L’EVENEMENT MOTO AU PAUL RICARD: UN PARFUM DE RENAISSANCE…

 

C’est LE rassemblement de Pâques…

(L’autre, c’est les cloches de retour de Rome, et c’est moins marrant).

Des milliers de motards sont venus écouter la vraie grande messe, celle des cylindres. Et partager un nombre incalculable d’émotions et de grands moments.

Cette année, en plus, c’était le retour des courses de moto  sur le mythique circuit.

Une curieuse sensation envahit les nostalgiques : Le grand frisson ?

 

CONCEPT RASSEMBLEUR …

 

L’évènement moto, en fait c’est un gigantesque cocktail.

Recette…

Une bonne dose de vintage, avec la Sunday Ride Classic.

Une autre de rencontres, avec de grands noms? tels que l’inoubliable  »  Ago  »  l’homme aux quinze titres mondiaux  et 122 Victoires en GP, Giacomo Agostini,

Côté tricolore, de grands destins aussi, avec Hervé Moineau, quatre fois couronné Champion du monde en endurance et un as du Bol d’Or, William Coste. Christian Sarron, ancien Champion du monde en vitesse 250cc est là, Hubert Rigal, lui aussi. Tout comme Patrick Fernadez. ‘Fernan’ le Tropézien, Vice-champion du monde en 350cc en 1982

Ils sont venus rouler.

Comme près de 1500 motards pendant le week end, en dehors des compètes, qui viennent ici rouler sur leur propre moto, sur l’un des circuits les plus mythiques au monde!

Dans les coulisses, nous avons même déjà croisé Jean-Louis Guillou, l’historique Team-manager de l’équipe ‘ usine ‘ Honda en endurance pendant une bonne décennie à la fin des années 80. Époque ou la firme enquillait les titres mondiaux.

Dans le cocktail magique, il faut encore un beau zeste d’essais, avec des constructeurs qui prêtent les motos de leur gamme, pour faire du circuit ou du routier, avec les instructeurs, s’il vous plaît. Ducati, Yamaha, BMW, Aprilia, des musts!

On ajoute une rondelle, une grosse rondelle, de compète… un goût unique que l’on croyait perdu depuis le dernier Bol d’Or, couru ici en 1999 et gagné par Christian Lavieille, qui est évidemment de la fête du renouveau…

Et oui, la compétition moto est de retour au Ricard!

Et pour couronner le tout, un enthousiasme phénoménal, une sorte de bonheur d’être là…

Ah oui, une cuillerée de grand beau ciel bleu…

On agite, on mélange et voilà le goût du cocktail…

La Renaissance.

RETROUVAILLES… ET CHAIR DE POULE!

THIERRY MICHAUD

Thierry Michaud, triple Champion du monde de trial, qui habite Hyères, à deux pas, a enfourché sa Ducati, sa tendre et douce en selle derrière, et est monté voir ce qui se passe au Ricard.

Ce qui gouverne cette journée, c’est la curiosité.

On se tombe dans les bras, et passe Hervé Moineau.

Multiple Champion du Monde d’endurance, dans les années 80.

Hervé vient ici une dizaine de fois par an avec Philippe Monneret pour organiser des stages de pilotage, les pilotes viennent avec leurs motos.

Hervé a pris l’habitude, sur une GSXR, d’emmener les accompagnants faire des tours de circuit en duo.

HERVE MOINEAU

Dans le Mistral, du nom de la ligne droite du circuit Varois, et l’on court ici sur le petit circuit, on dit le 3/8, pour son développement, 3Km8 c’est du 275 km/h!

A deux sur la moto…

Hervé me dit que souvent, au retour, au moment de descendre de moto, ses « passagers » ont les jambes qui flageolent!

Oui, en même temps, c’est normal..

Entre autres, quelques privilégiés ont eu droit à ce tour de manège magique pendant l’évènement moto…

C’est sûr que ce genre d’émotion n’existe pas ailleurs!

ART ET ESSAIS… BIENVENUE CHEZ NOUS!

Pour donner le coup d’envoi des festivités, le directeur du circuit, Stéphane Clair, qui a entre autres disputé à moto quatre Dakar, a ouvert le ruban d’asphalte aux commandes de la toute nouvelle Ducati 1199cm3 Panigale : 195 chevaux pour 167 kilos et 300 km/h à l’extrémité de la grande ligne droite du Mistral, où le vent soufflait d’ailleurs, histoire de dégager de vilains nuages.

Une bête de course pour faire ses courses que cette Ducati… Précisons que dans ses prises d’angle, Stéphane était accompagné de Jean-Jacques Peyre, qui mérite d’entrer dans le livre des records, puisqu’il a couru au Paul-Ricard dans 17 catégories différentes.

 Des Promosport jusqu’en Grand Prix et au Bol d’Or à sept reprises, l’importateur des casques américains Blauer a vécu les grandes années du Paul-Ricard, de 1972 à 1984.

« C’était toujours un plaisir de courir ici , car l’ambiance était et est resté unique. Et quand on gagnait la fête se finissait toujours très tard. J’ai connu cela en Coupe Kawa, aux 1000 km et au championnat de Suisse, avec des coéquipiers tels que Jacques Agopian, Jacques Cornu, Philippe Bouzanne et André Gouin. Maintenant c’est mon fils, Sébastien, qui a pris le relais !  » 

Je vais donc au stand Ducati, littéralement pris d’assaut.

Il est vrai que la marque marche l’enfer, que ce soit en compète notamment en Superbike, les GP, c’est autre chose… et surtout en ventes. 

Ils ont vite compris que le fait de rencontrer leurs aficionados dans un tel cadre était un vrai filon. 

La totalité de la gamme est proposée à l’essai, du routier encadré par William Costes  himself  s’il vous plaît (et sa boîte BMC)…

21 motos sont proposées pour des circuits routiers de 30 minutes. 

Au total, Ducati réussira à passer 250 personnes, qui repartiront avec des étoiles dans les yeux. 

La star des essais?

…. La Streetfighter.

STREETFIGHTER

L’autre vedette du stand est évidemment la Panigale, la nouvelle hyper-sportive.

Elle tourne mais seulement sur le circuit.

On imagine le bonheur, la moto la plus prestigieuse du monde au Ricard? Même dans ses fantasmes les plus fous, le motard n’ose pas rêver de cela une seconde.

Cela existe…

Bien entendu, les mêmes motos, le matin, sont en piste sur le circuit, avec ouvreur. On imagine l’enthousiasme délirant des tarmos… Rouler au Ricard sur Une Ducati!

J’ai parlé avec des motards anonymes.

C’est clair, ce jour là, le Roi n’est pas  leur cousin…

 Ce système essais routiers-essais piste marche tellement bien que Ducati a initié une tournée Desmo Riding Tour.

Sur et autour de circuits très prestigieux.

On trouve cela sur leur site.

 Idem chez Aprilia, où l’on se précipite sur cet autre objet d’art et d’essais qu’est la RSV4, directement inspirée de la moto de Biaggi en Superbike.

APRILIA RSV4

L’organisation est la même que chez les autres constructeurs, on sort en groupes sur des itinéraires routiers reconnus à l’avance, où on arrive à envoyer un peu de lourd de temps en temps.

Un instructeur ouvreur devant, un autre qui ferme.

Inscriptions sur place, 120 motards sont devenus des bienheureux pendant les deux jours…

Kif kif chez BMW, Yamaha, Guzzi, Suzuki.

Joyeuses Pâques!

RICARD II…

Le Paul Ricard a reçu son dernier Bol d’Or en… 1999.

Le 12 septembre 1999, le Varois Christian Lavieille, passé depuis à la compétition automobile et en particulier aux rallyes-raids avec succès, remportait, sur le tracé de 5,8 km, le dernier Bol d’Or disputé ici, associé à un autre frenchie, Jehan d’Orgeix et au Britannique Terry Rymer, au guidon d’une Suzuki du SERT (Suzuki Endurance Racing Team) de Dominique Méliand.

Puis le circuit a été fermé, totalement refait, avec des systèmes de sécurité à l’époque uniques au monde mais réservés à des équipes et des courses privées.

Pas de public pendant dix ans.

Tout a été modernisé, les pits agrandis, et le circuit remodelé avec 167 possibilités de variations différentes!

Déco sublime, fini le gravier quand on sort de piste, les zones bleues sont abrasives, les rouges très abrasives.

Mais vraiment, on n’a plus de pneus… 

Puis, peu à peu, le circuit s’est rouvert au public.

Il est loué à des privés (tests, présentations de presse, etc…) 250 jours par an, et il recevra en plus cette année 14 évènements avec du public.

L’Événement Moto a eu l’idée phénoménale de faire revenir les courses moto au Ricard.

Cela s’est passé devant des tas de vioques dans mon style, les larmes aux yeux…

On a eu du mal à reconnaître ce qui a été notre royaume, il ya presque 15 ans mais la magie est là. Toujours là !

La modernité aussi. 

Avec ses tares. 

Le joyeux merdier qu’était ici un GP de F1, de Moto, un Bol d’OR avec des motos partout, c’est fini. 

Maintenant, tu laisses ta moto à l’entrée, et on t’emmène sur le circuit en navette. 

Cela est détestable,  mais les jeunes motards n’ont pas connu autre chose, ils s’y font donc sans souci.

Il est clair qu’il faudra penser un peu l’accueil quand le circuit recevra des épreuves de masse. (Suivez mon  regard).

On y arrivera parce que jusqu’à présent, le nouveau Ricard, c’est du Top.  

Jusqu’à l’aéroport, qui est aujourd’hui équipé en IFR (Instrument Flight, sans visi en somme) utilisable H24, accueillant évidemment des jets privés et jusqu’à des transporteurs genre Airbus A 119.

On a construit des hangars, bref, c’est devenu un vrai business airport…  

Bon… On y va sur le circuit?

RACING IS LIFE

Bon, on regarde ça de trois côtés.

Le public.

Des gradins ont été aménagés dans les beaux endroits, ligne droite des stands, double droit du Beausset, virage du Pont, et sur cette enceinte extérieure,  le public est le roi. 

Peu de places assises, un peu moins de 10 000, mais ça viendra. 

Les journalistes…

Aux petits oignons, à condition de ne pas être nostalgique.

Le double droit vu de l’intérieur où je passais mes nuits au Bol d’Or, fini.

L’enchaînement Garlaban-Lac, vu de l’intérieur, à un mètre des motos-autos qui passent, c’est toujours là mais en zone rouge, on n’a pas le droit d’y rester.

Ce que disent les anciens, c’est que le circuit est « aseptisé »…

Bon, un  circuit est fait pour le public et pour les pilotes, pas pour la presse nostalgique!

Et les pilotes, ils sont aux anges.

Hubert Rigal m’a dit que les zones de sécurité en dur et ultra-abrasives c’est mieux que le gravier, on peu se redresser si on fait un tout droit.

Dont acte, il a serré dans Signes, la courbe la plus infernale d’Europe avec l’Eau Rouge à Spa… Au lieu de se retrouver à quatre pattes, il est sorti de façon élégante…et safe!

Cet extrême engouement pour le Ricard ‘new look’ est général chez les pilotes.

Ils sont 120  inscrits dans trois compètes, Pro Twin, Twin Cup, Roadster.

Le Pro Twin est le plus dingue, un royaume Ducati, 39 engagées pour 8 KTM, 2 Aprilia, une Suzuki.

C’est clair, les titres de la marque en Superbike font vendre les motos aux amateurs de sensations fortes!

Ce Pro Twin existe depuis 20 ans, c’est une bande de copains qui s’auto-sponsorisent.

Bilan sportif, de ce retour des courses au Ricard.

Totalement positif.

Juste comme ça, on revient au frisson…

LE ROI ‘ AGO ‘

GIACOMO AGOSTINI EN SELLE...

Ago est revenu en piste, au guidon de son Agusta.

Il a couru ici dans les années 70. 

Dans le genre frisson, pas mal.. 

15 titres mondiaux, record qui n’est pas près d’être battu!  Assorti de… 122 victoires en GP !!!

Pardon pour la nostalgie, mais la nostalgie en question, elle a fait un tabac dans le public, qui est devenu foule dans les séances de dédicaces…de l’immense Champion Bergamasque.

 NOUVEAUTÉS…

TENTE LONERIDER

Il y a un village aussi, avec des trouvailles.

La tente Lonerider a été dessinée par un routard, elle est bourrée d’astuces et elle permet de « hangarer » la moto.

En fait, elle s’en fout la moto, elle peut dormir dehors… en revanche, cet abri la rend infiniment plus difficile à piquer!

C’est super bien vu, ça pèse un peu plus de cinq kilos, et l’armature est une vraie arme contre le vent. 

Bon, pas donné, 469 euros… 

Mais un quatre étoiles ambulant pour routard, ça vaut ça! 

www.lonerider-motorcycle.f.com

Autre découverte… 

Voici Avinton.

  

C’est une toute nouvelle moto.

Française…

Bon, le moteur est un S&S de 120CV, 1600 CC.

Autour, c’est du dessin « cocorico », très réussi, assez original, où la qualité est présente partout.

Encore un rêve en somme!

Bon, un rêve a un prix.

33 000 euros.

www.avinton.fr

DA UNA LAGRIMA SUL VISO

C’est une chanson culte de Bobby Solo, qui parle d’une larme sur le visage… 

La Sunday Ride Classic, le bébé de Jean Pierre Bonato, a fait venir la bagatelle de 290 pilotes sur cet évènement moto. 

Le triomphe de tout ce qui est « Classic » se confirme, et c’est une très bonne chose.  

Et pour finir ce triomphe, il fallait … une apothéose!

Dans le cadre de la parade Moto Journal 200, une épreuve  historique courue dans les années 70, Hubert Rigal a amené sa collection  personnelle de très belles Yam de compète.

Et un trio de folie, s’est formé en piste.

Hubert Rigal, Christian Sarron, Giacomo Agostini…

A la fin de sa sublime carrière,  « Il maestro assoluto » a aussi été Champion du monde sur Yamaha, en 1974 et 1975.

Voilà, j’ai chialé, je pouvais rentrer…

Chiffre officiel de spectateurs: 20 000.

Sur qu’il y avait du peuple tout autour de ce Paul Ricard, qui lui ne vieillit pas !

 Jean Louis BERNARDELLI

 Photos :  Raymond  PAPANTI et CONSTRUCTEURS

 

 

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