà, cela serait bien. Même pour les courses, c’est un peu problématique. Alors, je pense que c’est bien de se faire des petits coups de pub comme çà et autre, mais je pense qu’avant de mettre des invités dans des voitures et de sortir des programmes qui coutent forcement de l’argent, je pense que cela serait bien de se concentrer sur le développement du moteur.”

 

Allez vous faire les 24 Heures du Mans cette année?

 “ Je vais disputer les 24 Heures du Mans et aussi les Six Heures de Spa avec Henri Pescarolo et la Dome a moteur Judd donc je ne serai pas présent pour la manche Indycar a Milwaukee. Jay Penske, m’a donné son accord pour manquer Milwaukee. Il était suffisamment sympa pour me laissez faire ce programme, donc je serai bien présent en Championnat WEC, a Spa et au Mans”.

 

 

Quelles sont vos intentions pour la course de Long Beach, dimanche et que vous avez remporte plusieurs fois en ChampCar?

 “ J’ai gagne trois fois a Long Beach. Je dirai que pour l’instant, c’est un peu l’aventure. On ne sait pas trop ou on met les pieds exactement. Il faut que cela se mette en place, le mieux possible. On sait qu’avec le châssis, on a appris pas mal de choses. On commence a avoir une petite idée de ce que l’on doit faire. Mais il y a encore pas mal de choses a explorer. Je dirai que pour l’instant le week-end de course, c’est un peu des séances d’essais grandeur nature. C’est vrai que ce n’est jamais vraiment bien évident, quand on a une piste sur un circuit urbain qui évolue en permanence. Je dirais que si on arrive a rentrer dans les 15 en qualification, ce serait vraiment bien. Après en course, les objectifs sont plus que variés. Cela dépend énormément déjà du rythme et puis aussi des circonstances de course. Si il y a beaucoup de drapeaux jaunes, si on a la bonne stratégie, si on se trouve dans le bon wagon. Pour l’instant dans le Team, on ne se fixe pas d’objectif clair. On essaye juste de repartir des week-ends de course, en ayant l’impression d’avoir fait du bon boulot et pour l’instant cela se passe plutôt bien.”

 Vas t-on, re-entendre, grâce a vous la Marseillaise, sur un circuit IndyCar cette année?

 “ Cette année, je ne sais pas. Mais j’espère que l’on l’entendra cette année avec nous tout en estimant  qu’il y a plus de chances, que cela soit le cas avec Simon, a courte échéance. Mais oui, l’objectif, c’est d’en gagner une d’ici la fin de la saison mais il va falloir que tout cela se mette en place gentiment et que cela évolue au fur et a mesure par ce que nous sommes pour l’instant pas du tout en mesure de nous battre pour la victoire. Déjà une, parce que notre préparation a été complétement tronquée à cause des retards de livraison du matériel et aussi parce qu’au niveau moteur, il y a encore beaucoup de travail a faire pour pouvoir espérer se battre devant avec les meilleurs spécialistes de la discipline.”

Comme on le constate, c’est un Sébastien Bourdais, extrêmement lucide mais néanmoins hyper combatif et aussi terriblement motivé qui se présentera en fin de semaine au départ de la manche Indycar de Long Beach

Nous suivrons sur place ce week-end et pour autonewsinfo et avec une attention toute particulière, les prestations du Champion manceau, très populaire en Californie, grâce à ses trois victoires obtenues à Long Beach, du temps du Champcar, entre 2004 et 2007.

Et celle aussi bien évidemment de Simon Pagenaud

 

Emmanuel LUPE

Photos : Emmanuel LUPE et Teams

Indycar Sport

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