12 HEURES DE SEBRING : LA SEMAINE FLORIDIENNE D’OLIVIER LOMBARD

 

Parti sous la pluie de Paris par le vol Lufthansa,  le  vendredi  9 Mars 2012, en direction de Sebring pour sa première course de la saison, Olivier Lombard, l’un des pilotes de l’Oreca Signatch-Nissan, débarque en Floride, sous une chaleur caniculaire !

Pour autonewsinfo, Olivier nous raconte ce que fut sa semaine Floridienne

‘’ Première étape,  à Orlando, récupérer la surpuissante Mustang Cab que j’ai réservée.

Enfin, me voilà en route en direction du circuit de Sebring, que j’avais découvert l’an dernier avec l’équipe Britannique  WRO. Team pour lequel, j’avais roulé en compagnie de l’Italien Luca Moro et de l’Anglais Johnny Mowlem.  Et ce, au volant d’une FLM (Formula Le Mans).

Malheureusement, notre course s’était soudainement arrêtée après neuf des douze heures de course, suite à la casse du diffuseur arrière, non réparable.

En roulant en direction de Sebring, je me régale au volant de cette superbe bagnole, typiquement américaine qui représente pour moi qui ai 20 ans, une véritable légende.

Parvenu à mon hôtel, à Avon Park et situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Sebring, je retrouve mon équipe, Signatech

Soirée de détente. Dîner dans un restaurant local décoré avec tout plein de drapeaux.

Samedi matin 10 mars, réveil après une bonne nuit malgré le décalage horaire, à 7H30.
A 9 H, en route pour le circuit.

Là, je retrouve l’équipe du Team Signatech, qui installait la structure. Une fois, leur job terminé, nous décidons avec mes deux équipiers Franck Mailleux et Jordan Tresson de filer sur Daytona, pour assister à la course du Supercross, dont on nous a parlée le matin au petit déj.

Arrivé à Daytona, ce circuit mythique pour l’Européen que je suis, nous retrouvons alors,  Soheil Ayari et Pierre Kafer.
Le Supercross à l’Américaine ? Géant, une ambiance de folie, un monde dingue. Malgré le déluge qui s’abattait sur la course. Un sacré  souvenir assurément.

Finalement, la victoire est revenue à James Stewart, au guidon d’une Yamaha, considéré comme le ‘’ Schumacher ‘’ du Cross US. Marvin Musquin, le Français,  Champion du monde 2010 en MX2, qui roule sur une KTM et qui dispute cette année le Championnat Américain de Supercross 450cc, finit à une belle quatrième place devant Ryan Villopoto, l’autre Star du Cross US avec Ryan Dungey

Retour fort tard, car il y a deux bonnes heures de route entre Daytona et Sebring,  où nous arrivons à 2 Heures du matin.

 

 

Dimanche 11 mars. Les choses sérieuses débutent aujourd’hui. Enfin !

La journée s’annonce longue et il fait mauvais temps de nouveau comme hier, un vrai temps de chien…
Je prépare tout mon matériel, combinaisons, casques, dans un ordre précis pour pouvoir rapidement et facilement tout récupérer, pendant mes relais.

Ensuite, je retrouve mes deux partenaires, Frank et Jordan pour un long briefing avec nos ingénieurs. Olivier Bacchis et Eric Momey. Lequel va se prolonger une bonne heure. Puis, avec mes équipiers, on part effectuer la reconnaissance de la piste avec une voiture de golf. Retour à l’hôtel.

Là, j’ai relu tout le programme d’essais discuté pendant le briefing.

 

 

Lundi matin 12 mars – on rentre dans l’événement. En effet, c’est vraiment maintenant que commence véritablement la longue semaine des 12 Heures.

Première session d’essai des 8 Heures. C’est moi qui entame ce 1er roulage. Hormis un déverminage rapide lors d’un rodage sur la piste de Lurcy Lévis, le vendredi 17 février, je découvre donc véritablement la voiture. Je fais un ‘ out-in ‘ un tour de vérification. Retour au stand. Tout étant OK, on me renvoie en piste. Pour deux runs de huit tours. Le soleil est revenu et il commence déjà à faire chaud, très chaud.

Il y a beaucoup de voitures en piste et le trafic est dense. Mon premier objectif, est de reprendre mes marques sur ce tracé découvert l’an dernier. Je passe le volant à Jordan qui à son tour roule huit tours. Franck conclut les essais de la matinée. L’après-midi, rebelote, tous les trois, on se succède dans le baquet.

Au final, bonne première journée sans rencontrer le moindre souci.

 

 

Mardi 13 mars – deux séances d’une heure chacune sont programmées. Une en matinée, la seconde après la pause du déjeuner. Le but ce jour, est de confirmer le set-up retenu et d’affiner les réglages avec des pneumatiques usagés. En soirée, arrivée depuis Paris et via Miami des patrons du Team, Philippe Sinault et Didier Calmels

 

 

Mercredi 14 mars – journée ‘’ OFF ‘’. Détente, arrivée de mon père et de mon jeune frère, Henri.

Jeudi 15 mars – longue journée en perspective car ce soir, il y a les essais de nuit. On travaille encore sur l’amélioration du set-up de l’auto. On doit accomplir un minimum de plusieurs tours d’affilée pour qualifier chaque pilote de nuit. Formalité rapidement remplie. L’Oreca 03 Signatech, nous convient bien à tous les 3. Longue réunion à la fin de la séance, avec le staff technique.

 

 

Vendredi 16 mars – Bonne nouvelle. Le beau temps est confirmé pour la course de demain. Une heure de roulage en matinée, partagée entre Jordan pour qu’il continue sa découverte du tracé –il roule lui ici pour la toute 1ère fois – et Franck.

L’après-midi, a enfin lieu la fameuse séance des essais qualificatifs. Fort logiquement, c’est Franck qui va s’en charger, eu égard à sa parfaite connaissance de Sebring d’une part et aussi d’autre part, de la Signatech qu’il pilotait déjà ici, lui, l’an passé.

Résultat ?

Franck signe le 4ème chrono en 1’52’’084. C’est la Morgan du Team OAK Racing du trio Nicolet-Pla-Lahaye, qui se montre la plus rapide en 1’50 ‘’467, devançant la HPD ARX 03b de l’ancien pilote 908, le Français Stéphane Sarrazin, Ryan Dalziel l’Ecossais et le Vénézuélien Potoloicchio, seconde en 1’50’’823. Et,  la Zytek de l’écurie Greaves – mon ancienne équipe de 2011 – et que se partagent Elton Julian, Zugel et Gonzales

On est satisfait de notre place aux chronos, même si on espérait probablement figurer un tout petit mieux. En vitesse de pointe, on retrouve la même configuration. La OAK devant, avec 266, 5 km/h. Suivent la HPD de Sarrazin, à 265, Km/h et la Zytek à 261,9Km/h. Nous, on est donc 4ème, avec une vitesse de 259,9Km/h.

Sinault, semble serein et affiche une grande confiance pour la course

 

Samedi 17 mars. Réveil  plus que matinal, franchement tôt. A… 4 Heures 30 ! Eh oui, je pars courir une bonne demi –heure, pour bien me réveiller. Départ pour le circuit à 5 Heures 30. Arrivée à 6. Le warm-up débutant à 8 Heures, tout le monde est sur le pont forcément tôt.

Au warm-up, qui dure 20’, on va rouler tous les 3. C’est Franck qui s’élance le premier. Je lui succède au volant et Jordan termine la séance.

Comme au Mans, dans la foulée et à partir de 9 Heures, débute la procédure de départ, prévue pour 10 Heures 30.

 

 

Suivie de la parade et de la présentation des Teams et des pilotes avec visite de  la pré grille voitures en épi et ouverte au nombreux public. La température atteint déjà les 30°.

L’ambiance rappelle incroyablement les 24 Heures du Mans.

 

 

Franck prend le départ, boucle deux relais d’une heure.  45 minutes étaient prévues mais il y a eu l’entrée en piste du safety car – Lorsque je le relaye en fin de matinée, notre Signatech Nissan occupe la 3ème place de notre catégorie LMP2 et la 9ème au général. Je fais un premier  relais de 45’.

Le safety car revient en piste et puis je vais rouler vingt cinq minutes lorsque soudainement au virage 13, je suis  surpris par une flaque d’huile non signalée. Impossible de contrôler l’auto qui part dans une glissage… mais j’évite de taper le mur de pneus. J’allais reprendre la piste mais avant que de pouvoir effectuer cette manœuvre, l’une des Ferrari du Team Luxury Racing, la F458 N°49, pilotée par le Brésilien Jaime Melo, surpris comme moi, sort au même endroit et vient me harponner côté gauche, ne pouvant éviter ma voiture. Du coup, là, c’est vraiment fini et terminé…

C’est alors que survient une 3ème voiture, une Porsche, qui elle aussi était victime de cette plaque d’huile et qui, par miracle, réussit à nous éviter, la Ferrari et notre Oreca.

 

 

 

Je quitte mon baquet et constate l’étendue des dégâts. Le coté avant gauche est totalement détruit et la roue arrachée… La mort dans l’âme, je me résigne à regagner le stand à pied. Mais on me propose de rentrer sur la dépanneuse avec mon bolide, meurtri.

Dans le box, je suis accueilli par Philippe Sinault qui me dédouane, ayant tout suivi sur les écrans TV.

Il est 14 heures 30 de l’après-midi, en Floride, en ce samedi  17 mars. Nos 12 Heures de Sebring auront durées … quatre petites heures !

 

 

Je suis naturellement un peu déçu car j’espérais franchement finir la course et viser une place sur le podium.

En conclusion, et en attendant la prochaine manche, les Six Heures de Spa, j’estime que notre voiture et l’équipage ont parfaitement les moyens de jouer la gagne en LMP2.

Si Dame chance veut bien être des nôtres !  »

 

Propos recueillis par Gilles GAIGNAULT
Photos Vision Sport – Rolex Stephan Cooper


12H Sebring WEC Championnat du monde

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