ENDURANCE… MOTO : HIVERNAGE… CHEZ YAMAHA GMT 94

             
La saison d’endurance auto ayant été lancée à SEBRING, nous poursuivons notre programme hivernal avec l’endurance moto et allons à la rencontre  des deux teams prestigieux français : YAMAHA GMT 94 aujourd’hui, et le SUZUKI ENDURANCE RACING TEAM (SERT) prochainement.

 

Il faut  bien dire, avant de débuter dans ce  nouveau registre sur 2 roues, que l’endurance moto  a été longtemps  une sorte de spécialité Française.

Une Coupe du monde  créée en 1960, un Championnat d’Europe en 1976, attirent souvent des écuries hexagonales. Après  un Championnat d’Europe de 1976, le Championnat du monde lancé en 1980, ne  couronnera d’ailleurs que des … pilotes Français jusqu’en 1992.

En effet, il faut sacrer les MOINEAU, LAFOND, HUBIN, COUDRAY, IGOA, LE BIHAN, CRINE et VIERA avant que  Teddy RYMER, l’Anglais n’accède à son tour, à une couronne mondiale.

Dans cette histoire, les  concessionnaires et les importateurs Français jouent un rôle essentiel  et déterminant (Godier-Genoud, Cassegrain, Pipart, National Motos, SIDEMM, Etablissements Bonnet…) et dans ce particularisme bien gaulois, il n’est pas étonnant que ce soit deux personnages bien de  chez nous, au caractère  trempé et à la forte personnalité qui tiennent actuellement le haut du pavé mondial de ces courses d’endurance moto.

Que ce soit Christophe GUYOT pour le GMT 94  (sujet du jour) ou Dominique MELIAND (sujet à venir) l’histoire personnelle, le parcours, le tempérament, le mode de management, n’ont rien de  banal et  peu de  choses en commun

On ne peut pas démarrer  un  sujet sur le GMT 94, sans dérouler un rapide accourci accéléré de la carrière et des engagements forts de Christophe GUYOT.

 

Ce Marseillais, né en 1962, se destine d’abord à l’enseignement et devient instituteur spécialisé. Cette coloration éducative, il ne la perdra jamais et son regard  sur les jeunes va toujours en direction des plus démunis intellectuellement ou socialement.

La municipalité d’Orly, le Conseil Général du Val de Marne, la ville d’IVRY, sont autant de partenaires, qu’il sait parfaitement mobiliser  en faveur des jeunes mais aussi sur sa passion de la course qui l’anime, voire le dévore parfois. Les entrainements  moto au circuit Carole, la rencontre avec Brigitte, le Rock and Roll, l’intégration des minots des classes spécialisées dans  des cursus normaux, voila de quoi  combler des emplois du temps chargés de sa « folle » jeunesse.

Pourtant, quand les services académiques ne lui «  redonne » pas la classe où il faisait de l’intégration pour les élèves les plus fragiles, Christophe ressent  « une  déception terrible » et décide de prouver que  dans le sport moto , il n’y aura rien, ni personne pour limiter sa détermination.

En 1989, il est encore enseignant-remplaçant, en 1990, il  enseigne à mi-temps et en 1991, il se   met en disponibilité.

Le projet initial est bien d’être sacrè un jour… Champion  à moto puis de revenir à l’Ecole, mais en 2006, s’en est finit de ces chimères.

La course a tout balayé.

 

 D’abord  une carrière assez formidable (avec  un titre de Champion du monde qui échappe en 2000, une victoire aux 24 heures du Mans en 2001), puis une période intermédiaire de pilote-manager et le passage  en 2003 chez YAMAHA et enfin, ce rôle très particulier qu’on lui connait actuellement de responsable associatif, directeur d’écurie, manager, homme de relations publiques, consultant Eurosport, musicien de rock invétéré, découvreur de jeunes talents et avant tout, grand ami du monde des motards qui le lui rendent bien !

Bref, un personnage ‘ Hors norme ‘ !!!

 

HISTORIQUE ET STRUCTURE

En fait l’accord initial noué fin 1993, entre Christophe GUYOT et Michel GUERRE, chef mécanicien actuel, signe l’acte de naissance du Team et confirme le GUYOT Motorcycle Team dans le monde de l’endurance.

Écoutons cette histoire peu banale racontée par le fidèle parmi les fidèles : Michel GUERRE :

 

«  C’est devenu une structure GMT après mon arrivée d’ailleurs. On s’est rencontré en 1993 avec Christophe au Mondial du deux roues, suite à l’intervention d’un ami commun, Yannick PICARD de Moto mag. A cette époque, Christophe avait pour projet de faire le Championnat de France en Superbike et le Mondial d’endurance dans sa totalité  avec une Honda. Il avait connu dans la saison pas mal de déboires, il s’était blessé… il m’a recontacté ensuite au moment où je bouclais ma valise  pour partir  pour une autre vie en… Australie. Et puis, on a décidé de notre collaboration à ce moment là, ça s’est fait comme ça sur un simple coup de fil, voire un coup de tête. »

A l’écoute de ce récit, on s’interroge pour savoir pourquoi ce travailleur social de formation, qui travaille ensuite dans le bâtiment s’embarque tout à trac dans la moto. L’explication ne tarde pas à arriver :

« Évidemment, nous avions une passion commune de la moto. J’ai toujours fait de la moto depuis tout petit. J’ai roulotté. Je n’avais pas le talent de nos pilotes actuels, mais je roulais, je préparais des motos en parfait autodidacte de la mécanique. Alors au début du GMT, j’étais le seul mécanicien et je travaillais avec Christophe qui avait plusieurs casquettes et je faisais pratiquement toute la moto de A à Z : les  composites, la préparation moteur, l’évolution châssis… »

Aujourd’hui  les  choses  ont  beaucoup  changé… ?

« Sur le fond non, sur la forme oui. On a un vrai atelier, on a des collaborateurs de longue date, on a notre Sébastien et notre Benoit (photo ci-dessous) qui font de la mécanique avec nous depuis fort longtemps.

BENOIT POUPARDIN


On a  aussi  nos  petites habitudes et on a fédéré toute une équipe de bénévoles autour de nous,  ce qui fait que les choses ont changé, évidemment…. »

Ce qu’il faut bien comprendre dans l’organisation du GMT 94, c’est que nous n’avons pas affaire à une entreprise, mais une association dont l’objet dépasse très largement la compétition à l’état pur. La philosophie même de l’association est de se servir du vecteur de la compétition pour développer des projets participatifs pour les jeunes et les motards.

On verra  que ce côté atypique d’une telle structure a nécessité le développement de nombreux partenariats pour assurer un équilibre économique.

Mais ne brûlons pas les étapes, nous reverrons cela plus avant.

BILAN SUCCINCT SAISON 2011

PODIUM 8 HEURE DE DOHA AU QATAR

 

 « On termine troisièmes au Championnat du monde d’endurance. On conclut surtout avec une belle victoire au Qatar qui nous a rachetés d’une très grosse déception aux  24 heures  du Mans où nous ne terminons pas à cause d’une triple chute, avec notamment, le gros  carton de Matthieu LAGRIVE, qui glisse sur de l’huile dans la courbe Dunlop.

APRÈS LA CHUTE DE FORAY


 

Il enchaine :

Une saison avec une chute au Bol d’Or, mais podium en Espagne, très belle  course à Suzuka qui restera un grand moment pour nous. Cette victoire au Qatar, ça a été génial, car on a pu ainsi placer YAMAHA, parmi les marques qui ont pu gagner, chacune n’a gagné qu’une course, d’ailleurs ! Permettez-moi aussi de signaler que l’on suivait deux jeunes : Jules et Simon DANILO. L’un termine  Vice -champion de France,  l’autre  Vice -champion de France cadet à …. 14 ans ! Ce dernier, Simon a gagné le ticket d’entrée pour participer à la Red Bull Roockies Cup, en prélude des Grands Prix ; c’est super !

 

ORIENTATIONS ET OBJECTIFS 2012

Christophe, poursuit :

« Pour l’endurance ce n’est pas compliqué, maintenant qu’on est revenu en Championnat du  monde depuis deux ans, le but quand on est troisième, c’est de faire mieux, et… si possible pas deuxième ! L’objectif est annoncé, on voudrait gagner des courses aussi. On a la moto pour ça, l’équipe pour ça. On est  très motivé. L’objectif c’est  bien évidemment d’être champion du monde 2012. »

Nous demandons à Christophe Guyot de nous faire part de son sentiment à propos d’un calendrier, qui a –semble-t-il, eu du mal à se mettre  en place.

«  Je trouve que le calendrier est vraiment très, très bien. Il est très resserré, ça permettra de favoriser des équipes qui ont moins de budget pour les entrainements. Parce que lorsque vous avez des courses très éloignées, les unes des autres, il faut s’entrainer au milieu. Là, on court de mi-avril, à mi- septembre. L’an passé, le Championnat se terminait au mois de novembre et dans les deux mois, entre Le Mans et le Qatar, il fallait trouver des solutions pour s’entrainer entre temps et ça coûte des sous, que tout le monde n’a pas !

Et de se faire plus précis :

Donc, je trouve déjà que de ce point de vue là, c’est bien. Par ailleurs, cinq courses pour un Championnat du  monde, c’est également très bien. Il ne faut pas oublier qu’on ne fait pas de la vitesse. En endurance, quand vous avez fait le Bol d’or, tout est à refaire. On refait TOUT ! Et ça  on ne peut pas le faire en 15 jours. Par ailleurs,  je pense que si les organisateurs avaient placé plus de courses, on aurait eu un plateau plus faible. Pour les courses lointaines (Japon, Qatar), il faut trouver des financements et les sponsors ne courent pas  les rues pour aller  courir aux 4 coins du monde ! Moi j’étais inquiet à l’idée qu’il y ait sept ou huit courses.  Il faut louer le travail qui a été  fait par la FIM et je le dis avec  beaucoup de sincérité car je n’ai pas  toujours été d’accord avec eux quand j’étais représentant des pilotes, mais là,  je souhaite leur envoyer des  fleurs,  un beau bouquet. J’apprécie le travail courageux que la FIM fait sur l’endurance. Ils y mettent du cœur, de la motivation qui honore  notre discipline, la met en valeur. Du Président à Paul DUPARC, le secrétaire général,  il y a  une grande attention à notre  discipline, la même que pour le MOTO GP  et je souhaite leur tirer mon chapeau, pour le boulot qu’ils ont fait. »

Prévoir une course en plus au circuit du Castellet, n’était pas une bonne idée ?

« Bien sûr que c’était une idée géniale et j’aurais cherché les moyens pour y participer, mais  vous savez un Championnat du  monde avec trois courses en France que ne dirait-on pas ?  Maintenant vous savez, nous n’aurions pas eu Magny Cours? à un moment où  nous  ne pouvions plus rouler au Castellet, il n’y aurait pas eu de Bol d’or. Je crois qu’il faut être reconnaissant envers ceux qui ont accueilli, la moto, notre sport, le Bol d’or. Je pense donc  que le Bol a toute sa place à Magny-Cours et je suis partisan de demeurer fidèle à ceux qui ont permis que le Bol d’or perdure. »

Avec deux courses de 24 heures en France, ce Championnat du monde ne reste-t-il pas encore, un peu trop Franco-Français ?

«  Non, simplement non. Il faut regarder dans les teams de pointe. Vous avez YART qui est autrichien, BMW  qui est allemand (même si l’on  annonce un engagement par la France et la gestion par un belge),  vous  avez BOLLIGER qui est Suisse-allemand. Bien entendu vous avez le SERT et le GMT  qui sont des Teams officiels pour SUZUKI et YAMAHA. Le tableau est dressé. N’oublions pas le Japon  où les Teams  européens ont du mal à s’imposer  face aux Teams nippons (la meilleure place d’une écurie européenne, c’est quatrième là-bas !). Même s’ils ne disputent pas toutes les courses, ça met la barre très haut, et nous avons de ce fait un  Championnat  relevé, et très international. Enfin, que nous ayons chez nous, les 24 heures  du Mans  et le Bol d’or – les plus grandes courses au monde- c’est d’abord une chance et certainement pas un handicap. »

 

Calendrier FIM

Début Fin Manifestation Lieu Pays
14/04/12 15/04/12 FIM ENDURANCE WORLD CHAMPIONSHIP – BOL D’OR 24 HEURES FRANCE Magny-Cours
09/06/12 09/06/12 FIM ENDURANCE WORLD CHAMPIONSHIP – 8 HOURS OF DOHA QATAR Doha/Losail
29/07/12 29/07/12 FIM ENDURANCE WORLD CHAMPIONSHIP – SUZUKA 8 HOURS JAPAN/JAPON Suzuka
11/08/12 12/08/12 FIM ENDURANCE WORLD CHAMPIONSHIP – OSCHERSLEBEN 8 HOURS GERMANY/ALLEMAGNE Oschersleben
08/09/12 09/09/12 FIM ENDURANCE WORLD CHAMPIONSHIP – 24 HEURES DU MANS FRANCE Le Mans

 

 

ON FAIT QUOI EN HIVER ?

Organisation générale

On l’a vu  les débuts étaient bien modestes au niveau du personnel. Le  bon, Michel GUERRE travaillait, sans salaire au début, à IVRY  dans une pièce de 12 m2 . Il faisait tout, tout seul et on ne disposait d’aucune pièce de rechange en cas de chute…Étant allergique au climat de banlieue, Michel fait émigrer l’atelier qui s’installe dans sa maison de Poitou. C’est après la victoire au Mans en 2001, que l’atelier actuel est construit par les gars de l’équipe eux-mêmes., à quelques encablures de la maison du chef mécanicien.

ATELIER GMT


Comme le dit très bien Christophe

« au-delà des boulons et des rondelles, c’est l’aventure humaine qui a toujours été  notre carburant » et dans cette  veine, ce sont des emplois jeunes  (aidés par le Conseil Général du Val de Marne, à 85% du SMIC) qui sont accueillis. Ils seront  tout naturellement prolongés en CDI. Ce sont toujours eux qui assurent   sous la houlette  du chef mécanicien autodidacte  et redoutable de compétence, la préparation, le développement et la maintenance des  machines. En hiver  comme  dans toutes les équipes d’endurance Michel GUERRE, Sébastien CARRE et Benoit POUPARDIN  (les trois seuls salariés de l’association) sont un peu  au four et au moulin. Il faut  déterminer  le meilleur compromis  pour  arrêter la meilleure  machine  en fonction des évolutions possibles et des objectifs que l’on se fixe.

Préparation logistique

Nous avons été témoins lors de  notre journée passée dans l’atelier de la campagne poitevine, combien les questions d’ordre logistique prenaient une part importante dans l’emploi du temps  du chef mécanicien et de Christophe GUYOT.

Les coups de téléphone, la consultation et l’envoi de mails n’ont pas cessé  au cours  de notre entretien. Il faut bien réaliser que pour synchroniser la fourniture des 50 partenaires ou  fournisseurs techniques impliqués dans la réalisation et le montage de la machine de course et de son exploitation, il convient nécessairement de tout anticiper afin de pouvoir disposer des matériels  si possible avant le Jour J.

Pour mieux maîtriser ce type d’exercice nous devons avouer avoir été bluffés d’entendre le patron nous détailler ses voyages, que ce soit pour négocier des contrats ou rencontrer des sponsors, ce qui semble tout à fait naturel mais aussi pour régler lui même des questions techniques de fabrication ou d’acheminement, pour repérer des possibilités d’essais et les coordonner au mieux avec  les dates des courses.

Cet hiver donc, il  est passé en Slovénie pour des pots, en Belgique pour des composites, en Angleterre  pour des contrats, en Espagne pour préparer des essais, en Hollande  chez Yamaha Europe et puis à Saint Étienne, chez SAM outillage, à Clermont Ferrand  chez Michelin, à Nevers  chez France Equipement, à Magny cours chez  Danielson, tous étant des partenaires techniques de premier  niveau.

LA YAMAHA 2011


Budget

De tout temps, Christophe GUYOT s’est affiché, tant dans sa démarche éducative que sportive, comme un porteur intransigeant de valeurs  fortes. Il a  imprimé une marque, un style auxquels il n’entendait pas renoncer, quand Jean Claude OLIVIER ‘ JCO’  PDG de Yamaha France, lui proposa de représenter la marque officiellement en endurance et ce, dès  2003.

Il a su maintenir son indépendance, conserver son identité et ses couleurs et se retrouver à partager  les valeurs motardes de solidarité et d’enthousiasme dans l’authenticité d’un engagement passionnel  commun  pour  le sport motocycliste.

 Christophe Guyot


Sur cette question du budget, Christophe GUYOT, n’entend donner aucun chiffre. Il rappelle le statut associatif qui régit le GMT, mais revient pour nous sur ce qui lui tient fortement à cœur, à savoir  le partenariat autour des valeurs.

«  Avec tous les partenaires du GMT, nous partageons des valeurs bien évidemment. Après nous avons des partenaires techniques, on travaille par exemple  sur le plan technique (disques de freins) et c’est ça qu’on va mettre en valeur. Après avec d’autres partenaires comme MICHELIN, l’idée qui nous séduit beaucoup avec eux, c’est l’idée qu’on va développer avec Bibendum, des  pneus spécifiques d’endurance. Actuellement l’endurance présente un paradoxe. On demande aux pilotes d’aller vite, on demande aux mécaniciens d’être opérationnels pendant 24 heures, la moto, on n’a pas le droit d’en changer, mais les pneus eux, valsent toutes les heures. Aujourd’hui, avec MICHELIN, nous avons bien sûr un partenariat technique comme  avec d’autres, mais en plus il y a un vrai projet derrière. MICHELIN souhaiterait qu’on puisse développer des pneus qui  dureraient longtemps. Le problème est que les autres manufacturiers ne sont pas d’accord et que le règlement international autorise tous les changements. Chez MICHELIN, ils sont d’accord pour qu’on travaille ensemble auprès des Teams, de la FIM  pour convaincre afin que demain… on  roule  avec des pneus qui durent très longtemps.

Et d’aller encore plus loin :

Après,  on va dire  qu’entre YAMAHA, HONDA, SUZUKI, KAWASAKI, BMW on ne voit pas en quoi une moto est vraiment supérieure  à une autre. Oui, une année, une marque va sortir une avancée technologique (électronique chez BMW par exemple) mais le décalage se rattrape vite, ainsi cette année, on a, nous aussi, l’électronique. Donc, si on est fidèle à YAMAHA depuis 10 ans, c’est qu’il y a quelque chose d’autre  que la machine elle-même. En même temps, il  y a d’abord des  gens, comme  Jean Claude  OLIVIER en premier lieu, mais maintenant Éric DE SEYNES et toute son équipe. Ensemble, nous portons  les mêmes valeurs et l’on développe des stages de pilotage, on promeut l’enthousiasme chez les concessionnaires, chez les motards. On  démontre ensemble aux jeunes et aux autres que la moto, c’est une vraie passion, un besoin pour  vivre pour les jeunes et pas seulement. Dans un contexte, un petit peu fataliste, où tout le monde freine,  avec YAMAHA on continue d’accélérer en endurance comme au Dakar, au Touquet…. »

Même si l’on ne parle pas chiffres, il est facile d’identifier comment l’équilibre économique du Team est assuré.

YAMAHA fournit toute la partie matériel de base, c’est évident mais historiquement, c’est toujours l’entité YAMAHA France, qui assure le budget « pilotes ». Ceux-ci se trouvent dans une position privilégiée par rapport à  bon nombre de leurs petits camarades de course, puisqu’ils  savaient leurs contrats actés pour 2012, dès avant la course de SUZUKA,en ….juillet 2011.

 

Pour ce qui concerne le département  du Val de Marne qui apporte depuis le numéro 94 aux machines, Christophe GUYOT, précise :

«  Avec le Val de Marne,  c’est la même philosophie. Ensemble si l’on pouvait enlever le mot fatalité du dictionnaire ça résumerait bien notre engagement commun  remontant à 1989 ! Là aussi  le soutien du Conseil Général (salaire des mécaniciens notamment) est lié aux actions que l’on  mène dans les collèges  pour les questions de sécurité,  d’éducation et de formation…. Avec la Mutuelle des motards,  encore un autre partenaire  aux valeurs fortes et importantes, nous partageons ensemble l’idée  que l’on peut être acteur de son destin. Ce qu’ils ont fait d’ailleurs eux-mêmes au moment  où les motos ne pouvaient pas être assurées parce que le risque était trop grand et inassurable et pourtant ils l’ont fait et ça marche. De la même manière, avec eux on mène des projets, qui sont à priori inaccessibles comme  par exemple en 2001, battre des motos d’usine, face à la HONDA une moto qui valait je sais pas combien, on passait pour des allumés et au final avec l’ingéniosité de Michel, l’énergie d’une belle équipe derrière, le talent des pilotes… ça l’a fait ! Avec eux, dire  que demain, il pourrait ne pas y avoir de morts sur les routes, ça peut être possible en travaillant  autrement  qu’avec des radars partout, de la répression partout. En travaillant sur le comportement, en formant au roulage en circuit comme ça on n’empêche rien, on permet, on autorise… ..Tout  ça ce sont des valeurs fortes qu’on partage. »

 Atelier

C’est donc à Neuville de Poitou, que la base technique du GMT 94, est installée  dans des locaux  très fonctionnels, parce que pensés directement pour la situation spécifique d’un Team semi nomade. Ainsi, la remorque du camion est directement accolée à l’atelier par un sas  et prolonge ainsi la structure qui comporte sur deux niveaux avec une surface au sol de 170 m2. 4 bâtiments  type Algeco, complètent l’installation, ils accueillent l’atelier composite et permettent le rangement et le stockage.

 

Les  bureaux sont étroits et  les  zones de travail technique parfaitement organisées  de manière rationnelle. Le chef mécanicien  dispose d’une  alvéole dédiée aux moteurs, Benoit et Sébastien peuvent  monter simultanément  deux  machines, alors qu’un grand hall  autorise des  présentations, alors qu’un espace contigu abrite  le banc moteur.

On se doute bien que l’envie de pousser les  murs a déjà effleuré l’esprit de  nos mécaniciens qui  pourtant ont suffisamment l’habitude de travailler ensemble  pour ne pas se marcher  sur  les  pieds. Mais les  pièces  en stock, les  roues, les sous ensembles..  tout cela  prend de la place.

Toutefois la devise semble bien être : ordre, rigueur, soin et  propreté et elle permet de travailler dans  les meilleures conditions d’efficacité. On y a même ajouté une touche décorative avec  des gravures et photos apportant une ambiance  fort sympathique que les nombreux  visiteurs (invités au titre des partenariats) découvrent avec plaisir comme ces jeunes de Lille en visite dans le cadre de l’opération  « Une Tasse  pour un Bol ».

 

Les Pilotes

Quand  on parle des pilotes, on sent Christophe, le pilote, l’affectif, vibrer intensément ; Il fait partie de leur monde (il fut longtemps un représentant pugnace des pilotes au sein de la Fédération) et il garde envers eux une attitude  confraternelle, éloignée de  celle du manager pur et dur. Il évoque  les  figures marquantes de son équipe  avec  respect et admiration. DUSSAUGE, SCANARTO, GIMBERT et COSTES ont droit à leur bouquet, mais  on sent  bien que  David CHECA  (photo) est un peu son fils spirituel, quand il lâche que « l’arrivée de David  en 2003 m’a aidé à piloter à un  moment où c’était difficile  pour moi » et qu’il poursuit « c’est David qui a permis de  prolonger l’histoire. »



Le film de la saison  2004 se déroule à nouveau dans la tête de celui qui  à l’époque  tenait une place de remplaçant auprès de William (COSTES), Sébastien (SCANARTO) et Davide (CHECA) et Christophe, explique :

« J’ai le sentiment qu’avec nos pilotes actuels (Kenny FORAY, David CHECA et Matthieu LAGRIVE) on a redémarré un  cycle. Nous avons la Dream Team, mais vous savez bien, avec plusieurs coqs dans la même basse cour..

 Checa, Foray, Lagrive, Christophe vainqueurs

 

Tous les trois sont éminemment complémentaires, l’osmose est complète. On vit ensemble  y compris en dehors de la course, ils veulent gagner ensemble. Toutes  les décisions  concernant les stratégies de course sont prises collectivement Certes nous n’avons pas gagné autant que le SERT, mais on est là pour transmettre. J’ai eu la chance de pouvoir m’accomplir comme pilote, à moi maintenant de faire que nos pilotes s’accomplissent. Croyez-moi, entre  nous la mayonnaise a bien pris. En dix ans David  n’est jamais  allé voir ailleurs. Pour 2012 nous avons  monté avec TECHNIC  Racing et Philippe MUCHERY à Sarlat  une écurie  pour disputer  le championnat de France Supersport avec Matthieu LAGRIVE et Alex PLANCASSAGNE. Je vais suivre  un peu cette affaire qui n’est pas trop chronophage et pour laquelle  les partenaires sont  communs, ainsi que deux bénévoles. »

Les Essais

On a bien senti tout au long de  nos échanges avec Christophe GUYOT, combien la saison 2012 était lancée dès 2011 et notamment grâce à la victoire de Doha, à la suite de laquelle dès le lendemain, des essais ont eu lieu.

Ecurie de développement MICHELIN, le YAMAHA GMT 94, travaille énormément et dans la discrétion qui sied au grand manufacturier, pour définir  les gommes optimales pour toutes les gammes de  température et de revêtement.

Nous savons également que Le Vigeant, Carole, et tout dernièrement Lédenon et Nogaro, ont accueilli le Team. Il faut dire que l’utilisation de l’électronique embraquée réclame une  adaptation des pilotes à ces nouvelles conditions de pilotage.

Par ailleurs, quand on sait que Danielson, prépare les moteurs, on se doute bien qu’il faille valider les nouvelles évolutions dont on nous a pudiquement caché les résultats.

Quant à faire une comparaison avec  les moteurs du YART, on nous renvoie vers le Yart en   nous précisant, partir de moteurs d’origine et faire entièrement confiance à Danielson, de A à Z.

PRÉPARATION AU BANC MOTEUR


Pour ce chapitre des essais, Christophe GUYOT apparemment satisfait de la programmation et des résultats déjà constatés, glisse néanmoins :

« ça serait bien d’aller faire une campagne d’essais avant Suzuka, c’est tellement spécifique là bas ! »

Quand on évoque l’avenir, de l’endurance moto, du GMT 94, notre sémillant manager indique regarder partout  ce qui se passe.

Son œil avisé lui a permis d’être retenu par Eurosport pour commenter la moitié des épreuves mondiales de Superbike , c’est dire son ouverture et pourtant il maintient le cap de sa passion communicative fixé sur l’endurance.

L’équipe de  bénévoles (une  bonne quinzaine), Brigitte l’épouse : chef intendante et  chronométreuse ont calé les agendas en fonction du calendrier.

Tous avec une brochette de pilotes exceptionnels tant par leur  vitesse, leur expérience ou leur  cohésion, avec des mécaniciens connaissant parfaitement la machine et un  chef  d’orchestre emblématique, tous donc, sont prêts «  à aller au feu » .

Sans présomption, mais forts d’un travail  patient et des partenariats solides, tous les membres du GMT sont tournés vers  une saison, dont ils entendent  bien gravir les sommets.

Quant à parler du positionnement du GMT, par rapport à la concurrence, le manager et le chef mécanicien s’accordent, à deux voix, pour reconnaitre, un seul point d’interrogation : l’électronique.

Autonewsinfo, sera aux premières loges pour voir ce qu’il en sera lors du prochain Bol d’or, les 14 et 15 avril, à Magny Cours.

En tout cas, plus et mieux que jamais, le YAMAHA GMT 94, semble en ordre de marche pour disputer une belle saison. Christophe GUYOT avec ses valeurs fortes, sa passion toujours vivace, son enthousiasme sans limite, son énergie débordante, sa connaissance fine de la course et sa riche expérience, a su fédérer, dynamiser, concrétiser : des hommes, des budgets et des talents. 2012 pourrait  bien être l’année de la consécration et l’on sent  bien  tous les membres du team, prêts à relever ce fabuleux challenge.

Alain Monnot

Photos : Alain Monnot et Michel Picard

 MATHIEU LAGRIVE: P1

Moto - Endurance Sport

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